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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 12:16

Laurent "choqué" par "l'overdose médiatique" autour de la candidature de Sarkozy

Politique

Primaire à droite : la candidature de Sarkozy accueillie avec prudence

AFP, publié le mardi 23 août 2016 à 10h46

PCF: Laurent "choqué" par "l'overdose médiatique" autour de la candidature de Sarkozy

Le secrétaire national du Parti communiste (PCF) Pierre Laurent s'est dit mardi choqué par "l'overdose médiatique" autour de l'annonce de la candidature de Nicolas Sarkozy, dont les propositions sont "très graves".

"Ce qui me choque depuis hier, c'est l'overdose médiatique à laquelle on assiste. Il n'y a aucune surprise dans son annonce, ça fait deux ans que l'on sait qu'il va être candidat à l'élection présidentielle", a réagi M. Laurent sur iTELE.

"On parle assez peu de ses propositions qui en grande partie sont très graves", a poursuivi le sénateur de Paris. "Nicolas Sarkozy propose visiblement dans son livre de multiplier par deux le CICE (crédit d'impôt compétitivité emploi). On a déjà donné 40 mds aux entreprises sans aucun résultat et Nicolas Sarkozy propose d'en donner 34 mds de plus. Pourquoi ? Pour rien en matière d'emploi".

L'ancien président "propose de supprimer l'ISF. Il y a les producteurs de lait qui sont en lutte en ce moment contre Lactalis. Le PDG de Lactalis fait partie du hit parade des fortunes françaises. Et bien Nicolas Sarkozy propose que cet homme-là ne paie plus d'impôt sur la fortune, alors que les producteurs de lait demandent qu'on paie leur travail à juste prix", a dénoncé M. Laurent.

La suspension, prônée par M. Sarkozy, du regroupement familial en attendant la signature d'un "nouveau Schengen", "c'est une mesure qui est contraire au droit international. Le regroupement familial, la possibilité pour les enfants de vivre avec leurs parents, c'est un droit reconnu par le droit international. C'est donc une mesure totalement régressive", a-t-il jugé.

Donc M. Sarkozy n'a pas changé ? "Il s'est plutôt aggravé, il a visiblement rechargé ses batteries mais pas au service de bons objectifs".

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 12:11

Aux musulmans, Chevènement conseille la "discrétion" dans une "période difficile"

Jean-Pierre Chevènement à la sortie de l'Elysée le 9 janvier 2015 à Paris

©AFP, AFP

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Question-du-jour

Fondation pour l'islam : Chevènement est-il l'homme de la situation ?

Politique

Jean-Pierre Chevènement : «La laïcité n'est pas tournée contre la religion»

AFP, publié le lundi 15 août 2016 à 11h54

Islam: Jean-Pierre Chevènement conseille aux musulmans la "discrétion" dans l'espace public en "cette période difficile"

Pressenti pour prendre la tête de la Fondation pour l'islam de France, Jean-Pierre Chevènement estime que les musulmans "doivent pouvoir pratiquer leur culte en toute liberté" mais conseille la "discrétion" dans l'espace public "dans cette période difficile".

"Les musulmans, comme tous les citoyens français, doivent pouvoir pratiquer leur culte en toute liberté. Mais il faut aussi qu'ils comprennent que, dans l'espace public où se définit l'intérêt général, tous les citoyens doivent faire l'effort de recourir à la +raison naturelle+", explique l'ancien ministre de l'Intérieur dans une interview parue dans Le Parisien lundi.

"Le conseil que je donne dans cette période difficile - comme le recteur de la mosquée de Bordeaux - est celui de discrétion", poursuit-il, alors que les polémiques se succèdent autour du port du voile et désormais du burkini.

Début août, François Hollande avait évoqué son nom de façon informelle pour prendre la tête de la nouvelle Fondation pour l'islam de France, que l'exécutif veut remettre sur les rails.

Relancer la fondation est "une bonne réponse à la poussée du terrorisme", estime M. Chevènement, répétant son intention de ne pas "se "dérober" à cette mission. Début août, il avait annoncé à l'AFP qu'il se prononcerait officiellement à la rentrée.

Le président Hollande avait souligné la nécessité pour cette fondation, créée en 2005 mais paralysée par des dissensions internes, d'exercer un contrôle notamment sur le financement de la construction des lieux de culte musulmans.

M. Chevènement a indiqué poser comme "condition" à son acceptation "que les financements étrangers soient prohibés afin que tout se passe dans la plus grande transparence et que l'islam de France dépende d'un argent collecté en France."

"Il me semble que l'islam de France, y compris dans sa version théologique où je n'ai pas à intervenir, doit pouvoir se développer avec des fonds français ou, en tout cas, qu'un mécanisme de transparence soit institué en l'absence de tout +fléchage+ de la part des donateurs", explique-t-il, alors que certains ont critiqué la possible nomination d'un non-musulman à la tête de la fondation.

C'est l'association cultuelle qui "sera adossée" à la fondation qui seule aura la responsabilité de "sélectionner les projets", insiste-t-il.

Concernant une éventuelle modification de la loi de 1905 qui interdit les subventions, M. Chevènement souligne que "le Premier ministre n'a fait que l'évoquer et le président de la République a rejeté toute modification."

"D'autre part, mon acceptation de principe ne signifie en aucune manière que je renonce à ma liberté d'expression en tant qu'homme politique au long cours", précise l'ex-candidat à la présidentielle.

Tahar Ben Jelloun parmi les membres de la future Fondation pour l'islam

L'écrivain Tahar Ben Jelloun, le 9 janvier 2008 à Paris, à l'enregistrement de l'émission littéraire "Vol de Nuit"

©AFP, AFP

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Politique

Aux musulmans, Chevènement conseille la "discrétion" dans une "période difficile"

Politique

Financement des mosquées : le gouvernement en terrain miné

AFP, publié le lundi 29 août 2016 à 11h48

Islam: quatre personnalités, dont l'écrivain Tahar Ben Jelloun, entoureront Jean-Pierre Chevènement à la tête de la future Fondation pour l'islam

L'écrivain Tahar Ben Jelloun, l'islamologue Ghaleb Bencheikh, le recteur de la mosquée de Lyon Kamel Kabtane et l'entrepreneure Najoua Arduini-Elatfani seront au conseil d'administration de la Fondation pour l'islam de France, qui sera présidée par Jean-Pierre Chevènement, a indiqué lundi le ministère de l'Intérieur.

Cette fondation doit permettre de lever des financements pour des projets en matière profane (cultures islamiques, éducation, recherche, formation civique...), a-t-on confirmé place Beauvau, où le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a ouvert lundi matin une "journée de consultations sur l'islam de France".

Laïcité oblige, le volet religieux de la recherche de financements (formation théologique des imams, construction de mosquées...) sera entre les mains d'une association cultuelle (loi de 1905) administrée par des représentants musulmans, et dans laquelle l'Etat ne sera pas partie prenante.

Ni la fondation laïque ni l'association cultuelle qui lui sera adossée ne seront autorisées à recevoir des financements étrangers, a-t-on confirmé place Beauvau.

Un groupe de travail doit être mis en place prochainement pour déterminer les statuts et la composition de l'association cultuelle, selon l'Intérieur. Ce groupe aura aussi à engager une négociation avec la filière halal pour établir une "contribution volontaire" sur ce marché alimentaire juteux, dont les représentants musulmans espèrent faire une source de financement durable.

Contrairement à la Fondation des oeuvres de l'islam de France, mort-née en 2005 en raison de dissensions internes, la future Fondation pour l'islam de France, qui doit être officiellement créée par décret à l'automne, n'aura qu'un objet profane. L'ancien ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement, 77 ans, en prendra la présidence.

Quatre autres "personnalités qualifiées", toutes de confession ou culture musulmane, siègeront à ses côtés au conseil d'administration de la fondation: l'écrivain Tahar Ben Jelloun en qualité de personnalité culturelle, un islamologue réformateur en la personne de Ghaleb Bencheikh, un gestionnaire de terrain reconnu, le recteur de la grande mosquée de Lyon Kamel Kabtane, et la cadre supérieure d'entreprise Najoua Arduini-Elatfani.

Le CA de la fondation comprendra en outre le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Anouar Kbibech - membre de droit - trois représentants de ministères (Intérieur, Education, Culture) et deux membres désignés par le "comité des donateurs" de cette structure.

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 11:17

رسمي: تركيبة حكومة يوسف الشاهد

20/08/2016 18:14

أعلن اليوم السبت 20 أوت 2016، رئيس الحكومة المكلف يوسف الشاهد في نقطة صحفية بدار الضيافة بقرطاج عن تركيبة حكومته:

رئيس الحكومة: يوسف الشاهد

الوزراء:

وزير الداخلية: الهادي المجدوب

وزير العدل: غازي الجريبي

وزير ة الشؤون الخارجية: خميس الجهيناوي

وزير الدفاع الوطني: فرحات الحرشاني

وزير النقل: أنيس غديرة

وزير ة المالية: لمياء الزريبي

وزير الشؤون المحلية والبيئة: رياض المؤخر

وزير الفلاحة والموارد المائية والصيد البحري: سمير بالطيب

وزير الصناعة والتجارة: زياد العذاري

وزير الوظيفة العمومية و الحوكمة: عبيد البريكي

وزير التجهيز والاسكان والتهيئة الترابية: محمد صالح العرفاوي

وزير السياحة والصناعات التقليدية: سلمى الرقيق

وزير الطاقة والمناجم: هالة شيخ روحو

وزير العلاقة مع الهيئات الدستورية والمجتمع المدني وحقوق الانسان: مهدي بن غربية

وزير تكنولوجيات الاتصال والاقتصاد الرقمي: أنور معروف

وزير ة المرأة والأسرة والطفولة: نزيهة العبيدي

وزيرة الشباب والرياضة: ماجدولين الشارني

وزير الثقافة: محمد زين العابدين

وزيرة الصحة: سميرة مرعي

وزير الشؤون الاجتماعية: محمد الطرابلسي

وزير التربية: ناجي جلول

وزير العليم العالي والبحث العلمي: سليم الخلبوصي

وزير التكوين المهني والتشغيل: عماد الحمامي

وزير مكلف لدي رئيس الحكومة مكلف بالعلاقة مع مجلس نواب الشعب: اياد الدهماني

عبد الجليل بن سالم وزير الشؤون الدينية:

وزير التنمية والاستثمار والتعاون الدولي: فاضل عبد الكافي

كتاب الدولة

كاتب دولة لدى وزير الخارجية: صبري بشطبجي

كاتب دولة لدى وزير الشؤون الخارجية مكلف بالهجرة والتونسيين بالخارج: رضوان عيارة

كاتب دولة لدى وزير المالية مكلف بأملاك الدولة والشؤون العقارية: مبروك كورشيد

كاتب دولة لدى وزير الصناعة والتجارة مكلف بالتجارة: فيضل الحفيان

كاتب دولة لدى وزير التكوين المهني والتشغيل مكلف بالتكوين والمبادرة الخاصة: سيدة الونيسي

كاتب دولة للشؤون المحلية: شكري بلحسن

كاتب دولة لدى وزير الطاقة والمناجم مكلف بالمناجم: الهاشمي الحميدي

كاتب دولة للنقل: هشام بن احمد

كاتب دولة لدى وزير الفلاحة والموارد المائية والصيد البحري مكلف بالإنتاج الفلاحي: عمر الباهي

كاتب دولة لدى وزير الفلاحة والموارد المائية والصيد البحري مكلف بالموارد المائية والصيد البحري: عبد الله الرابحي

كاتب دولة لدى وزير التعليم العالي والبحث العلمي مكلف بالبحث العلمي: خليل العميري

كاتب دولة لدى وزير تكنولجيات الاتصال والاقتصاد الرقمي مكلف بالاقتصاد الرقمي: الحبيب الدبابي

كاتب دولة لدى وزير شؤون الشباب والرياضة مكلف بالرياضة: عماد جبري

كاتب دولة لدى وزير شؤون الشباب والرياضة مكلف بالشباب: فاتن القلال

La composition du gouvernement Youssef Chahed en une infographie

26 août 2016 Mots-clefs : assemblée représentants peuple tunisien, evey technologies, gouvernement youssef chahed, infographie evey, infographie gouvernement tunisie, infographie gouvernement youssef chahed, liste complète gouvernement Youssef Chahed, ministre youssef chahed, vote confiance tunisie

Le gouvernement de Youssef Chahed est soumis ce vendredi 26 aout 2016 au vote de confiance à l’Assemblée des représentants du peuple tunisien. Rappelons que ce gouvernement d’union nationale proposé compte 26 ministres et 14 secrétaires d’Etat, dont 9 ministres du gouvernement Habib Essid.

Le gouvernement Chahed compte pas moins de 8 femmes politiciennes (6 ministres et 2 secrétaires d’Etat) et 14 jeunes ministres et S.E. dont 5 âgés de moins de 35 ans.

Une startup tunisienne récemment lancée, intitulée « Evey Technologies », spécialisée dans le développement de plateforme pour les votes et sondages en temps réel avec l’analyse de données automatisées, a édité une infographie donnant des détails sur les membres du gouvernement de Youssef Chahed en se basant sur leurs biographies officielles partagées sur le web.

C’est ainsi qu’on peut avoir rapidement un vue d’ensemble sur les orientations politiques des futures membres du gouvernement tunisien, leurs âges, niveau d’études, diplômes, etc. :

Noomen Lahimer fondateur de Evey précise que l’équipe d’analyse de données de la startup dont le co-fondateur est l’ingénieur Maher Hanafi, va œuvrer pour publier continuellement des sondages en temps réel et des analyses chiffrées autour de faits, communautés et événements en Tunisie et ailleurs.

La liste complète des membres du gouvernement de Youssef Chahed soumise au vote de confiance de l’ARP :

Ministres

Ministre de l’Intérieur: Hédi Majdoub

Ministre des Affaires Etrangères: Khémaies Jhinaoui

Ministre de la Justice: Ghazi Jéribi

Ministre de la Défense Nationale: Farhat Horchani

Ministre du Transport: Anis Ghedira

Ministre des Finances: Lamia Zribi

Ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale : Fadhel Abdelkefi

Ministre des Affaires locales et de l’Environnement: Riadh Mouakher

Ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche: Samir Taieb

Ministre de l’Industrie et du Commerce: Zied Ladhari

Ministre de la Fonction Publique et de la Gouvernance: Abid Briki

Ministre de l’Equipement, de l’Habitat et de l’Aménagement territorial: Mohamed Salah Arfaoui

Ministre du Tourisme et de l’Artisanat: Selma Elloumi Rekik

Ministre de l’Energie, des Mines et des Energies renouvelables : Héla Cheikhrouhou

Ministre des Technologies de la Communication et de l’Economie numérique: Anouar Maarouf

Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance: Naziha Laabidi

Ministre de la Jeunesse et des Sports: Majdouline Cherni

Ministre de la Culture: Mohamed Zine El Abidine

Ministre de la Santé Publique: Samira Marai

Ministre des Affaires Sociales: Mohamed Trabelsi

Ministre de l’Education: Neji Jalloul

Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique: Slim Khalbous

Ministre de la Formation Professionnelle et de l’Emploi: Imed Hammami

Ministre des Affaires Religieuses: Abdeljelil Ben Salem

Ministre auprès du Chef du gouvernement chargé des relations avec l’ARP: Iyed Dahmani

Ministre chargé des relations avec les Instances constitutionnelles, la Société civile et des Droits de l’homme : Mehdi Ben Gharbia

Secrétaires d’Etat

Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères : Sabri Bachtobji

Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères chargé de l’immigration et des Tunisiens à l’étranger : Radhouane Ayara

Secrétaire d’Etat auprès du ministre des finances chargé des domaines de l’Etat et des Affaires foncières : Mabrouk Korchid

Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires locales et de l’environnement : Chokri Belhassan

Secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’énergie, des mines et des énergies renouvelables: Hachmi Hmidi

Secrétaire d’Etat chargé du Commerce: Fayçal Hafiane

Secrétaire d’Etat chargé du Transport: Hichem Ben Ahmed

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la formation professionnelle et de l’emploi chargé de la formation professionnelle et de l’initiative privée : Saida Ounissi

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Agriculture et des ressources hydrauliques chargé de la production agricole : Omar Behi

Secrétaire d’Etat chargé des ressources hydrauliques et de la pêche : Abdallah Rabhi

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique chargé de la recherche scientifique : Khalil Amiri

Secrétaire d’Etat auprès des technologies de la communication et de l’économie numérique chargé de l’économie numérique : Habib Dabbabi

Secrétaire auprès de la ministre des Affaires de la jeunesse et des sports d’Etat chargé des sports : Imed Jabri

Secrétaire d’Etat chargé de la jeunesse : Faten Kallel

Tekiano

Lire aussi :

Gouvernement Youssef Chahed : Les ministres et SE trentenaires et leurs biographies

La particularité du gouvernement de Youssef Chahed c’est qu’il se compose de 8 femmes ministres et secrétaires d’Etat mais surtout de 5 jeunes âgés de moins de 40 ans dont nous vous dévoilons les noms et les biographies.

Fayçal Hafiane, 36 ans, secrétaire d’Etat chargé du Commerce : Fayçal Hafiane est né le 26 janvier 1980 à Gabès. Il est diplômé de l’Institut Supérieur de Comptabilité et d’Administration des Entreprises, et est titulaire d’un master en management à l’Ecole Supérieure du Commerce. De 2007 à 2010, il est gestionnaire dans un bureau d’études et d’audit, puis de 2011 à 2014, il est contrôleur de gestion. Depuis cette date, il est conseiller auprès de la Présidence de la République.

Hachem Hmidi, 36 ans, secrétaire d’Etat aux Mines et aux Energies renouvelables : Hachem Hmidi, est né le 1er août 1980 à Gafsa. Il est Titulaire d’un diplôme du cycle international de perfectionnement de l’Ecole nationale d’administration (France), un master administration publique spécialisée de la faculté des sciences politiques à Strasbourg, un master en gestion de l’Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales et une maitrise en management.

Il a occupé le poste de conseiller auprès de la Commission des finances, du plan et du développement au sein de l’Assemblée nationale Cconstituante. Il était délégué au gouvernorat de Bizerte pendant 3 ans. Il a enseigné le management et la finance à l’université tunisienne. Il fut également gouverneur de Kébili.

Faten Kallel, 36 ans, secrétaire d’Etat à la Jeunesse : Elle est née le 20 novembre 1980. Elle est diplômée de l’Université de Carthage et de l’Université Paris Dauphine.

Elle a mené une carrière de consultante dans plusieurs grands cabinets internationaux présents en Tunisie. Elle avait intégré en février 2015 le cabinet du ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale jusqu’à juillet 2015.

A partir d’août 2015, elle intervient sur le programme Smart Tunisia en tant que chargée de suivi global du programme.

Majdouline Cherni, 35 ans, nouvelle ministre de la Jeunesse et des Sports : Elle est née le 21 février 1981 à Menzel Bourguiba (gouvernorat de Bizerte). Architecte de formation, Majdouline Cherni était présidente de la Chambre des femmes d’affaires du Kef, rattachée à l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), membre de l’Association de Sauvegarde la Médina du Kef.

Elle a travaillé dans divers centres de formation professionnelle dans les régions avant de diriger un bureau d’études en architecture.

Nommée en janvier 2015 secrétaire d’Etat chargée du Dossier des martyrs et blessés de la révolution au sein du gouvernement Habib Essid 1, cette originaire du Kef était déléguée du gouvernorat de La Manouba.

Sayida Ounissi, 29 ans, secrétaire d’Etat à la Formation professionnelle chargée de l’Initiative privée : Elle est née le 3 février 1987 à Tunis. Elle est titulaire d’une licence en Histoire et d’un master en sciences politiques de l’Université Panthéon-Sorbonne. Elle a occupé plusieurs fonctions en tant qu’experte auprès d’institutions internationales.

Sayida est actuellement députée d’Ennahdha à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) pour la circonscription France1.

Il est à noter que ce gouvernement d’union national composé de 26 ministres et 14 secrétaires d’Etat doit se soumettre au vote de confiance à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 20:30

Invitation

L'Espace Farabi organise le 24/08/2016 à 14h30 un pique-nique pour ses usagers au parc Juliette Dodu, rue Juliette-Dodu 75010 paris à l'angle de la rue Sambre et Meuse.

NB : Départ de notre local, 3 rue Louis Blanc 75010 à 14h30

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 10:07

Invitation

L'Espace Farabi organise le 24/08/2016 à 14h30 un pique-nique pour ses usagers au parc Juliette Dodu, rue Juliette-Dodu 75010 paris à l'angle de la rue Sambre et Meuse.

NB : Départ de notre local, 3 rue Louis Blanc 75010 à 14h30

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 10:02

Interview

Achille Mbembe : «La France peine à entrer dans le monde qui vient»

Par Sonya Faure et Cécile Daumas — 1 juin 2016 à 19:11

Identité, nation, voile, violence, migration… Achille Mbembe renvoie le continent européen à ses crispations et à son immobilisme.

Achille Mbembe : «La France peine à entrer dans le monde qui vient»

C’est l’un des nombreux paradoxes d’Achille Mbembe : il peut faire preuve d’une noirceur absolue sur le genre humain tout en déployant une philosophie que d’aucuns pourraient qualifier de béate. Rencontre avec l’historien, professeur à l’université de Witwatersrand à Johannesburg en Afrique du Sud et à celle de Duke aux Etats-Unis.

À lire aussi Achille Mbembe, globe penseur

La France change, elle y est obligée. C’est justement, parce que des transformations irréversibles sont en train de s’opérer autour de ces questions que les lignes de confrontation et de conflit se raidissent. Les temps sont propices, pour les pays européens, à redéfinir les paramètres non plus de l’universel, mais de ce qui nous est commun en cet âge planétaire. A cause de sa très riche et complexe histoire, la France pourrait, si elle le voulait, contribuer à une compréhension inédite des enjeux nouveaux liés à notre condition terrestre. Ce que l’humanité a désormais en commun, c’est le fait que nous sommes appelés à vivre exposés les uns aux autres, et non enfermés dans des frontières, des cultures et des identités. C’est le propre de l’humain, mais c’est aussi le cours que prend désormais notre histoire avec d’autres espèces sur cette Terre. Vivre exposés les uns aux autres suppose de reconnaître qu’une part de notre «identité» s’origine dans notre vulnérabilité. Celle-ci doit être vécue et entendue comme un appel à tisser des solidarités, et non à se forger des ennemis. Malheureusement, tout cela est trop compliqué pour le tempérament de notre époque, portée qu’elle est vers des idées toutes faites. Plus notre monde se complexifie, plus nous avons tendance à recourir aux idées simples.

Je comprends tout cela. Le problème, c’est que ni l’Europe, ni la France ne sont le monde. Le problème, c’est quand l’universalisme se fait ethnique. C’est quand l’identité se conjugue avec le racisme et que la culture se présente sous les traits d’une essence immuable. En vérité, ce que l’on appelle l’identité n’est pas essentiel. Au fond, nous sommes tous des passants. Le monde que nous habitons a commencé longtemps avant nous et continuera longtemps après nous. Alors qu’émerge lentement une nouvelle conscience planétaire, la réalité d’une communauté objective de destin doit l’emporter sur l’attachement à la différence.

… mais accidentellement. Etre né quelque part est une affaire d’accident. Ce n’est pas une affaire de choix. Sacraliser les origines, c’est un peu comme adorer des veaux d’or. Cela ne veut rien dire. Ce qui est important, c’est le trajet, le parcours, le chemin, les rencontres avec d’autres hommes et femmes en marche, et ce que l’on en fait. On devient homme dans le monde en marchant, pas en restant prostré dans une identité.

Je suis attaché à la France, conséquence d’une rencontre. Or, je ne suis pas né ici. Je ne vis pas ici non plus. Il y a des héritages qui n’ont rien à voir avec des histoires de naissance. J’écris par exemple en français, une langue que j’ai reçue en héritage. Je pense en langue française. Je contribue avec d’autres au rayonnement mondial de la pensée de langue française, et cela n’a strictement rien à voir avec je ne sais quelles racines. Au contraire, cela a à voir avec le fait qu’à un moment historique donné, la langue française a cessé d’être une langue ethnique. L’Afrique a permis à la langue française d’échapper à son destin ethnique. Au demeurant, c’est toujours Autrui qui nous octroie notre pesant d’universel. On ne peut pas s’autoproclamer universel. Quant aux plus faibles d’entre nous, il s’agit justement souvent de gens qui, pour survivre, doivent absolument bouger. Il s’agit de gens en permanence en mouvement. Or, on sait combien, de nos jours, il est presque devenu impossible de bouger, du moins pour certaines catégories de l’humanité. Celle-ci se divise entre ceux qui peuvent aller partout dans le monde et ceux qui, soit ne doivent pas bouger, soit ne peuvent le faire que sous des conditions draconiennes.

Le tableau n’est pas noir. Ce qui me frappe, c’est la grisaille. Il suffit de regarder les frontières de l’Europe, et surtout ses frontières méridionales. Elles sont devenues des fosses communes. Il faut secouer cette Europe assoupie, qui n’arrête plus de ronfler. Sinon, plongée dans une sorte d’ennui existentiel, elle risque de devenir une menace pour le reste de l’humanité.

Les deux choses vont de pair. L’Europe devient violente par ennui. La violence devient le moyen de son divertissement, une manière de se rassurer. Le racisme qui va avec l’ennui est, lui aussi, une forme de joyeuseté. Il est pratique au nom d’une pseudo-critique du «politiquement correct», cette expression fourre-tout que beaucoup assimilent à la répression. A la place, on cherche à se défouler, à briser tabous et interdits. On se met à rêver à des temps de licence absolue lorsque tout, croit-on, était permis. Le racisme contemporain est de ce point de vue une forme de démocratisation d’une jouissance perverse. Par ces temps de grand ennui, tout le monde peut y avoir accès. Il n’y a pas de tarif d’entrée. Si, à l’époque coloniale, le racisme et la violence européenne étaient symptomatiques de la montée en suprématie du continent, aujourd’hui leur fonction est tout autre : ils sont le fait d’une vieille puissance qui refuse de faire face à son déclassement international.

Le terrorisme n’est pas une fiction. Il est bien réel et la France en fait l’épreuve. Mais le centre de gravité du terrorisme n’est pas l’Occident. Boko Haram a provoqué la mort de dizaines de milliers de gens au Nigeria, au Nord Cameroun et sur les pourtours du lac Tchad. L’expérience de dévastation due au terrorisme n’est pas une exception européenne, c’est une expérience partagée. Hormis les deux épisodes de 1914-1918 et 1939-1945, l’épicentre de la violence de notre monde, c’est hors d’Europe qu’il se situe depuis le XVe siècle.

A vrai dire, les terroristes font assez peu dans la discrimination. Pour les victimes, il suffit parfois d’être là, au mauvais endroit et au mauvais moment. Le terrorisme s’attaque à l’Etat de droit. En même temps, il favorise la montée en Europe de discours paranoïaques qui accompagnent par ailleurs le déclassement international dont l’Europe fait l’expérience. De tels discours évoquent la sorcellerie : il y a toujours quelqu’un qui m’en veut en raison de qui je suis et non à cause de ce que je lui ai fait. Le discours paranoïaque et le discours sorcier sont tous deux des raisonnements mythologiques. A un moment où la mythologie de la nation est vide de sens, où la politique et la démocratie font de moins en moins sens, où les véritables centres de décision sont dénationalisés, sinon offshore, le raisonnement mythologique permet de combler un vide presque métaphysique. Mais il nourrit également des violences potentielles. C’est en effet un type de discours qui a toujours besoin d’un ennemi, peu importe lequel ; d’un bouc émissaire ou de quelqu’un contre lequel on peut déployer une violence sans retenue. Ce fut le cas hier avec les Nègres et les Juifs. Si l’on n’y prend garde, ce sera bientôt le cas avec les musulmans et toutes sortes d’étrangers.

Plus elles perdent de leur signification à l’intérieur, plus les démocraties atlantiques ont besoin de conduire des guerres interminables au loin. Tout cela exige l’invention permanente du «bon ennemi», celui-là qui nous permet de décharger à l’extérieur le surplus de violence qu’on aurait sinon à exercer à l’intérieur, au risque de déclencher une guerre civile. La guerre externe permet à la démocratie de faire reculer le spectre de la guerre civile. Auparavant, ce sont les colonies qui servaient d’exutoire à ce surplus de violence. Elles servaient de champ d’expérimentation de toutes sortes de guerres hors-la-loi et de toutes sortes d’atrocités. Aujourd’hui il faut externaliser cette violence d’une autre façon. Il faut par ailleurs comprendre que la guerre est devenue un rouage essentiel de la vie économique et technologique des démocraties. Elle est devenue une nécessité et ne relève plus de l’épisodique. Enfin la violence prend part à l’ordre économique international, où la force brute ne s’exerce pas seulement aux dépens des ex-colonies. L’histoire récente de la Grèce est tout à fait significative de ce point de vue. Peu importe la volonté démocratique des Grecs, les puissances financières sont capables de la congédier pour imposer le remboursement des dettes.

Les Grecs sont en effet les nouveaux Nègres d’Europe. On peut leur imposer à loisir le genre de traitement que l’on n’impose qu’aux peuples vaincus lors d’une guerre. La sorte de mépris dans lequel on ne tient que les Nègres leur est étendue.

Une classe et une race, voire une espèce d’individus, peu importe la couleur de la peau, au regard desquels la vieille distinction entre le sujet humain et la chose ne compte plus. Pis, des gens dont on n’a strictement guère besoin, une classe de superflus dont aucun maître n’a ni besoin ni envie, même pas en tant qu’esclaves. Le problème n’est plus de les exploiter : le souhaiteraient-ils, il n’y aurait guère preneur.

Parce qu’en n’en connaissant ni les tenants ni les aboutissants historiques, elle emploie ce terme à tort et à travers. Au passage, elle blesse, en toute bonne conscience, des gens. Il y a des termes lourds d’histoire que des gens incultes, mais qui se prévalent d’une parole officielle, ne peuvent utiliser qu’à leurs risques et périls.

Je ne comprends pas cette fixation. Nous traversons une époque caractérisée par une profonde incertitude dès lors qu’il s’agit de dire avec exactitude qui est qui. Le moment terroriste a pour effet de réactiver les dispositions paranoïaques qui existent à l’état latent dans toutes les sociétés. Quand la peur devient si intense et si interne, et le préjugé si viscéral et si partagé, le désir de démasquer l’ennemi potentiel, de l’exposer, d’en révéler l’identité profonde et secrète devient un besoin presque anal ! Je crains que la fixation sur le voile ait davantage à voir avec cette forme de l’analité qu’avec la laïcité !

Qui êtes-vous ? D’où venez-vous vraiment ? Quelles garanties avons-nous que vous êtes bien celui ou celle que vous dites être ? Tout tourne désormais autour de cela. Démasquer et dévoiler font partie des opérations dont on pense qu’elles nous permettront de savoir avec exactitude qui est parmi nous, pour nous ou contre nous. Or le visage nu, à découvert, sans sociabilité, aussi important soit-il, ne permet pas à lui seul de répondre à ces questions. Vous pouvez dévoiler toutes les femmes musulmanes de France et de Navarre, cela ne vous fera pas avancer dans la connaissance véritable de qui elles sont. Dans le régime de surveillance généralisé que favorise la guerre contre la terreur, et le désir d’apartheid, l’identité est devenue une affaire purement policière. Des histoires de traçage, de fichage, de délation.

Il faut faire confiance aux femmes musulmanes. Elles sont capables de défendre elles-mêmes leurs droits.

Elles auront le pouvoir qu’elles s’octroieront. En attendant, essayons surtout de sortir de la logique coloniale : «Ce sont tous des enfants, il faut les aider.» Les opprimés se libèrent eux-mêmes. Dans l’histoire de l’humanité, personne n’a jamais libéré les opprimés à leur place.

Elle peine à rentrer de plain-pied dans le monde qui vient.

Le fait est que les vaincus sont obligés, pour survivre, de connaître non seulement leur propre histoire, mais aussi celle de leurs dominants. Les dominants, eux, non. L’ignorance suffit. Du coup, ce n’est pas parce que l’on a eu un passé ensemble que l’on aura nécessairement un futur en commun. Un tel futur, il faudra le construire consciemment. Par la lutte.

Il n’y a guère d’histoire de l’Afrique qui ne soit en même temps une histoire du monde. Tout comme il n’y a guère d’histoire du monde qui ne soit en même temps une histoire d’Africains ou de leurs descendants. Et ceci ne vaut pas que pour hier.

… ne veut rien dire ! Il n’y a d’histoire que dans la circulation des mondes, dans la relation avec Autrui. C’est l’autre, le lointain, qui m’octroie mon identité. Une société qui refuse de se voir donner son identité par l’Autre est une société profondément malade, agitée par toutes sortes de troubles.

L’universalisme péteux est celui qui ne sait pas faire place à cette parole qui le conteste, ou qui exige d’être prise en compte. Il ne dispose plus des ressources de l’inclusion. C’est le cas de tout universalisme de type finalement ethnique. Quand j’entends ces gens - toutes sortes d’individus venus d’horizons divers qui ont fini par faire souche ici, mais que l’on ne cesse de renvoyer à leur différence - dire «je suis Français», je n’ai pas l’impression qu’ils veulent créer un Bantoustan en plein cœur de Paris. Ce que j’entends, c’est : «Ouvrez-la toute grande, cette porte.» La malhonnêteté consiste à voir du «communautarisme» là où cherche à s’exprimer une requête d’appartenance et d’inclusion, de possible vie commune ou à tout le moins conviviale. L’universalisme péteux, c’est celui qui, tout en les assignant à une différence supposée inéradicable, leur adresse le reproche de ne point vouloir s’intégrer.

Il étale partout ses limites. Il faudrait en assurer l’approfondissement non plus dans le sens de la différence ou même de cet universel que je viens de critiquer, mais en direction de l’en-commun. Dans un pacte de soin, le soin de la planète et le soin apporté à tous ses habitants, humains et non-humains.

Et bien, vive la poésie ! Elle est d’autant plus nécessaire que la trajectoire inverse, à savoir la relation d’inimitié, est implacable. On a besoin d’ouvrir portes et fenêtres. On a besoin d’un peu d’air par ces temps touffus et irrespirables. L’époque nous force à dormir tout en nous empêchant de rêver. Il faut redonner sa chance au rêve et à la poésie, c’est-à-dire à de nouvelles formes de la lutte, cette fois-ci sur une échelle véritablement planétaire.

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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 11:59

NOUVELLES ADHÉSIONS

CRÉATION D’UN COLLECTIF POUR L’ABROGATION DE LA CIRCULAIRE DU MINISTRE DE LA JUSTICE DU 5 NOVEMBRE 1973

(MARIAGE DES TUNISIENNES AVEC DES NON MUSULMANS)

PLATEFORME du COLLECTIF

Les 11 juillet et 10 aout 2016 se sont tenues deux réunion au siège de la FTCR - Tunisie ayant pour objet la circulaire du ministre de la justice en date du 5 novembre 1973 relative au mariage des tunisiennes musulmanes ou présumées tel avec des non musulmans ou présumés tel.

Cette circulaire est contraire à la constitution et aux conventions internationales ratifiées par l’Etat tunisien en matière de libertés individuelles et d’égalité hommes-femmes.

La constitution tunisienne du 27 janvier 2014 garantit dans :

- son préambule l’égalité des citoyennes et des citoyens en droits et en devoirs,

- son article 6 la liberté de croyance, de conscience et d’exercice des cultes,

- son article 21 l’égalité des citoyennes et des citoyens en droits et en devoirs et devant la loi sans discriminations.

- son article 46 la protection, la consolidation et l’amélioration des droits acquis des femmes.

Cette mesure discriminatoire est anticonstitutionnelle et contraire au code de statut personnel qui ne prévoit aucun empêchement explicite du mariage entre tunisienne musulmane et non-musulman. Elle remet en cause un droit fondamental de tout être humain : la liberté du choix du conjoint.

La circulaire du 5 novembre 1973 est contraire à la convention des Nations Unies sur le consentement au mariage, à l’âge minimum et à l’enregistrement des mariages, ratifiée par la Tunisie en 1968 et à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes dans sa disposition du libre choix du conjoint ratifiées par la Tunisie respectivement en 1968 et en 1985

Cette prohibition est vécue par beaucoup de tunisiennes et plus précisément celles vivant à l’étranger qui se trouvent empêchées de transcrire leur mariage à l’état civil tunisien.

Les participantes et participants ont décidé de créer un collectif ouvert à toutes les associations et aux personnes qui le souhaitent pour demander l’abrogation de cette circulaire liberticide.

Elles et ils appellent toutes et tous les démocrates à participer à ce collectif en vue de l’organisation d’une campagne nationale et internationale pour abroger la circulaire du 5 novembre 1973 du ministre de la justice qui interdit le droit des Tunisiennes à épouser des conjoints non-musulmans.

Pour rejoindre cette initiative, merci de contacter la FTCR – Tunisie, 11 avenue Habib Thameur, Tunis 71 353 827 mail : ftcr.tunisie@gmail.com

Abderrazak KITAR (24537378 et 0033660158773) - Tarek BEN HIBA (tél : 28072655 et 0033646190915)

Premiers signataires :

Association Cultures des deux Rives (ACDR)

Association Tunisienne de Défense des Libertés Individuelles (ADLI)

Association Femme et Citoyenneté (AFC).

Association Tunisie Culture et Solidarité (ATCS).

Association Tunisie Terre des Hommes (ATTH).

Association des Tunisiens en France (ATF).

Association des Tunisiens en France Haute-Savoie (ATF - Haute Savoie).

Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD).

Association Tunisienne de Soutien des Minorités (ATSM)

Beity.

Collectif des Femmes Tunisiennes (CFT).

Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT).

Citoyens et Solidaires.

Citoyennes des 2 Rives (C2R).

Coalition pour les femmes de Tunisie – (CFT).

Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR).

Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux (FTDES).

Français du monde (ADFE – Tunisie).

Horra - bureau régional de Tunis.

Ligue des Electrices Tunisienne (LET).

Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l’Homme (LTDH).

Mouvement Citoyen des Tunisiens en France (MCTF).

Union Nationale de la Femme Tunisienne (UNFT).

Réseau Euroméditerranéen des Droits de l’Homme (REMDH).

Vigilance pour la Démocratie et l’Etat Civil (Yaquadha).

Personnalités :

Mourad ALLAL – militant associatif.

Ahmed AMARA - militant politique et associatif.

Ali BEN AMEUR – militant associatif.

Souad BAKALTI – historienne.

Houcine BARDI – Avocat.

Tahar BEN MEFTAH – enseignant.

Feti BEN SLAMA - psychanalyste et professeur à l'université.

Sophie BESSIS – économiste, essayiste et journaliste.

Mohamed BHAR - artiste musicien.

Annie BOUGUERRA - universitaire.

Larbi BOUGUERRA - membre Académie Bait al Hikma Carthage.

Nadia CHAABANE – ancienne députée, militante associative.

Alya CHERIF CHAMARI – avocate.

Mehdi CHEBBI – militant associatif.

Mohamed DAMAK – militant associatif.

Mohsen DRIDI - militant associatif.

Aïda EL AMRI - médecin radiologue, militante associative.

ANOUAR EL BASSI – avocat.

Chérif FERJANI – universitaire.

Claudette FERJANI -

Ahmed GALAI. - défenseur des droits humains.

Amna GUEDOUAR-MOHAMED – militante des luttes des femmes tunisiennes.

Saloua GUIGA - militante féministe.

Mohamed HAMROUNI - militant associatif.

Radhia HAMROUNI POTHIER – militante associative.

Aïcha HAMZA SAFI - professeur universitaire agrégée.

Salah HORCHANI – professeur universitaire.

Nacer JALLOUL – militant associatif.

Wafa JAOUA - doctorante.

Saloua KAMMARTI – militante associative.

Hassane KARKAR – universitaire.

Samia KCHAOU - gestionnaire.

Adel LTIFI – historien.

Jalel MATRI - président de l'ass. le Pont Genève.

Najet MILED – libraire.

Noureddine NAJAR - banquier retraite-militant politique.

Annie NOVELLI – militante associative.

Hichem OSMAN - militant des droits humains.

Hamadi REDISSI - professeur de sciences politiques

Youness RHOUMA – militant associatif.

Nathalie SAADALLAH – militante associative.

Hassen SLAMA, Universitaire.

Jean-Claude SOUFIR – médecin.

Amira TURKI - designer Plasticienne.

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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 20:23

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Robert McNamara, le Big Data avant l'heure

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Tristan Gaston-breton

Les Echos - 16.08.2016

De Robert McNamara, secrétaire à la Défense sous Kennedy et Johnson, on connaît le rôle lors de la crise de Cuba puis de la guerre du Vietnam. On connaît moins son rôle chez Ford, où il mit en oeuvre de nouvelles méthodes de management fondées sur l'utilisation systématique de statistiques financières, qui contribuèrent à la renaissance de l'entreprise.

Toute sa vie, Robert McNamara fut un gestionnaire que les hommes intéressaient peu. Il n'avait aucune appétence particulière pour les mondanités, les réseaux ou les relations sociales. On le disait froid et distant. Il n'en avait pas non plus pour les produits. Les voitures ? Un « simple mode de transport », à ses yeux. Seuls les chiffres et ce qu'ils permettaient de faire l'intéressaient : bâtir des organisations performantes et connaître un marché dans ses moindres détails afin d'engranger un maximum de profits. C'est d'ailleurs en grande partie cette réputation de gestionnaire qui lui valut d'être appelé par le président Kennedy à la tête du ministère de la Défense. Avec une mission : gérer l'engagement des forces américaines au Vietnam. Cette passion pour les chiffres, McNamara l'avait contractée bien des années plus tôt sur les bancs de l'université d'Harvard.

Lorsqu'il y est admis en 1939 pour y suivre un MBA, Robert McNamara a vingt-trois ans. Fils d'un vendeur de chaussures en gros, il a déjà décroché un diplôme en mathématiques à l'université de Berkeley. L'atmosphère qui règne sur le campus d'Harvard est très différente de celle qu'il a connue en Californie. Depuis quelque temps, la prestigieuse université de la côte Est a entrepris de révolutionner les programmes de son MBA en introduisant une nouvelle matière : la planification financière. L'idée est de bâtir une approche budgétaire permettant à une entreprise d'atteindre tous les objectifs qu'elle s'est fixés et à son dirigeant de construire des « modèles rationnels » de développement pour chaque division. A Harvard, on estime que cette approche, fondée sur des analyses chiffrées, la planification détaillée des objectifs et des « reportings » réguliers, peut s'appliquer à toute activité économique, de la banque à l'industrie lourde en passant par les chemins de fer et la grande distribution. Les étudiants du MBA n'ont donc plus vocation à être des spécialistes de telle ou telle industrie ; ce sont désormais des généralistes dotés d'un bagage technique valable pour tous les secteurs. Ce concept marque une rupture dans la façon d'enseigner le management. Il décide également de la vocation de Robert McNamara. En 1940, son MBA en poche, il devient le plus jeune professeur de management de l'université d'Harvard. C'est alors que la guerre change son destin…

En mai 1942, quelques mois après l'attaque japonaise sur Pearl Harbor, McNamara reçoit la visite d'un jeune haut fonctionnaire, Charles Bates Thornton. Le futur fondateur, en 1953, du groupe de défense Litton Industries est alors l'assistant du sous-secrétaire d'Etat à la Guerre en charge de la guerre aérienne, Robert Lovett. Planificateur convaincu, celui-ci lui a confié une mission de toute première importance : créer un département contrôle statistique chargé de collecter la montagne de données sur la guerre aérienne en Europe et dans le Pacifique, bâtir des scénarios d'intervention de la force aérienne et les soumettre à l'état-major. Si Thornton est venu voir McNamara sur le campus d'Harvard, c'est parce qu'il a besoin d'un programme accéléré de formation en analyses statistiques pour les officiers de son équipe. Un an durant, McNamara se consacre à cette tâche. Jusqu'à ce que Thornton finisse par l'embaucher dans son équipe avec le grade de capitaine de l'US Air Force. Fréquence des vols, consommation de carburant, rotation des équipages, taux de perte, nombre de bombes larguées, pourcentage de destruction des objectifs… Dans son bureau de Washington, McNamara brasse des milliers de chiffres pour maximaliser les opérations aériennes. Les études qu'il mène sur la consommation des bombardiers B 29 entre l'Inde et la Chine lui permettent ainsi de définir le meilleur trajet pour le bombardement du Japon. L'US Air Force lui doit également une inflexion stratégique majeure : la décision de remplacer les bombardements à haute altitude sur des objectifs militaires par des bombardements à basse altitude et au moyen de bombes incendiaires sur les villes du Japon. Une décision prise à la suite d'études statistiques portant sur le pourcentage de maisons en bois, les dégâts sur les infrastructures, le taux des pertes civiles et leur impact sur le moral de la population, le tout à partir d'opérations comparables effectuées en Europe.

De l'armée au sauvetage industriel

La guerre terminée, la petite équipe conduite par Charles Bates Thornton, les « Whiz Kids » (« petits génies ») comme on les surnomme à Washington, s'interroge sur son avenir. Rester dans l'armée ? Il n'y a plus rien à y faire et on n'y gagne pas assez d'argent ! C'est alors que Thornton tombe sur un article du magazine « Life » qui décrit par le menu les difficultés que connaît le constructeur automobile Ford. De fait, l'entreprise créée en 1903 par Henry Ford, qui avait bâti son succès sur la célèbre Ford T, est au plus mal. A la mort de son fils aîné Edsel en 1943, le fondateur est revenu à la tête du groupe. Autoritaire, méfiant, instable mentalement, souffrant de graves problèmes cardiaques et d'athérosclérose, l'industriel a plongé Ford dans le chaos. Depuis son retour, le constructeur automobile, qui ne sort plus aucun modèle, perd 10 millions de dollars par mois. Une dérive à laquelle l'épouse et la belle-fille d'Henry Ford mettent un terme brutal : en septembre 1945, elles exigent du patriarche, sous peine de vendre leurs parts, qu'il quitte définitivement l'entreprise et qu'il nomme à la présidence son petit-fils, Henry Ford II. Un jeune homme de vingt-huit ans qui n'a quasiment aucune expérience de l'industrie. « Ford, voilà où nous devons aller ! » lance Charles Bates Thornton à la lecture de l'article de « Life ». Dans les jours qui suivent, lui, McNamara et huit autres anciens du département sontrôle statistique du ministère de la Défense adressent une offre de service à l'héritier Ford. « Nous pouvons sauver votre entreprise », promettent-ils dans leur courrier. Ils sont tous embauchés dans les premiers mois de l'année 1946.

Au siège de Ford à Detroit, McNamara et les Whiz Kids arrivent avec une idée simple : la façon de faire est plus importante que le produit. Leur première tâche consiste à mettre en place un système de gestion du cash-flow et des tableaux de bord chiffrés permettant d'analyser les coûts de tous les éléments entrant dans une voiture et de planifier sa fabrication dans des conditions financières optimales. Des outils que le vieil Henry Ford, qui avait horreur des comptables, s'était toujours refusé à adopter. Sous la houlette d'Ernest Breech, l'ancien patron de Bendix Aviation recruté par Henry Ford II en même temps qu'eux, les Whiz Kids s'emploient ensuite à réorganiser les lignes de production pour baisser le coût unitaire des véhicules. En deux ans, Ford a retrouvé le chemin de l'équilibre financier. Le départ de Thornton, en 1948, fait de l'ancien professeur à Harvard le leader du petit groupe et, bientôt, l'un des hommes les plus influents de la compagnie. Contrôleur financier en 1948, directeur général d'une divison en 1955, il devient deux ans plus tard vice-président en charge de l'ensemble des activités automobiles-camions du groupe.

Chez Ford, l'homme surprend par son mode de vie et ses méthodes de travail. Alors que presque tous les cadres dirigeants vivent dans le quartier résidentiel de Grosse Pointe, au bord du lac Michigan, lui a jeté son dévolu sur Ann Arbor, beaucoup plus éloigné mais dont l'atmosphère studieuse - la ville accueille l'université du Michigan - lui rappelle Harvard. Au siège de l'entreprise, il ne s'intéresse guère aux problèmes de qualité, qui lui paraissent secondaires, et n'a que des relations épisodiques avec les ingénieurs de production, les vendeurs et les spécialistes du marketing. Il entretient d'ailleurs des relations tendues avec Lee Iacocca, emblématique directeur commercial et futur patron du groupe Ford. Aux arguments de ses interlocuteurs, il oppose invariablement des quantités de statistiques et de données chiffrées.

Des méthodes révolutionnaires

Surprenantes pour l'époque, en apparence totalement déconnectées du terrain, ces méthodes s'avèrent en réalité redoutablement efficaces. Ainsi, en 1958, il joue un rôle clef dans le lancement de la Thunderbird 4 places qui doit compléter le modèle sport à deux places lancé en 1955. A Detroit, personne n'y croit : ni le bureau d'études, qui hurle à la trahison, ni Henry Ford II lui-même. Mais McNamara est cependant convaincu qu'il existe un créneau pour une voiture de milieu de marché, confortable et spacieuse destinée aux jeunes couples avec enfants, dont les moyens financiers progressent rapidement. Le fruit d'analyses statistiques sur le niveau de vie et les habitudes de consommation de cette clientèle, mais aussi sur le coût unitaire de ce véhicule et la meilleure façon de tirer parti de l'organisation industrielle existante. A Henry Ford II qui suggère de lancer un modèle entièrement nouveau sur ce segment de marché, il répond qu'il est beaucoup plus simple et beaucoup moins onéreux de modifier un modèle existant que de créer une nouvelle voiture. Les allocations de ressources seront modifiées à la marge et il ne sera pas utile de bâtir un réseau de ventes dédié ou de mobiliser des armées d'ingénieurs. Tout McNamara est là.

Mais son plus grand succès est incontestablement la Ford Falcon. Des données chiffrées qui constituent son quotidien, il a, en effet, retiré une autre conclusion : il y a de la place, sur le marché américain, pour un véhicule compact de petite taille, simple et sans options inutiles mais peu gourmand en carburant. Une hérésie aux Etats-Unis où les constructeurs ne jurent que par les grands modèles. C'est la crise de 1957-1958 qui lui a fait prendre conscience de cette lacune. Elle a poussé les consommateurs à resserrer leur budget automobile. L'équation que fait McNamara est simple : parce qu'elle ne nécessite pas de gros investissements industriels et qu'elle pourra être fabriquée avec les outillages existants, la voiture compacte sera peu coûteuse à produire et vendue en grand nombre, ce qui dégagera un maximum de profit. Etude statistique du marché, abaissement des coûts par une optimisation maximale des lignes de production, planification détaillée de toutes les étapes de la fabrication, reporting à tous les niveaux…

La Falcon marque l'apogée de la méthode McNamara. De fait, lancée en 1960, cette voiture est vendue à 435.000 exemplaires la première année. Elle représente alors 25 % du chiffre d'affaires total de Ford. Le 9 novembre 1960, le jour même où John F. Kennedy remporte la présidentielle face à son rival Nixon, Robert McNamara est nommé à la présidence de Ford. Il est le premier dirigeant de la firme à ne pas appartenir à la famille fondatrice. Huit semaines plus tard, il démissionne de son poste pour rejoindre le ministère de la Défense. Avec lui et le groupe des Whiz Kids, la planification financière et le reporting financier - qui en assure le contrôle - ont fait une entrée fracassante dans le monde de l'entreprise. Ils sont utilisés pour programmer les fabrications, concevoir et lancer de nouveaux produits, définir la nature des investissements… Ce modèle allait très vite traverser l'Atlantique et devenir un strandard pour toutes les grandes entreprises.

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 13:26

Défendons toutes et tous le droits des femmes tunisiennes et exigeons une réforme progressiste du code du statut personnel



Le 13 août 2016, les Tunisiennes et les Tunisiens de Tunisie ainsi que celles et ceux de l’étranger et en particulier celles et ceux de France, fêtent avec les femmes et les hommes du Maghreb et de France le 60ième anniversaire de la promulgation du code de statut personnel par le premier gouvernement de l’Indépendance de la Tunisie dirigé par Habib BOURGUIBA, le 13 août 1956.

Cette loi révolutionnaire fut la concrétisation de la lutte de plusieurs générations de Tunisiennes et Tunisiens et des intellectuels tunisiens dont Tahar HADDAD était la figure de proue et le précurseur de la défense des droits des femmes depuis les années 20 du siècle dernier.


Cette loi a été un tournant dans la marche du peuple tunisien vers la liberté et la modernité et a marqué la nature du nouvel Etat tunisien.


Malgré l’opposition des forces rétrogrades de l’époque et de toujours et, particulièrement après le 14 janvier 2011 à cette loi, les Tunisiennes et les progressistes tunisiens ont pu préserver cet acquis social et sociétal majeur et imposer, depuis 60 ans des nouveaux acquis et des nouvelles réformes démocratiques et progressistes et élargir les champs de l'égalité des hommes et des femmes et les droits des femmes.


Elles et ils ont fait échouer tous les desseins, les manœuvres et les tentatives des réactionnaires et les ennemis du progrès social dont l'objectif principal est la mise en cause cette loi de liberté et imposer des mœurs moyenâgeuses et d'esclavagisme des femmes.


Soixante ans après, les femmes tunisiennes de Tunisie et à l’étranger continuent à lutter contre toute utilisation des droits des femmes comme alibis pour justifier la dictature et le non-respect des libertés et les droits de l’Homme.


Depuis la promulgation du CSP, la Constitution de janvier 2014 est venue consolider les droits acquis des femmes et consacrer le principe de l’égalité entre les hommes et des femmes, mais l’égalité entre les femmes et les hommes est encore loin d’être réelle et généralisée et reste un objectif à atteindre dans de larges secteurs.


L’égalité reste un objectif pour les femmes de la campagne et les femmes issues des couches et des classes populaires. L'égalité des salaires entre les hommes et les femmes dans les secteurs industrielles comme dans le secteur agricole n'existe pas.


Comme le font remarquer les associations féminines et féministes tunisiennes, le statut du code du statut personnel comporte toujours des injustices et des discriminations légales envers les femmes surtout en matière d’héritage et dans la pratique, l’administration et les officiers d’état civil continuent à ne pas reconnaître les mariages de femmes tunisiennes avec des non-musulmans à l’étranger et refusent de les inscrire même si ni la loi ni la constitution ne les interdisent n’interdisent. Question épineuse dont sont victimes en particulier les jeunes femmes et filles tunisiennes à l’étranger ainsi que leurs enfants.

Par ailleurs, le père reste le seul tuteur des enfants mineurs ; malgré quelques aménagements à la marge.


Pour l'Association des Tunisiens en France, la Tunisie doit adapter le statut du code personnel pour qu'il soit conforme à la nouvelle constitution et réponde aux nouveaux défis sociétaux et sociaux.

Une réforme en profondeur de ce code s'impose aujourd'hui comme seul barrage aux tentations rétrogrades et comme réponse aux desseins qui veulent imposer une morale moyenâgeuse et priver les femmes tunisiennes de leurs droits et de leur citoyenneté.


Paris, le 13 août 2016

P/°l'ATF

Le Président

Mohamed-Lakhdar ELLALA

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 20:10

Angela Davis: « Il nous faut une structure politique alternative qui ne capitule pas devant les entreprises»

Dans cette interview, Angela Davis aborde le poids du complexe pénitentiaire industriel au sein des sociétés capitalistes, ainsi que le rôle de l’ idéologie raciste et coloniale comme source des discriminations actuelles. Une interview réalisée par Maria Colera Intxausti pour Espai Fabrica.

Dans l’essai « Are prisons obsolete ? » {Les prisons sont-elles obsolètes?}, vous parlez de l’emprisonnement massif des gens pauvres et des migrants illégaux. Le capitalisme considère ces personnes comme autant de sujets qui ne sont pas indispensables mais les utilise comme main d’œuvre esclavagée et bon marché, et les transforme en consommateurs captifs de l’excédent de production. Ce même excédent qui se trouve à l’origine d’une crise économique engendrant aussi pauvreté et migration, formant une parfaite boucle. Percevez-vous un quelconque parallélisme entre ces politiques d’emprisonnement et le processus entamé pendant la transition du féodalisme au capitalisme, où des millions de personnes furent expulsées des terres qui assuraient leurs moyens de reproduction et furent forcées à l’esclavage salarié ?

Il y a, certes, des parallélismes/similitudes entre les deux époques mais le plus important est de constater qu’il y a aussi entre elles des différences considérables. Dans le saut du féodalisme au capitalisme, tel que Marx l’a décrit, les enclosures et d’autres processus de dépossession privèrent les gens des terres qui constituaient leur moyen de subsistance et façonnèrent simultanément une classe de personnes à qui il ne restait plus que la force de travail. Ces personnes sont alors devenues la main d’œuvre nécessaire pour que le capitalisme naissant multiplie sa richesse. Ces personnes furent en effet libérées des contraintes féodales mais elles se sont vues forcées, in fine, à passer d’une forme d’oppression à une autre.

S’il est vrai qu’il est souvent inutile de faire un classement des différentes formes d’oppression, l’on peut quand-même affirmer que, malgré la dépendance totale et absolue du capitalisme vis-à-vis de l’exploitation, le fait de dépasser l’esclavage et le féodalisme constitua un progrès certain. Au moins quelques travailleurs trouvèrent accès à l’emploi, quoiqu’il qu’il fût, et continue d’être, dégradant.

D’autre part, le complexe pénitentiaire industriel et global est certainement plus rentable. Néanmoins, sa rentabilité réside dans les technologies destinées à reléguer une grande masse de la population à des vies marginales, improductives et chargées de violence. L’emprisonnement massif aux Etats Unis, en Australie, ou encore en Europe de citoyens de couleur ou immigrants, s’appuyant sur la persistance d’un racisme et d’une xénophobie structurels, sont la preuve de l’échec absolu du capitalisme global à faire face aux nécessités des individus de par le monde.

L’on pourrait pareillement considérer que c’est aussi la preuve la plus convaincante du besoin de concevoir un système socio-économique au-delà du capitalisme. Dans cet espoir, le mouvement abolitionniste contemporain, à travers son appel à démanteler le complexe pénitentiaire industriel, se présente comme un mouvement anticapitaliste qui exige l’égalité raciale, des emplois dûment rémunérés, un logement abordable, des soins de santé et une éducation gratuits, et une justice environnementale concernant tous les êtres vivants.

Tu défends la justice restauratrice au lieu de la justice punitive. Comment faire disparaître les inégalités et l’injustice issues du processus d’accumulation primitive qui est à la base du capitalisme ? Autrement dit, quelle serait la forme d’une justice restauratrice destinée à réparer le « péché originel » d’exploitation et d’accumulation duquel découlent les inégalités de répartition dans nos sociétés ?

J’ai en effet souvent utilisé les termes « justice restauratrice», « justice réparatrice » et aussi « justice transformatrice » comme alternatives à la justice punitive ou vindicative. Dans l’absolu, je préfère la notion « justice transformatrice » car elle ne suppose pas l’existence d’un état idéal qu’il faille restaurer.

Pour répondre à ta question, j’aimerais souligner l’importance de la mémoire historique dans notre contexte actuel qui a besoin d’une analyse explicitement anticapitaliste. « L’accumulation primitive du capital » est l’un des passages les plus importants du Capital, justement parce qu’il met en lumière l’expropriation, l’injustice et la violence qui marquèrent les débuts du capitalisme, et demeurent, malgré les apparences, au centre du processus capitaliste.

Vers la fin du XXème siècle, le complexe pénitentiaire industriel commence à nous révéler combien pèsent encore, au sein des sociétés capitalistes, les idéologies racistes et coloniales quand il s’agit de développer des technologies de violence. De cette façon se poursuit la violence séculaire de l’esclavage et de la colonisation.

Tu as parlé des réflexes automatiques avec lesquels on répond au crime et au délit, cherchant le refuge auprès des institutions juridiques et policières au lieu d’imaginer des solutions provenant de l’intérieur de la communauté. Pour ce qui est des cas de violence sexuelle, tu soutiens l’autodéfense, ce qui nous amène au sujet des femmes face à la violence. Dans « Are prisons obsolete ? » tu mentionnes la « nécessité de remettre en question l’idée préconçue selon laquelle la seule relation possible entre les femmes et la violence suppose que les femmes en soient les victimes ». C’est quoi selon toi l’autodéfense féministe ?

J’ai toujours choisi soigneusement la façon dont j’employais le terme « violence ». En tant que chercheuse dans la théorie critique, je me rappelle toujours que les outils conceptuels que je décide d’emprunter peuvent, en réalité, contrevenir à ce que je tente d’exprimer. C’est pour cette raison que j’essaye de ne pas associer « autodéfense » et « violence contre l’agresseur ». D’ailleurs, la formation en autodéfense que je soutiens s’inscrit dans un contexte plus large : elle se base sur une analyse qui relie la violence misogyne aux systèmes de domination raciale, de genre et de classe, dans une stratégie qui prétend purger nos sociétés de toute forme d’exploitation et de violence.

Dans « Women, Race and Class » {Femmes, Race et Classe} tu déconstruis le mythe du violeur noir et tu expliques qu’il fut une « invention clairement politique ». Une propagande élaborée en vue de justifier et pérenniser les lynchages, une méthode de « contre-insurrection » ayant pour but d’éviter que les Noirs prennent possession de leurs droits. Nous avons encore assisté au déroulement de ce même mythe à Cologne en fin d’année : on a ciblé les hommes « d’apparence arabe ou nord-africaine » et, dans un nouvel exemple de « purple washing », on a utilisé le soutien aux femmes pour criminaliser les demandeurs d’asile et les résidents illégaux. Comment interprètes-tu l’utilisation faite des droits des femmes (voile, violeur noir, oppression des femmes afghanes…) pour s’engager dans d’autres croisades ?

Dans le livre « Arrested Justice : black women, Violence, and America’s Prison Nation » {La justice sous arrestation : femmes noires, violence et la prison-nation d’Amérique}, Beth Richie dévoile le danger de faire confiance aux technologies de la violence comme étant des solutions aux problèmes de la violence de genre.

Son argument est que le mouvement anti-violence prédominant aux Etats Unis opéra un virage, dangereusement orienté, lorsqu’il commença à soutenir la répression policière et l’emprisonnement comme stratégies principales pour la protection des « femmes » vis-à-vis de la violence masculine. Il était facilement prévisible que ces efforts de protection cibleraient tout particulièrement les hommes des communautés déjà soumises à l’hyper-vigilance policière, les mêmes qui contribuent de façon disproportionnée à l’augmentation de la population pénitentiaire.

En fait, la généralisation du concept « femme » cachait toute un racialisation clandestine à l’intérieur de la catégorie. De cette façon, les « femmes » devenaient en réalité les « femmes blanches » voire les « femmes blanches et aisées ».

Ce qui est arrivé à Cologne et le discours sur le violeur arabe (qui prétend consolider les représentations colonialistes des hommes arabes en tant que potentiels agresseurs sexuels) nous rappelle l’importance des théories et des pratiques féministes qui questionnent l’instrumentalisation raciste des « droits des femmes » et mettent l’accent sur l’inter-sectionnalité des combats pour la justice sociale.

Ces dernières décennies, nous avons été témoins de ce que Nancy Fraser définit comme le « découplage des dénommées « politiques identitaires » des politiques de classe », qui s’est transformé en une lutte pour la reconnaissance au lieu d’une pour la redistribution, avec le déplacement du sujet collectif vers un sujet individuel. D’un autre côté, tu as défendu les « communautés de la lutte » quand tu considères que « les communautés sont toujours des projets politiques ». Quel est ton avis sur les politiques identitaires ? Quels sont les combats et projets politiques qui devraient être au centre de l’hégémonie néolibérale actuelle ?

Ce qui me semble le plus problématique dans les politiques identitaires, c’est la manière dont on naturalise souvent les identités pour ne plus les considérer comme un produit du combat politique. De cette façon, on les coupe des luttes de classe et de la lutte antiraciste.

Le mouvement « trans », par exemple, est récemment devenu une dimension importante du combat pour la justice. Après tout, il y a une différence fondamentale entre les représentations dominantes des questions « trans », axées sur l’identité individuelle, et les mouvements « trans » inter-sectionnels qui considèrent la race et la classe comme éléments fondamentaux des luttes menées par les personnes « trans ».

Au lieu de se focaliser sur le droit de la personne à « être » elle-même, ou lui-même, ces mouvements « trans » font face à la violence structurelle (de la police, des prisons, du système sanitaire, du système de logement, du chômage, etc.) que les femmes « trans » noires ont le plus de probabilité de subir, plus que n’importe quel autre groupe social. Autrement dit, ces mouvements luttent pour des transformations radicales dans nos sociétés, en opposition à l’assimilation simple d’un fait établi.

Poursuivons au sujet de l’identité : au vu de ce que tu dis sur l’inter-sectionnalité, je comprends que tu es davantage en faveur d’une confluence des luttes (Ferguson, Palestine), que d’une conjonction d’identités différentes, diverses et multiples. Ceci, dans un contexte où une grande partie des défenseurs des politiques inter-sectionnelles affirment et naturalisent les identités, au lieu de les questionner, tout en ignorant souvent le contexte matériel et historique qui les entoure. Comment comprends-tu l’inter-sectionnalité et en quels termes devient-elle, selon toi, productive aujourd’hui ?

Le concept d’inter-sectionnalité, tel que je l’entends, a une généalogie particulièrement intéressante qui remonte au moins à la fin des années 60, début des années 70. Comme je ne peux pas rentrer maintenant dans les détails, je ferai seulement mention de ce fait saillant : la création de l’organisation Alliance de femmes noires, en réponse à la volonté d’engager un débat sur les questions de genre au sein du Comité de Coordination Étudiante Non Violente (SNCC), principale organisation de la jeunesse du Mouvement pour la Liberté du Sud.

L’Alliance soutenait qu’il était impossible de comprendre le racisme dans toute sa complexité sans y ajouter une analyse sur le sexisme. C’est pour défendre cette thèse qu’en 1970 Fran Beale écrivit l’article amplement diffusé « Double Jeopardy : To Be Black and Female » {Risque double : être noir et femme}.

Peu après la publication de l’article, alors que l’on prenait conscience des luttes des femmes portoricaines contre la stérilisation forcée, l’Alliance de Femmes Noires se transforma en Alliance des Femmes du Tiers-Monde, et publia un journal nommé Triple Jeopardy, en référence au racisme, au sexisme et à l’impérialisme. Cet article rendait nécessaire une militance de terrain pour, simultanément, lutter contre le racisme, la misogynie et la guerre impérialiste.

C’est avec l’esprit de ces anciens efforts intellectuels organiques qui tentaient de comprendre les catégories de race, de genre et de classe en tant qu’éléments connectés, entrelacés, noués, que je conçois aujourd’hui les concepts féministes d’inter-sectionnalité.

Dans un cycle de conférences données récemment au CCCB sous le titre « La frontière comme centre. Zones d’être et de ne pas être {migration et colonialisme} », la représentante du Parti des Indigènes de la République Houria Bouteldja affirmait ce qui suit : « Je ne sais pas qui est blanc, mais la police française, elle, le sait très bien. Elle ne se trompe jamais quand il s’agit de décider sur qui faire tomber la discrimination et la violence ». Pareillement, Itziar Ziga, féministe basque, dans une interview chez Argia, disait d’elle-même « je suis une femme car c’est en l’étant que j’ai subi la violence physique, affective, économique, symbolique… J’affirme être une femme, mais pas à cause de ce que j’ai entre les jambes ». Dans les deux cas, le sujet se définit politiquement par l’oppression et, donc, le combat. Dans ce sens, c’est quoi selon toi être femme et c’est quoi être noire ?

Ces deux catégories se sont élargies et répandues au-delà de ce que j’aurais pu imaginer auparavant dans ma vie. De façon que si je prétendais m’accrocher aux définitions historiques, je continuerais de me sentir obligée de me baser sur des définitions politiques de genre et de race quoi qu’il arrive, tant du point de vue des structures de domination et de ses idéologies associées, que du point de vue des mouvement collectifs qui cherchent à démanteler lesdites structures et combattre ces idéologies.

Par ailleurs, j’ai toujours insisté sur la priorité de la pratique radicale au-delà de l’identité pure et simple. Ce que l’on fait pour faciliter la transformation radicale est plus important que l’imaginaire que l’on a de soi-même et de ce que l’on est. Et, évidemment, comme je l’ai déjà indiqué, les catégories de race et de genre, de même que la sexualité et la classe, ne sont significatives que dans des inter-relations plus complexes.

En relation à la politique étatsunienne, tu as mis en avant le « défi de compliquer le discours », étant donné que la « simplification de la rhétorique politique facilite l’adoption de positionnements extrémistes ». Ces dernières années, en Europe, nous avons été témoins de l’apparition de la prétendue « nouvelle politique », qui s’oppose à « ceux d’en haut » et dont l’objectif premier est celui d’enclencher une révolution démocratique par la voie de la « révolution des sourires ». Dans cette ère de populisme dépolitisant et de signifiants creux, que signifie pour toi la démocratie ?

Il est vrai que nous qui sommes à gauche aux États Unis (mais c’est le cas aussi de certains cercles conservateurs), nous vivons avec stupéfaction la montée en puissance de Donald Trump et l’expansion de son influence. Celle-ci profite du fait que des secteurs clé des communautés de classe ouvrière blanche sont attirés par cette rhétorique politique simpliste, extrémiste et d’inclinaison fasciste.

De façon analogue, une dangereuse attraction envers des personnages et partis d’extrême droite fait son chemin en Autriche, en France, en Pologne, et encore d’autres territoires européens, où la combinaison d’une récession économique et d’une crise des réfugiés a propulsé le populisme d’extrême droite sur un fond de racisme anti-noir et anti-immigrants. Cette même combinaison a servi à réactiver l’islamophobie, offrant de nouveaux spectacles au racisme séculaire.

Il ne sera possible de faire face au populisme d’extrême droite, ainsi que de générer un dialogue sur des horizons démocratiques – approches substantives et transformatrices qui déplacent le focus politique de la représentation néolibérale de l’individu vers les nécessités et aspirations des communautés – que si nous sommes capables de structurer des mouvements puissants contre le racisme et la xénophobie partout dans le monde.

Interrogée à propos de ton positionnement vis-à-vis des élections présidentielles aux Etats Unis, tu as récemment évoqué « qu’il nous faut un nouveau parti ». Pour quelle raison ? À quel type de parti penses-tu ? En tant qu’ancienne candidate à la vice-présidence du Parti Communiste des Etats-Unis, en quoi ce nouveau parti devrait-il y ressembler et en quoi s’en différencier ? Quant au programme, considères-tu que les 10 points du Parti des Black Panthers continuent d’être d’actualité ? Quelle serait la base électorale de ce nouveau parti ?

La politique électorale étatsunienne est depuis de nombreuses années l’otage du système bipartite. Que ce soit le Parti Démocrate ou le Parti Républicain, ils sont tous les deux totalement enchaînés au capitalisme. Il nous faut une structure politique alternative qui ne capitule pas devant les entreprises mais qui, au contraire, représente en premier lieu les nécessités des travailleurs, des pauvres, et des différentes races.

Ceci est évident depuis de plusieurs cycles électoraux et, quand j’ai pris part directement dans la politique électorale en tant que candidate à la vice-présidence du Parti Communiste il y a de cela de nombreuses années, je l’ai fait pour rendre visible ce besoin de déclarer l’indépendance vis-à-vis du système bipartite.

Au regard du retour obtenu par Bernie Sanders, il est devenu clair qu’un nombre considérable de gens désirent une alternative au capitalisme. De plus en plus de monde réfléchit sérieusement à la nécessité d’un parti qui représente la classe ouvrière, les mouvements antiracistes, les questions féministes et LGBTQ, les revendications contre la guerre et la justice environnementale.

Quant au Parti des Black Panthers, il est clair que son programme en 10 points est profondément enraciné dans les conditions historiques de la première moitié du XXème siècle et, néanmoins, chacun des points demeure encore tout aussi lié aux luttes radicales contemporaines.

Les Black Panthers furent des pionniers avec leur politique de « womanism » qui plaçait au même niveau la lutte des classes et la lutte raciale. Elle soutenait le droit à l’avortement, organisait la garde des enfants lors des réunions et soutenait le modèle traditionnel africain de la famille élargie en opposition à la famille bourgeoise et nucléaire. De même, le journal du parti était dirigé par des femmes et 70 % des militants étaient des femmes. Mis à part le fait que les hommes étaient en train d’être emprisonnés, voire assassinés, comment a-t-on pu atteindre ces résultats? Quelles leçons pourraient en retirer les mouvements de libération, et spécialement les féministes, de l’expérience du Parti des Black Panthers?

En réalité, nous ne devrions pas être excessivement surpris d’apprendre que la majorité des militants des Black Panthers étaient des femmes, de la même façon qu’il n’est pas surprenant que les femmes aient joué un rôle fondamental au sein du Mouvement pour la Liberté du Sud des Etats-Unis. Ce qui est véritablement surprenant c’est qu’un demi-siècle après nous continuions d’être captifs des visions historiquement obsolètes d’un leadership charismatique masculin.

Historiquement, les paradigmes associés au leadership féminin – d’Ella Baker à Erika Huggins – tendent à mettre l’accent sur le leadership collectif au-delà de l’individuel. La jeunesse des mouvements radicaux actuels est en train de prioriser le leadership des femmes, le leadership queer et celui des collectivités.

Parce-que tu as été élève de Marcuse, j’aimerais te poser une question que lui-même posait dans son livre « An Essay on Liberation » [Un essai sur la libération] : « comment [l’individu] peut-il satisfaire ses nécessités sans toutefois […] reproduire, à travers ses aspirations et ses satisfactions, la dépendance à un système exploiteur qui, lorsqu’il satisfait ses besoins, perpétue son esclavage ? ». En d’autres termes, comment pouvons-nous nous libérer de la marchandisation de nos sentiments ?

Aujourd’hui, je ne suis plus sûre qu’il soit possible d’esquiver totalement les conséquences du désir marchand car il est devenu la nature même du désir contemporain ; le capitalisme a tellement envahi nos vies intérieures qu’il nous est extrêmement difficile de nous en séparer. Je crois néanmoins que je suis la tradition philosophique de Marcuse quand j’affirme que nous devrions essayer de développer une conscience critique envers notre propre implication, par le biais de la marchandisation de nos sentiments, dans l’entretien du système capitaliste. C’est à travers ce type de réflexions négatives que nous pouvons commencer à entrevoir des possibilités de libération.

Pendant ta visite au Pays Basque, nous avons discuté de l’importance de l’art et de la littérature en tant que sphères permettant d’étendre les limites de l’intelligible, de démonter les paradigmes du sens commun hégémonique, d’affronter la camisole de force de la vraisemblance, de mettre à terre le monopole de la réalité, et de traduire, donner, former, et mettre en pratique nos notions politiques. Comment concrétise-t-on tout ça ?

Maintenant (et spécialement maintenant) que la possibilité de libération semble être mise à l’écart par ces mêmes luttes politiques qui prétendent nous montrer la voie vers des futurs meilleurs, nous pouvons profiter de ce que Marcuse nommait la « dimension esthétique » et Robin Kelley les « rêves de liberté » ou « imagination radicale ».

Ce que la toute-puissance capitaliste a complètement étouffé, c’est notre capacité collective d’imaginer une vie qui ne soit pas chargée de marchandises. C’est pour cette raison que nous avons besoin de l’art, de la littérature, de la musique et d’autres pratiques culturelles dans le but d’éduquer notre imagination de façon à ce qu’elle s’affranchisse des contraintes de la privatisation.

Lors de cette visite à Bilbao, un concert fut organisé en ton hommage pendant lequel tu fis mention d’une très belle chanson de Nina Simone « I Wish I Knew How It Would Be To Be Free » [j’aimerais savoir ce que c’est que de se sentir libre], et qui dit : « I wish I could break all the chains holdin’ me, I wish I could say all the things that I should say, say ’em loud, say ’em clear for the whole ’round world to hear » [j’aimerais pouvoir rompre toutes les chaînes qui me retiennent, j’aimerais pouvoir dire tout ce que j’ai à dire, les dire haut et fort pour que tout le monde l’entende]. Que signifie être libre pour toi et quelles sont les chaînes que l’on doit briser ?

J’ai évoqué cette chanson de Nina Simone, non pas pour laisser entendre qu’un demi-siècle après j’ai finalement une réponse définitive à la question sous-jacente à l’aspiration de savoir ce que c’est que d’être libre enfin, mais plutôt pour que nous continuions de nous déterminer par ce désir de nommer et de faire l’expérience de la liberté.

Aux Etats Unis, cet objectif est de nos jours beaucoup plus difficile à atteindre qu’à la moitié du XXème siècle. De fait, il semble que, plus on approche de ce que l’on avait initialement imaginé comme « liberté », plus nous nous rendons compte qu’il s’agit de quelque chose de bien plus compliqué, de bien plus vaste…

Angela Davis est professeur afro-américaine marxiste du Département d’Études Féministes de l’Université de Californie et leader historique du Parti Communiste des EUA et des Black Panthers.

Traduit du catalan par Joan Roisse pour Investig’Action

Source : Espai Fàbrica/l’esquerra avui

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