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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 20:49

L'actualité en Tunisie, autrement

Sami Tahri : «Un député possède 100 camions pour le transport le phosphate»


Sami Tahri (UGTT) a dénoncé ce qu’il a appelé «des lobbies qui sont en train de détruire nos richesses comme le phosphate et le blé».

Le secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui parlait à la radio IFM, lundi 10 octobre 2017, a ajouté que, contrairement aux rumeurs, ces lobbies «n’ont aucune relation avec l’UGTT. Ce qu’on peut dire c’est que les sociétés de transports de phosphate ont des soutiens. La situation est grave. Nous avons appelé à l’amélioration du transport ferroviaire pour réduire les coûts. Pour le moment on n’a pas avancé sur ce dossier stratégique. Le fait qu’un député de l’Assemblée des représentants du peuple possède 100 camions pour le transport des phosphates est significatif de ce point de vue. Je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas de Adnane Hajji».

M. Tahri s’est cependant gardé de nommer le député concerné.

La problématique du transport du phosphate par camions date du temps de Ben Ali. La Compagnie de phosphate de Gafsa (CPG) sous-traite cette activité avec des camionneurs privés lesquels employaient des intérimaires.

Après le 14 janvier 2011, ces intérimaires, au nombre de 1.600 environ, ont été intégrés dans la Société de transport de phosphate dans le bassin minier, une filiale de la CPG spécialisée dans le transport de phosphate entre les carrières et les lavoirs. Cette intégration a coûté 45 millions de dinars tunisiens (MDT) à la CPG.Or le matériel roulant et les équipements acquis par cette société ont été sabotés au cours des cinq dernières années. La CPG a du arrêter un plan de redressement de la situation financière de la société sur deux ans (2016-2017).

Mais pourquoi des camions au lieu de transporter le phosphate par voie ferroviaire comme auparavant avec des coûts beaucoup moins onéreux et une capacité de transport de loin plus élevée que les camions ?

A moyen terme, la CPG envisage d’arrêter définitivement le transport du phosphate par voie routière fin 2017, annonce sa.

Pourquoi l’Etat n’a pas engagé l’effort nécessaire pour réhabiliter le transport ferroviaire du phosphate au lieu de laisser«pourrir» la situation, avec des pertes incommensurables en recettes et en marchés.

Sami Tahri vise-t-il des parties ayant des intérêts à ce que la situation perdure au prix de pertes énormes de la CPG.

H. M.


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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 11:01

 

Depuis le 3 octobre, un bus de l’association CitizenGo arpente les rues de Paris et de villes d’Ile-de-France contre « la théorie du genre ». La Ville de Paris et la Ville de Saint-Denis réprouvent fermement cette propagande.

Un bus de l’organisation CitizenGo circule dans les rues de Paris depuis le 3 octobre dernier, avec pour objectif de dénoncer à nouveau une prétendue « théorie du genre » qui serait enseignée dans le programme scolaire de nos écoles. Le bus va circuler jusqu’au 9 octobre, en passant par des villes d’Ile-de-France comme Saint-Denis.

Sur ce bus peuvent être lus des slogans comme « Non à l’enseignement du genre à l’école » ou encore « La théorie du genre, elle n'existe pas et pourtant elle revient ». Sous couvert de vouloir « protéger les enfants » et alerter les parents sur une théorie qui serait enseignée, la fondation CitizenGo agit en dehors de tout cadre légal pour imposer au travers de ce bus des messages de haine et de désinformation. De la remise en cause du droit à l’IVG en passant par le mariage défini sur leur site comme étant « l’union entre un homme et une femme », CitizenGo ne vise qu’à propager une vision obscurantiste de la société

La Ville de Paris et la Ville de Saint-Denis condamnent fermement cette initiative, et tiennent à réaffirmer leur soutien et leur engagement auprès des associations qui se battent chaque jour pour faire respecter les droits des personnes LGBTI. Elles revendiquent de participer à la déconstruction des stéréotypes de genre qui sont souvent le prétexte aux discriminations et violences les plus graves que ce soit à raison du sexe, de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre.

Pour Hélène Bidard, adjointe à la Maire en charge de l’égalité femmes-hommes, de la lutte contre les discriminations et des droits humains, « nous continuerons au contraire de soutenir des actions, dans les écoles, les universités, l'espace public, qui s’inscrivent dans une logique de prévention de ces actes et d'incarnation du pacte républicain. » Ce propos est partagé par Laurent Russier, Maire de Saint-Denis.

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6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 15:44

Comment les femmes des pays musulmans luttent-elles aujourd’hui pour leurs droits ?

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6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 15:28

Mobilisation des femmes tunisiennes pour un héritage égalitaire

UNE BATAILLE AU LONG COURS

Le 13 septembre, un mois jour pour jour après ses annonces faites lors de la Fête de la femme, Béji Caïd Essebsi a abrogé la circulaire de 1973 qui proscrivait le mariage entre une Tunisienne musulmane et un non-musulman. L’égalité successorale, son autre annonce, est une question plus épineuse et il faudra sans doute batailler ferme, mais l’opinion favorable des femmes transcende déjà tous les clivages religieux, politiques ou sociaux.13 août 2013 à Tunis, Fête de la femme.

Il fallait s’y attendre. Le discours prononcé le 13 août dernier par le chef de l’État tunisien à l’occasion de « la Fête de la femme » qui célèbre chaque année la promulgation, le 13 août 1956, du Code du statut personnel a réactivé un débat récurrent en Tunisie sur la question de l’égalité des sexes. Dans son allocution, le président de la République Béji Caïd Essebssi s’est en effet attaqué à deux sujets qui font périodiquement, depuis les années 1970, l’objet de vives controverses en annonçant sa volonté de faire abolir la circulaire ministérielle de 1973 interdisant le mariage d’une Tunisienne musulmane avec un non-musulman, et son intention d’aller vers l’égalité successorale entre filles et garçons, alors que la loi actuelle est conforme à la règle charaïque octroyant aux héritières une part inférieure de moitié à celle des héritiers.

Associations, médias, organisations politiques et syndicales, blogosphère ont aussitôt commenté avec passion ses propos. En une semaine à peine, le discours a recueilli sur Facebook un nombre record de 28 000 « vu » et de 1370 commentaires partagés entre défenseurs déterminés de la charia, personnes sceptiques sur les véritables intentions de Béji Caïd Essebssi, femmes enthousiastes et hommes favorables à l’égalité. La polémique a pris d’autant plus d’importance qu’elle s’est inscrite d’une part dans un contexte politique interne particulier et que, de l’autre, elle s’est rapidement étendue à l’ensemble du monde arabo-musulman.

RETOUR AU FÉMINISME D’ÉTAT ?

En Tunisie même, les positions sont en gros regroupées dans trois courants. Le premier, sans s’exprimer clairement sur le fond, a vu dans le discours du 13 août une manœuvre présidentielle opportuniste consistant à resserrer autour du chef de l’État les rangs des « démocrates modernistes » échaudés par son patrimonalisme et sa volonté de réintroduire dans le jeu politique nombre de hiérarques de l’ancien régime. Il ne fait effectivement guère de doute que Béji Caïd Essebsi a choisi son moment pour renouer avec ce fameux « féminisme d’État » — d’ailleurs bien ambigu — qui avait marqué le début de l’ère bourguibienne. En août 2016, il avait catégoriquement refusé d’aborder ces questions malgré plusieurs demandes. Son récent revirement s’inscrit donc dans une stratégie de reconquête d’une partie de l’opinion, ce qui lui a permis par ailleurs d’imposer au chef du gouvernement Youssef Chahed un remaniement ministériel faisant une large part à ses proches, et de faire voter en septembre la loi dite « de réconciliation », véritable mesure d’amnistie dont bénéficieront tous les agents de l’État compromis dans les affaires de corruption de l’époque Ben Ali.

Sans sous-estimer les arrières-pensées présidentielles, un autre courant, surtout féminin, a en revanche relayé avec ferveur ces propositions, y voyant la possibilité d’avancées historiques en matière de droits des femmes. Il est vrai que nombre d’associations et d’intellectuels militent depuis des années pour l’abrogation des mesures et des lois discriminatoires à l’égard des femmes et ont forgé de solides argumentaires afin de démonter les rhétoriques s’appuyant sur le respect des règles coraniques, notamment en matière d’héritage. Ouvrages juridiques, manifestes, prises de position publiques et coalitions associatives se sont multipliés pour convaincre l’opinion que le temps était venu de mettre la loi en accord avec l’évolution de la société. LaConstitution de janvier 2014 a donné un socle institutionnel à ces revendications en garantissant dans son préambule l’égalité des citoyennes et des citoyens en droits et en devoirs, en son article 6 la liberté de croyance et de conscience, en son article 21 l’égalité des sexes devant la loi sans discrimination, et en son article 46 la protection, la consolidation et l’amélioration des droits acquis des femmes.

C’est d’ailleurs en se réclamant de la nouvelle loi fondamentale qu’un collectif regroupant une trentaine d’associations s’est constitué en 2016 pour exiger l’abolition des circulaires relatives au mariage. Ces dernières, au nombre de cinq — celle de 1973 ne constituant qu’un volet des dispositions d’interdiction — ont été abrogées le 14 septembre, soit un mois après le discours présidentiel. Désormais, une Tunisienne musulmane a l’entière liberté de choix de son conjoint sans que ce dernier ait besoin de se convertir à l’islam s’il appartient à une autre religion. Quant aux unions existantes et non reconnues jusqu’à présent, elles pourront être enregistrées à l’état civil en Tunisie et dans les consulats à l’étranger.

Si cette abrogation a fait grincer quelques dents chez les conservateurs dans la mesure où elle s’inscrit dans un processus de sécularisation du droit personnel, elle va dans le sens d’une réalité désormais difficile à cacher. En effet, la population tunisienne émigrée ou issue de l’émigration compte environ 1,5 million de personnes et le nombre de mariages « mixtes » contractés par des jeunes femmes binationales n’a cessé d’augmenter dans tous les milieux sociaux, alors que le phénomène était plutôt rare avant les années 1990. L’accroissement du nombre de filles poursuivant des études supérieures à l’étranger l’a également accentué. Malgré quelques combats d’arrière-garde jusqu’au sein même du ministère de la justice, l’abrogation n’a donc pas provoqué de véritable tollé.

RELIRE LE CORPUS RELIGIEUX

La question de l’égalité successorale est, elle, d’une tout autre dimension, qu’on a pu mesurer à la vivacité des polémiques soulevées par le discours du 13 août. Le débat, pourtant, est ancien. Déjà, en 1974, Habib Bourguiba avait tenté de l’imposer mais avait échoué devant l’ampleur des oppositions — y compris au sein de son gouvernement et de son entourage. Depuis, et malgré une incontestable évolution de la société vers une pratique religieuse ostentatoire, le dossier n’a jamais été abandonné par la sphère féministe. À partir de 2011, il a été replacé au centre du débat par les associations soutenues par nombre de juristes et d’islamologues — essentiellement des femmes d’ailleurs — convaincus de la nécessité de relire le corpus religieux à la lumière de l’ijtihad (NDLR. Effort de réflexion déployé par un juriste musulman qualifié pour extraire une loi ou une prescription de sources scripturaires peu explicites, ou pour formuler un avis juridique circonstancié en l’absence de textes de référence.). En juin 2016, le député Mehdi Ben Gharbia — aujourd’hui ministre chargé des relations avec les instances constitutionnelles et la société civile — avait soumis à l’Assemblée un projet de loi sur l’héritage faisant de l’égalité la règle tout en maintenant la possibilité de l’inégalité, celle-ci devenant toutefois l’exception. L’actuel président ne s’est donc pas aventuré en terrain vierge.

Pour autant, les oppositions demeurent féroces, car un changement de la loi successorale bouleverserait la répartition des patrimoines dont les hommes sont jusqu’ici les principaux bénéficiaires. Dans les régions rurales, ils s’en approprient même la totalité, les femmes étant le plus souvent privées de la part des biens fonciers qui leur revient. La crainte, de nature économique et non religieuse, d’une marche vers l’égalité dans l’héritage est d’ailleurs si grande que, selon les informations recueillies par la parlementaire Ons Hattab (Nidaa Tounès), « certaines familles rurales, qui sont opposées à l’égalité successorale, se sont empressées d’accorder à leurs membres femmes leur part du patrimoine familial conformément à la charia. Cela s’est passé à Fouchana à l’ouest de Tunis, dans des délégations de Kasserine, Mahdia, Kairouan et d’autres régions rurales »1.

De prime abord étonnant, le silence du président d’Ennahda sur ce sujet est le résultat d’un subtil jeu d’équilibre à un moment où Rached Ghannouchi tient à préserver son alliance avec le chef de l’État et le parti Nidaa Tounès, mais ne vaut pas approbation. D’ailleurs, le parti islamiste a rapidement fait donner de la voix à quelques-unes de ses femmes les plus en vue qui se sont bruyamment élevées contre une annonce supposée violer le dogme coranique. Cette levée de boucliers des milieux islamistes et conservateurs a reçu le soutien de l’université Al-Azhar du Caire, de plusieurs autorités religieuses du Proche-Orient et de prédicateurs salafistes vouant une fois de plus la Tunisie aux feux de l’enfer pour prix de sa mécréance.

Néanmoins, outre l’adhésion sans réserve des modernistes, l’égalité successorale reçoit un soutien de plus en plus important de la part des femmes des milieux populaires lasses de se voir privées d’une part ou même de la totalité de leur maigre patrimoine par les hommes de la famille. Les progrès de la scolarisation, le fait que beaucoup d’entre elles dans les jeunes générations sont les seules à percevoir un salaire quand leurs frères ou leurs époux sont au chômage et la diversification des sources d’information depuis 2011 ont fait évoluer les mentalités féminines, alors que les hommes demeurent crispés sur la sauvegarde de leurs privilèges. Certes, beaucoup d’entre elles ont, au cours d’interviews ou d’enquêtes menées par quelques médias, exprimé leur hostilité à l’égalité au nom du respect de la religion. La propagande des chaînes religieuses, très regardées en Tunisie, n’est pas pour rien dans ces crispations. Il ne fait cependant pas de doute qu’au-delà de ces postures, une partie non négligeable de l’opinion féminine soutiendrait toute mesure allant dans le sens d’un renforcement de l’autonomie financière des femmes. 

LES AMBIGUÏTÉS DE L’UGTT

La Tunisie de 2017 réussira-t-elle là où Bourguiba a rendu les armes, s’attirant une fois de plus la sympathie d’une grande part de l’opinion féminine arabe, comme l’ont montré les débats sur la Toile ? La partie n’est pas jouée. Les islamistes sont en effet loin d’être les seuls à s’opposer au principe de l’égalité successorale, et la conjonction des conservatismes est assez forte pour bloquer un projet de loi à l’Assemblée. Le secrétaire général de la puissante centrale syndicale Union générale tunisienne du travail (UGTT), aux traditions sexistes bien établies, a déclaré pour sa part qu’il s’agit d’un sujet « sensible » devant être traité « avec sagesse » et qu’il ne devait pas « détourner » le pays de ses priorités. Les plus prudents des opposants affirment que « ce n’est pas le moment » de mettre cette question sur la table.

Pour l’heure, une commission de neuf membres ayant pour objet de promouvoir l’égalité a été créée par décret. Présidée par la députée et avocate Bochra Bel Haj Hamida qui a fait ses classes au sein de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), elle doit soumettre dans les six mois un rapport sur la faisabilité de l’annonce de Béji Caïd Essebssi. Elle aussi issue de la mouvance féministe, la porte-parole de la présidence de la République Saïda Garrach a multiplié de son côté les interventions dans les médias pour déconstruire méthodiquement les arguments des adversaires de l’égalité.

Quelles que soient les raisons pour lesquelles cette opération a été enclenchée, elle est donc en marche et bénéficie de solides soutiens au sein de la population féminine. Que cette dernière ne se leurre pas cependant : les opposants ne baisseront pas facilement les bras et il faudra du temps, des batailles et de la pédagogie pour que l’égalité successorale entre dans la loi et dans les pratiques.

Historienne et journaliste franco-tunisienne. Derniers ouvrages parus : avec Souhayr Belhassen, Bourguiba (réédition), Tunis, Elyzad, 2012 Les Valeureuses : cinq Tunisiennes dans l’histoire, Tunis, Elyzad, 2017.
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6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 15:23


 

بيان للمجلس الوطني الثاني للرابطة التونسية للدفاع عن حقوق الإنسان

المنعقد بتونس يومي 30 سبتمبر و01 أكتوبر 2017

 

 

 

إلتأم المجلس الوطني الثاني للرابطة التونسية للدفاع عن حقوق الانسان أيام 30 سبتمبر و01 اكتوبر 2017 بتونس العاصمة في ظل ظروف عامة تتسم بصعوبات اقتصادية واضطرابات اجتماعية وسياسية حادة باتت تهدد مواصلة مشوار الانتقال الديمقراطي السلمي وبناء مؤسسات الدولة.
 

رغم تثمين الرابطة للخطوات الايجابية الاخيرة المتمثلة في اصدار القانون عدد 58 لسنة 2017 المتعلق بالقضاء على العنف ضد المرأة و قرار الغاء المنشور عدد 73 لسنة 1973 بما يتماشى مع الدستور والمواثيق الدولية فان اعضاء المجلس الوطني يعبرون عن تخوفهم من بوادر التراجع في تثبيت و دعم الهيئات الدستورية و الحد من استقلاليتها عن السلطة التنفيذية وشلّ نشاطها وتعطيل المسار الإنتخابي ومسار العدالة الانتقالية.
 

كما يعبر أعضاء المجلس عن رفضهم للعودة الى أساليب الترهيب والعنف والمحاكمات الجماعية في معالجة الاحتجاجات الشبابية السلمية والتضييق على الحريات العامة والفردية ومنها : (المفروزين امنيا، شباب مانيش مسامح، طلبة منوبة، شابات بوزيان، المدونين والامنيين وملاحقات بعض الشباب بسبب توجهاتهم الجنسية...الخ). وقد طال العنف هذه المرة الرابطة التونسية للدفاع عن حقوق الانسان في شخص كاتبها العام السيد "بشير العبيدي" في ساحة القصبة اثناء وقفة المفروزين أمنيا يوم الاثنين 25 سبتمبر 2017... ويطال العنف  العديد من المواطنين في فضاءات الاحتفاظ ومراكز الأمن والسجون وحتى الفضاءات العامة والخاصة .

كما يسجّل أعضاء المجلس الوطني مبادرة السيد وزير الداخلية الذي قدم من خلالها الاعتذار للرابطة و كاتبها العام معتبرين ذلك خطوة ايجابية في اتجاه تصحيح التعامل بين مؤسسات الدولة والمجتمع المدني و يؤكدون مجددا على وجوب التزام أعوان الامن بالقانون وعدم انتهاك الحرمة الجسدية للمواطنين.
ويذكّر أعضاء المجلس الوطني للرابطة بضرورة  احترام الدولة التونسية لدستورها وللمواثيق والاتفاقيات والتعهدات التي وقعت عليها، ويؤكدون على شمولية وكونية حقوق الانسان واعتبار الالتزام بها ضمانة لنجاح مسار الانتقال الديمقراطي السلمي ومحفز لتوسيع روابط الثقة بينها وبين الطيف المدني.
و نحن على أبواب دورة برلمانية جديدة لمناقشة ميزانية 2018، يدعو أعضاء المجلس الوطني السلطة التنفيذية الى : 

 

1-   مراعاة الأوضاع الاقتصادية والإجتماعية البائسة للفئات الشعبية عند ضبط ميزانية 2018 وملاحقة المتهرّبين من دفع الضرائب والمهربين واسترجاع الأموال المنهوبة.
 

2-   الايفاء بالالتزامات والإتفاقيات الممضاة مع الشباب من أصحاب الشهادات المعطلين (مجموعة الـ 64  المفروزين، أبناء العائلات المعوزة، نوّاب الابتدائي والثانوي، أبناء الجهات الداخلية في القيروان والقصرين وسيدي بوزيد وتوزر وقفصة وفي كل من بوزيان والمكناسي وغيرهم) على غرار ما حدث في تطاوين وقبلي.


3- رفع الوصاية الحزبية عن الهيئة المستقلة للانتخابات وهيئة الحقيقة والكرامة وتحرير المسار الانتخابي ومسار العدالة الانتقالية واحترام ما نص عليه الدستور في العلاقة بجميع الهيئات.


4- ايلاء الوضع البيئي والصحي ما يستحق من عناية خاصة في جهات قابس وقفصة ومدنين..) واحترام حق المواطن في الحياة والصحة.
 

5- يستنكر بشدة خطاب التحريض على الفتنة والكراهية الذي ما فتئ يتواتر على ألسنة بعض خطباء الجمعة  وهو أمر يتنافى مطلقا مع الحقوق الإنسانية الكونية الداعية إلى الإخاء والسلام والتعايش السلمي مهما كانت مظاهر الاختلاف.

 6- يعبّر عن بالغ قلقه لتواصل الحرب المدمّرة للدولة الوطنية في اليمن   ولاستهداف المدنيين العزل وتعريضهم إلى مخاطر الإبادة والتشرّد والاضطرار إلى اللجوء ويندّد بالنزعات الهيمنية الاستعمارية الرامية إلى التحكم في مقدرات شعوب المنطقة والاستيلاء على ثرواتها كما يندّد بالجرائم الإرهابية التي تستهدف الأوطان والشعوب.

بمناسبة تزامن انعقاد المجلس للرابطة مع الذكرى 32 للعدوان الصهيوني على حمام الشطّ فإن مناضلات الرابطة ومناضليها يظلون على الدوام مناصرين للقضايا العادلة وعلى رأسها حق الشعب الفلسطيني في الحرية والعيش بسلام في دولته المستقلة.

 

 

 

                                         عن المجلس الوطني

  

 

 

 

 

الكوليزي، مدرج ب – مكتب 257 - الطابق الثاني - 43-45، شارع الحبيب بورقيبة -  تونس 1000

الهاتف : 71258000 – الفاكس : 71257005 – البريد الإلكتروني : contact@ltdh.tn

 

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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 12:45
 

 

1 min de lectureLoi Travail
 
Pour Philippe Martinez, "Emmanuel Macron est déconnecté des réalités"

Le secrétaire général de la CGT a réagi aux récentes polémiques qui agitent la présidence d'Emmanuel Macron et notamment, sa réforme du Code du travail.

Philippe Martinez critique les intentions d'Emmanuel Macron

Sarah Ugolini 

  •  
et AFP

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, juge ce dimanche  10 septembre "scandaleuse" la déclaration du président Emmanuel Macron assurant qu'il ne cèderait rien aux "fainéants". 

Vendredi à Athènes, quelques jours avant la journée d'action contre les ordonnances réformant le code du travail, M. Macron a déclaré qu'il "serait d'une détermination absolue et ne céderait rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes". Interrogé dans Le Parisien de dimanche, le numéro un de la CGT fustige "plusieurs déclarations" présidentielles récentes, qui "ont mis les gens en colère". 

 

De qui parle le président (...)? De ces millions de privés d'emplois et de précaires ?

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT.

"La dernière en date à Athènes est scandaleuse. De qui parle le président lorsqu'il dit qu'il ne cèdera rien aux fainéants ? De ces millions de privés d'emplois et de précaires ?", s'offusque Philippe Martinez. 
Alors que la CGT appelle à la mobilisation mardi 12 septembre contre la loi travail, son leader affirme qu'"il y a une effervescence et un très fort mécontentement qui va au-delà de la loi travail". Pour Philippe Martinez, "le président comme son gouvernement et sa majorité sont déconnectés des réalités". 

SOCIAL

Code du travail : "Une victoire à la Pyrrhus pour Macron", décrypte Olivier Bost

Des propos qui ont déjà suscité de vives réactions à gauche. "'Fainéants, cyniques, extrêmes' le président insulte ceux qui s'opposent à sa politique. Décidément Emmanuel Macron n'aime pas les Français", a tweeté le secrétaire national du Parti communiste Pierre Laurent. "Emmanuel Macron a lamauvaise manière de critiquer les Français à l'étranger. On n'est pas ses sujets", a aussi réagi le député insoumis Éric Coquerel.

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 10:13

Jeune Afrique

 

Habib Kazdaghli: «L’école est le lieu du savoir, pas de la religion»

 

 

 

Dans les pays du Maghreb, de plus en plus, des islamistes tentent d'imposer leurs signes et leurs normes dans l'espace scolaire. Pour se défendre, les écoles doivent se doter d'un règlement clair, estime Habib Kazdaghli, le doyen de l'université de la Manouba, en Tunisie.

En 2012, il a failli aller en prison en raison de son combat contre l’emprise des salafistes sur son université. Habib Kazdaghli, doyen de la faculté des lettres, des arts et des humanités de la Manouba (Flahm), est une des figures de la lutte contre le salafisme en Tunisie. Il s’en est fallu de peu que son université devienne un « Manoubistan ». Aujourd’hui, le conservatisme gagne de plus en plus les écoles dans les pays du Maghreb. À l’occasion de chaque rentrée scolaire, les islamistes s’attaquent aux programmes scolaires et aux enseignants qui ne sont pas à leur goût.

Il en est allé ainsi, le vendredi 15 septembre dans la ville de Sfax, lorsqu’un groupe de parents d’élèves a humilié une enseignante, l’accusant de mécréance. Ou encore en Algérie, où la ministre de l’Éducation nationale, Nouria Benghebrit, a une nouvelle fois croisé le fer avec les conservateurs au sujet de la disparition d’une formule islamique dans certains livres scolaires (« Bismillah », « au nom d’Allah »). Au Maroc, même si le roi reste un rempart contre les islamistes, une polémique avait éclaté l’année dernière sur la réforme des manuels de philosophie et d’éducation islamique.

Dans cette interview, Habib Kazdaghli la façon dont le champ de bataille des islamistes s’est déplacé à l’école.

Jeune Afrique :  Quelle est votre réaction après l’humiliation subie par votre collègue de la ville de Sfax qu’on a accusée de mécréance ?

Habib Kazdaghli : En tant que défenseur de l’école républicaine, je condamne fermement ce qui lui ai arrivé. Ces actes doivent être bannis dans un établissement scolaire. Les parents d’élèves n’avaient pas le droit de s’attaquer directement à cette enseignante. Ce que j’ai trouvé regrettable, c’est que le délégué régional de l’Éducation ait demandé à cette dernière, sous prétexte de la protéger, de formuler par écrit sa demande de mutation. Il lui a dit que que si elle refusait, il allait tenir un conseil pour l’obliger de partir. Heureusement que la réaction de sa hiérarchie au ministère de l’Éducation nationale a été positive, en dépêchant une commission d’enquête sur les lieux.

En 2012, vous avez vécu la même humiliation au sein de votre universitélorsque des salafistes ont voulu imposer le voile intégral (niqab). Que retenez-vous de cette expérience ?

À l’époque, les habitants des quartiers avoisinants avaient déferlé sur l’université pour me faire dégager de mon poste. Ils disaient que je n’avais pas respecté ce que les salafistes voulaient imposer, c’est-à-dire l’ouverture d’une salle de prière dans l’établissement et l’obligation du port du niqab pour les filles. Le ministre de de tutelle (dans le gouvernement de l’islamiste Hamadi Jebali) n’avait pas défendu notre université. Heureusement que la société civile s’était mobilisée.

Les valeurs d’égalité ne sont jamais acquises dans une société. Il faut continuer à les défendre

 

 

 

La Tunisie est loin d’être le seul pays où les islamistes s’en sont pris à l’enseignement. Les mêmes assauts se produisent actuellement en Algérie et au Maroc. Pensez-vous que l’école est en danger dans ces pays ?

Même les pays développés ne sont pas à l’abri. Depuis la nuit des temps, la religion a guidé la vie des hommes. C’est pourquoi la société civile doit être vigilante pour veiller au respect des lois. Il peut y avoir instrumentalisation de l’école par le religieux et le politique. En tant qu’enseignants, notre devoir est de respecter les exigences pédagogiques. La religion a ses lieux de culte. Elle ne se pratique pas à l’école.

Plus que la société civile, n’est-ce pas avant tout la responsabilité de l’État ?

Incontestablement, car ces groupes islamises, d’une façon ou d’une autre, cherchent à détruire sa légitimité. Rappelez-vous le cas du parti Ennahdha. Même s’il a adhéré à la Constitution tunisienne d’aujourd’hui, il avait tout fait pour qu’elle soit inspirée de la Charia. Il voulait revenir sur l’égalité hommes-femme. On pensait que ces valeurs d’égalité étaient consacrées dans la société tunisienne. Il s’est avéré que non. Elles ont été dictées par un homme éclairé (Habib Bourguiba, ndlr) à un moment donné. Mais elles ne sont pas acquises. Il faut que la société se mobilise pour défendre les idées de la lumière.

Les islamistes veulent une école au service de l’embrigadement

 

 

Au Maroc, en Algérie et en Tunisie, on a l’impression que le champ de bataille entre l’État et les islamistes s’est déplacé au niveau de l’école. Confirmez-vous ce ressenti ?

C’est normal. L’école est le symbole de la modernité, la source de l’unité de la société et des générations futures. On veut que l’école soit détournée de son rôle et de « sa matière grise », comme disait Bourguiba. Il disait qu’en Tunisie, nous n’avions pas de matières premières mais une matière grise. Les écoles scientifiques étaient les premières à tomber dans l’escarcelle des islamistes parce que le contenu des programmes se base sur les sciences exactes alors que dans les facultés littéraires ou des sciences humaines, les élèves sont poussés au questionnement. Ils veulent une école au service de l’embrigadement. Pendant longtemps, sous les dictatures, nos universités étaient investies par la police. Lorsque ces dictatures ont été déchues, ce sont les islamistes qui ont pris la place de la police. Nous ne voulons ni les premiers, ni les seconds. L’école doit être guidée par ses seules valeurs académiques.

Cette poussée islamiste n’est-elle pas le résultat de la démission progressive des États maghrébins de la politique d’enseignement depuis les années 1970 ?

Les États ont failli à leur rôle alors qu’ils étaient en avance par rapport à la société. Après l’indépendance, il s’étaient donné pour mission de récupérer le retard accusé sous la colonisation. Mais quand ils ont commencé à s’enrichir, ils se sont trouvé des ennemis. Ils se sont mis à combattre les mouvements de gauche qui demandaient plus de réformes et de justice sociale. Alors, pour se protéger contre eux, ils ont utilisé les islamistes. Nous voulons que l’État revienne à sa mission de base. La politique et la religion n’ont pas à instrumentaliser l’école. Chacune à sa fonction et l’espace dans lequel elle doit exercer ses pouvoirs. Mais l’État, c’est aussi nous, les citoyens. Nous devons à l’école publique l’ouverture de nos esprits et l’ascension sociale. Il faut lui rendre ce que nous avons appris grâce à elle.

Les réformes engagées dans les écoles au Maghreb ont-elles provoqué la panique chez les islamises et les ont-elles poussés à attaquer ?

En Tunisie, il faut dire que ce genre d’attaque islamiste a diminué par rapport à la période 2011-2013, où on a même assisté à des assassinats. De temps en temps, il y a évidemment des répliques. Mais la lutte contre le conservatisme est de longue durée. Les forces obscurantistes ne peuvent être combattues que par la vigilance de tous.

Nous avons réussi à faire disparaître le niqab de l’université grâce à un règlement interne

 

 

 

Comment mener ce combat avec un corps enseignant qui, lui aussi, peut en partie être guidé par la pensée de ceux qui cherchent à imposer le religieux à l’école ?

Les enseignants sont à l’image de la société. C’est pourquoi nous devons préciser clairement et par des lois les missions d’une école. Ces missions ne sont ni religieuses, ni politiques. Concernant le port du niqab par exemple, il ne nous appartient pas d’interférer dans la liberté de celles qui le portent, mais il est de notre devoir de leur expliquer qu’il empêche l’exigence pédagogique. Il empêche la communication. À l’école, on ne cherche pas à respecter Dieu, on respecte le savoir.

Avez-vous vécu des exemples pareils dans votre université ?

Énormément. Nous avons réussi à convaincre beaucoup d’enseignantes qui débarquaient avec un niqab de l’enlever en leur expliquant qu’elles ne pouvaient pas accomplir leur rôle de pédagogue. En Arabie saoudite, dans les classes de filles, lorsqu’il n’y a pas d’enseignantes femmes, on les remplace par des enseignants hommes mais en les cloîtrant dans des box, de façon à ce qu’ils ne voient pas leurs étudiantes. C’est terrible.

Je n’ai pas voulu de ça dans mon université. C’est pourquoi notre conseil a voté un règlement qui interdit le niqab en cours. Quand une étudiante se présente sous cet accoutrement, l’enseignant lui dit qu’il n’est pas en situation pédagogique et qu’elle doit l’enlever en vertu du règlement interne. Si elle refuse, il est alors obligé d’arrêter le cours et d’écrire un rapport destiné à la direction. C’est ainsi que nous avons pu abolir le niqab dans notre université. Par simple application de la loi. Mais il faut bien qu’elle existe.

L’État peut s’affaiblir. Mais chaque corps doit continuer à défendre ses exigences

 

 

 

Pour combattre toute tentative rétrograde, il faut donc que les écoles établissent des lois strictes et claires…

C’est la seule solution. Notre règlement a été établi en juillet 2012. Les islamistes nous avaient accusés à l’époque d’avoir enfreint les libertés, alors que nous n’y avions pas touché. L’État peut s’affaiblir. C’est le cycle de l’Histoire. Mais chaque corps doit continuer à défendre ses exigences.

Que faire si l’État joue le jeu des islamistes ?

J’ai vécu cela en 2012 lorsque deux filles salafistes sont parties dire à la police que je les avais giflées. La police les a crues et j’ai été traduit devant un tribunal pour acte de violence pendant l’exercice de mes fonctions. Je risquais cinq ans de prison. Mais la société civile s’est mobilisée pour moi et j’ai été acquitté. La bataille contre le conservatisme doit continuer.

 

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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 10:36

 

Un testing inédit met en lumière les discriminations dans l'accès au crédit bancaire

Un testing inédit met en lumière les discriminations dans l'accès au crédit bancaire

Le maire PS de Villeurbanne, Jean-Paul Bret (G) et le Défenseur des droits Jacques Toubon (D), le 21 septembre 2017 à Villeurbanne (centre-est)

AFP, publié le jeudi 21 septembre 2017 à 19h26

Un Français d'origine africaine ou maghrébine a plus de risque que d'autres d'être victime de discriminations lors d'une demande de crédit bancaire: c'est la conclusion d'un "testing" inédit réalisé à la demande de la ville de Villeurbanne, présenté jeudi.

Si dans le cas d'une demande de crédit en vue d'une création d'entreprise, une différence de traitement envers les femmes a également été révélé par ce test, celle-ci se présente avec "moins d'acuité" que pour le critère "ethnico-racial", selon Éric Cédiey, le directeur d'ISM Corum, qui a réalisé l'étude.

Pour l'obtention d'un prêt immobilier, le test a mis en évidence que "l'homme supposé comme sans origine migratoire" était reçu plus longtemps, obtenait plus de conseils et d'informations et bénéficiait d'une offre plus attractive que le client "supposé comme d'origine subsaharienne".

Quant au "créateur d'entreprise +supposé comme d'origine maghrébine+, il n'a jamais reçu d'information sur le montant empruntable, ni sur le taux d'intérêt, ni sur la durée de remboursement conseillée (et a fortiori n'a jamais reçu de simulation)". Celui-ci "est donc fortement pénalisé pour se projeter dans la suite de son projet", selon les conclusions du test.

Pour cet exercice, 90 tests ont été réalisés dans douze enseignes bancaires différentes de l'agglomération lyonnaise.

Courtier en assurances à Villeurbanne, Rachida Boukhari a raconté devant la presse comment elle s'était vu refuser en 2012 un crédit pour lancer son projet malgré "un dossier complet" et "un apport". Face au refus de la banque, "tout s'écroule et on se pose toujours la question : +pourquoi?+".

"Contrairement à l'emploi et au logement, la discrimination dans l'accès au crédit est peu explorée dans notre pays", a estimé le maire PS de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, commanditaire de l'étude.

"Il y a l'idée que les banques, menées par une logique uniquement économique, seraient à l'abri des discriminations et que l'obtention d'un prêt serait déterminée par des critères objectifs. Or, il s'avère que non", a-t-il poursuivi, dénonçant "l'opacité" des établissements de crédit.

La sociologue Djaouida Sehili, qui a participé au conseil scientifique de ce +testing+, a exclu que ces résultats soient le fruit de "défaillances individuelles".

- "Condamner vigoureusement" -

Sollicitée par l'AFP, la Fédération bancaire française (FBF) a dénoncé "l'approximation de la méthode et la grande imprécision des résultats" de ce "testing". 

"Mais si certains cas de discrimination étaient avérés, nous ne pourrions que les condamner vigoureusement", a-t-elle ajouté.

"Nous demandons au Défenseur des droits, avec lequel nous avons un dialogue permanent sur ces sujets, un rendez-vous pour établir un diagnostic précis et travailler ensemble sur les points d'amélioration", a affirmé la FBF.

Selon la maire-adjointe, Agnès Thouvenot, lors d'une présentation en avant-première de ce "testing" aux représentants locaux de la FBF, ces derniers ont été "surpris" des résultats. "Ils ont reconnu que c'était une perte de chiffre d'affaires d'écarter des clients autant solvables que les autres", a-t-elle affirmé.

En 2008, la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde), remplacée depuis par le Défenseur des Droits, avait épinglé lors d'un +testing+ trois entreprises - Accor, Crédit agricole et Mercuri Urval - pour des pratiques discriminatoires portant pour la première sur l'origine et pour les autres sur l'âge.

Présent lors de la conférence de presse, le Défenseur des Droits Jacques Toubon a quant à lui dit à l'AFP qu'il comptait "prendre une décision cadre pour préconiser ce qu'il conviendrait de faire au niveau législatif et réglementaire" en la matière.

Les banques n'étant pas dans l'obligation de motiver leur décision, pour M. Toubon, "chaque fois qu'une décision n'est pas motivée, il y a la tentation de la prendre pour de mauvaises raisons".

Déplorant "l'absence de discours national contre les discriminations depuis douze ou quinze ans", l'ancien Garde des Sceaux a plaidé pour la création d'un "Observatoire national des discriminations".

 

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 15:17

"Pakistan Girl", une héroïne contre la corruption et les violences aux femmes

 

"Pakistan Girl", une héroïne contre la corruption et les violences aux femmes
 

Au Pakistan, une bande dessinée cherche à inspirer la jeune génération pour combattre l'injustice et la patriarchie, en mettant en scène une jeune héroïne qui protège les femmes battues et s'en prend aux policiers corrompus.
 

Dans la vraie vie, "Pakistan Girl" s'appelle Sarah. C'est une adolescente qui découvre ses supers pouvoirs en sortant du coma dans laquelle elle a été plongée par une explosion dans son village.

Vêtue d'un costume et d'une cape verts, la couleur nationale du Pakistan, elle immobilise un homme qui moleste une femme dans un marché puis sauve une fillette prise en otage par un policier en quête de pots-de-vin, dans le premier tome de cette série de bande dessinée publié cet été.

Le créateur du personnage espère fournir ainsi un modèle à ses jeunes lectrices, dans un pays conservateur où les crimes dits d'honneur, violences conjugales et autres sévices contre les femmes restent très répandus, et où règne une corruption endémique.

"Cela manque de femmes qui puissent servir de modèles ou de super-héroïnes dans les grands médias ici," estime le scénariste, Hassan Siddiqui.

"Nous voulions créer un personnage féminin fort, que les filles, et même les garçons du Pakistan, puissent admirer."

La publication a été bien accueillie sur les réseaux sociaux, où la plupart des internautes saluent l'initiative. 

"C'est une super initiative les gars.. Je suis un gros fan des (classiques américains) Marvel et DC comics, et j'attends la suite avec impatience", écrit ainsi sur Facebook un fan, Syed Hassan Nasir. 

Après une première impression de plusieurs centaines d'exemplaires en anglais, la prochaine étape est une version en ourdou, visant à atteindre des millions de lecteurs dans le pays. L'auteur réfléchit également à une possible adaptation en dessin animé.

- Stéréotypes -

Mais accéder à l'ensemble de la population n'est pas chose aisée. 

Le système éducatif pakistanais, sous-financé et mal géré depuis des décennies, ne répond pas aux besoins d'une population galopante, et plus de la moitié des enfants de 8 ans ne savent pas lire.

Selon une étude publiée par le gouvernement en 2016, 24 millions de jeunes Pakistanais ne vont pas à l'école, et les filles ont moins de chances d'être scolarisées que les garçons.

Mais dans les écoles, la BD pourrait aider à combattre les idées reçues sur les genres, estime Saadia Adnan, une directrice d'établissement scolaire conquise par le concept.

"Je pense que nous devrions enseigner en nous appuyant sur ce genre de littérature, car c'est à ce jeune âge qu'ils se construisent l'image de ce que peut être leur vie future," estime Mme Adnan, feuilletant le livre dans une libraire d'Islamabad. 

La nouvelle héroïne créée par M. Siddiqui marche dans les traces de "Pakistan Man", un héros moustachu qui combattait un méchant nommé "le Corrupteur".

"La première BD, 'Pakistan Man', s'est vendue comme des petits pains et j'espère que ce livre, qui se vend déjà bien, connaîtra le même succès", souligne Ahmad Saeed, propriétaire de la libraire Saeed Book Bank, une institution de la capitale pakistanaise.

Avant Pakistan Girl, une autre jeune héroïne avait conquis les cœurs. "The Burka Avenger", la vengeresse en burqa, publiée en 2013, racontait les exploits d'une maîtresse discrète qui combattait les méchants pour les empêcher de faire fermer l'école pour filles où elle travaillait.

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 12:02

 

Crise des Rohingyas: la Birmanie sous pression à la veille du discours de Suu Kyi

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A la veille du grand discours d'Aung San Suu Kyi, l'étau s'est resserré lundi autour de la Birmanie, Human Rights Watch appelant à des sanctions contre l'armée birmane, accusée d'"épuration ethnique" après l'exode de plus de 400.000 musulmans rohingyas.
 

Human Rights Watch (HRW) a ainsi appelé les Nations unies, à la veille de l'Assemblée générale à New York, à imposer des sanctions ciblées et un embargo sur les armes.

"Les commandants militaires birmans sont davantage susceptibles de répondre aux appels de la communauté internationale s'il y a des conséquences économiques réelles", a commenté John Sifton de HRW.

L'ONU dénonce déjà une "épuration ethnique" menée par la Birmanie, dont l'armée mène depuis plus de trois semaines une opération de représailles ayant fait fuir en masse les civils, après des attaques de rebelles rohingyas le 25 août.

Quelque 412.000 réfugiés sont depuis arrivés au Bangladesh, selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR).

En trois semaines s'est créé l'un des plus grands camps de réfugiés du monde et les autorités locales comme les ONG, débordées, peinent à venir en aide aux nouveaux venus.

Dans ce chaos, les accidents se multiplient : deux personnes âgées sont mortes lundi sous les pas d'éléphants sauvages ayant piétiné leur abri de fortune.

En effet en l'absence de place dans les campements existants, les nouveaux arrivants s'installent où ils le peuvent, déboisant à grande échelle, au risque de perturber la faune sauvage.

Toutes les collines de la zone sont aujourd'hui couvertes d'une mer de bâches noires sous lesquelles s'abritent les réfugiés, harassés par les pluies de mousson, qui ont fait de la zone un immense champ de boue.

Samedi, deux enfants et une femme sont morts dans une bousculade. Complètement démunis, affamés après des jours de marche sous la pluie, d'immenses foules se massent chaque jour pour tenter d'attraper au vol des habits ou de la nourriture lancés lors de distributions improvisées.

 - Nouveaux incendies -

Et les Rohingyas continuent à affluer, les incendies de villages se poursuivant.

"Dans le district de Maungdaw, l'armée incendie des villages tous les jours. On nous rapporte quotidiennement deux à trois incendies", affirme à l'AFP Chris Lewa, du projet Arakan, une organisation de défense des droits des Rohingyas dont le travail d'enquête est utilisé depuis des années par l'ONU. 

Et beaucoup craignent aujourd'hui que ces Rohingyas se retrouvent coincés pour des années au Bangladesh : la Birmanie a annoncé qu'elle ne reprendrait pas ceux qui sont partis, les estimant complices des rebelles rohingyas, qualifiés de "terroristes" par le gouvernement. 

"Ceux qui ont fui leurs villages se sont rendus dans d'autres pays de peur d'être arrêtés car ils sont impliqués dans les attaques violentes", a assuré samedi le service de presse d'Aung San Suu Kyi. 

Pressée de toute part, la dirigeante birmane va finalement s'exprimer mardi à 10H00 locales (03H30 GMT).

Cette dernière est prise en étau entre la communauté internationale, très sévère à son égard, et la population birmane, marquée par un fort racisme antimusulman. 

Aung San Suu Kyi a jusqu'ici apporté son soutien sans faille à l'armée, accusée de mener des exactions sous couvert d'opération antiterroriste. 

Pour Aung San Suu Kyi la marge de manoeuvre est limitée d'après les experts. "La nation birmane est en train de se construire et elle a décidé de se construire sans les Rohingyas. Penser qu'on passera outre est complètement illusoire", estime Maël Raynaud, spécialiste de la Birmanie.

Lundi à Rangoun, des  manifestants ont dénoncé les pressions de la communauté internationale.

Le rejet des Rohingyas, considérés comme des étrangers illégaux dans ce pays à plus de 90% bouddhiste, est très répandu dans la population birmane.

Depuis que la nationalité birmane leur a été retirée en 1982, les Rohingyas sont soumis à de nombreuses restrictions : ils ne peuvent pas voyager ou se marier sans autorisation, ils n'ont accès ni au marché du travail, ni aux services publics (écoles et hôpitaux).

A Dacca, au moins 20.000 islamistes, vêtus de tuniques blanches et chantant "Dieu est grand" marchaient lundi vers l'ambassade de Birmanie, souhaitant l'"assiéger" pour protester contre les violences contre les Rohingyas.

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