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9 avril 2018 1 09 /04 /avril /2018 14:46

 

Quand Salah Zeghidi prouve magistralement qu’Ennahdha est toujours sharia-iste !

Et cela, malgré la dernière entourloupette de ce parti annonçant qu’il «est un parti civil, au même titre que la CDU, qui est un parti chrétien et démocrate», avait prétendu son Gourou [1].

Traduction du contenu de la vidéo : https://youtu.be/sG5ctqI6hSM

«C’est ce qui est écrit actuellement [dans notre Constitution, à savoir, l’État tunisien est un État civil]. Si l’État est un État civil et non religieux, je ne comprends pas et je refuse la démarche qui consiste, chaque fois qu’on souhaite promulguer une loi, à aller voir si elle existe dans le Coran pour qu’elle soit promulguée. C’est quoi ça ! Sommes-nous en Arabie saoudite, nous ? On n’est pas en Arabie saoudite, nous sommes en Tunisie ! Il y a des gens qui sont dans l’erreur, car ils résonnent avec la démarche suivante : avant la promulgation de toute loi, il faut vérifier si elle existe dans le Coran ou non. C’est le cas de la notoire Meherzia [Labidi] [2], la députée. Il y a environ quatre ou cinq mois, quand[Mehdi] Ben Gharbia avait lancé sa pétition-initiative législative, destinée à la signature des députés, visant à instaurer l'égalité homme-femme dans l’héritage, cette pétition a été présentée à Meherzia. Elle avait fait une déclaration que j’avais entendue de mes propres oreilles. On lui avait demandé ce qu’elle pensait de ladite pétition présentée par le député Ben Gharbia, elle avait répondu : ce n’est pas un problème pour nous, nous regardons ce que dit le Coran, si le Coran dit que ce projet est une bonne chose, nous donnons notre accord, si le Coran dit non, nous ne donnons pas notre accord. Le lendemain, j’avais commenté cela dans un article en disant que, lors de leur dixième congrès, [les islamistes d’Ennahdha] nous avaient déclaré qu’ils avaient changé et avaient adopté la séparation entre je ne sais quoi et la prédication, ou je ne sais quoi ! Or, voilà leur dernière déclaration : elle a dit, si une loi est conforme à la Sharia, nous l’adoptons, si elle n’est pas conforme à la Sharia nous la refusons. Autrement dit, ils sont toujours fermement attachés à l’État religieux».

Il convient de noter que Meherzia Labidi se considère comme islamiste modérée, tolérante, libérale et moderne et qu’elle a invité les musulmans à «emprunter la voie de la sharia dans son sens premier en arabe : une voie large ; et non comme elle est expliquée par certains, tel un sentier étroit et exigu». Il faut spécifier que cette citation est la conclusion d’une Lettre ouverte écrite en France pour un public vivant en France [3]. Il apparaît donc que, pour l’islamiste lightée qu’elle se targue d’être, ramener les lois, toutes les lois, à la bénédiction du Coran, et essentiellement à l’interprétation que ses «frères» en font, n’est pas une procédure étroite et exigüe, évidemment en Tunisie, mais, elle l’est assurément, pour le moment !, dans sa seconde patrie, la France, où elle est engagée et très active dans la société civile – alors qu’elle est en Tunisie une femme politique islamiste de premier plan [2] - entretenant son fonds de commerce d’islamiste française soi-disant modérée. Meherzia Labidi représente ainsi l’archétype de l’islamiste au discours ambigu, à géométrie variable, adaptable à son auditoire, vecteur de cet islamisme rampant et conquérant, souterrain et insidieux, fricoteur et sournois, qui progresse par la société civile, comme dirait le président Macron [4].

Remarque 

La vidéo ci-dessus est extraite de la vidéo suivante, datée du 20 août 2017 :

https://www.youtube.com/watch?v=PyqpE9xYNic

Salah HORCHANI

[1] Voir, par exemple, mon article intitulé «Dixième congrès d’Ennahdha - La nouvelle entourloupette de Rached Ghannouchi», paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/250516/dixieme-congres-d-ennahdha-la-nouvelle-entourloupette-de-rached-ghannouchi

[2] Dirigeante d’Ennahdha - elle fut première vice-présidence de l'Assemblée nationale constituante où son parti détenait la majorité relative - et membre «es-qualité» de son bureau politique :

https://www.espacemanager.com/composition-du-bureau-politique-dennahdha.html

Voir aussi mon billet intitulé «Deux tunisiennes aux antipodes : Meherzia LABIDI etKhaoula RACHIDI», paru sous le lien suivant :

http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/030514/deux-tunisiennes-aux-antipodes-meherzia-labidi-et-khaoula-rachidi

[3]https://www.saphirnews.com/Lettre-ouverte-a-mes-soeurs-qui-portent-le-voile-integral_a11682.html

[4] «Non, ce ne sont pas seulement les organisations terroristes, les armées de Daesh, les imams de haine et de mort que nous combattons. Ce que nous combattons, c’est aussi cet islamisme souterrain, qui progresse par les réseaux sociaux, qui accomplit son œuvre de manière invisible, qui agit clandestinement, sur des esprits faibles ou instables, trahissant ceux-là mêmes dont il se réclame, qui, sur notre sol, endoctrine par proximité et corrompt au quotidien. C’est un ennemi insidieux, qui exige de chaque citoyen, de chacun d’entre nous, un regain de vigilance et de civisme»*.

* Extrait du discours que le président de la République Emmanuel Macron a prononcé, le mercredi 28 mars 2018, dans la cour des Invalides, en hommage au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, assassiné dans l'attentat de Trèbes, après avoir pris volontairement la place d'une femme retenue comme otage par le terroriste. 

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