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6 juin 2020 6 06 /06 /juin /2020 17:41

De moins en moins de jeunes sans diplôme

DONNÉES 19 mai 2020

9 % des 18-24 ans quittent l’école sans aucun diplôme ou avec le brevet seulement. Ils étaient 41 % en 1978. La part des peu diplômés a été divisée par quatre en 40 ans.

ÉDUCATION DIFFICULTÉS SCOLAIRES

   

En 1978, 41 % des jeunes de 18 à 24 ans avaient quitté le système scolaire avec, au mieux, le brevet de fin de troisième et ne suivaient aucune formation (ils sont qualifiés de « sortants précoces »), selon le ministère de l’Éducation nationale. Quarante ans plus tard, cette proportion a été divisée par plus de quatre et s’établit à 9 % en 2018. L’évolution est énorme, même s’il reste encore 80 000 jeunes qui quittent le système scolaire chaque année avec un bagage scolaire faible. Parmi ces sortants précoces, une partie a continué au lycée, mais sans obtenir le bac. La description souvent faite d’un système scolaire produisant en masse de l’échec est trompeuse : la proportion d’illettrés parmi les jeunes est inférieure à 5 % selon l’Insee [1].

Unité : %Jeunes sortis du système éducatif ayant aumaximum le brevetPart des jeunes (18-24 ans)19781980198219841986198819901992199419961998200020022004200620082010201220142016201801020304050
Personnes de 18 à 24 ans ayant au plus le brevet et qui ne suivent aucune formation. Rupture de série en 2003.
Source : ministère de l'Éducation nationale – © Observatoire des inégalités
 
GRAPHIQUE       DONNÉES

Sur longue période, la diminution de la part des peu diplômés parmi les jeunes est nette. Elle a surtout été forte entre les années 1970 et 1990 et s’est sensiblement ralentie depuis, comme si l’on atteignait un plancher.

Les difficultés de ceux qui n’arrivent pas à décrocher un titre scolaire sont considérables. Depuis les années 1980, le niveau de qualification global des jeunes a progressé. Mais parallèlement, les exigences du monde du travail se sont également élevées, sous l’effet de l’évolution des technologies et, surtout, de la persistance d’un niveau de chômage très élevé. Les candidats à l’embauche sont nombreux et les entreprises privilégient les plus diplômés. D’où un effet de file d’attente et de déclassement d’une partie de la jeunesse. Ceux qui n’ont pas de titre scolaire sont relégués tout au bout de cette file.

Deux questions se posent. La première est celle de la qualification des jeunes : comment s’assurer que tous soient mieux formés ? En mettant l’accent sur le tri des meilleurs (« l’élitisme républicain »), l’école en France tend à accorder moins d’importance que dans d’autres pays à ceux qui ne réussissent pas à suivre le rythme. Au collège, une partie des jeunes qui ne suivent plus attendent leurs 16 ans et disparaissent ensuite des radars. La seconde question est celle de la place faite aux diplômes par les employeurs, plutôt qu’à d’autres critères, comme la compétence personnelle, le fait d’avoir eu des activités non scolaires, etc. Une partie des difficultés des moins qualifiés est liée à la valeur que notre société accorde au titre scolaire et à son emprise dans la société [2].

Photo / DR

 


[1Voir « L’illettrisme diminue, mais la société est plus exigeante », Centre d’observation de la société, 15 mai 2014.

[2Sur ce sujet, voir Les sociétés et leurs écoles. Emprise du diplôme et cohésion sociale, François Dubet, Marie Duru-Bellat et Antoine Vérétout, Seuil, 2010.

 

 
Date de première rédaction le 29 avril 2019.
© Tous droits réservés - Observatoire des inégalités - (voir les modalités des droits de reproduction)

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