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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 18:42

Face à la révolte sociale, le pouvoir en Tunisie a fait le choix d’un traitement sécuritaire, n’hésitant pas à tirer à balles réelles sur des manifestants et selon plusieurs sources syndicales, de l’opposition et des associations des droits de l’Homme, plusieurs dizaines de personnes sont tombées sous les balles de la police ainsi que des centaines de blessés dont des cas graves.
Pendant trois semaines, le gouvernement français est resté aveugle à la répression brutale qui frappe le mouvement social tunisien et la révolte de ses jeunes.

Il aura fallu plusieurs dizaines de morts par balles et de blessés parmi les manifestants, des centaines d’arrestations et une situation d’affrontements quasi quotidiens entre les jeunes manifestants et les forces de l’ordre pour que la position officielle de la France soit exprimée par la voix de sa Ministres des affaires étrangères.

Tout en déplorant la violence, Michelle-Alliot Marie a appelé mollement le pouvoir tunisien à régler pacifiquement la crise et n’arien trouvé de mieux que de proposer l’expertise de la France en matière de maintien de l’ordre. 

Loin d’être à la hauteur de la gravité de la situation, cette position, prise au nom du refus d’ingérence ne manquera pas d’être perçue par le pouvoir tunisien comme un soutien de son option sécuritaire et par les Tunisiens comme un encouragement d’un pouvoir décrié dans la rue.

La position exprimée par la ministre rappelle celle de Chirac qui estimait en 2003 que «Le premier des droits de l'homme, c'est manger, être soigné, recevoir une éducation et avoir un habitat. » et concluait qu'en la matière la « Tunisie est très en avance sur beaucoup de pays » ou encore celle de Sarkozy en 2008 qui trouvait que « l'espace des libertés progresse en Tunisie ». Proposer dans les circonstances actuelles que traverse la Tunisie une aide au maintien de l’ordre est pour le moins scandaleux et inacceptable.

Tout en refusant toute sorte d’ingérence dans les affaires intérieures de la Tunisie, nous, Tunisiens vivants en France, attachés aux droits fondamentaux et aux libertés individuelles et collectives, à la dignité humaine, nous attendons d’un gouvernement responsable de la France qu’il donne un message d’espoir clair.

Nous estimons du devoir d’un gouvernement français d’exprimer sans ambigüité que la police d’un pays qui se veut démocratique, n’a pas vocation à tirer à balles réelles sur des manifestants qui réclament le droit de travailler,  de vivre dignement dans leur pays et d’exercer leurs droits fondamentaux reconnus par la constitution et les engagements internationaux signés par la Tunisie.

Ce n’est pas de l’ingérence que de rappeler à un partenaire que le rôle de la police n’est pas de tirer sur les manifestants mais de protéger les citoyens dans l’exercice de leurs droits fondamentaux dont ceux de s’exprimer et de manifester.


 Le Bureau National 
 Paris le 12 janvier 2011

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Published by atf-federation - dans Communiqués
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