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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 19:16

Janvier 2011/janvier 2012 : comprendre et apprendre

Le 14 janvier 2011 a constitué un tournant dans l’histoire récente de la Tunisie. Ce jour restera dans la mémoire collective des Tunisiens. Rien ne sera plus comme avant.

A l’origine, le jeune Mohamed BOUAZIZI victime de l’oppression et du chômage s’est immolé par le feu le 17 décembre 2010, déclenchant ainsi une révolte amplifiée au fil des jours pour se transformer en une révolution d’un type nouveau.

Son geste dramatique était un appel pour la liberté perdue, la dignité piétinée, le droit confisqué de travailler et vivre dans le pays en citoyen et homme libre.

27 jours de manifestations populaires et de résistances pacifiques héroïques à la répression sanglante et à toutes les intimidations, ont provoqué l’impensable départ de Ben Ali. Avec la fuite du dictateur, c’est l’effondrement de tout son système dictatorial qui a dominé notre pays pendant 23 ans.

C’est autour des revendications économiques et du droit au travail, de la justice sociale, de la liberté et du respect de la dignité que s’est forgée l’unité du peuple dans sa démarche de libération que la répression et les balles réelles des snipers du régime n’ont pas réussi à infléchir ou à briser.

Cette révolution était la réponse du peuple et de la jeunesse à la politique de marginalisation des régions internes du pays et le désespoir de larges franges des populations tunisiennes causant la rupture entre le peuple et le régime corrompu et sa chute.

L’onde de choc de la révolution pacifique tunisienne, avec son originalité inédite a eu des conséquences politiques majeures dans le monde arabe. Elle a bouleversé toutes les donnes politiques dans la région et le rapport des forces en faveur des peuples arabes contre les dictatures.

 

Un an après la chute du régime de Ben Ali, les revendications sociales continuent à peser, à mettre les nouveaux acteurs politiques sous pression et à marquer l’actualité dans les régions de la Tunisie de l’après Ben Ali et définissent les enjeux politiques du pays notamment en terme de réponses urgentes aux attentes des couches populaires.

Le caractère démocratique et social prédominant dans la révolution du 14 janvier et le poids, pèse toujours dans la contestation sociale non interrompue sur la seine politique actuelle.

Les revendications de la révolution du 14/01/2011 ne sont pas nouvelles. Elles sont enfuies dans la mémoire de notre peuple et l’histoire récente de la Tunisie. Depuis les années 60, les luttes pour la démocratie et le progrès social ont marqué l’histoire de notre pays.

1.       Le 26 Janvier 1978 une grève générale, la première depuis l’indépendance, a été dirigée par la centrale syndicale, l’UGTT, sur un fond de contestation économique et sociale et essentiellement pour la défense de l’autonomie de l’UGTT. Cette grève quia connu un grand succès a été réprimé dans le sang et sanguinaire sans précédant dans le pays. Des centaines de cadres et de dirigeants nationaux de l’UGTT, furent emprisonnés et trainés devant les tribunaux.

2.       - Le 3 janvier 1984 les émeutes du pain provoquées par le doublement des prix du pain et des produits céréaliers prend une forme d’affrontement entre les manifestants et les forces de l’Ordre et de l’armée aboutissant à un cahot sécuritaire avec des centaines d’hommes assassinés et des centaines de jeunes et moins jeunes condamnés à de lourdes peines de prison.

3.        Le 5 janvier 2008 un mouvement social a été déclenché dans le bassin minier en protestation contre l’injustice, la politique de l’emploi et la corruption. Ce mouvement a duré plus de 6 mois. La répression a été la seule réponse du pouvoir. Des procès s’ensuivirent à l’encontre des dirigeants et des militants de ce mouvement (en majorité syndicalistes) et se sont soldés par de lourdes peines d’emprisonnement. En fait, le pouvoir n’a jamais pu étouffer cette contestation. Elle a fait le tour de Tunisie jusqu'à la révolution. La contestation s’est développée dans toutes les régions de Tunisie à Kasserine (à Fériana), à Gabès (à Skhira), au Sahel (chez les ouvrières des ateliers de textiles), à Médenine (à Ben Garden), etc...

 

Tous ces soulèvements, ces révoltes et ces mouvements sociaux prouvent que la révolution du 14 janvier 2011 est le fruit de l’histoire récente de la Tunisie et des luttes du peuple tunisien et de sa jeunesse. Ce n’est en aucun cas un événement isolé. Les masses, qui ont bravé la mort, n’étaient pas des générations spontanées. Leur révolution est l’aboutissement logique des luttes de plusieurs générations de toutes les couches sociales.

 

Quatre revendications ont été récurrentes tout au long des cinq dernières décennies :

La lutte contre la surexploitation, la paupérisation et la marginalisation des régions intérieures pour :

  1. Le droit de travailler et vivre dans le pays
  2. L’accès au droit à la santé et à un enseignement démocratique et qualifiant
  3. L’accès à une citoyenneté pleine et entière
  4. L’accès à une démocratie réelle

 

Il est remarquable de constater que tous ces mouvements sociaux et ces soulèvements se sont produits durant le mois de janvier. Nous pouvons alors parler, sans s’aventurer, du JANVIER DES REVOLUTIONS, qui ont marqué l’histoire de la Tunisie.

 

Pré-projet :

Titre proposé : Janvier, mois des révolutions tunisiennes

 

Thématique : la révolution du 14 janvier 2011, couronnement de l’accumulation des luttes sociales et démocratiques en Tunisie.

 

A l’occasion de la célébration de l’an UN de la révolution tunisienne, et l’émergence d’une nouvelle réalité politique avec l’accès de forces conservatrices au pouvoir, nous proposons l’approfondissement d’une réflexion commune entre les acteurs de la société civile autour du janvier des révolutions. Nous devons tirer les leçons nécessaires à la construction de la Tunisie de demain.

Notre proposition consiste en l’organisation d’une série d’actions et de manifestations (expositions de photos, débats, manifestations artistiques et culturelles, …) qui seront organisés pendant le mois de janvier 2012 dans le but de revenir sur les événements qui ont précédé le 14 janvier et les inscrire dans leurs contextes politique, social et historique.

L’importance des luttes sociales sera particulièrement mise en exergues durant cette manifestation. Cette manifestation multiforme permettra la rencontre entre les composantes de la société civile tunisienne avec les tunisiens résidents en France et leurs associations de l’immigration afin d’approfondir le débat. Enfin, elle permettra de faire un échange entre les acteurs de la société civile en Tunisie et ceux basés en France afin de définir un partenariat inscrit dans la durée pour la valorisation de l’implication de l‘immigration dans le débat national et l’amélioration des droits sociaux des Tunisiens travaillant en France.

La manifestation aura lieu à Paris, en Banlieue et dans des villes en province (Toulon, Bordeaux, …)

A l’initiative de l’ATF , cette manifestation sera organisée par un collectif formé par des associations tunisiennes de l’immigration en France et en partenariat avec la centrale syndicale ouvrière (l’UGTT), et de plusieurs acteurs de la société civile à savoir la ligue Tunisienne des Droits de l’Homme en Tunisie (LTDH), l’institut Arabe des Droits de l’Homme (IADH),  l’Union Syndicale des Travailleurs du Maghreb Arabe (USTMA) et le Centre des Etudes et d’Activités Ouvrières (CEAO) ainsi que le syndicat étudiant, (l’UGET).

 

Objectifs :

·       faire inscrire, par des expositions, des documentaires et des conférences et débats, la révolution de janvier 2011 dans sa perspective historique, en tant qu’aboutissement et résultat de successions de luttes sociales des couches populaires tunisiennes et souligner que les révoltes marquantes de ces luttes se sont déroulées pendant le mois de janvier tout au long des quatre dernières décennies de l’histoire de la Tunisie.

·      Permettre aux tunisiennes et tunisiens en France et à l’opinion publique de mieux appréhender les caractéristiques spécifiques de la révolution tunisienne afin de mieux saisir le processus actuel de la transition démocratique.

·      Instaurer un travail sur la mémoire, des luttes démocratiques tant en Tunisie qu’en France, à l’adresse des tunisiennes et tunisiens des deuxièmes et troisièmes générations afin de réhabiliter les générations postcoloniales et développer chez eux un comportement citoyen basé sur les valeurs de la république civique, démocratique et égalitaire ici et la bas.

·       Promouvoir un travail partenarial entre les associations tunisiennes de l’immigration et les organisations de la société civile en Tunisie pour développer une citoyenneté agissante et des solidarités nouvelles par delà les deux rives de la méditerranée.

Contenu :

·      Donner une réception le 14 janvier pour une célébration solennelle de la victoire du peuple tunisien et sa jeunesse sur la dictature.

·      Organiser quatre expositions des mois de janvier 1978, 1984, 2008 et 2011

1.    26/01/1978 : les luttes syndicales pour défendre l’existence de l’UGTT

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Published by atf-federation - dans Evènement
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