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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 17:54

de Nadia Chaabane, l'Humanité du 31 Janvier, 2011
Linguiste, vice-présidente de l’Association des Tunisiens en France, Initiatrice de l’appel des femmes tunisiennes du 23 janvier.

C’est autour d’un slogan « Liberté, dignité » martelé pendant des semaines que les hommes et les femmes se sont rassemblés en Tunisie pour une libération d’une dictature qui bénéficiait de la complicité silencieuse de tous les grands de ce monde. 
Pour nous, femmes tunisiennes, 
partie prenante de cette révolution, 
la libération et la dignité exigent 
que le principe de l’égalité entre les femmes et les hommes soit consacré dans la Constitution.

 

En effet, le Code du statut personnel (1956), souvent brandi comme exemplaire dans le monde arabe 
et musulman, structure les droits des femmes autour de la sphère familiale et matrimoniale exclusivement, malgré un caractère moderniste indéniable pour son époque. Les femmes y sont traitées non comme des personnes humaines titulaires de droit propre, mais comme filles, épouses, mères… Ainsi, les mères célibataires ne bénéficient d’aucun droit. De plus, les droits reconnus sont marqués par un ancrage identitaire musulman. Cet enfermement trouve sa raison d’être dans l’article 2 de la Constitution qui affirme l’islam comme religion d’État. L’évolution du droit n’a porté que des progrès à la marge (réserves faites des conventions internationales égalitaires signées par la Tunisie). C’est donc au nom de ces identités que le droit recèle nombre de discriminations légales à l’encontre des femmes, l’inégalité dans l’héritage favorable aux hommes, l’interdiction de fait du mariage d’une musulmane avec un non-musulman, l’impossibilité pour une non-musulmane d’hériter de son mari musulman… Il en découle que la citoyenne tunisienne non musulmane n’a pas les mêmes droits qu’une musulmane et que la musulmane se voit ainsi dirigée dans ses choix.

 

Pour toutes ces raisons et pour d’autres, les femmes tunisiennes s’engagent pour une réelle égalité femmes-hommes dans notre pays. Ce principe doit être affirmé par la future constitution, qui doit le consacrer en même temps que la séparation du religieux et du politique.

 

Nadia Chaabane

 

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Published by atf-federation - dans Revue de presse
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