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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 21:26

Réforme fiscale du gouvernement : les mesures visant les particuliers

Réforme fiscale du gouvernement : les mesures visant les particuliers
 

CSG, ISF, prélèvement forfaitaire unique... le gouvernement a dévoilé sa feuille de route en matière de fiscalité des ménages.
 

Lors de son discours de politique générale à l'Assemblée nationale, le Premier ministre, Édouard Philippe, a détaillé sa feuille de route des prochaines réformes à venir. Cette feuille de route, revue et corrigée il y a quelques jours, contient des mesures intéressant la fiscalité des particuliers.

Première mesure, le gouvernement souhaite mettre en place une exonération de la taxe d'habitation pour 80 % des Français. Une réforme devant entrer en vigueur dès le 1er janvier 2018. Rappelons que la taxe d'habitation, calculée annuellement et selon la situation du contribuable au 1er janvier, est due par les propriétaires, les locataires et les occupants à titre gratuit d'un logement. Sachant que certains contribuables modestes peuvent déjà en être exonérés.

Deuxième mesure, l'augmentation de la contribution sociale généralisée (CSG) de 1,7 point. Cette hausse de la CSG, qui pourrait rapporter 21,5 milliards d'euros supplémentaires, servira à financer la suppression des cotisations salariales chômage et maladie, autre mesure du volet social du programme d'Emmanuel Macron. Là encore, l'entrée en vigueur de cette mesure serait fixée au 1er janvier 2018.

Troisième mesure, les pouvoirs publics ambitionnent de réformer l'impôt de solidarité sur la fortune. Concrètement, il s'agirait de reprendre les règles actuelles de l'ISF et de les recentrer sur le seul patrimoine immobilier des contribuables. Cet impôt sur la fortune immobilière, intégré dans la prochaine loi de finances, pourrait s'appliquer, lui aussi, dès le 1er janvier 2018.

Enfin, dans le but de simplifier la fiscalité des revenus du capital, un prélèvement forfaitaire unique de 30 % (la fameuse flat tax) serait mis en place. Cette taxation, intégrant les prélèvements sociaux, s'appliquerait aux capitaux mobiliers, aux intérêts, aux dividendes et aux plus-values. Aucune date d'entrée en vigueur de cette mesure n'a, pour l'heure, été communiquée.

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 21:22

Trump veut réformer l'immigration légale, la baser sur le mérite

Trump veut réformer l\'immigration légale, la baser sur le mérite
 

Donald Trump a apporté mercredi son soutien à une refonte du système d'immigration légale aux Etats-Unis, destinée à drastiquement réduire le nombre d'immigrés peu qualifiés et à baser l'attribution du permis de résidence au mérite.
 

La proposition de loi concoctée par les sénateurs républicains Tom Cotton et David Perdue a vocation à donner la priorité aux personnes parlant anglais et à plafonner à 50.000 par an le nombre de réfugiés obtenant l'autorisation de résider aux Etats-Unis.

"Cette législation représentera la plus importante réforme de notre système migratoire depuis un demi-siècle", a commenté M. Trump à la Maison Blanche, remerciant les deux sénateurs présents à ses côtés d'avoir élaboré ce projet "historique et très crucial".

Si le texte a peu de chances d'être adopté par le Congrès, il offre néanmoins à la Maison Blanche une opportunité de montrer aux partisans du milliardaire qu'il tente de tenir ses principales promesses de campagne.

Cette loi baptisée RAISE (Reforming American Immigration for Strong Employment, ou Réformer l'immigration américaine pour un emploi fort) "va changer la façon dont les Etats-Unis délivrent des cartes vertes aux ressortissants d'autres pays", a ajouté M. Trump, faisant référence au permis de résident permanent "Green Card".

L'attribution de ce document très convoité sera déterminée par un système de notation, qui "avantagera les immigrés parlant anglais, pouvant subvenir financièrement à leurs besoins et à ceux de leur famille et possédant des compétences qui contribueront à notre économie", a fait savoir le républicain.

Selon la Maison Blanche, "seulement un immigré sur quinze vient aux Etats-Unis sur la base de ses qualifications".

"En moyenne, un million d'immigrés sont autorisés à s'installer légalement aux Etats-Unis chaque année et la plupart d'entre eux sont des travailleurs peu ou pas qualifiés", a poursuivi l'exécutif. "Cet afflux revient à ajouter la population de San Francisco chaque année au pays".

- "Protéger les familles américaines" -

L'objectif est de réduire ce nombre environ de moitié avec ce nouveau système inspiré des dispositifs en vigueur au Canada et en Australie, ont indiqué les sénateurs.

Pour le président, la législation actuelle a "mis la pression sur les travailleurs et les contribuables américains et sur les ressources de la communauté".

"Elle a été injuste pour notre population, pour nos citoyens, pour nos travailleurs", a-t-il relevé, assurant que la réforme envisagée protègerait "les familles américaines en difficultés".

Mais, pour ses détracteurs, cette évolution législative se traduira en réalité par une baisse des salaires à cause de la réduction du nombre d'immigrés créateurs d'emplois.

L'Académie nationales des sciences a conclu, après avoir étudié des statistiques sur deux décennies, que l'impact de l'immigration sur les salaires des travailleurs natifs des Etats-Unis avait été "très faible".

En revanche, selon elle, "l'immigration a eu un impact globalement positif sur la croissance économique à long terme des Etats-Unis" même si la première génération d'immigrés a plutôt représenté un fardeau pour les ressources de la nation.

Reste que le message présidentiel va probablement réchauffer le coeur des travailleurs blancs peu qualifiés - sa base électorale - dont les salaires ont stagné et qui pensent que leur domination culturelle s'érode.

Il avait esquissé en mars, lors de son premier discours de politique générale devant les deux chambres du Congrès réunies en session commune, les contours d'une réforme du système d'immigration aux Etats-Unis consistant à privilégier les immigrants les plus qualifiés et à faire preuve de fermeté envers les clandestins.

M. Trump a fait de la lutte contre l'immigration illégale issue d'Amérique latine une priorité de son programme, avec notamment le projet de construction d'un mur à la frontière avec le Mexique. En particulier pour lutter contre la violence des gangs hispaniques.

Mais ce projet de limitation de l'immigration légale a peu de chances de recevoir un vaste soutien de la part des dirigeants d'entreprises et même au sein du parti républicain.

M. Cotton a présenté une première fois sa proposition de loi en février au Sénat, où elle est restée depuis dans les limbes.


 
 
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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 21:20

VIDÉO - Le président a rendu visite au peloton du Tour de France mercredi 19 juillet. L'occasion pour lui d'évoquer sur le plateau de France 2 la démission du chef d'état-major Pierre de Villiers.
 

En marge de l'arrivée d'une étape du Tour de France à Serre-Chevalier (Hautes-Alpes), Emmanuel Macron est revenu mercredi 19 juillet sur la crise qui secoue le sommet de l'État, la démission du général De Villiers, chef d'état-major, nommé à ce poste en 2014. "Je veux rendre hommage au général De Villiers qui est un militaire de grande qualité et qui a servi avec responsabilité et dignité l'État pendant plusieurs années. Je veux vraiment lui rendre hommage", a d'abord déclaré le chef de l'État, interrogé sur le plateau du Vélo Club de France 2.  

 

Emmanuel Macron a assuré que la Défense bénéficierait bien de "l'augmentation budgétaire la plus importante sur les 15 dernières années". "Je suis derrière les soldats, derrière les troupes, leur famille et l'État est pleinement engagé", souligne un Emmanuel Macron qui veut éviter la rupture avec les armées et répète que le budget de la Défense atteindra bien 2% du PIB d'ici 2025. 

Une nouvelle attaque

Si le président a salué le travail de Pierre de Villiers, il a également profité de son passage sur France 2 pour dire tout le bien qu'il pense de son remplaçant François Lecointre, nommé dans la foulée de sa démission, dans la matinée. "Je pense que les armées peuvent être très fières du chef d'état-major qui a été nommé ce matin en Conseil des ministres, le général Lecointre, qui est un héros militaire comme il y en a peu". Et en profite pour adresser une dernière pique au chef d'état-major démissionnaire : "(François Lecointre) sera un grand chef d'État major des armées et il aura non pas un budget à défendre, parce que ce n'est pas le rôle du chef d'état-major, c'est le rôle de la ministre des Armées. Il aura des troupes à conduire, des opérations à mener, une stratégie, des capacités à défendre et  à proposer au chef des armées qui est le président de la République. C'est comme ça que la République fonctionne bien. Voilà".  

En désaccord avec Emmanuel Macron sur les ressources allouées à la Défense, le chef d'état-major des armées françaises, Pierre de Villiers, a quitté son poste mercredi 19 juillet, une démission inédite synonyme de première crise du quinquennat. "Dans les circonstances actuelles, je considère ne plus être en mesure d'assurer la pérennité du modèle d'armée auquel je crois pour garantir la protection de la France et des Français", a écrit mercredi le général de Villiers, 60 ans, pour justifier son départ.

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 21:15

Feu vert du Parlement à la réforme du travail par ordonnances

Feu vert du Parlement à la réforme du travail par ordonnances
 

Fin de la première étape au Parlement pour la réforme du code du travail: le texte autorisant l'exécutif à légiférer par ordonnances a été adopté définitivement mercredi, par un dernier vote du Sénat, mais la contestation pourrait se déplacer dans la rue à la rentrée.
 

Un an après l'adoption de la loi El Khomri, qui avait déclenché la pire crise sociale sous un gouvernement de gauche, ce chantier prioritaire d'Emmanuel Macron qui vise à "donner plus de liberté et plus de protection" aux entreprises et aux salariés selon le gouvernement, donne le cadre des futures ordonnances sur lesquelles les arbitrages de l'exécutif seront présentés aux organisations syndicales et patronales fin août.

Plusieurs promesses de campagne d'Emmanuel Macron doivent figurer dans la longue liste de mesures, dont les décriés barèmes des dommages et intérêts prud'homaux pour licenciement abusif, la fusion des instances représentatives du personnel ou le rôle accru de l'accord d'entreprise.

Le projet de loi autorise également le gouvernement à revoir le périmètre des licenciements économiques, à modifier le dispositif du compte pénibilité ou à étendre le recours aux CDI de chantier. Hors du champ social, il permet de reporter d'un an le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu, au 1er janvier 2019.

Le texte avait été adopté très largement à l'Assemblée le 13 juillet en première lecture grâce aux voix de la majorité REM et MoDem ainsi que de la droite, puis au Sénat, à majorité de droite, la semaine dernière, dans des versions différentes.

Depuis, sénateurs et députés se sont accordés sur une version commune, que l'Assemblée a encore largement votée mardi, par 421 voix contre 74, tandis que le Sénat l'a approuvée par 225 voix pour et 109 contre, PS, communistes et anciens du groupe écologiste.

Le président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau avait annoncé un nouveau vote "positif" mercredi, tout en formulant "des regrets qu'il n'y ait pas eu, par exemple, de dispositif de sortie des 35 heures".

- "Démolition sociale" -

Mais les communistes des deux chambres, et les Insoumis à l'Assemblée, qui voient dans le texte "une loi de démolition sociale" et un "coup d'État social", ont promis de poursuivre la bataille.

Dès la rentrée, celle-ci pourrait se dérouler dans la rue lors d'une journée d'actions à l'appel de la CGT et SUD programmée le 12 septembre et lors d'un "rassemblement populaire" à l'initiative des Insoumis le 23 septembre.

La réforme, qui va plus loin que la très controversée loi Travail, inquiète les syndicats alors qu'elle est attendue d'"urgence" par le patronat, le patron du Medef Pierre Gattaz l'ayant notamment présentée comme "essentielle".

Les ordonnances, elles-mêmes, devraient être publiées au Journal officiel "autour du 25 septembre" et entrer en vigueur le lendemain.

Ce calendrier pourra être maintenu même en cas de recours au Conseil constitutionnel, selon la ministre du Travail Muriel Pénicaud, par ailleurs fragilisée par de nouvelles révélations sur une plus-value boursière après l'annonce d'un plan social lors de son passage chez Danone comme DRH.

"Vous inscrivez vos pas dans une offensive libérale n'ayant pour seul but que de sacrifier les droits sociaux et démocratiques des travailleurs", l'a accusée le sénateur Dominique Watrin (Communiste, républicain et citoyen) tout en évoquant l'Humanité du jour qui reparle de la rémunération des membres de la direction de Danone.

"Notre combat n'est pas terminé. Il se poursuivra dans l'hémicycle lors de l'examen du projet de loi de ratification des ordonnances", lui a-t-il assuré.

Jean-Louis Tourenne (PS) a dénoncé un texte "marqué par des orientations très libérales" et "une régression sociale". "Vous voulez gagner la croissance en fragilisant les salariés. Vous récolterez la révolte des salariés et une économie de nouveau à la peine", a-t-il dit.

En revanche, pour Nicole Bricq (REM), "notre objectif est atteint: l'exécutif que nous soutenons fermement garde sa latitude de réactivité aux propositions des partenaires sociaux et à sa capacité d'agir".

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 20:01

Un réseau spécialisé dans le vol des médicaments d’une clinique affiliée à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a été démantelé. Tunisie

Une source a indiqué à Kapitalis que 20 employés de la CNSS ont été arrêtés, dans la soirée du lundi 31 juillet 2017, pour abus de pouvoir et détournement de biens publics.

La même source a affirmé que les 20 suspects seront traduits devant le pôle judiciaire et financier.

E. B.

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 19:28

Les anciens de l’UGET : « Il faut réécrire l’Histoire »

étudiants tunisiens

 

L’histoire de la Tunisie indépendante n’a certainement pas encore dévoilé tous ses secrets. Celle de l’Union générale des étudiants tunisiens (UGET) l’est encore plus vu les  les différentes facettes qu’a  donné à voir
un mouvement qui demeure jusqu’aujourd’hui controversé.
Réécrire l’histoire de cette organisation qui a marqué de son empreinte l’Histoire contemporaine du pays,
telle est la tâche ardue à laquelle les anciens de l’UGET se sont attelés.
Invités par l’Association des anciens de l’UGET à se réunir hier, dimanche 30 juillet 2017, à Sousse, ils ont
été  nombreux à répondre présent à l’invitation. Parmi eux des personnalités de la génération des bâtisseurs
de l’Etat tunisien indépendant et moderne tels  Taher Belkhoja, l’ancien ministre de l’Intérieur sous Bourguiba, Mohamed Enaceur,  président de l’ARP, Mansour Moalla, ancien ministre des Finances et
du plan sous Bourguiba, Mustapha Ben Jaâfar, ex- président de l’ ANC (Assemblée nationale constituante),
Kamel Morjane, président du parti Al Moubadara et ancien ministre de la Défense et des Affaires
étrangères.
 Ils étaient tous là pour une rencontre que les organisateurs ont voulu  mémorable et surtout nostalgique,
mais qui s’est transformée en un vrai débat critique qui a porté sur le passé, mais aussi, et surtout, sur le présent.
« Il faut que nous arrivions à retracer l’UGET et l’histoire de l’UGET », c’était le mot d’ordre autour
duquel les présents étaient tous unanimes. Sa contribution extraordinaire au mouvement national et à la libération, son apport au rayonnement de la Tunisie dans son environnement maghrébin, arabe et africain
ont été inestimables. C’était l’époque où tout le monde parlait de l’UGET, au niveau national et  
international.   De nos jours, on n’en parle presque plus. C’est pourquoi, faire connaître cette histoire est
la première préoccupation des générations successives de l’organisation syndicale estudiantine.
Kamel Morjane : l’histoire glorieuse de l’UGET ne doit pas être jetée aux oubliettes
Le président du parti Al Moubadara s’est félicité de cette initiative qui représente une occasion de se remémorer l’histoire glorieuse d’une organisation qui a su marquer de son empreinte des phases importantes de l’histoire du pays. Ayant contribué au mouvement de libération nationale, elle a fourni au pays les cadres
qui se sont attelés à la tâche de l’édification de l’Etat tunisien indépendant et moderne. M. Morjane a fait
part de son souhait de voir les générations anciennes raviver la flamme de leur attachement à l’organisation
estudiantine et tisser les liens avec la génération actuelle afin de permettre à l’UGET de redorer son blason
et de de contribuer à relever les défis d’aujourd’hui.
 Taher Belkhoja : inutile de remuer le couteau dans la plaie
Pour Taher Belkhoja, ancien secrétaire général de l’UGET des années 60 et ancien ministre de l’Intérieur
sous Bourguiba,  la question cruciale est celle de savoir comment transmettre le flambeau des anciennes générations à la génération actuelle pour poursuivre la marche qui a commencé il y a voilà plus de soixante
ans.
Cependant, afin d’atteindre cet objectif, il faut cesser, selon lui, de faire une fixation sur les erreurs du passé,
« cela ne veut pas dire les ignorer, car il faut en tirer les leçons, car tous les congrès de l’UGET depuis sa création étaient controversés, il n’y a pas uniquement le congrès de 1971 ».
Concernant la rencontre d’hier, M. Belkhoja  estime que ce sont de belles retrouvailles entre des personnes
qui ne se sont pas vues depuis des décennies. Cela permet, selon lui, de raviver les souvenirs et de se remettre en question, mais surtout de se rappeler que le pays a une histoire pleine de réussites et d’échecs aussi. Il ajoute
qu’ on ne peut tirer les leçons de l’Histoire sans qu’on ne soit en possession d’une vision sérieuse pour
l’avenir.  : « Toutes les personnes ici présentes n’ont plus d’ambitions personnelles. Cela n’empêche
qu’elles soient prêtes à apporter leur contribution pour aider le pays à sortir de la crise actuelle.  N’oublions pas que l’UGET était la pépinière qui a formé les cadres de l’Etat et c’est avec une très grande amertume qu’on regarde où en sont arrivées les choses actuellement au sein de l’organisation ».
Ce qui manque à la génération actuelle c’est d’avoir un référentiel qui montre la voie. Ce référentiel
devrait être ressuscité tout en l’adaptant au contexte actuel.
Mohamed Ennaceur : la deuxième République a besoin de l’UGET
Mohamed Ennaceur, président de l’ARP, considère que l’ actuelle UGET devrait être en mesure de
se hisser à la hauteur des défis de la deuxième République. À ses débuts, l’organisation estudiantine
réunissait des militants de toutes les familles politiques et de toutes tendances idéologiques, unis autour
d’un rêve partagé, celui de bâtir une Tunisie libre et juste dont se souciaient les pionniers de la première
République. La deuxième République « pose de nouveaux défis liés aux mutations importantes que
connaît notre pays et le monde aussi et qui ont conduit à l’émergence de nouvelles revendications », notamment, l’emploi pour les diplômés universitaires au chômage.
Aïssa Baccouche : personne ne monopolise à lui seul la vérité
Se voulant critique vis-à-vis des péripéties du 18e congrès hautement controversé de l’UGET en 1971,
Aïssa Baccouche, ancien secrétaire général, n’a pas manqué de faire remarquer que l’UGET dans son
état actuel est à l’image de l’ensemble des institutions du pays. Elle ne peut pas faire exception. Cependant,
il estime que la nouvelle génération a besoin de connaître la vraie histoire du mouvement estudiantin avec
tous ses acquis et ses erreurs,  afin qu’elle puisse retrouver un nouveau souffle. Comme autrefois, l’UGET
a un rôle à jouer aujourd’hui.
Cependant, s’il est indispensable d’écrire l’histoire du mouvement estudiantin tunisien depuis sa
constitution, il faut avoir présent à l’esprit que personne ne peut prétendre détenir le monopole de la vérité. Pour lui, toutes les parties devraient apporter leur contribution  dans la reconstitution des faits pour
parvenir à la vérité.
Aïssa Baccouche n’a pas manqué de constater, non sans regret, que le congrès de Korba de 1971 était l’occasion ratée pour l’entame du projet démocratique dans le pays. « On a voulu au sein de UGET que ce congre soit l’occasion pour ouvrir les structures de l’organisation aux autres composantes du mouvement, mais malheureusement notre tentative a avortée », a-t-il dit.
Mustapha Ben Jaâfar : l’impératif d’une lecture critique de l’histoire de l’UGET 
L’ex- président de l’ANC, Mustapha Ben Jaafar a appelé a une lecture critique de l’histoire de l’UGET.
Une lecture qui, sans renier les acquis, doit mettre l’accent aussi sur les erreurs commises.
Selon lui, « si l’expérience démocratique actuelle a réussi, c’est parce que l’expérience post-indépendance
a réussi ». Toujours est-il que les erreurs commises ont causé un grand tort au pays. Le congrès du parti destourien en 1971, celui de l’UGET la même année, janvier 1978 et les élections de 1981 sont toutes des
dates sur lesquelles il faut s’arrêter pour qu’on puisse avancer. C’est l’unique base pour lui sur laquelle
devrait se réaliser la réconciliation avec l’Histoire.
Et M. Ben Jaâfar d’ajouter que « si l’UGET a réussi sa mission après l’indépendance, c’est parce qu’elle
était inclusive et ouverte à toutes les tendances, mais lorsqu’ il est devenu exclusif, ceci a suscité la dérive
qu’on connaît aujourd’hui, car il a dévié de sa mission initiale ».
Habib Kazdoghli : il faut réconcilier la génération des bâtisseurs et celle des contestataires
En historien expert de l’histoire tunisienne contemporaine, le doyen de la faculté des Lettres, des Arts et
des Sciences humaines de La Manouba, a considéré les 64 années de l’histoire de l’UGET comprennent  
deux grandes phases : la première de 1952 jusqu’à 1971 a duré 18 années pendant lesquelles l’organisation
a été une pépinière pour former les bâtisseurs de la République. La deuxième, beaucoup plus longue puisqu’elle s’est étalée sur 46 ans, a commencé  à partir de 1971 jusqu’à aujourd’hui. C’est la période
des contestataires de la République. Pour le doyen, cette nouvelle donne est à prendre en considération
dans la lecture de l’histoire de l’organisation.
Pour lui, la situation actuelle par laquelle passe l’université est pour le moins inquiétante. Les taux de participation des étudiants aux élections des conseils scientifiques varient entre 10 et 15 %, c’est parce
que l’activité syndicale universitaire est devenue hyper politisée.
« L’université a perdu sa vocation initiale d’être une école de citoyenneté à une époque où la vie culturelle
était au cœur de l’université », et c’est cette vocation qu’il faudrait faire renaître dans l’esprit et
les activités des étudiants d’aujourd’hui.
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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 22:06

Abdellatif Ghorbal: Hommage à Slimane Doggui

Abdellatif Ghorbal: Hommage à Slimane Doggui

Nous commémorons cette semaine, à Paris le 11 mars et à Bizerte  le 18 mars, avec recueillement et beaucoup d'émotion, le 40e jour du décès de Slimane Doggui. Slimane : l'ami, le frère, le camarade, le patriote, le militant authentique et désintéressé.

Dès son jeune âge, Slimane Doggui, né à Bizerte en 1937, consacre sa vie à agir pour autrui. Il adhère aux mouvements de jeunesse, il s'engage dans les partis politiques (le Néo- Destour, le PSD, puis le MUP), et il milite au sein des milieux associatifs et culturels, aussi bien en Tunisie qu'à l'étranger.

Son parcours politique, riche et varié, a toujours été très cohérent, car guidé par l'amour de la patrie, un souci constant de justice, une soif de liberté, et la volonté de vivre pour les autres, parfois au détriment de ses propres intérêts individuels ou familiaux. 

Toujours à l'écoute, constamment disponible, en permanence prêt à s'engager en faveur des grandes causes nationales et arabes, Slimane fut un homme de principes, de convictions, d'engagements et d'actions, mû par un esprit ouvert et un comportement militant.

Désintéressé, il n'était attiré ni par les avantages matériels ni par la recherche des honneurs, ni par la soif du pouvoir. Il s'enflammait toujours pour la justice à l'échelle individuelle et collective, pour les luttes de libération des peuples, et pour le progrès social. Il aimait la vie, savait garder la mesure, et pratiquait sereinement sa foi dans le respect total des croyances de l'autre.
 
Fidèle et loyal envers ses compagnons de lutte, il demeurait néanmoins prioritairement attaché à ses principes et ses valeurs.

Modeste et respectueux des autres, amical et réceptif, il tendait sans hésitation la main à celles et ceux qui lui demandaient assistance. Il les aidait au mieux, les accompagnait dans leurs épreuves et souvent prenait en charge leurs soucis et angoisses face à la maladie, dans le respect scrupuleux du serment d'hippocrate.

Slimane avait une personnalité à la fois unique et multiple. Il a su préserver des liens amicaux et affectueux avec la majorité de ceux avec lesquels il a milité durant les différentes étapes de son parcours. C'est pourquoi nous assistons aujourd'hui à ces multiples hommages qui lui sont rendus par ses amis de différents milieux et âges.
Personnalité ouverte, Slimane doit être considéré avant tout en tant qu'humaniste engagé.   

Sa vie scolaire et universitaire, débutée à l'école primaire franco-arabe de Bizerte, s'est poursuivie à la Zitouna, pour se terminer à l'Université de Moscou par l'obtention du diplôme de docteur en médecine, puis celui de neurologue.

Sa vie professionnelle, commencée à Moscou, en tant que chercheur-enseignant, a continué à Paris comme médecin résident dans les hôpitaux universitaires puis comme médecin hospitalo-universitaire, et en tant que enseignant-chercheur dans les sciences médicales.

Dès son jeune âge, Slimane a pris part à la vie associative de l'époque, d'abord dans le mouvement des scouts puis dans des associations culturelles et politiques. et enfin au sein du mouvement étudiant en tant que membre actif à l'UGET à partir de 1952 à Bizerte, avant de devenir membre de la commission administrative au niveau national.

Slimane s'est engagé tôt dans l'action politique, en adhérant au mouvement patriotique, et en organisant durant sa scolarité à Bizerte, des grèves et des manifestations sans jamais faiblir malgré la répression et ses nombreuses arrestations par les forces coloniales.

Il s'est particulièrement illustré, en 1961, par sa présence sur le terrain et son militantisme actif en organisant la résistance et la mobilisation populaire contre la présence étrangère à la base militaire de Bizerte, jusqu'à son évacuation par l'armée française en 1963.

En reconnaissance de son rôle actif lors de cet épisode de la lutte de libération nationale, Slimane a été décoré par le président de la République tunisienne Habib Bourguiba, au cours d'une réunion officielle et populaire à l'occasion de la première fête de l'évacuation du 15 octobre 1964.

Sa vie politique et militante s'est naturellement poursuivie dans les années soixante par son engagement indéfectible et son entier soutien à la politique de planification conduite par Ahmed Ben Salah jusqu'à son arrêt brutal par Bourguiba en septembre 1969, suivi de l'éviction de l'aile gauche du parti socialiste destourien et de l'emprisonnement de ses membres les plus actifs.

En 1970, Il part en exil en France, où il continue d'agir dans le prolongement de ses engagements antérieurs. 
D'abord en conduisant les actions de soutien et de défense d'Ahmed Ben Salah et ses compagnons emprisonnés depuis mars 1970. Ensuite en lançant en 1973 à partir de l'étranger, avec Ahmed Ben Salah et les autres membres fondateurs à l'étranger (entre autres Hichem Moussa, Kamel Sammari, et moi-même), le Mouvement d'unité populaire (MUP).

Ce nouveau mouvement politique patriotique et progressiste s'est développé et structuré à l'étranger, mais aussi et surtout en Tunisie. Il a connu sa première grande épreuve lors de l'arrestation et l'emprisonnement de ses membres et dirigeants en mars - juin 1977, qui furent condamnés à des peines allant jusqu'à 8 ans de prison, comme ce fut le cas pour Slimane.

Le rôle incontestable de Slimane fut très important, voire déterminant, dans cette phase de création et de développement du MUP, de la publication de son manifeste et de son journal ''l'Unité populaire'' puis ''El Wehda Ach-chaabia''.
Cette phase de la vie politique de Slimane a été ainsi particulièrement riche et dense.

Suite à l'amnistie accordée aux condamnés du MUP en 1981, Slimane put rentrer en Tunisie, et se marier avec sa bien aimée épouse Najet Daly.

Depuis lors, fidèle à ses convictions, Slimane n'a cessé de s'impliquer activement au sein des mouvements de l'émigration arabe en Europe, et de poursuivre son engagement indéfectible en faveur de la Palestine, de l'Irak, de la Libye, du Soudan et de la Syrie.

Merci Slimane d'avoir réussi à communiquer autour de toi un esprit militant fort, d'avoir su valoriser le sens de l'engagement et du dévouement dans l'action politique, et d'avoir pu maintenir haut le flambeau des causes justes pour lesquelles tu t'es si fortement impliqué, et qu'il nous faudra à toutes et à tous continuer à porter.

Adieu Slimane.
Tu resteras toujours présent dans notre coeur et notre souvenir.

Abdellatif Ghorbal

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 11:22
AFP, publié le lundi 24 juillet 2017 à 18h25

Les représentants du groupe de contact sur la route migratoire en Méditerranée centrale ont convenu lundi à Tunis de renforcer leur coopération en matière de gestion des flux migratoires, en jugeant essentielle une stabilisation de la Libye.

Cette réunion à laquelle ont participé les ministres de l'Intérieur ou autres représentants de la Tunisie, de la Libye, de l'Algérie, de la France, de l'Italie, de Malte et d'Allemagne notamment, en présence de l'Union européenne, a été élargie au Tchad, au Niger et au Mali.

"Nous devons approfondir notre solidarité et notre responsabilité collectives. Un pays seul ne peut faire face à ce phénomène de migration, nous devons faire front ensemble", a dit lors de la réunion Dimitris Avramopoulos, commissaire européen à la migration. 

"Nous devons nous engager ensemble pour résoudre" cette "crise migratoire d'une ampleur extrême", a renchéri le ministre français de l'Intérieur, Gérard Collomb.

Face au trafic de migrants, "l'approche ne peut être sécuritaire" uniquement. Elle doit être "globale, avec un grand aspect social, un grand aspect économique et souvent culturel", a de son côté dit à la presse le ministre tunisien de l'Intérieur, Hédi Majdoub.

La situation chaotique en Libye a été l'un des principaux points abordés, selon le commissaire européen. "Il est très important de rétablir la stabilité dans ce pays", a dit M. Avramopoulos.

Le groupe de contact avait tenu sa première réunion ministérielle à Rome en mars, et doit de nouveau se retrouver en Suisse d'ici la fin de l'année.

Dans leur communiqué final, les ministres se sont accordés pour que leurs pays tentent de traiter "les causes profondes de la migration irrégulière" et pour "renforcer l'échange d'informations stratégiques et opérationnelles sur les réseaux criminels de traite des êtres humains et de trafic de migrants".

"L'Europe n'est pas une forteresse, elle est ouverte mais" les personnes souhaitant s'y rendre "doivent suivre des procédures légales", a dit M. Avramopoulos.

Le ministre des Affaires étrangères du Mali, Abdramane Sylla, a de son côté appelé les pays européens à "alléger (leurs procédures) de visa" pour permettre aux jeunes Africains qui en rêvent de se rendre en Europe.

Selon les derniers chiffres de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), 111.514 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer depuis le 1er janvier, dont 85% en Italie. Quelque 2.360 sont morts en tentant la traversée.

iba/kl/nbz

 

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 12:46

AFP, publié le mardi 18 juillet 2017 à 12h13 

 

 

 

détention de la directrice d'Amnesty en Turquie ainsi que de plusieurs militants des droits de l'Homme, l'ONG dénonçant un "affront à la justice".

Turquie: la directrice d'Amnesty placée en détention

Au total, six militants des droits de l'Homme, dont Idil Eser, directrice d'Amnesty pour la Turquie, ont été incarcérés dans l'attente de leur procès à une date inconnue, a indiqué mardi matin à l'AFP Andrew Gardner, chercheur spécialiste de la Turquie à Amnesty.

Quatre autres militants des droits de l'Homme qui avaient été interpellés en même temps ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

"Ils sont accusés d'avoir commis un crime au nom d'une organisation terroriste, sans en être membre", a déclaré M. Gardner, qualifiant la décision de "choquant simulacre de justice".

L'expression "organisation terroriste" désigne le plus souvent pour les autorités turques les partisans du prédicateur Fethullah Gülen, accusé d'avoir fomenté le putsch manqué de 15 juillet 2016, ou les séparatistes kurdes du PKK.

Leur placement en détention survient alors que les autorités turques ont lancé, après le putsch avorté du 15 juillet 2016, des purges d'une ampleur sans précédent dans l'histoire moderne de la Turquie qui ont suscité l'inquiétude des partenaires occidentaux d'Ankara.

Au-delà des putschistes présumés, ces purges ont touché des opposants politiques prokurdes, des médias critiques et plusieurs ONG, et les détracteurs du président Recep Tayyip Erdogan l'accusent de profiter de l'état d'urgence en vigueur pour étouffer toute voix dissonante.

"L'incarcération des six défenseurs des droits de l'Homme est un effroyable affront à la justice", a dénoncé Amnesty International dans un communiqué mardi.

Les six militants des droits de l'Homme écroués mardi avaient été interpellés avec quatre autres activistes lors d'un atelier de formation à la sécurité informatique et à la gestion des données sur l'île de Büyükada, au large d'Istanbul.

Parmi les six personnes incarcérées figurent un Suédois et un Allemand, tous deux formateurs lors de cet atelier.

- 'Chasse aux sorcières' -

"Après cette décision, aucun de ceux qui défendent les droits de l'Homme en Turquie, que ce soit Amnesty International ou d'autres organisations, n'est en sécurité dans ce pays", a déclaré à l'AFP M. Gardner.

Les 10 militants avaient été présentés lundi à un procureur pour la première fois depuis leur interpellation. Parmi eux figurent également Ilknur Ustün, de l'ONG Coalition des Femmes, et Veli Acu, de la Fondation des droits de l'Homme.

La semaine dernière, M. Erdogan avait publiquement accusé les militants arrêtés de mener des activités s'inscrivant "dans la continuité du (putsch du) 15 juillet", sans autre précision.

Selon Amnesty, il s'agissait d'un atelier de routine sur les droits de l'homme comme l'ONG en organise régulièrement partout dans le monde.

"Ce n'est pas une enquête légitime, c'est une chasse aux sorcières politiquement motivée qui préfigure un avenir effrayant pour les droits en Turquie", a déclaré le secrétaire général d'Amnesty Salil Shetty, cité dans le communiqué de l'ONG.

Depuis le putsch avorté, plus de 50.000 personnes, dont des opposants du président Erdogan, des membres d'ONG et des journalistes ont été arrêtés.

Le mois dernier, le président d'Amnesty en Turquie, Taner Kiliç, avait également été arrêté, accusé d'être un partisan du prédicateur Gülen.

Les vagues d'arrestations depuis le putsch manqué ont suscité l'inquiétude de partenaires occidentaux de la Turquie et d'ONG, mais le gouvernement turc a jusqu'à présent rejeté toute critique et dénoncé un "manque d'empathie".

L'état d'urgence, promulgué quelques jours après la tentative de putsch du 15 juillet, a été prolongé de trois mois supplémentaires, lundi, et le président Erdogan a plusieurs fois répété qu'il ne serait levé "que lorsque tous les troubles auront disparu";


Dans son communiqué, Amnesty exhorte les dirigeants internationaux à "faire pression" pour obtenir la remise en liberté des militants des droits de l'Homme, "immédiatement et sans condition".

fo-gkg/ezz/cr

 

 

 
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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 12:44

AFP, publié le mardi 18 juillet 2017 à 12h11

Installé dans un camp de déplacés de Debaga près de Mossoul, Adel n'a pas vu ses parents depuis neuf mois. Pour l'adolescent de 15 ans, c'était le prix à payer pour échapper aux jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

"La route était longue, on a marché toute la nuit, 14 heures environ", se souvient ce jeune adolescent à la silhouette frêle, qui a rejoint le Kurdistan irakien après avoir fui la ville de Hawija, tenue par les jihadistes, au sud de Mossoul.

"Evidemment ma famille me manque, neuf mois c'est long", reconnaît le garçon qui est retourné à l'école et attend de passer des rattrapages en septembre. "Mais les enseignants nous traitent bien. Ici, c'est comme ma maison maintenant."

Les combats à Mossoul ont entraîné le départ de centaines de milliers de civils. Et actuellement, ils seraient plus d'un millier d'enfants (moins de 18 ans) à avoir été séparés de leurs parents, selon l'Unicef.

Rejoint par un de ses frères et des cousins, Adel a été pris en charge par un centre de l'ONG Terre des Hommes Italia, qui héberge 17 adolescents. Outre les cours d'anglais et d'informatique, ils ont également droit à des séances de sport.

- Téléphone et Facebook -

Un joyeux vacarme règne dans la salle commune où les garçons, en tee-shirt et coupe à la mode, se relaient autour des deux babyfoot et de la table de ping-pong.

Les yeux rivés sur leur portable, des jeunes sont avachis sur des matelas posés à même le sol dans le dortoir attenant, pendant que la télévision crache de la musique arabe à plein volume.

Dans la cuisine spartiate, trois adolescents sont de corvée. Ils apprennent à cuire le pain et aident la cuisinière à préparer le déjeuner.

Six mois après son départ, les parents d'Adel ont quitté Hawija pour un camp de déplacés de la province de Kirkouk.

"Le seul moyen de communication, c'est le téléphone, et parfois Facebook", explique l'adolescent. "Quand j'aurai fini mes rattrapages, je vais les rejoindre", confie-t-il.

Il y aurait à Mossoul plus d'un millier d'enfants "séparés ou non accompagnés", selon l'Unicef. "Séparé signifie qu'ils sont avec des proches, mais pas leurs parents. Non accompagné veut dire qu'ils sont seuls", précisait vendredi l'organisation.

"J'ai rencontré un garçon de 7 ans environ, dont la main gauche a été sévèrement blessée par les combats. Il était clairement très angoissé, il ne parlait pas, et même quand on lui a donné une petite balle pour jouer, il ne l'a pas touchée", raconte un responsable local du Fonds de l'ONU pour l'enfance, Maulid Warfa, cité par le communiqué.

- Troubles psychologiques -

Selon le coordinateur du centre de Terre des hommes, Abdelwahed Abdallah, les enfants et adolescents risquent de développer de sérieux troubles psychologiques.

"Ils souffrent de stress post-traumatique, ou de déficit de l'attention, la plupart ont des troubles du sommeil causés par l'anxiété", explique-t-il, avant d'évoquer le "sentiment de culpabilité chez certains: eux ont échappé à l'EI, mais pas leur famille".

Autre défi de taille: il faut parfois leur réapprendre certains principes de base, comme la mixité filles-garçons, ou encore le fait que la musique n'est pas "haram", interdite par la religion, précise-t-il.

Ahmed, 20 ans, a trouvé refuge dans un autre camp de déplacés de Debaga, avec ses sept frères et soeurs, tous plus jeunes que lui. La benjamine a deux ans.

Voilà bientôt sept mois qu'il a quitté Hawija, où ses parents sont restés. "On se parle au téléphone, tous les deux trois jours, on ne s'éternise pas, cinq minutes seulement", confie Ahmed, yeux couleur miel, petite barbe clairsemée, le visage encadré par des boucles noir de jais.

"Là-bas, s'ils trouvent le téléphone, ils peuvent les tuer", intervient son frère Abdallah, 15 ans, en référence aux jihadistes.

 


Et avec les petits, qui pleurent souvent pour réclamer les parents, il faut s'armer de patience. "Je leur raconte n'importe quoi pour les faire taire, je leur dis qu'ils vont venir aujourd'hui, ou je leur donne de l'argent pour acheter des sucreries", reconnaît Ahmed.

 

Les deux frères pointent du doigt la petite Sarah, qui arrive tout sourire, titubant du haut de ses deux ans, jetant un regard étonné sur le monde qui l'entoure.

tgg/cmk

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