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19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 19:30

ADIEU CHER AMI ET CAMARADE RABEH ARFAOUI

Nous venons d'apprendre que notre camarade et ami Rabeh ARFAOUI, nous a quitté subitement aujourd'hui 14 mai 2020 à midi.

Suite à une simple opération, son cœur a lâché. Malgré les secours, les médecins n'ont pu le sauver.

 Rabeh fut dans sa jeunesse un militant de l'UGET en Tunisie à la faculté des Lettres et des Sciences Humaines. Il a continué ses études à Paris 

à la Sorbonne et avait milité dans le mouvement étudiant tunisien en France.

 Au milieu des années 1970 il avait dirigé la section provisoire de l'UGET et appartenu à l'Organisation politique "Le Travailleur tunisien-El Amel ETTOUNSI".

 Dans les années 2000 Rabeh ARFAOUI a appartenu au Mouvement Ettajdid et El MASSAR. Il a été élu au comité de la section des deux mouvements et au Conseil central.

 Le mouvement démocratique et progressiste et le mouvement associatif de l'immigration tunisienne ont perdu un dirigeant et un camarade, homme de principes et militant inflexible. 

 En ces moments difficiles, le Bureau National de l'ATF et l’ensemble de ses amis et camarades présentent leurs condoléances à ses enfants Wassim, Malek, Nadhir,

à sa femme, sa famille et à tous ses amis-es, ses camarades associatifs et d'El Massar.

Qu'il repose en paix.

P/°

Le Président de l'ATF

Mohamed-Lakhdar ELLALA

 

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6 mai 2020 3 06 /05 /mai /2020 11:48

 

Enfin les femmes soudanaises ont gagné leurs luttes contre les obscurantistes et mœurs dégradantes 

aux femmes soudanaises, égyptiennes et à l'Humanité.

Q'ils et qu'elles ne touchent plus et violentent plus les corps des femmes.

Au nom de notre Association des Tunisiens en France et ses militantes et ses militants nous saluons cette victoire arrachée par les femmes soudanaises et fruit de leurs combats et et leurs sacrifices.

 

Le Président

Mohamed-Lakhdar ELLALA

 

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Grande victoire : l’excision enfin considérée comme un crime au Soudan

Plus de 86 % des fillettes sont victimes de cette pratique dans le pays

 

Après de longues et éprouvantes années de combat, les femmes viennent d’obtenir une grande victoire au Soudan. En effet, le gouvernement soudanais vient enfin de criminaliser l’excision, la mutilation génitale de la femme. 

L’EXCISION ENFIN CRIMINALISÉE AU SOUDAN

L’excision, pratique qui consiste en une mutilation génitale chez la femme, est criminalisée dans la plupart des pays d’Afrique. Malheureusement, elle est encore fortement pratiquée. Désormais, une année après la chute du régime islamiste d’Omar Al-Bachir, les Soudanaises viennent de remporter une grande victoire : alors que neuf Soudanaises sur dix sont victimes de cette pratique, l’excision est enfin considérée comme un crime au Soudan. Une décision adoptée le 22 avril dernier par le Conseil souverain dominé par les militaires et le Conseil des ministres dominé par les civils. De plus, cette pratique est désormais passible de trois ans de prison et d’une amende. Une peine valable si l’excision est réalisée par un particulier ou un établissement médical.

Le gouvernement vient de criminaliser les mutilations génitales. Un article spécial va être ajouté dans le code pénal national. Une avancée saluée par le ministre des Affaires étrangères”, comme l’a rapporté Radio Dabanga. Le Conseil des ministres a effectivement autorisé une nouvelle loi qui doit encore être approuvée par le Conseil souverain. « Si cela se produit, ce sera l’expression de la volonté politique dans ce pays », a fièrement affirmé Amira Azhary, membre du Conseil national pour le bien-être de l’enfance.

Par ailleurs, la Fondation Thomson Reuters considère que le Soudan est l’un des pires pays au monde au sujet des droits des femmes. “Traditionnellement, les Soudanais croient que couper les parties génitales externes d’une fille est gage d’honneur pour la famille de cette dernière et d’un bon mariage dans l’avenir. Mais cette mutilation peut conduire à des infections et, dans les pires cas, à une infertilité ou à des complications lors des accouchements. Et cela diminue énormément le plaisir sexuel”, a également rapporté Radio Dabanga.

Cette grande victoire a été obtenue après plus de dix années de combat mené par des associations soudanaises au nom des droits humains. En 2012, Omar Al-Bachir avait effectivement annoncé travailler sur une loi interdisant les mutilations génitales. En 2015, l’adoption de cette loi semblait se rapprocher. Néanmoins, les conservateurs, fortement hostiles à celle-ci, avaient toujours eu gain de cause jusqu’à présent.

— Phil Pasquini / Shutterstock.com

UNE TORTURE SUBIE PAR DES MILLIONS DE FEMMES ET DE FILLES

Selon l’Unicef, la prédominance des excisions est “très élevée” au Soudan. Par ailleurs, une étude menée par cette organisation en 2014 a révélé que 86,6 % à plus de 95 % de femmes en sont victimes au Soudan. Censée “préserver la pureté des femmes”, cette pratique est néanmoins considérée comme une torture par l’ONU. Les Nations unies estiment d’ailleurs que 200 millions de femmes et de filles ont subi des excisions dans 31 pays du monde, dont 27 rien qu’en Afrique.

En outre, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la majeure partie des Soudanaises sont victimes d’excision de type III, par laquelle les lèvres intérieures et extérieures mais aussi le clitoris sont enlevés. La plaie est par la suite suturée de sorte qu’il ne reste qu’une simple ouverture, nécessaire pour uriner et à l’écoulement du sang menstruel. Cela s’appelle l’infibulation. Néanmoins, cette pratique provoque souvent des kystes, cause de rapports sexuels particulièrement douloureux et pouvant empêcher l’orgasme.

Ainsi, en faisant de l’excision un crime au Soudan, l’Unicef se réjouit du “début d’une nouvelle ère”. Il reste tout de même désormais à dépasser les croyances culturelles et religieuses.

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 18:30

Masques, déplacements, école, travail: à une semaine du 11 mai, les modalités du déconfinement, présentées lundi au Sénat par le Premier ministre Edouard Philippe, se précisent. Mais le gouvernement doit encore lever de nombreuses incertitudes.

AFP
04/05/2020 - 18:00
AFP
04/05/2020 - 18:00
 
Déconfinement en France: secteur par secteur, les enjeux du 11 mai

 

 

- Santé -

Deux indicateurs, la circulation active du coronavirus et les capacités de réanimation, aboutiront jeudi soir à une carte de France dont les départements en vert pourront organiser un déconfinement plus large que ceux en rouge.

Partout, les Français sont désormais encouragés à porter un masque, en plus de la distanciation sociale. Le port du masque sera obligatoire dans les transports en commun ou dans les collèges.

Mais alors que chacun cherche son masque, y en aura-t-il suffisamment pour tous dans une semaine ? Le Premier ministre Edouard Philippe a assuré que oui, mais certains en doutent, comme Michaël Rochoy, médecin généraliste fondateur du collectif "Stop postillons".

Ces masques pour le public, chirurgicaux ou textile, sont notamment vendus dans les pharmacies et, depuis lundi, dans la grande distribution.

Pour éviter une seconde vague, il faudra suivre précisément la circulation du virus. Et ce en multipliant les tests virologiques: jusqu'à 700.000 par semaine, promet le gouvernement. 

L'objectif est de pouvoir tester tous ceux qui ont des symptômes, puis de retrouver leurs contacts grâce à des "brigades" départementales pour les tester à leur tour.

Les personnes positives seront invitées à s'isoler, mais la quarantaine ne sera pas imposée, le gouvernement tablant sur leur "civisme".

Les personnes âgées, plus fragiles, sont quant à elles invitées à continuer à limiter contacts et sorties.

- Transports et déplacements -

Il sera possible de circuler sans attestation à partir du 11 mai jusqu'à 100 km du domicile. Les déplacements plus lointains ne seront possibles que pour "un motif impérieux, familial ou professionnel".

Le port du masque et le respect des règles de distanciation seront obligatoires dans les transports publics.

"Les personnes qui voudront prendre un VTC, un taxi ou pénétrer dans une gare sans masque pourront se voir refuser l'accès" et le cas échéant se voir infliger une amende qui pourrait être de 135 euros, selon le secrétaire d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.

"Comme pour les transports terrestres, nous allons demander le port du masque obligatoire dans les avions", a-t-il par ailleurs annoncé.

La réouverture des bureaux et commerces va s'accompagner de l'augmentation de l'offre de transports en commun.

Mais les opérateurs ont prévenu que l'espacement obligatoire d'un mètre entre passagers "limitera mécaniquement (leur) capacité à transporter un nombre de voyageurs suffisant à la reprise économique".

Les autorités appellent donc les employeurs à maintenir le télétravail et des horaires de travail différenciés pour étaler les heures de pointe.

Pour désengorger les transports publics et éviter que tout le monde ne se rue sur la voiture, le gouvernement cherche à inciter les Français à utiliser le vélo et y consacre notamment un plan de 20 millions d'euros.

L'offre de déplacements longue distance, notamment dans les TGV, continuera en revanche d'être réduite.

- Ecoles -

Sur le chantier titanesque du retour à l'école de quelque 12 millions d'élèves, les doutes se font plus que jamais sentir.

La rentrée est prévue sur la base du volontariat à partir du 11 mai "dans la majorité des écoles" maternelles et primaires, a assuré ce week-end le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, avec un maximum de 15 enfants par classe. 

Un protocole sanitaire très strict doit encadrer cette réouverture: lavage de main à répétition, bureaux espacés d'au moins un mètre, port du masque obligatoire ou conseillé selon les circonstances... Un vrai casse-tête pour les communes chargées de préparer cette périlleuse rentrée.

De nombreux maires ont d'ailleurs fait savoir qu'ils ne rouvriraient pas les écoles le 11 mai.

Dimanche, l'association des maires d'Ile-de-France, y compris la maire PS de Paris Anne Hidalgo, a écrit au président Emmanuel Macron pour lui demander de repousser la réouverture des écoles à une date ultérieure, dénonçant un déconfinement "à marche forcée".

Des syndicats ont aussi déposé des préavis de grève à compter du 11 mai.

Plusieurs écoles ont déjà toutefois annoncé leurs modalités de réouverture (par roulements, demi-classes...).

Pour les collèges, l'ouverture ne se fera pas avant le 18 mai, et uniquement dans les départements peu infectés par le coronavirus.

- Travail -

Les entreprises sont incitées en premier lieu à continuer à recourir massivement au télétravail et à prévoir sinon des horaires décalés pour les salariés devant revenir au travail.

Elles devront prévoir l'instauration d'un espace minimum de 4 m2 par salarié, avec une gestion des flux et des sens de circulation pour éviter les croisements. Cette règle s'applique également aux espaces communs, dont les ascenseurs, selon le "protocole national de déconfinement" publié par le ministère du Travail.

Le port du masque ne sera obligatoire que lorsqu'il y a un risque que les mesures de distanciation ne puissent pas être respectées. 

La prise de température ne pourra pas être imposée aux salariés. Même chose pour les campagnes de dépistage du coronavirus interdites au nom du secret médical.

Ces règles viennent en complément des guides déjà disponibles sur le site du ministère, qui détaillent les mesures d'hygiène et de distanciation métier par métier.

- Commerces -

Les commerces restés ouverts ont déjà généralisé gestes barrière, port du masque et règles de distanciation.

Ceux qui vont rouvrir se préparent, mais ce ne sera pas simple pour tout le monde : comment respecter la distanciation sociale en coupant des cheveux ou manucurant des ongles ?

Pour tous les commerçants, il s'agira de trouver "un juste équilibre" entre sécurité sanitaire et contraintes "qui n'entravent pas l'activité" du magasin ni sa rentabilité, selon le directeur général de l'Alliance du Commerce Yohann Petiot.

"Un commerçant pourra subordonner l'accès de son magasin au port du masque", a indiqué le Premier ministre.

Pour les bars, cafés et restaurants, les interrogations sont plus nombreuses encore: il faudra attendre fin mai pour savoir s'ils pourront rouvrir "à partir du 2 juin", a prévenu Edouard Philippe. En attendant, ils sont de plus en plus nombreux à proposer de la vente à emporter.

Une exception: aux Antilles, les bars et restaurants rouvriront dès le 11 mai à Saint-Barth, où l'épidémie est très limitée, et peut-être à Saint-Martin.

- Rassemblements -

Après l'annulation des festivals, le report de nombreuses manifestations sportives, la vie sociale va rester très limitée, avec des rassemblements limités à dix personnes à compter du 11 mai, sur la voie publique ou dans des lieux privés.

Les grands musées, les cinémas, les salles de concert et les théâtres devront encore rester fermés après le 11 mai. Et tout évènement de plus de 5.000 participants est interdit jusqu'en septembre.

Les lieux de culte restent ouverts, et Edouard Philippe a annoncé lundi que le gouvernement est "prêt à étudier" la reprise des offices religieux le 29 mai au lieu de la date du 2 juin précédemment établie, ce qui pourrait permettre aux Chrétiens de célébrer la Pentecôte. Les cérémonies funéraires resteront limitées à 20 personnes.

Du côté du sport, la saison 2019-2020 de football et des autres sports professionnels ne reprendra pas.

ito-mra-far-cda-jmo/ial/mm

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 10:06

 

بيــان

من أجل دراما تراعي حقوق الانسان

 

 

خلال شهر رمضان الجاري تبث القنوات الفضائية والاذاعات التونسية العمومية والخاصة عددا هاما من البرامج والدراما، وتلقى هذه الانتاجات متابعة واسعة من الجمهور سواءا في تونس او الدول المجاورة وتبعا لذلك يسود جو من المنافسة الشديدة لاستقطاب نسب المشاهدة  العالية وهي كلها مظاهر ايجابية.

لكن ما يثير الانشغال ان عديد الاعمال تضمنت مشاهد ومقاطع منافية لحقوق الانسان مثل  اظهار السود بمظهر الشعوب البدائية واستعمال الاعاقات البدنية للإضحاك او ممارسة التعذيب على طفل في لقطة اشهارية تجارية علاوة على ورود عبارات غير مقبولة مثل عبارة  "الوصفان"  ضمن حكايات اذاعية قديمة ومشهورة.

ان المنظمات والجمعيات الممضية على هذا البيان اذ تعبر عن تمسكها بحرية الابداع والتعبير مثلما ينص على ذلك الدستور التونسي والمواثيق الدولية ، فإنها تدعو المؤسسات الاعلامية المعنية الى ضرورة التثبت من المحتويات الفنية والاشهارية قبل بثها وذلك من حيث مدى مطابقتها لمبادئ حقوق الانسان وحرياته والمساواة بين البشر بقطع النظر عن جنسهم او لونهم او دينهم.

وتؤكد المنظمات الممضية ان للدراما وللإشهار التجاري تأثيرا بالغا في آراء الجمهور وسلوكه وهو ما يلقي مسؤولية بالغة على عاتق تلك المؤسسات.

قائمة الجمعيات الموقعة:

 

•  الاتحاد العام التونسي للشغل

•  المنظمة التونسية لمناهضة التعذيب

Association citoyenneté, développement, cultures et migrations des deux rives

L’association perspectives El 3amel Ettounsi   • 

 

•  مرصد الدفاع عن الحق في الاختلاف

•  المرصد الوطني للدفاع عن مدنية الدولة

•  الجمعية التونسية للدفاع عن الحريات الفردية

•  المنتدى التونسي للحقوق الاقتصادية والاجتماعية

•  الاتحاد التونسي للإعلام الجمعياتي

•  اللجنة من اجل احترام الحريات وحقوق الانسان في تونس

•  الرابطة التونسية للدفاع عن حقوق الانسان

•  جمعية النساء التونسيات للبحث حول التنمية

•  جمعية يقظة من اجل الديمقراطية والدولة المدنية

•  دمج الجمعية التونسية للعدالة والمساواة

•  الجمعية التونسية للوقاية الانجابية

•  مركز دعم

•  جمعية التونسيين بفرنسا

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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 09:53

 

 

 

Déclaration du Collectif ATE.COVID19 du 30 avril 2020 :

« Pour la régularisation des sans-papiers et de leurs familles »

 

Le collectif des Associatifs Tunisiens à l’Etranger (ATE), partie prenante de la société civile en Europe et acteurs dans les mouvements qui œuvrent contre les effets désastreux de la pandémie du Covid-19, ont constaté avec satisfaction la multiplication d’initiatives et d’appels à la solidarité avec les travailleurs étrangers sans-papiers qui vivent et travaillent dans les différents pays de l’union européenne.

 

Ces initiatives auxquelles nous nous associons et avec lesquelles nous nous solidarisons, viennent, en ce moment critique dans la vie de nos pays, pour défendre et reconnaître le rôle et la place dans les sociétés européennes, des travailleurs étrangers privés de statut légal, sans papiers de séjour et souffrant d’injustices et d’inégalités innombrables dans tous les domaines de la vie sociale, sanitaire et économique.

 

Ces personnes, vivant pour la plupart avec leurs familles et leurs enfants, occupent des emplois souvent dangereux et exercent des métiers déconsidérés dans des environnements professionnels insalubres qui exposent leur vie aux dangers sanitaires et à toutes sortes de risques professionnels 

 

La pandémie du Covid-19 a mis en relief leur rôle déterminant, en remplissant des tâches et des fonctions qui sont apparues décisives pour la continuité de fonctionnement et la pérennité de secteurs sociaux et économiques essentiels à la vie des pays européens, comme l’agriculture, le tertiaire et les services, le commerce et l’industrie alimentaire, la propreté et l’hygiène etc.

 

Les ATE ont toujours lutté contre les conceptions et logiques inégalitaires et répressives qui caractérisent les politiques migratoires en vigueur en Europe : refus d’entrée et de visas dans l’espace européen appliqué de façon arbitraire et quasi systématique aux ressortissants des pays tiers, notamment ceux du Maghreb et de l’Afrique sud saharienne, politique de refoulement et renvoi massif des étrangers sans papiers, subordination de l’aide économique et technique, allouée aux pays pauvres, à des critères de contrôle des frontières de l’Europe et de réadmission dans leurs pays d’origines des sans-papiers refoulés par les autorités européennes, refus de régularisation et d’admission au séjour régulier des dizaines de milliers d’étrangers et de leurs familles vivant et travaillant habituellement dans les divers pays européens.

 

Nous considérons que ces stratégies inégalitaires et injustes sont devenues contraires et opposées aux intérêts réels des sociétés des pays d’accueil. Elles perpétuent les inégalités et les injustices et ne contribuent pas à assurer un égal accès à la santé, à l’éducation des enfants ou la protection des familles vulnérables. Ces stratégies se sont avérées tout aussi antiéconomiques et discriminatoires, en ne permettant pas des rémunérations justes et des indemnisations équitables dues aux sans-papiers employés dans les métiers les plus pénibles et les plus exposés aux fléaux sanitaires, comme aujourd’hui, le Covid-19 ou les risques psycho-sociaux.

 

Nous demandons aux gouvernements européens, France, Italie, Belgique etc.de cesser de se voiler la face devant les conséquences et les effets désastreux de leurs politiques migratoires sur la vie des milliers de personnes et de familles qui ne demandent qu’à vivre et travailler normalement.

 

Nous demandons aux gouvernements en France, en Italie, en Belgique et dans les autres pays européens de procéder sans tarder, comme le commande l’intérêt public, à la régularisation et à l’attribution d’une carte de résident à tous les sans-papiers et à leurs familles, sans autre critère que celui de la résidence habituelle ou de la vie privée et familiale dans les pays concernés.

 

Nous appelons toutes les forces politiques, syndicales et associatives ainsi que tous les démocrates à poursuivre et à amplifier leur soutien aux luttes des sans-papiers pour leurs droits à vivre dans l’égalité et la justice sociale.

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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 09:28

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UJFP

Communiqué de l’UJFP : L’impossible décolonisation de la police républicaine


Dans la nuit de samedi (25 avril 2020), L’Île-Saint-Denis a été le théâtre d’une intervention policière violente et raciste. Pris en filature, un jeune homme préféra se jeter dans la Seine plutôt que de subir une interpellation. Il faut voir déambuler les policiers avec nonchalance, certains que, de toute façon, « un bicot comme ça, ça ne nage pas », mais que dans le doute, ils « auraient dû lui accrocher un boulet au pied ». Hilarité générale. Le « bicot » fut ensuite rattrapé par les forces de l’ordre, et tabassé dans le fourgon en route vers le commissariat – toujours dans l’hilarité générale.

Ces mots, au-delà de leur immédiate violence raciste, s’inscrivent dans un héritage colonial que la République n’a jamais voulu dépasser. Comment ne pas penser au 17 octobre 1961 et à ces dizaines d’Algériens noyés dans la Seine par la police parisienne aux ordres du préfet vichyste Papon ? Malgré les excuses en demi-teinte du Président Hollande, lorsque ce dernier affirmait que « la République reconnaissait avec lucidité la répression sanglante » [1], rien ne fut fait, et jamais la gestion des habitants non blancs des quartiers populaires ne fut purgée de ses méthodes de contrôle issues de la répression coloniale. La pandémie tend même à accentuer tous les abus, renforçant l’impunité et le sentiment de toute-puissance des forces de l’ordre qui se savent le dernier rempart d’un pouvoir aux abois. Dans la seule semaine du 8 au 15 avril, cinq personnes ont perdu la vie suite à des contrôles policiers dans le cadre de mesures liées au confinement [2].
 

Le drame – humain, éthique et politique – de l’île-Saint-Denis serait d’ailleurs sans aucun doute resté « confiné » dans la mémoire collective des quartiers populaires si un résident n’avait pas filmé les agissements de la police et relayé ces images aux journalistes Nadir Dendoune et Taha Bouhafs [3]. La colère grandissant à mesure de la diffusion de l’information, le Ministre de l’Intérieur Castaner s’est même senti obligé de réagir sur Twitter dans la nuit de dimanche à lundi, expliquant qu’il considérait cette « indignation légitime » et martelant que « le racisme n’a pas sa place dans la police républicaine [4] ». Les faits, têtus, rappellent cependant chaque jour un peu plus qu’il fait partie intégrante de la police républicaine.

L’IGPN aurait été saisie du dossier. La belle affaire ! Qui cette nouvelle est-elle censée rassurer, à part les médias qui commencent à s’en emparer ? Comment ne pas y voir autre chose qu’un écran de fumée, alors même que le taux d’élucidation est ridiculement bas, l’institution finissant toujours par se ranger du côté des siens ? C’est au mouvement de l’antiracisme politique qu’il revient de ne rien lâcher, de continuer à soutenir les quartiers populaires dans leurs luttes pour la justice, de réclamer que les policiers en question soient durement sanctionnés et d’accompagner les initiatives visant à contrôler les actions des forces de l’ordre pour sauver des vies – comme celle portée par le récent Observatoire national des violences policières qui se propose de centraliser toutes les vidéos documentant les agissements illégaux [5] de la police.

L’UJFP apporte tout son soutien à l’homme brutalisé dans sa chair et dans sa dignité, ainsi qu’à ses proches. C’est sur la base de notre héritage politique – pluriel, mêlant notamment mémoire de l’expérience concentrationnaire et souvenir de l’expérience coloniale en Afrique du Nord – que nous nous tiendrons toujours du côté de celles et ceux qui subissent de plein fouet la violence du racisme d’État.
 

La Coordination nationale de l’UJFP, le 27 avril 2020


Télécharger le communiqué au format pdf
Lire le communiqué sur notre site

 

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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 09:57

Titres de séjour : la durée de validité est prolongée

Publié le 23 avril 2020 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Illustration 1Crédits : © Dila

Illustration 1

Compte tenu du contexte sanitaire, la durée de validité des titres de séjour détenus par les ressortissants étrangers est exceptionnellement prolongée de 6 mois. La prolongation initialement fixée à 3 mois, est étendue à 6 mois par l'ordonnance du 22 avril modifiant celle du 25 mars 2020 prise en application de l'article 16 de la loi d'urgence pour faire face à l'épidémie de Covid-19.

Cette mesure concerne les titres suivants qui auront expiré entre le 16 mars et le 15 mai 2020 :

  • visas de long séjour ;
  • titres de séjour, à l'exception de ceux délivrés au personnel diplomatique et consulaire étranger ;
  • autorisations provisoires de séjour ;
  • récépissés de demande de titre de séjour.

La durée de validité des attestations de demande d'asile est prolongée de 90 jours (3 mois).

L'accueil des demandeurs de titres de séjour dans les préfectures étant suspendu jusqu'à nouvel ordre, ce prolongement est automatique. Il a pour objectif de limiter les déplacements tout en sécurisant la présence des étrangers en situation régulière. Lors de la réouverture des guichets des préfectures, les demandeurs pourront obtenir plus d'informations concernant les modalités de régularisation des demandes et de renouvellement des récépissés.

  À savoir : il est cependant déconseillé aux étrangers porteurs d'un titre expiré bénéficiant de cette prolongation de sortir du territoire français, ils pourraient risquer de rencontrer des difficultés pour entrer à nouveau sur le territoire, certains pays ayant annoncé la fermeture de leurs frontières terrestres avec la France.

  À noter : les visas de court séjour ne bénéficient pas de cette mesure. En raison des circonstances sanitaires et des difficultés à rejoindre son pays d'origine, il est toujours possible de demander une prolongation auprès de la préfecture. Plusieurs préfectures reçoivent les demandes en ligne.

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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 09:16

Le monde se ferme et les ouvrières bangladaises du textile sont abandonnées à la famine et la mort

Nous avons tous une part de responsabilité

 

Au Bangladesh, les conditions de travail des ouvriers du textile sont catastrophiques depuis des années. Avec le confinement dû au coronavirus, la situation n’a fait qu’empirer. En effet, les grands groupes de prêt-à-porter ne payent plus leurs salaires aux ouvriers.

« L’USINE TEXTILE DU MONDE »

Le Bangladesh, pays pauvre et sans ressources, est considéré comme « l’usine textile du monde » car il est le deuxième exportateur de textile au monde. En 2018, c’était 30 milliards d’euros de produits textiles qui étaient exportés du pays. Mais les conditions de travail de ces ouvriers sont déplorables : en 2017, un article de Slate rapportait que pour 8 heures de travail par jour, 6 jours par semaine, les travailleurs gagnaient 66$ alors qu’il faudrait un minimum de 367$ pour vivre au Bangladesh. La situation de ces personnes est donc assez inhumaine. Cette situation se cristallisait en 2013, lors de l’effondrement du Rana Plaza à Dacca, immeuble abritant des usines de textile, qui a un temps fait prendre conscience aux Occidentaux des dangers de la fast fashion et de la production à bas coût des vêtements. Depuis cet accident, des lois ont été votées, dont en France la loi Rana Plaza, en 2017, qui impose aux entreprises un « devoir de vigilance des sociétés mères », aux grands groupes du textile de veiller à ce que les usines soient salubres et que les ouvriers travaillent dans des conditions dignes. Pas franchement contraignante, cette loi ne change rien aux salaires de misère que reçoivent les travailleurs.

Plus récemment, le film Made in Bangladesh, inspiré de l’histoire d’une syndicaliste bangladaise, dépeint la réalité des conditions de travail des ouvrières du textile, sans volonté de culpabilisation, et explique que, malgré tout, le travail reste pour ces femmes un moyen de s’émanciper. Après l’effondrement du Rana Plaza, certaines marques comme Zara ou H&M s’étaient engagées à vérifier la sécurité des usines, mais là encore ce n’était bien sûr pas suffisant. D’autant que des enfants sont toujours en train de travailler dans ces usines. Mais aujourd’hui, ces grands groupes sont pointés du doigt pour une autre raison : suite aux mesures de confinement mises en place, elles n’ont pas honoré les commandes qu’elles avaient passées à leurs fournisseurs, les usines de sous-traitance bangladaises ou cambodgiennes. Parmi ces groupes, Zara, Primark, H&M qui n’ont pas versé leurs salaires à ces centaines d’ouvriers du textile, qui manifestent pour l’obtenir.

— Sk Hasan Ali / Shutterstock.com
LA VIE DES OUVRIERS SUSPENDUE

Ce n’est pas la première fois que les ouvriers du textile manifestent pour une hausse de leur salaire. Il y a un an, début 2019, des milliers de travailleurs réclamaient une revalorisation de leur salaire, qui avait augmenté de 50 % pour atteindre 8 000 takas (l’équivalent de 83 €), mais cette hausse avait été jugée dérisoire par rapport à l’augmentation du coût de la vie. Toutefois, aujourd’hui, ce n’est pas pour une augmentation de salaire que les ouvriers manifestent, mais pour être payés pour les commandes faites qui n’ont pas été honorées. Le groupe espagnol Inditex, propriétaire de Zara, le néerlandais C&A et l’irlandais Primark n’ont en effet pas honoré leurs commandes mais n’ont pas payé les ouvriers pour le travail fourni. Toutefois, lundi, Primark est revenu sur sa décision et s’est engagé à verser 370 millions de livres sterling pour les commandes non honorées.

La situation est donc catastrophique pour ces milliers d’ouvriers précaires. Sans aide de l’État, et sans aucune certitude sur l’avenir de leurs usines, ils se retrouvent à la rue parfois sans nourriture. L’association bangladaise des fabricants de textile et des exportateurs (BGMEA) estime que plus de 2 millions de travailleurs sont impactés par ces fermetures d’usines, et que l’annulation de l’exportation des commandes a coûté plus de 3 milliards de dollars. Cela met en danger les ouvriers du textile, d’autant que ces chiffres ne prennent pas en compte la situation dans d’autres pays comme le Cambodge, la Birmanie ou l’Inde. Solidar Suisse, une ONG militant pour des conditions de travail décentes, appelle également les grands groupes du textile à verser les salaires.

Le confinement nous oblige à repenser notre rapport au travail et à la hiérarchisation des métiers qui s’est imposée dans nos sociétés. Refuser de payer des ouvriers malgré leur travail montre l’importance que certains groupes accordent à des vies humaines, et tout cela nous incite à réfléchir au monde que nous souhaitons pour demain.

Source : Courrier International

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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 19:40

Bloqués en Libye, des centaines de Tunisiens sont parvenus à franchir la frontière

Article
1 min de lecture

Plus de 600 Tunisiens, bloqués depuis des semaines en Libye du fait de la pandémie du Covid-19, ont pu rentrer lundi dans leur pays en se présentant en masse à la frontière, où la police tunisienne a dû les laisser entrer, selon des sources concordantes.

AFP
21/04/2020 - 15:34
 
Bloqués en Libye, des centaines de Tunisiens sont parvenus à franchir la frontière

Le ministère de l'Intérieur, démentant une entrée illégale, a confirmé que 652 personnes avaient été autorisées à passer la frontière lundi. "Pour éviter d'avoir des victimes parmi ces voyageurs, il leur a été permis d'entrer du côté tunisien", a déclaré Lotfi Sghaïer, directeur général de la police des postes frontières, à la TV nationale Wataniya 1. 

La police a renoncé à utiliser la force, mais les a rapidement canalisés pour faire un tri sanitaire et sécuritaire, a-t-il ajouté. "Il n'y a pas eu de vide sécuritaire", a-t-il également assuré, en écho aux craintes sur l'éventuelle arrivée parmi les travailleurs de membres d'organisations jihadistes.

Depuis la fermeture des frontières fin mars dans le cadre des mesures prises contre la propagation du nouveau coronavirus, environ 1.300 Tunisiens s'étaient regroupés non loin du poste de Ras Jédir, réclamant de pouvoir rentrer chez eux, selon le président de l'Observatoire tunisien des droits de l'Homme, Mostapha Abdelkebir.

Lundi, "près de 700 (Tunisiens) sont arrivés d'un coup, assez nerveux, en faisant du bruit, pour obliger la police à les laisser passer", a-t-il affirmé mardi.

Selon le dirigeant local du Croissant-Rouge, Abdelkarim Regaï, les autorités libyennes ont laissé passer les Tunisiens qui ont indiqué attendre du côté libyen du poste-frontière depuis plusieurs jours voire plusieurs semaines.

"Ce sont surtout de simples ouvriers, des travailleurs journaliers qui sont dans une situation humanitaire terrible", a-t-il souligné, appelant à ouvrir les frontières aux Tunisiens toujours bloqués en Libye, où les combats entre pouvoirs rivaux se sont en outre intensifiés dernièrement.

Mardi matin, des bus escortés par la police ont quitté les lieux pour les ramener vers leurs régions d'origine, a constaté un correspondant de l'AFP. Ils seront envoyés vers des centres de quarantaine, a précisé le ministère de l'Intérieur.

A l'approche du mois de jeûne musulman du ramadan, d'autres passages devraient être autorisés dans les jours à venir, a indiqué une source diplomatique tunisienne, estimant à 20.000 le nombre total des Tunisiens encore présents en Libye.

La Tunisie, qui a prolongé jusqu'au 3 mai un confinement très strict en place depuis le 22 mars, a recensé 38 morts parmi 884 cas de malades du Covid-19. Des milliers de Tunisiens sont bloqués à l'étranger, et leur sort était au menu d'une réunion gouvernementale mardi.

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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 11:03

« Je viens d’apprendre la mort de Samba Top, le délégué du foyer des Grands-Pêchers à Montreuil », nous écrit Aboubacar Diallo, délégué du comité de résidents d’un foyer de travailleurs migrants à Saint-Ouen, géré par Adef. « Je suis triste, c’était un camarade de lutte, j’ai tout appris avec lui », ajoute-t-il au téléphone. Ce monsieur avait déjà de gros problèmes de santé, nous indique-t-on aussi.

Quelques jours plus tôt, la mort frappait dans son propre foyer. Un retraité algérien a été retrouvé, plusieurs jours après sa mort, dans sa chambre. Il s’appelait Ali Jil Bel Bagdadi. « Les pompiers sont venus et ont défoncé la porte, ensuite la police est venue et puis la morgue, le lendemain », raconte Aboubacar Diallo.

« La situation sanitaire était déjà préoccupante avant (la crise, ndlr). Si une épidémie se déclenche dans un foyer, ça risque d’être catastrophique », alerte le Dr Sébastien Bogajewski, membre de l’amicale des médecins de Montreuil. La suroccupation que connaissent certains foyers ainsi que la présence de cuisines et sanitaires collectives pourraient être des facteurs de propagation.

Adef a quand même dépêché un agent… pour encaisser les loyers

Sans compter le fait que les résidents des foyers, les plus âgés notamment, ont des facteurs de comorbidité plus élevés du fait des professions exercées et des conditions de vie. Les chibanis notamment représentent une population déjà plus fragile sur le plan de la santé. « 4,5% des 60-69 ans nés au Maghreb ont des problèmes de dépendance contre 1,3% chez ceux nés en France, soulève l’UNAFO (Union professionnelle du logement accompagné). Ils ont parfois le profil des personnes accueillies en EHPAD. »

A Saint-Ouen, Aboubacar Diallo se retrouve démuni face à la crise. « Je ne peux même pas aller faire du porte-à-porte puisque je n’ai ni gants ni masque », s’inquiète-t-il. Lui-même a été atteint du Covid-19. Il raconte : « J’ai frôlé la mort. J’ai passé deux semaines dans ma chambre, je pouvais à peine me lever, j’étais coupé du monde ». Le médecin qu’il a eu au téléphone lui a déconseillé de se rendre aux urgences, lui prescrivant pour seul remède du Doliprane. « Je n’arrivais pas à respirer, j’avais l’impression qu’on m’enfonçait des coups de poignards dans le torse, c’était terrible », décrit-il.

L’entrée du foyer Adef de Saint-Ouen

Depuis plusieurs jours, Aboubacar Diallo interpelle tous azimuts : la mairie, la préfecture et bien sûr le gestionnaire du foyer, l’Adef. « Ils n’ont rien fait du tout, et vendredi ils ont envoyé quelqu’un pour encaisser les loyers. C’est de la provocation ! », fulmine-t-il. A l’heure actuelle, c’est lui-même qui négocie une intervention médicale auprès de Médecins du monde. Seules des associations, comme le collectif des Gilets noirs, sont passées ces derniers jours pour apporter des denrées alimentaires et des produits d’hygiène.

35 foyers en Seine-Saint-Denis et une gestion critiquable

« Il y a des malades ici et une centaine de personnes âgées, il faut faire quelque chose ! », alerte-t-il. Contactée à ce sujet, l’Agence régionale de santé nous assure que le déplacement d’une équipe mobile sur le foyer de Saint-Ouen est prévu et précise que « le patient en question n’est pas, à la connaissance de l’ARS, décédé du Covid-19, et présentait une situation médicale compliquée ». Contacté par le BB, Adef n’a pas répondu à nos questions à l’heure où nous écrivons ces lignes.

Selon les chiffres officiels, la France compte aujourd’hui 142 foyers de travailleurs migrants qui accueillent environ 110 000 résidents. Au moins une trentaine de ces foyers est suroccupée. L’ARS recense en Île-de-France « 100 foyers travailleurs migrants ‘non transformés’, c’est-à-dire sans travaux d’aménagement et de rénovation de l’habitat, et avec des sanitaires collectifs » dont « 35 en Seine-Saint-Denis ».

S’il existe plusieurs gestionnaires comme Adef ou Coallia, le plus connu est Adoma, anciennement Sonacotra. L’histoire de la Sonacotra est assez tortueuse. Créée au milieu des années 50, elle a eu pour rôle de loger les travailleurs étrangers, alors majoritairement Algériens, employés pour reconstruire la France d’après-guerre.

Cet habitat s’est rapidement dégradé. Des règles abusives et infantilisantes auxquelles étaient soumis les résidents ont créé de fortes tensions avec les gestionnaires. Une longue grève des loyers de 1975 à 1980 posera d’ailleurs les jalons des mouvements de revendications des immigrés en France. Dans un article daté de 1980, le sociologue Abdelmalek Sayad analysait ici les mécanismes paternalistes appliqués aux « foyers des sans-famille ».

Il y a un repli sur soi qui est terrible

Les foyers de travailleurs migrants sont progressivement transformés en résidences sociales pour assurer un logement décent notamment pour les résidents âgés. Mais un grand nombre d’entre eux sont toujours dans un état de délabrement indigne. L’exemple du foyer Bara à Montreuil, géré par Coallia, en est un triste exemple (lire notre article).

Malgré le Plan de traitement des foyers de travailleurs migrants (PTFTM), il reste environ 150 foyers à rénover. Certains comptent des chambres de 7,5 mètres carré, comme à Romainville où le foyer Paul de Kock compte 301 chambres de cette dimension. Des chambres donc parfois plus étroites que des cellules carcérales. Des pièces exigües où le confinement est intenable.

Si la situation est déjà critique, elle entraîne dans son sillon une multitude de complications. « La question du mal-logement accélère le risque de contamination, rapporte Maïa Lecoin, directrice du Café social (Association Ayyem Zamen) mobilisé auprès de ce public. Ce que j’entends et ce que je vois, c’est aussi des personnes isolées, en difficulté pour faire leurs courses. » Depuis le début du confinement, son association a mis en place une plateforme téléphonique pour maintenir un lien et rediriger vers des structures spécialisées si besoin.

« En temps normal déjà, les moyens ne sont pas mis pour les accompagner et avec le confinement, il y a un repli sur soi qui est terrible. Pour eux, le logement c’est un endroit dans lequel on dort, c’est tout », poursuit Maïa Lecoin. L’isolement est d’autant plus fort en cette période et ceux qui ont l’habitude de communiquer avec leur famille via les cartes prépayées, type Lycamobile, se retrouvent en difficulté, souligne-t-elle aussi.

Les craintes et les angoisses

« Au moins, je mourrai là-bas » : cette pensée à laquelle se tenir est désormais impossible. Comme le décrivaient nos confrères de Libé, le deuil se double ici de l’impossibilité de rapatrier les corps dans le pays d’origine et ne pas pouvoir procéder aux rites mortuaires. Certaines rumeurs font aussi craindre que les corps soient incinérés, ce qui est une source d’inquiétude supplémentaires pour les résidents musulmans.

« Avec l’épidémie, on va avoir des chibanis qui ont vécu dans 9 mètres carré toute leur vie et qui vont se retrouver à Rungis, ils vont être enterrés comme des soldats inconnus, ça me rend fou », fustige Salem Fkire, président de l’association Cap Sud MRE, qui a interpellé les autorités marocaines sur ce sujet.

Ce que note également Maïa Lecoin, c’est une forme de fatalisme face à cette crise sanitaire, « quand on a été exposé toute sa vie à des produits toxiques ou qu’on s’est rendu sourd à cause du marteau-piqueur, c’est compliqué. Après il y a aussi des gens qui sont extrêmement angoissés ». D’autres facteurs viennent encore corser la donne : « certains ont arrêté de prendre des Doliprane, ils prennent des recettes de grand-mère à base d’ail ou de gingembre. Et il y a des gens qui ont peur d’aller à l’hôpital, ils pensent qu’ils ne seront pas pris en charge, qu’on les laissera dans les couloirs à cause du racisme », explique aussi Aboubacar Diallo.

Le fait que certains résidents soient en situation irrégulière n’aide pas. Idem pour ceux qu’on nomme froidement les « surnuméraires », ceux qui vivent dans ces foyers sans bail. « Même s’il y a des cas, les gens ne veulent pas en parler », affirme un résident qui préfère rester anonyme.

La défiance envers le gestionnaire est telle que certains craignent aussi l’instrumentalisation de cette crise pour procéder à des expulsions dans les foyers en suroccupation. Des inquiétudes remontent également concernant les loyers. Il y a déjà la difficulté de faire des paiements en ligne, la peur que les chèques envoyés soient encaissés trop tard et l’impossibilité même de régler les redevances pour ceux qui ont perdu leur emploi.

Des foyers sans gérants

Le Dr Jean-Michel Cattin, mobilisé à Montreuil, souligne qu’il faut absolument créer un lien de confiance et « laisser les communautés décider de l’aide qu’on peut leur apporter, briser l’unité d’un foyer serait une catastrophe ». Lui est effaré de la situation actuelle dans les foyers à Montreuil. Les pouvoirs publics ont bien mis à disposition des chambres d’hôtels pour les personnes atteintes du Covid dans le bas-Montreuil et à Bondy. La préfecture du département indique par ailleurs qu’un centre d’hébergement va ouvrir en début de semaine prochaine à Aulnay, mais la situation reste critique.

Un couloir du foyer Adef de Villepinte

Le confinement et les gestes barrières sont quasi-impossibles à respecter vu l’état de certains foyers. Comme au foyer des Grands-Pêchers qui compte plus de 300 résidents. Deux immeubles de 7 étages où les cuisines collectives, situées au sous-sol, sont restées ouvertes. « Ça pose des problèmes, ce n’est pas évident de respecter les gestes barrières », souligne Lassana Traoré, le secrétaire général de l’association des résidents.

Au foyer Edouard-Branly, toujours à Montreuil, « ça se passe difficilement, tous les espaces communs ont été fermés, les cuisines, les sanitaires, ils nous prennent pour des animaux », s’énerve Moussa Doucouré, président de l’amicale des Maliens de Montreuil. Ici la fermeture des cuisines a eu l’effet pervers de provoquer des rassemblements autour des espaces cafétéria présents à chaque étage.

Les cuisines collectives ont un rôle important puisqu’elles produisent des repas à moindre coût pour les résidents. En cette période d’épidémie où certains ont perdu leur emploi, ce n’est pas négligeable.

Le gestionnaire de ce foyer, Adoma, affirme que les cuisines collectives n’ont pas été fermées mais que des instructions appelant à être au maximum deux en cuisine et à respecter les gestes barrières ont été affichées. Il confirme néanmoins qu’au foyer Edouard-Branly, « la cuisine informelle du RDC a été fermée le dimanche 15 mars ». Étonnamment, la préfecture de Seine-Saint-Denis nous indique, elle, avoir invité les gestionnaires à « fermer les lieux collectifs comme les cuisines ou les salles de prière. »   

L’ARS a déployé des équipes mobiles

Si le gestionnaire assure mettre tout en place pour contenir la propagation du virus, le sentiment d’abandon domine chez les résidents que nous avons contactés. « Il y a eu un décès et une personne est en réanimation, on espère qu’il va s’en sortir, nous informe Mamadou Doucouré, résident du foyer La Noue à Montreuil, qui regroupe un peu plus de 350 chambres de 9 mètres carré. La partie administrative n’est plus là, il n’y a pas de gérant sur place. Depuis le début du confinement, ils ont déserté les lieux. Dans un bâtiment de 13 étages, ce n’est pas humain, on est à l’abandon ». 

Selon le gestionnaire, le taux de présence de leurs collaborateurs est de 56% en Seine-Saint-Denis, « Adoma assure également une veille téléphonique auprès des personnes âgées et vulnérables (couplée à l’envoi de SMS) ». L’Agence régionale de santé nous précise, elle, que des équipes mobiles ont été déployées avec 21 interventions dans le 93.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par le risque d’une augmentation des cas dans les foyers, qui abritent une population particulièrement fragile. Pour cette raison, le gouvernement a décidé d’étendre le principe du dépistage systématique prévu dans les EPHAD aux foyers de travailleurs migrants à risque (forte proportion de personnes âgées ou surpopulation) », assure également l’ARS. La préfète à l’égalité des chances de Seine-Saint-Denis, Anne-Claire Mialot, nous indique également qu’un centre d’hébergement à Aulnay va être ouvert pour ceux qui ont besoin d’être confinés.

On ne peut affirmer que rien n’a été fait de la part de tous ces acteurs mais la prise en compte de cette situation semble réellement tardive et, pour certains foyers, absente. Les problèmes liés à la gestion des foyers de travailleurs migrants ne sont pas une nouveauté mais cette crise, comme partout ailleurs, aggrave encore la situation. En Seine-Saint-Denis, on dénombre 8 décès, 37 cas de suspicion Covid-19 et 22 cas avérés pour les seules structures Adoma, selon leurs propres chiffres communiqués le 10 avril. Une situation probablement vouée à s’aggraver si des moyens supplémentaires ne sont pas rapidement mis en œuvre.

Héléna BERKAOUI

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