Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Adresse : ATF, 5 rue Louis Blanc, 75010 Paris 

Tél. : 01.45.96.04.06, 

Fax. : 01.45.96.03.97,

Recherche

Liens

6 juin 2020 6 06 /06 /juin /2020 17:41

De moins en moins de jeunes sans diplôme

DONNÉES 19 mai 2020

9 % des 18-24 ans quittent l’école sans aucun diplôme ou avec le brevet seulement. Ils étaient 41 % en 1978. La part des peu diplômés a été divisée par quatre en 40 ans.

ÉDUCATION DIFFICULTÉS SCOLAIRES

   

En 1978, 41 % des jeunes de 18 à 24 ans avaient quitté le système scolaire avec, au mieux, le brevet de fin de troisième et ne suivaient aucune formation (ils sont qualifiés de « sortants précoces »), selon le ministère de l’Éducation nationale. Quarante ans plus tard, cette proportion a été divisée par plus de quatre et s’établit à 9 % en 2018. L’évolution est énorme, même s’il reste encore 80 000 jeunes qui quittent le système scolaire chaque année avec un bagage scolaire faible. Parmi ces sortants précoces, une partie a continué au lycée, mais sans obtenir le bac. La description souvent faite d’un système scolaire produisant en masse de l’échec est trompeuse : la proportion d’illettrés parmi les jeunes est inférieure à 5 % selon l’Insee [1].

Unité : %Jeunes sortis du système éducatif ayant aumaximum le brevetPart des jeunes (18-24 ans)19781980198219841986198819901992199419961998200020022004200620082010201220142016201801020304050
Personnes de 18 à 24 ans ayant au plus le brevet et qui ne suivent aucune formation. Rupture de série en 2003.
Source : ministère de l'Éducation nationale – © Observatoire des inégalités
 
GRAPHIQUE       DONNÉES

Sur longue période, la diminution de la part des peu diplômés parmi les jeunes est nette. Elle a surtout été forte entre les années 1970 et 1990 et s’est sensiblement ralentie depuis, comme si l’on atteignait un plancher.

Les difficultés de ceux qui n’arrivent pas à décrocher un titre scolaire sont considérables. Depuis les années 1980, le niveau de qualification global des jeunes a progressé. Mais parallèlement, les exigences du monde du travail se sont également élevées, sous l’effet de l’évolution des technologies et, surtout, de la persistance d’un niveau de chômage très élevé. Les candidats à l’embauche sont nombreux et les entreprises privilégient les plus diplômés. D’où un effet de file d’attente et de déclassement d’une partie de la jeunesse. Ceux qui n’ont pas de titre scolaire sont relégués tout au bout de cette file.

Deux questions se posent. La première est celle de la qualification des jeunes : comment s’assurer que tous soient mieux formés ? En mettant l’accent sur le tri des meilleurs (« l’élitisme républicain »), l’école en France tend à accorder moins d’importance que dans d’autres pays à ceux qui ne réussissent pas à suivre le rythme. Au collège, une partie des jeunes qui ne suivent plus attendent leurs 16 ans et disparaissent ensuite des radars. La seconde question est celle de la place faite aux diplômes par les employeurs, plutôt qu’à d’autres critères, comme la compétence personnelle, le fait d’avoir eu des activités non scolaires, etc. Une partie des difficultés des moins qualifiés est liée à la valeur que notre société accorde au titre scolaire et à son emprise dans la société [2].

Photo / DR

 


[1Voir « L’illettrisme diminue, mais la société est plus exigeante », Centre d’observation de la société, 15 mai 2014.

[2Sur ce sujet, voir Les sociétés et leurs écoles. Emprise du diplôme et cohésion sociale, François Dubet, Marie Duru-Bellat et Antoine Vérétout, Seuil, 2010.

 

 
Date de première rédaction le 29 avril 2019.
© Tous droits réservés - Observatoire des inégalités - (voir les modalités des droits de reproduction)

Partager cet article

Repost0
6 juin 2020 6 06 /06 /juin /2020 17:39

Les ménages immigrés sont moins bien logés

DONNÉES 7 mai 2020

Les immigrés vivent plus souvent dans des habitations privées du confort de base, que les personnes nées en France. En outre, ils habitent quatre fois plus souvent dans des logements trop petits.

FRANÇAIS ET ÉTRANGERS LOGEMENT  

Les immigrés [1] connaissent de moins bonnes conditions de logement que l’ensemble de la population. La proportion de ménages immigrés qui vivent dans un logement dénué du confort de base [2] est faible (1,7 %), mais plus de deux fois plus élevée que celle des ménages non immigrés (0,7 %), selon les données de l’enquête logement 2013 de l’Insee [3]. En revanche, plus souvent locataires d’un logement social, les personnes nées à l’étranger sont 5,8 % à être privées de chauffage central, une proportion plus faible que le reste de la population (7,3 % pour les non-immigrés). Plus généralement, 26 % des logements des ménages immigrés comportent au moins un défaut grave (pas d’eau courante, pas de coin cuisine, installation électrique dangereuse, etc.) selon les normes de confort de l’Insee. En comparaison, les non-immigrés sont 22 % dans ce cas.

Les ménages immigrés sont en moyenne plus nombreux dans leur logement : 2,9 personnes contre 2,3 pour les ménages non immigrés. Mais ils disposent d’habitations significativement plus petites. 55 % d’entre eux vivent dans un logement de moins de 75 m2, contre 35 % des non-immigrés. Plus d’un quart des ménages immigrés vivent dans un logement surpeuplé, c’est-à-dire trop exigu en nombre de pièces ou en surface. Cette proportion est 3,7 fois plus élevée que parmi les ménages non immigrés. Le surpeuplement accentué – il manque deux pièces ou plus par rapport à la norme fixée par l’Insee – concerne 4,5 % des ménages immigrés alors qu’il est très rare (0,3 %) pour les ménages non immigrés.

Si les immigrés disposent de logements plus petits et moins confortables que les autres, c’est d’abord du fait de leur situation sociale : ils occupent plus souvent des emplois précaires et moins bien rémunérés. C’est aussi, il ne faut pas l’oublier, parce que certains bailleurs font de la discrimination en les refusant comme locataires.

Confort du logement selon l'origine
Unité : %
  Ménage immigré Ménage non immigré
Sans confort sanitaire de base* 1,7 0,7
Sans chauffage central 5,8 7,3
Avec confort sanitaire de base et chauffage central 92,5 92,0
Ensemble 100 100
 
Aucun défaut** 74,0 78,0
Un seul défaut 21,0 19,0
Deux défauts ou plus 5,0 3,0
Ensemble 100 100
*Absence d'un des éléments suivants : eau courante, WC intérieurs, installations sanitaires.**Défaut grave de confort, parmi douze critères repérés par l’Insee. Par ex. : pas d’eau courante, pas de coin cuisine, installation électrique dangereuse, etc.
Source : Insee – Données 2013 – © Observatoire des inégalités
Surface du logement selon l'origine
Unité : %
  Ménages immigrés Ménages non immigrés
Moins de 50 m2 23 13
De 50 à 74 m2 32 22
De 75 à 99 m2 25 26
100 m2 ou plus 21 39
 
Ensemble 100 100

Source : Insee – Données 2013 – © Observatoire des inégalités
Peuplement du logement selon l'origine
Unité : %
  Ménages immigrés Ménages mixtes Ménages non immigrés Ensemble
Sous-peuplement 46,1 62,4 71,3 67,9
Peuplement normal 27,8 24,2 21,8 22,6
Surpeuplement 26,1 13,3 7,0 9,5
dont surpeuplement modéré* 21,5 12,4 6,7 8,7
dont surpeuplement accentué** 4,5 1,0 0,3 0,8
 
Ensemble 100 100 100 100
* Il manque une pièce par rapport à la norme fixée par l’Insee. ** Il manque deux pièces ou plus par rapport à la norme.
Source : Insee – Données 2013 – © Observatoire des inégalités

Photo / © brunoh - Fotolia.com

 


[1Personnes vivant en France, nées étrangères hors de France, qui peuvent être de nationalité française.

[2Dans lequel il manque l’un des éléments suivants : eau courante, WC intérieurs, installations sanitaires.

[3Ces enquêtes sont réalisées tous les sept ans, c’est la plus récente disponible.

Partager cet article

Repost0
6 juin 2020 6 06 /06 /juin /2020 17:38

Le partage des tâches domestiques et familiales ne progresse pas

ANALYSES 5 mai 2020

80 % des femmes font la cuisine ou le ménage au moins une heure chaque jour, contre 36 % des hommes. Depuis 2003, l’évolution du partage des tâches dans la sphère privée semble au point mort. Une analyse d’Anne Brunner, de l’Observatoire des inégalités.

FEMMES ET HOMME AGES ET GÉNÉRATIONS CONDITIONS DE VIE CONDITIONS DE VIE

   

80 % des femmes indiquent consacrer au moins une heure par jour à la cuisine ou au ménage contre seulement 36 % des hommes, selon les données 2016 de l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes [1]. L’enquête a été réalisée à intervalles réguliers depuis 2003. En treize ans, la situation n’a guère évolué.

Certes, il est possible que les hommes contribuent plus souvent qu’avant aux tâches ménagères, ponctuellement ou le week-end par exemple, ce qui n’apparaitrait pas dans ces données qui portent sur le travail domestique quotidien. Ces résultats indiquent tout de même que les femmes prennent massivement en charge les activités les plus astreignantes et régulières : préparer les repas ne peut pas attendre le week-end.

Unité : %Part des personnes qui consacrenttous les jours au moins une heureà la cuisine et aux tâchesdomestiques2003200720122016FemmesHommes050100

Source : Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes – © Observatoire des inégalités
 
GRAPHIQUE       DONNÉES

Même s’il demeure très inégal, le partage entre femmes et hommes, lorsqu’il s’agit de soins aux proches, est un peu moins caricatural que pour les tâches quotidiennes de la maison. 46 % des femmes, contre 29 % des hommes consacrent au moins une heure chaque jour à leurs enfants ou à un proche dépendant [2]. Encore faudrait-il savoir de quels « soins » il s’agit : lire une histoire à ses enfants ou pratiquer une activité de loisir avec eux n’est pas la même chose que prendre en charge une personne âgée, par exemple.

Depuis 2007, la part de Français qui déclarent consacrer au moins une heure temps tous les jours au soin d’enfants ou d’une personne dépendante [3] augmente. 29 % des adultes étaient concernés en 2007. Neuf ans plus tard, cette proportion a progressé de près de dix points, essentiellement en raison du maintien à domicile prolongé des personnes âgées. Une part grandissante de la population doit répondre aux besoins des séniors dépendants. Mais, tandis que la part des hommes qui s’occupent tous les jours d’un enfant ou d’une personne dépendante a progressé de cinq points entre 2007 et 2016, elle a augmenté de onze points chez les femmes. Les inégalités se sont donc creusées.

Si l’on ne considère que les couples avec enfant(s), 88 % des femmes consacrent au moins une heure par jour à s’occuper de proches, contre 75 % des hommes. Elles sont aussi plus nombreuses dans les familles monoparentales et plus souvent en charge des jeunes enfants que les pères seuls. Quelques années seulement après s’être chargées de la majeure partie des soins aux enfants, de plus en plus de femmes enchaînent le soin à leurs parents âgés, alors qu’elles exercent toujours une activité professionnelle [4]. Au sein des couples retraités, les femmes sont également plus souvent sollicitées : elles sont les premières « aidantes » des parents s’ils sont toujours en vie, ou de leur mari s’il devient dépendant. Au total, 63 % des personnes qui s’occupent [5] de manière informelle de personnes âgées et/ou handicapées sont des femmes.

Part des personnes qui s'occupenttous les jours d'enfants, depersonnes âgées ou handicapées200720122016FemmesHommes0204060
Au moins une heure tous les jours. Aidants de 18 ans et plus.
Source : Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes – © Observatoire des inégalités
 
GRAPHIQUE       DONNÉES

On savait que les femmes consacraient plus de temps que les hommes aux tâches domestiques et aux enfants : 1 h 26 de plus par jour en moyenne selon les données 2010 de l’Insee (en ne tenant compte que des femmes et des hommes ayant un emploi) [6]. Les données plus récentes de l’EIGE apportent deux informations : premièrement, les femmes continuent d’assumer plus souvent les tâches routinières et astreignantes de la maison. Deuxièmement, l’égalité dans ce domaine est au point mort, voire risque de régresser avec le vieillissement de la population. «  Les tendances démographiques actuelles en Europe font que le pourcentage de femmes s’occupant de personnes âgées va sans aucun doute augmenter dans le futur », prédit l’EIGE.

L’équilibre entre femmes et hommes dans la sphère privée reste un enjeu majeur de l’égalité des sexes. Au sein des couples, la répartition des tâches résulte à la fois d’habitudes solidement ancrées dans les mœurs et de choix économiques : celui (bien souvent celle) qui gagne le moins s’investira temporairement le plus dans l’éducation des enfants et demandera plus souvent un congé parental ou un temps partiel. Le cercle est doublement vicieux. D’une part, les enfants apprennent auprès de leurs parents des rôles différenciés qu’ils auront tendance à reproduire une fois adultes. C’est ainsi que les inégalités se perpétuent de génération en génération. D’autre part, le partage inégal des tâches a des conséquences sur l’emploi des femmes, et en particulier sur leurs salaires. De ce fait, les femmes courent plus souvent le risque que les hommes de voir leur niveau de vie baisser, en cas de séparation.

Les enfants, les personnes handicapées et les personnes âgées ont des besoins auxquels notre société doit répondre. En ce qui concerne les enfants, la disponibilité d’un service d’accueil de la petite enfance de qualité et à un coût supportable est essentielle, mais elle ne règle pas tout. Seule une infime partie des familles très aisées délèguent à une personne à domicile toutes les attentions que demande un jeune enfant le matin et le soir, en dehors des horaires de prise en charge par les professionnels de la petite enfance et de l’éducation. Seule une implication accrue des pères permettra d’atteindre l’égalité entre femmes et hommes dans ce domaine.

Pour la prise en charge des aînés, tout se passe comme si la société considérait que les femmes (le plus souvent des épouses et des filles) étaient naturellement [7] désignées pour assumer ce rôle, comme elles l’ont fait pour les enfants. Mais la dépendance du grand âge pose aussi des questions en partie différentes. Dans les couples âgés, les femmes sont souvent plus jeunes et en meilleure santé que leur conjoint [8]. Le problème n’est donc pas qu’une question d’égalité entre les sexes, mais aussi de démographie. Les inégalités sociales viennent aussi s’ajouter aux inégalités entre femmes et hommes. Les moyens financiers jouent lorsqu’il s’agit de recourir au privé pour obtenir une aide à domicile ou accéder à une maison de retraite. Si un plus grand effort n’est pas fait dans ce domaine par la collectivité, le risque est grand que seuls les milieux aisés puissent bénéficier de ces services, alors que les femmes des milieux populaires et des classes moyennes, filles ou conjointes de personnes âgées dépendantes, supporteront de plus en plus cette charge.

Photo / © CDC-Unsplash

 


[1L’EIGE, European Institute for Gender Equality, est une agence de l’Union européenne.

[2Ces données portent sur l’ensemble des adultes, même s’ils n’ont pas d’enfants.

[3Ces données ne permettent malheureusement pas de distinguer les personnes qui se consacrent à leurs enfants ou petits-enfants de celles qui s’occupent d’adultes handicapés ou âgés.

[465 % des femmes de 50 à 64 ans qui aident plusieurs fois par semaine des personnes âgées ou handicapées travaillent par ailleurs, une proportion similaire à celle des hommes dans ce cas (64 %).

[5Tous les jours ou plusieurs fois par semaine, selon l’EIGE en 2016.

[7Dans le milieu de la prise en charge on parle même parfois « d’aidant naturel », en réalité des aidantes.

[8On peut imaginer que la situation serait en partie inversée dans ces statistiques, si les hommes étaient en moyenne plus jeunes et en meilleure santé que leur femme.

 

Partager cet article

Repost0
6 juin 2020 6 06 /06 /juin /2020 17:33

Île de France \ SociétéVoix de Femmes : pour une journée internationale contre le mariage forcé

C’était en pleine “randonnée” parisienne à la recherche de masques pour son équipe et les femmes qu’elle accompagne, que Christine-Sarah Jama, directrice de l’association Voix de Femmes, explique son combat. Elle lutte depuis le 8 mars 2000, contre le mariage forcé. Une violence fortement invisibilisée et minimisée, noyée dans des problématiques plus larges. 

Voix de Femmes est une association qui lutte contre le mariage forcé et ses conséquences, très lourdes pour les femmes. Elles en sont les principales victimes car elles représentent 97% des signalements, selon les chiffres de 2019 fournis par l’association. Ces situations s’accompagnent de violences plurielles. Psychologiques d’abord, car toutes les personnes menacées ou contraintes au mariage forcé les subissent. Lorsque le mariage est prononcé, la violence devient physique avec des viols, violences conjugales… Parmi les personnes qui appellent la ligne de Voix de Femmes, 1/10 a fait une tentative de suicide. 

Retrouver sa liberté d’agir

Lors de notre échange, Christine-Sarah Jama reçoit un autre coup de téléphone. C’est une jeune femme de 19 ans, menacée d’un mariage forcé. En pleine épidémie sanitaire, les conditions d’accompagnement sont plus précaires, avec du soutien à distance. Mais tout est mis en oeuvre pour venir en aide aux victimes. La directrice explique qu’un taxi va être envoyé à la jeune femme afin qu’elle puisse se rendre dans une chambre d’hôtel, réservée pour elle. Elle pourra y rester 30 jours, délai qui lui permettra, avec l’aide de l’association et d’autres structures dont la Fondation des femmes, d’effectuer les démarches nécessaires pour s’extraire de cette situation.

Dans 3/4 des cas, les personnes qui contactent l’association ne sont pas encore mariées, ce qui permet aux accompagnant·es d’avoir davantage de marge de manœuvre. Un mariage forcé, c’est une atteinte à la liberté extrêmement forte. “ Nous avons beaucoup de jeunes couples qui viennent nous voir, parfois des couples homosexuels. Elles/ils savent que leurs parents n’accepteront jamais leur union ”. Le mariage forcé, qu’il ait été prononcé ou non, est toujours une atteinte à la liberté et peut être très dangereux. 79% des mariages se passent dans le pays d’origine des femmes, ” beaucoup de femmes n’osent plus retourner dans leur pays d’origine. Elles ont peur d’y être mariées de force et séquestrées ” précise Christine-Sarah Jama.

Lorsque le mariage est prononcé, c’est tout un travail administratif qui doit être fait, mais celui-ci dépend de chaque situation. Il y a un accompagnement juridique pour demander le divorce ou l’annulation du mariage, mais il existe aussi des situations plus spécifiques. “40% des femmes ne sont pas mariées civilement mais religieusement ou de manière coutumière. Dans ce cas là, elles sont épargnées d’une procédure de divorce ou d’une annulation, donc les procédures peuvent être plus faciles. Mais cela reste tout de même au bon vouloir de la personne qui vous a marié ” explique la directrice de Voix de Femmes.

Une violence qui touche des personnes très jeunes 

Les chiffres donnés par l’association sont alarmants. En 2019, parmi les 208 personnes suivies par Voix de Femmes, 49% ont moins de 21 ans et 9% sont mineures. C’est une violence qui touche des personnes très jeunes, et c’est ce public que l’association cible lors d’actions de prévention. Ces ateliers, souvent menés dans des quartiers prioritaires d’Ile-de-France, permettent de faire prendre connaissance de cette violence mais aussi de mobiliser autour de cette problématique.

Pendant l’été 2015, la directrice organise un atelier d’écriture de chroniques, une idée qui lui a été soufflée par un groupe de jeunes filles de Cergy Pontoise. Ces récits, qui étaient très populaires sur Facebook, relatent des histoires extrêmement malsaines. Écrits comme des journaux intimes, les narratrices racontent des histoires de mariages forcés avec violences, viols, kidnapping, séquestrations… et les narratrices finissent souvent par tomber amoureuses de ce “mari”.  En associant mariage forcé et violences, ces chroniques partagent des représentations néfastes et dangereuses et peuvent avoir de lourds impacts sur les lectrices, souvent des adolescentes. Christine-Sarah Jama a voulu “féminister” ce support pour démocratiser la question du mariage forcé et faire réfléchir les jeunes femmes sur ces problématiques : ” je n’avais qu’une seule consigne : je voulais que la fille s’en sorte à la fin et qu’elle n’épouse pas l’homme que sa famille lui impose ! Les jeunes chroniqueuses attachaient une importance particulière à ce que l’héroine poursuive ses études et qu’aucune communauté ne soit stigmatisée.” Sont nées les Chroniques d’Enola.“C’était vraiment super comme expérience“. 

Grâce à cet atelier, et aux idées de ces jeunes écrivaines en herbe, une idée plus symbolique est née, la création d’une journée mondiale contre le mariage forcé. Ce serait un temps fort qui permettrait d’encourager les prises de parole et d’étendre les connaissances sur ce sujet. Dès lors, c’est tout une campagne à mettre en oeuvre, à réfléchir et à financer. 

De la salle de classe au siège de l’ONU 

Le 3 mars dernier, quelques jours avant que la France, et le monde, se mettent en pause, Voix de Femmes a présenté son projet dans deux lycées d’Ile-de-France, le lycée Galilée à Cergy (95) et Jean-Pierre Timbaud à Aubervilliers (93). L’idée de l’association : mobiliser des lycéen·nes pendant deux ans sur la question du mariage forcé et les emmener jusqu’au siège de l’ONU. Grâce à deux ateliers, l’un de communication, l’autre de création d’un vidéoclip, elles/ils vont être amené·es à s’engager pour une lutte citoyenne. Durant toute cette campagne, les jeunes vont devenir de véritable profesionnel·les de l’information, elles/ils vont être formé·es à l’éloquence, à l’argumentation mais aussi à la création audiovisuelle. “Ces jeunes vont apprendre beaucoup de choses et nous aussi ! C’est un véritable partage et échange de savoirs” souligne Christine-Sarah Jama.

Bien que reporté à cause de la crise sanitaire, les membres de l’association comptent mener à bien ce projet et atteindre leur but : emmener ces lycéen·nes à l’ONU, permettre que leurs revendications soient entendues et être témoins de l’instauration d’une journée internationale contre le mariage forcé.

Marie Tremblay 50-50 Magazine

 print

Partager cet article

Repost0
6 juin 2020 6 06 /06 /juin /2020 17:27

تونس في 28 ماي 2020

 

تقرير اجتماع وفد منظمات المجتمع المدني مع السيد وزير التشغيل والتكوين المهني من أجل تسوية وضعية المهاجرين

 

بادرت مجموعة من منظمات وجمعيات المجتمع المدني بإطلاق نداء من أجل تسوية وضعية المهاجرين.

في هذا الإطار اجتمع وفد ممثل للمبادرة ومتكون من:

  • السيدة نعيمة الهمامي عن الاتحاد العام التونسي للشغل

  • السيد سامي العدواني عن المنتدى التونسي للحقوق الاقتصادية والاجتماعية

  • السيدة حليمة الجويني عن الرابطة التونسية للدفاع عن حقوق الانسان

  • السيدة نعيمة حمزة عن الجمعية التونسية للنساء الديمقراطيات

  • السيد Jean-Bedel Gnabli عن جمعية الإيفواريين النشطين في تونس

  • السيد طارق بن هيبة عن جمعية المواطنة والتنمية والثقافات والهجرة بالضفتين

مع السيد وزير التشغيل والتكوين المهني “فتحي بلحاج” يوم الثلاثاء 26 ماي 2020 لتسليمه هذا النداء (الذي حضي بتوقيع 66 جمعية ومنظمة، و23 توقيع من نواب مجلس الشعب ومئات التواقيع من شخصيات مختلفة) ومناقشة وضعية المهاجرين في تونس و مسألة تسوية وضعياتهم الادارية.

وأبلغ الوفد السيد الوزير بالحملة الجارية لتسوية وضعية المهاجرين غير النظاميين في تونس والمخاطر التي تجابهها هذه الفئة من السكان الضعفاء والمهمشين خلال فترة انتشار وباء كوفيد 19.

هذا وقد تم التأكيد على المخاطر الهامة التي تواجهها هذه الفئة والتي غالبا ما تخفي اصابتها بالعدوى خوفا من نتائج ابلاغ السلطات الصحية.

وقد تعمق أعضاء الوفد في وصف معاناة مختلف فئات المهاجرين غير النظاميين في تونس (المهاجرات والمهاجرين لأسباب اقتصاديه واللاجئات واللاجئين وطالبات وطالبي اللجوء) التي استمرت لسنوات عديدة دون ايجاد أي فرص للتسوية.

كما تحدثوا مطولا عن مأساة هؤلاء الأشخاص المحرومين من حقوقهم، سواء تعلق الأمر بالعاملين في جني الزيتون أو في قطاعات البناء والخدمات، أو النساء العاملات في الخدمة المنزلية وفي العديد من القطاعات الأخرى دون التمتع بحقوقهم الأساسية: وثائق رسمية، الصحة، التعليم والضمان الاجتماعي.

وطلب الوفد من وزير التشغيل، الذي تتولى وزارته مسؤولية المسائل المتعلقة بالعمال الأجانب ومنح التصاريح، أن يشارك في ارساء وتنفيذ الإجراءات اللازمة للقيام بعملية استثنائية لتسوية وضعيات المهاجرين المتواجدين في تونس.

أما ممثلو الوزارة فقد تحدثوا عن مختلف التدابير المعتمدة لصالح المهاجرين، وخاصة الوافدين من المنطقة المغاربية: الإلغاء أحادي الجانب لترخيص العمل لفائدة الجزائريين، واعتماد القانون حول الاستثمار سنة 2016 والذي يسمح بتشغيل 30٪ من الاجانب. وقد أشاد أعضاء الوفد بهذا التقدم مع التأكيد على أن أغلبية الحالات المعروفة في تونس تبقى خارج الإطار التنظيمي الساري. وبناء على ذلك، يبقى اعتماد تدبير استثنائي وحده قادرا على وضع حد للوضعية المحزنة لمجتمع جنوب الصحراء الكبرى المقيمين بتونس منذ زمن طويل مع عائلاتهم وأطفالهم.

وشدد ممثل مجتمع المهاجرين على شعور اليأس المنتشر بين المهاجرين وطالب ببادرة تعاون من الحكومة لفائدة المهاجرين الوافدين أغلبهم من أفريقيا جنوب الصحراء الكبرى.

وأشار السيد الوزير فتحي بلحاج إلى أن الثورة التونسية الرائدة قامت على أسس ومبادئ حقوق الإنسان وأن الجمهورية التونسية باتت معتادة على التعامل مع مسائل الهجرة باعتبارها ظاهرة منتشرة منذ زمن طويل.

وأعرب الوزير عن تأييده لضرورة تمكين جميع المهاجرين من التمتع بحقوقهم الأساسية، وخاصة منها في ظل الوضع الراهن الحق في الصحة والتعليم والعمل اللائق. وأكد السيد الوزير بأن وزارة التشغيل مستعدة لدراسة الوضعيات، حالة بحالة، كما لفت الانتباه إلى وجود شبكات إجرامية تستغل المهاجرين وأنه من الضروري مكافحتها.

ووافق الوزير على تقديم طلب الوفد إلى السيد رئيس الحكومة لوضع إطار للحوار ودراسة الظروف التي تسمح باتخاذ اجراء استثنائي ودراسة تأثيره على مختلف فئات المهاجرين، بالتشاور مع الشركاء الاجتماعيين، المجتمع المدني وإدارات الدولة في الوزارات المعنية.

في ختام اللقاء، تقدم الوفد بالشكر الى السيد الوزير وأكد على الطابع الملح للوضع الذي لم يعد يحتمل المزيد من التأجيل كما شدد على ضرورة اتخاذ الحكومة لإجراء استثنائي من أجل تسوية الوضعيات الادارية والذي سيعزز العلاقات الواعدة مع أفريقيا الكبرى لصالح جميع البلدان الأفريقية في تطوير وتحسين أوضاعها.

نص النداء الذي اطلقته منظمات المجتمع المدني

https://ftdes.net/pour-des-mesures-durgence-de-protection-des-migrants-es-et-des-refugies-ees-contre-le-covid-19/?fbclid=IwAR3_es5G5OHngLVMiPTxoS-kSSVZeo9yLfkaAdu2ksjq3hOzV6mpfDQUIZw

 

 

تقرير اجتماع وفد منظمات المجتمع المدني مع السيد وزير حقوق الانسان والعلاقات مع الهيئات الدستورية والمجتمع المدني من أجل تسوية وضعية المهاجرين

https://ftdes.net/ar/compte-rendu-de-la-delegation-de-lappel-a-la-regularisation-des-migrants-qui-a-rencontre-le-ministre-des-droits-de-lhomme-et-des-relations-avec-les-instances-constitutionnelles-et-la/

*********************************************************************************************

Compte rendu de la délégation du collectif de l’appel à la régularisation des migrants qui a rencontré le Ministre de l’emploi et de la formation professionnelle

Une délégation des associations et organisations à l’initiative de l’appel pour la régularisation des migrants en Tunisie composée de :

Mme Naïma Hammami – UGTT-

M Sami Adouani – FTDES-

Mme Halima Jouini – LTDH-

Mme Nabila Hamza -ATFD-

M Jean-Bedel Gnabli – ASSIVAT-

M Tarek Ben HIBA – CDCMIR-

Partager cet article

Repost0
6 juin 2020 6 06 /06 /juin /2020 17:22

Partager cet article

Repost0
6 juin 2020 6 06 /06 /juin /2020 17:18
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
ETRANGERS EN FRANCE
ACCUEIL DES PUBLICS DANS LES PREFECTURES

Vendredi 29 mai 2020

Depuis le début de la crise sanitaire, le Gouvernement s’est attaché à sécuriser les situations des ressortissants étrangers présents régulièrement sur le territoire.
Deux ordonnances ont déjà prolongé de 6 mois la durée de validité des titres arrivant à expiration entre le 16 mars et le 15 mai 2020. Le Parlement a voté une mesure qui prolonge également les titres expirant entre le 16 mai et le 15 juin.
Ainsi, tout détenteur d’un titre de séjour, d’un récépissé, d’une autorisation provisoire de séjour ou d’un visa de long séjour qui expirent entre le 16 mars et le 15 juin 2020 est en séjour régulier pendant 6 mois supplémentaires et n’aura aucune démarche à accomplir avant l’automne. Le droit de travailler ainsi que l’ensemble des droits sociaux sont prolongés de la même manière.
Les attestations de demandes d’asile expirées durant cette même période ont, elles, été prolongées de 3 mois, de sorte que leurs titulaires n’ont aucune démarche à accomplir avant le 16 juin au plus tôt.

Depuis le 11 mai, l’activité des services en préfecture a été amenée à reprendre de manière progressive en matière d’accueil des demandeurs d’asile (GUDA), afin d’assurer le respect de nos engagements en matière d’asile.

Le dépôt de demande de titre de séjour en préfecture reprendra uniquement sur rendez-vous ou par courrier, la possibilité d’un dépôt physique aux guichets sera progressivement ouverte suivant les préfectures et sera généralisée au plus tard le 15 juin. Les détenteurs de titres expirant après le 15 juin seront reçus prioritairement.

A compter du 15 juin, un service en ligne sera ouvert pour les démarches simples (renouvellements de récépissés, duplicatas, document de circulation pour étranger mineurs et changements d'adresse), permettant ainsi d’introduire sa demande par voie électronique.
Enfin, en matière d’accès à la nationalité, les entretiens reprendront le 15 juin.
Les services du ministère de l’Intérieur et des préfectures mettent tout en œuvre afin d’assurer le redémarrage de ces missions, dans les meilleures conditions. Dans chaque service, des mesures adaptées seront mises en place, afin de protéger les usagers et les agents.
Service de presse du ministère de l’Intérieur

 

Partager cet article

Repost0
5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 09:38

EXCLUSIF. L’appel d’Omar Sy : « Réveillons-nous. Ayons le courage de dénoncer les violences policières en France »

Après la mort de George Floyd aux Etats-Unis, le comédien, personnalité préférée des Français, s’engage dans le combat contre les discriminations et les violences policières. Il demande justice pour Adama Traoré et appelle de ses vœux une « police digne de notre démocratie ».

Temps de lecture 5 min
Omar Sy. (Sylvain Lefevre / Getty Images)
Omar Sy. (Sylvain Lefevre / Getty Images)
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Comme beaucoup de personnalités du monde de la culture et du spectacle, Omar Sy a marché pour dénoncer la mort de George Floyd lors de son arrestation par la police à Minneapolis. Mais il a aussi été la première personnalité à avoir manifesté son soutien à la famille d’Adama Traoré, deux jours après son décès à la gendarmerie de Persan, le 19 juillet 2016. Le comédien n’a jamais cessé depuis d’accompagner Assa Traoré dans sa quête de vérité et de justice. En publiant « Réveillons-nous », il a décidé de prêter sa voix à une cause qui lui tient à cœur, qu’il juge universelle. Il vous invite toutes et tous à le suivre dans une démarche qu’il veut « fédératrice » en signant son appel.

L’appel d’Omar Sy

Réveillons-nous.
George Floyd, alias « Big Floyd », un Afro-Américain âgé de 46 ans, père de deux enfants, est allé s’acheter le 25 mai un paquet de cigarettes à Minneapolis. Avec un billet de 20 dollars, que l’épicier a pris pour un faux. A terre, le cou écrasé dans le bitume par le genou d’un policier, étouffé, asphyxié, George Floyd est mort. Pour rien. Un élan d’indignation, naturel et évident, a saisi les foules aux quatre coins du monde. J’ai marché pour George Floyd aux Etats-Unis. Le nom de George Floyd en charriait bien d’autres en écho dans ma tête.
Celui d’Adama Traoré, en France.
Une marée humaine a envahi les alentours du tribunal judiciaire de Paris mardi, des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes de l’Hexagone. La mort d’Adama Traoré est aussi injuste et indigne que celle de George Floyd. Je me réjouis qu’on en prenne conscience aujourd’hui, je me réjouis de voir des dizaines de milliers de personnes venues de tous horizons sociaux entourer de leurs forces les proches d’Adama Traoré, ses frères, sa sœur, Assa. D’entendre les soutiens leur venir du monde entier. Pendant quatre ans, cette famille a fait preuve d’une détermination sans relâche, quotidienne, qui n’a d’égale que sa peine infinie. Pendant quatre ans, cette famille a résisté dans une trop grande solitude, face à l’injustice, face à l’inertie de l’institution judiciaire, face à l’indifférence des pouvoirs publics. Elle a vaillamment tenu bon. Mais combien d’autres familles, moins nombreuses, moins épaulées, se sont écroulées sous les coups d’une justice sourde à leurs demandes, bafouant les droits qu’elle est censée représenter ? Rappelons-nous leurs noms : Malik Oussekine, Makomé, Lamine Dieng, Babacar Gueye, Gaye Camara, Ibrahima Bah, Rémi Fraisse, Angelo Garand, Sabri Choubi, Cédric Chouviat, Ali Ziri, Hakim Ajimi, Gabriel… la liste est tristement longue.

Réveillons-nous.
Adama Traoré, un habitant de Beaumont-sur-Oise, qui fêtait son 24e anniversaire le 19 juillet 2016. Il a roulé à vélo, bermuda, bob sur la tête, sourire aux lèvres, tranquille, dans les rues de sa ville, accompagné de son frère, Bagui. Gendarmes, contrôle. Adama Traoré n’avait pas ses papiers sur lui. Il a fui. Les forces de l’ordre l’ont rattrapé. Ecrasé, asphyxié, embarqué. Adama Traoré est mort quelques heures plus tard, sur le sol de la gendarmerie de Persan. Pour rien. A lui, comme à George Floyd, la justice a inventé « une cardiopathie », des cœurs défaillants. Mais je n’ai qu’une seule question, et c’est la seule qui compte : ces hommes seraient-ils morts s’ils n’avaient croisé la route des forces de l’ordre ?

Réveillons-nous.
Tenons bon à notre tour, armons-nous de courage, soyons vigilants, ne laissons plus passer quatre années pour demander des comptes. La mort d’un homme dans le cadre d’un usage disproportionné et abusif de la force doit être réprimée.
George Floyd et Adama Traoré avaient des points communs : ils étaient tous deux noirs, de grande carrure, leurs vies ont basculé dans l’horreur en quelques heures. Pour rien. Je mesure 1,92 m, je suis noir, je leur ressemble. Est-ce qu’il peut m’arriver la même chose qu’à eux demain ? Est-ce que cela risque d’arriver demain à mes enfants ? A vos enfants ? Cette peur sans nom, cette peur injustifiée qui enfle dans nos vies, doit disparaître. Je connais ce sentiment qui ronge de l’intérieur, j’ai vu dans ma vie des drames liés à l’intervention des forces de l’ordre, à l’époque où j’étais un anonyme. Comme Adama Traoré, comme Zyed et Bouna, morts à 17 et 15 ans à Clichy-sous-Bois en 2005, j’ai couru quand je croisais le chemin de la police. Je n’avais alors pas de micro ouvert pour dire combien cette peur est réelle. Celle de mourir entre les mains des forces de l’ordre. J’affirme aujourd’hui qu’elle existe depuis trop d’années, et cette peur se transmet de génération en génération. Qu’importent les menaces ou les pressions qui s’exercent en retour, il ne faut plus jamais se taire. Aucune parole ne doit être isolée quand elle porte un discours de justice. Il faut que nos dirigeants entendent, comprennent, agissent pour changer ce cours des choses. C’est une maladie qui ronge notre pays, et cela n’augure rien de bon pour nos avenirs.

Réveillons-nous.
Regardons devant nous, ayons le courage de dénoncer les violences policières qui sont commises en France. Engageons-nous à y remédier. Ne soyons plus spectateurs d’un système violent, qui enterre les mémoires de ces morts dans l’oubli, qui jette systématiquement leurs noms dans la fosse aux non-lieux. Nous devons profiter de cet élan suscité par l’affaire Floyd pour refuser ce grossier clivage, qui consiste à trier, parmi nous, les méchants et les gentils. Il n’y a qu’un seul et même camp, celui de la justice. Nous aspirons tous à une police digne de notre démocratie, une police qui protège sa population, sans distinction de couleur de peau ou de provenance sociale, la même pour tous, qu’on habite dans les centres-villes ou dans les quartiers populaires. Une police capable, comme on l’a vu ces derniers jours aux Etats-Unis, de se joindre aux manifestants, de poser le genou à terre pour dénoncer les violences qui salissent son uniforme. En France aussi, il m’apparaît évident que la majorité des policiers ne cautionnent pas ces actes violents. Je les invite à sortir du silence.

Réveillons-nous.
Le soutien massif apporté mardi à la famille d’Adama Traoré, quatre ans après les faits, est une nécessité. Il est le tremplin de nos engagements unis, déterminés, raisonnés, pour un combat qui ne souffre en réalité aucun débat : celui de nos droits à tous. La cause est juste, je vous garantis qu’y adhérer emplit de ferveur. On dormira tous mieux. J’appelle au changement, à la remise en cause d’un système qui ne peut prétendre à la justice sans mettre fin à l’impunité organisée qui sévit depuis des décennies. Cet ordre établi n’est plus tenable.

Unissons-nous.
(english text available here)

Signez l’appel d’Omar Sy

Pour soutenir l’appel d’Omar Sy contre les violences policières en France, signez la pétition sur Change.org et relayez l’appel sur les réseaux sociaux avec le #RéveillonsNous.

Partager cet article

Repost0
19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 20:37

Bonjour,

La cérémonie de levée du corps de notre ami et camarade Rabeh ARFAOUI, se déroulera demain mardi 19 mai 2020 de 9h30 à 10h,.

à l'Hôpital Européen Georges Pompidou.

20 rue Leblanc. 75015 PARIS

Metro ligne 8 : Balard (Terminus) ou Tram 3a : Pont Garigliano - Hôpital Georges Pompidou

Le rapatriement en Tunisie s'effectuera mercredi 20 mai 2020 avec arrivée à Tunis Carthage Fret à 8h 30.

Ceux et celles qui souhaitent rendre un dernier hommage à Rabeh devront prendre leurs précautions quant aux règles de déplacement en Ile de France.


Abderrazak Horchani Bouazizi


---------------------
----- Mail original -----
De: "Atf BN" <atf.bn@orange.fr>
Envoyé: Lundi 18 Mai 2020 18:32:19
Objet: rapatriement de M. ARFAOUI Rabeh:

organisation du rapatriement de M. ARFAOUI Rabeh:


Hôpital européen Georges POMPIDOU



Mardi le 19/05/2020
- Toilette: 08h00
- Salat: 09h30
-Départ: 10h00
 

Partager cet article

Repost0
19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 19:34

ATE.COVID 19 « Pour la régularisation des sans-papiers et de leurs familles »

L'association des Tunisiens en France (ATF) est membre fondateur de ce collectif

 

2
mai
par WM
Vie associative | Activités citoyennes

 

Déclaration du Collectif ATE.COVID19 du 30 avril 2020 :

« Pour la régularisation des sans-papiers et de leurs familles »

Le collectif des Associatifs Tunisiens à l’Etranger (ATE), partie prenante de la société civile en Europe et acteurs dans les mouvements qui œuvrent contre les effets désastreux de la pandémie du Covid-19, ont constaté avec satisfaction la multiplication d’initiatives et d’appels à la solidarité avec les travailleurs étrangers sans-papiers qui vivent et travaillent dans les différents pays de l’union européenne.

Ces initiatives auxquelles nous nous associons et avec lesquelles nous nous solidarisons, viennent, en ce moment critique dans la vie de nos pays, pour défendre et reconnaître le rôle et la place dans les sociétés européennes, des travailleurs étrangers privés de statut légal, sans papiers de séjour et souffrant d’injustices et d’inégalités innombrables dans tous les domaines de la vie sociale, sanitaire et économique.

Ces personnes, vivant pour la plupart avec leurs familles et leurs enfants, occupent des emplois souvent dangereux et exercent des métiers déconsidérés dans des environnements professionnels insalubres qui exposent leur vie aux dangers sanitaires et à toutes sortes de risques professionnels

La pandémie du Covid-19 a mis en relief leur rôle déterminant, en remplissant des tâches et des fonctions qui sont apparues décisives pour la continuité de fonctionnement et la pérennité de secteurs sociaux et économiques essentiels à la vie des pays européens, comme l’agriculture, le tertiaire et les services, le commerce et l’industrie alimentaire, la propreté et l’hygiène etc.

Les ATE ont toujours lutté contre les conceptions et logiques inégalitaires et répressives qui caractérisent les politiques migratoires en vigueur en Europe : refus d’entrée et de visas dans l’espace européen appliqué de façon arbitraire et quasi systématique aux ressortissants des pays tiers, notamment ceux du Maghreb et de l’Afrique sud saharienne, politique de refoulement et renvoi massif des étrangers sans papiers, subordination de l’aide économique et technique, allouée aux pays pauvres, à des critères de contrôle des frontières de l’Europe et de réadmission dans leurs pays d’origines des sans-papiers refoulés par les autorités européennes, refus de régularisation et d’admission au séjour régulier des dizaines de milliers d’étrangers et de leurs familles vivant et travaillant habituellement dans les divers pays européens.

Nous considérons que ces stratégies inégalitaires et injustes sont devenues contraires et opposées aux intérêts réels des sociétés des pays d’accueil. Elles perpétuent les inégalités et les injustices et ne contribuent pas à assurer un égal accès à la santé, à l’éducation des enfants ou la protection des familles vulnérables. Ces stratégies se sont avérées tout aussi anti-économiques et discriminatoires, en ne permettant pas des rémunérations justes et des indemnisations équitables dues aux sans-papiers employés dans les métiers les plus pénibles et les plus exposés aux fléaux sanitaires, comme aujourd’hui, le Covid-19 ou les risques psycho-sociaux.

Nous demandons aux gouvernements européens, France, Italie, Belgique etc.de cesser de se voiler la face devant les conséquences et les effets désastreux de leurs politiques migratoires sur la vie des milliers de personnes et de familles qui ne demandent qu’à vivre et travailler normalement.

Nous demandons aux gouvernements en France, en Italie, en Belgique et dans les autres pays européens de procéder sans tarder, comme le commande l’intérêt public, à la régularisation et à l’attribution d’une carte de résident à tous les sans-papiers et à leurs familles, sans autre critère que celui de la résidence habituelle ou de la vie privée et familiale dans les pays concernés.

Nous appelons toutes les forces politiques, syndicales et associatives ainsi que tous les démocrates à poursuivre et à amplifier leur soutien aux luttes des sans-papiers pour leurs droits à vivre dans l’égalité et la justice sociale.

 

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

[Connexion] [s'inscrire] [mot de passe oublié ?]

Partager cet article

Repost0