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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 14:53

Je suis dans le métro de retour d'une visite aux réfugies tunisiens regroupes par centaines (peut être 500 ?) dans un square de la Porte de La Vilette jouxtant le périf.

Ils survivent en plein air, jour et nuit, dans des conditions d'hygiène déplorables et ne reçoivent comme aide alimentaire que des repas servis par l'association "la Chorba pour tous".  Il y a peu de présence d'acceuil francaise, juste quelques militant-e-s de partis politiques a gauche du PS, une assocation tunisiennne et "des barbus"  vivant en france assez nombreux.

Concernant les âges, il y a sans nul doute des mineurs. Le plus grand nombre a entre 18 et 35 ans. Il y a quelques hommes murs. Les 95% sont des hommes.

Ces personnes n'ont pas l'air déprimées. Elles affichent une belle solidarité entre elles, font de la musique traditionnelle et dansent ! Je me suis aventure jusque dans les fonds du square, je ne m'y suis pas senti en insécurité.

A ma question: "pourquoi venir en France au moment ou les choses vont changer en Tunisie", ils répondent qu'ils-elles ne croient pas au changement.

Je reviens dégouté et démoralisé par ce spectacle d'abandon. J'ai mal a ma France, honte du mépris du peuple français et de nos dirigeants minables au service d'eux-elles même.

Je suis rentré hier soir de Bulgarie ou j'ai a nouveau fait l'expérience concrète de la générosité des pauvres !

Sommes nous trop riches pour savoir être généreux !...

Je vous embrasse.

D., 1 mai 2011

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 14:37

Bonjour à tous,

Nous voilà rentrés de Tunisie où nous pensions passer une semaine de repos total à ne rien faire et à ne penser à rien... mais l'actualité en a décidé autrement !

Suite à la révolution tunisienne, les langues se sont déliées et les tunisiens sont ravis de pouvoir enfin dire aux touristes intéressés tout ce qu'ils ne pouvaient pas exprimer auparavant, et ils ont de quoi parler des heures et des heures ! Discussions passionnantes et interminables donc, mais ce n'est pas tout.

Dès le début de la semaine, nous avons vu débarquer 350 réfugiés à l'hôtel, venant tous de Lybie et n'ayant pas mangé depuis 5 jours... sacré choc pour nous autres ! J'ai réalisé en les regardant que je ne connaissais pas du tout la vraie faim.

En tentant de communiquer avec eux dans un anglais très accentué thaïlandais, nous avons compris qu'ils n'avaient eu le temps de rien récupérer avant de partir et qu'ils n'avaient même plus de papiers. Ils travaillaient en Lybie pour une grosse boîte allemande de BTP, qui a gardé tous leurs papiers et n'a pas pris en charge leur rapatriement vers la Thaïlande.

Nous avons ensuite compris que la ville de Zarzis vers laquelle nous nous trouvions était remplie de réfugiés également, dormant dans tous les lieux publics, les mosquées et même chez l'habitant.

Les tunisiens ont conscience d'être à l'origine de ces révolutions et prennent à cœur leur responsabilité en accueillant les bras ouverts  tous ces réfugiés. Ils étaient tous étrangers, employés en Lybie comme main d'oeuvre à très bas prix, la plupart par des entreprises européennes...

Mardi, les ONG n'étaient pas encore sur place, mais tout était pris en charge par l'armée et le peuple tunisien. Nous avons vu des familles entières dans Zarzis apporter leurs tapis et leurs matelas pour donner un lit aux réfugiés, les hommes distribuer les quelques médicaments qu'ils avaient, les femmes cuisiner des énormes couscous et distribuer des parts dans les rues, les hôtels organiser des distributions de sandwichs et ouvrir grand leurs portes (sauf le Club Med...).

Une belle leçon de solidarité...

Le mercredi sont arrivés à l'hôtel les représentants et coordinateurs de toutes les ONG présentes sur le terrain. 92 000 réfugiés avaient déjà passé la frontière, des campements de fortune installés tout le long des routes, et toujours pas d'eau. Deux enfants sont morts de froid dans la nuit du mardi au mercredi. Les premiers campements de l'UNHCR ont été montés et des listes circulaient pour toutes les denrées alimentaires manquantes.

Spontanément, chacun s'est mobilisé pour charger des voitures, des charrettes, des taxis et aller remplir les entrepôts des ONG.

C'était tout simplement incroyable.

A l'hôtel, les touristes aussi ont donné beaucoup d'argent. Jeudi, nous voilà donc partis, 4 touristes et 3 taxis, faire les courses avec cet argent, remplir les coffres pour aller déposer tout cela sur le campement de l'armée tunisienne à la frontière lybienne.

Mais nouvelle surprise : après les thaïlandais, les chinois et les égyptiens, les nouveaux arrivants venaient du Bengladesh. Ils étaient apparemment les plus exploités, les plus démunis et avaient fait la route à pied depuis Tripoli. Lorsque nous sommes arrivés sur place, une procession de 10 km d'hommes à la queue leu leu avait déjà passé la frontière dans un calme impressionnant. Ils nous rencontraient avec le sourire, tout étonnés d'être accueillis, prenant en s'excusant et en nous bénissant les bouteilles d'eau que nous leur tendions.

Samedi soir, plus de 100 000 réfugiés avaient déjà quitté l'aéroport de Djerba à destination principalement de leur pays d'origine, mais aussi quelques uns vers l'Europe. A Zarzis et Djerba, tout s'est passé dans le calme et la spontanéité. Personne n'avait peur de personne (sauf au Club Med...) et chacun s'est senti avant tout concerné et responsable de ce qui est en train de se passer.

J'espère que nous entendrons parler dans les médias où par internet de la réaction du peuple tunisien, et pas seulement des sondages qui annoncent que 67% des français ont déjà peur d'être envahis. Nous allons bientôt ouvrir un blog avec Nicolas, pour y déposer quelques photos et témoignages de touristes et de tunisiens qui ont tenu à parler et nous ont demandé de diffuser ce qu'ils avaient à dire. Nous vous donnerons l'adresse dès qu'il sera créé.

Ce mail est un peu long mais l'émotion a été très forte pendant toute cette semaine et j'avais besoin de la partager !

E. G., 3 mai 2011

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 08:07

L’association des Tunisiens en France dénonce l’attitude des autorités françaises à l’égard des jeunes migrants tunisiens arrivés récemment à Paris. Ces centaines de jeunes, venues en France dans des conditions souvent difficiles sont pour le moins en état de détresse et ont plus besoin de solidarité et de secours d’urgence que de traitement sécuritaire.

Les arrestations ciblées de ces réfugiés sur les lieux où des aides à caractère humanitaire leur sont fournies, est inacceptable et contraire aux principes élémentaires de la solidarité et des droits fondamentaux d’autant que la majorité d’entre ces jeunes est en possession d’un titre qui permet la libre circulation dans l’espace Schengen.

Le Gouvernement, dans une course honteuse à la pêche aux voix des extrêmes qui ne grandit pas la démocratie, n‘hésite pas à user de répression pour répondre à la souffrance de ces jeunes qui ont perdu toutes leurs ressources personnelles durant leurs voyages et se trouve réduits à dormir dans des squares sans nourriture ni perspective.

L’ATF demande la libération immédiate des tunisiens arrêtés et la recherche avec les intéressés et avec les associations représentatives de l’immigration tunisienne et de solidarité, des solutions humainement dignes, acceptables et compatibles avec la volonté des intéressés.

L’ATF exhorte le gouvernement provisoire en Tunisie de ne pas accepter des renvois collectifs de ces migrants et d’inciter les missions consulaires, en les dotant de moyens à leur venir en aide.

L‘ATF demande au gouvernement français de mobiliser des moyens d’aide urgente et l’ouverture de centres d’hébergement pour accueillir ces jeunes dans des conditions qui respectent la dignité humaine.

L’ATF demande la création de dispositifs d’information et d’accompagnement de ces migrants sur la base de projets individualisés encadrés par des structures compétentes et missionnées.

L’ATF propose aux associations et collectifs tunisiens de mutualiser leurs moyens pour, à la fois harmoniser leurs interventions auprès des pouvoirs publics en France et continuer à apporter l’aide nécessaire à ces migrants.

Il est du devoir des forces de la démocratie et du progrès en France de soutenir le processus démocratique en Tunisie en imposant un traitement juste, de ces migrants, et digne des valeurs de la France d’égalité et de justice. 

Paris, le 28 avril 2011

P/°l’Association des Tunisiens en France

M. Mohamed-Lakhdar ELLALA

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 17:54

de Nadia Chaabane, l'Humanité du 31 Janvier, 2011
Linguiste, vice-présidente de l’Association des Tunisiens en France, Initiatrice de l’appel des femmes tunisiennes du 23 janvier.

C’est autour d’un slogan « Liberté, dignité » martelé pendant des semaines que les hommes et les femmes se sont rassemblés en Tunisie pour une libération d’une dictature qui bénéficiait de la complicité silencieuse de tous les grands de ce monde. 
Pour nous, femmes tunisiennes, 
partie prenante de cette révolution, 
la libération et la dignité exigent 
que le principe de l’égalité entre les femmes et les hommes soit consacré dans la Constitution.

 

En effet, le Code du statut personnel (1956), souvent brandi comme exemplaire dans le monde arabe 
et musulman, structure les droits des femmes autour de la sphère familiale et matrimoniale exclusivement, malgré un caractère moderniste indéniable pour son époque. Les femmes y sont traitées non comme des personnes humaines titulaires de droit propre, mais comme filles, épouses, mères… Ainsi, les mères célibataires ne bénéficient d’aucun droit. De plus, les droits reconnus sont marqués par un ancrage identitaire musulman. Cet enfermement trouve sa raison d’être dans l’article 2 de la Constitution qui affirme l’islam comme religion d’État. L’évolution du droit n’a porté que des progrès à la marge (réserves faites des conventions internationales égalitaires signées par la Tunisie). C’est donc au nom de ces identités que le droit recèle nombre de discriminations légales à l’encontre des femmes, l’inégalité dans l’héritage favorable aux hommes, l’interdiction de fait du mariage d’une musulmane avec un non-musulman, l’impossibilité pour une non-musulmane d’hériter de son mari musulman… Il en découle que la citoyenne tunisienne non musulmane n’a pas les mêmes droits qu’une musulmane et que la musulmane se voit ainsi dirigée dans ses choix.

 

Pour toutes ces raisons et pour d’autres, les femmes tunisiennes s’engagent pour une réelle égalité femmes-hommes dans notre pays. Ce principe doit être affirmé par la future constitution, qui doit le consacrer en même temps que la séparation du religieux et du politique.

 

Nadia Chaabane

 

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 18:42

Face à la révolte sociale, le pouvoir en Tunisie a fait le choix d’un traitement sécuritaire, n’hésitant pas à tirer à balles réelles sur des manifestants et selon plusieurs sources syndicales, de l’opposition et des associations des droits de l’Homme, plusieurs dizaines de personnes sont tombées sous les balles de la police ainsi que des centaines de blessés dont des cas graves.
Pendant trois semaines, le gouvernement français est resté aveugle à la répression brutale qui frappe le mouvement social tunisien et la révolte de ses jeunes.

Il aura fallu plusieurs dizaines de morts par balles et de blessés parmi les manifestants, des centaines d’arrestations et une situation d’affrontements quasi quotidiens entre les jeunes manifestants et les forces de l’ordre pour que la position officielle de la France soit exprimée par la voix de sa Ministres des affaires étrangères.

Tout en déplorant la violence, Michelle-Alliot Marie a appelé mollement le pouvoir tunisien à régler pacifiquement la crise et n’arien trouvé de mieux que de proposer l’expertise de la France en matière de maintien de l’ordre. 

Loin d’être à la hauteur de la gravité de la situation, cette position, prise au nom du refus d’ingérence ne manquera pas d’être perçue par le pouvoir tunisien comme un soutien de son option sécuritaire et par les Tunisiens comme un encouragement d’un pouvoir décrié dans la rue.

La position exprimée par la ministre rappelle celle de Chirac qui estimait en 2003 que «Le premier des droits de l'homme, c'est manger, être soigné, recevoir une éducation et avoir un habitat. » et concluait qu'en la matière la « Tunisie est très en avance sur beaucoup de pays » ou encore celle de Sarkozy en 2008 qui trouvait que « l'espace des libertés progresse en Tunisie ». Proposer dans les circonstances actuelles que traverse la Tunisie une aide au maintien de l’ordre est pour le moins scandaleux et inacceptable.

Tout en refusant toute sorte d’ingérence dans les affaires intérieures de la Tunisie, nous, Tunisiens vivants en France, attachés aux droits fondamentaux et aux libertés individuelles et collectives, à la dignité humaine, nous attendons d’un gouvernement responsable de la France qu’il donne un message d’espoir clair.

Nous estimons du devoir d’un gouvernement français d’exprimer sans ambigüité que la police d’un pays qui se veut démocratique, n’a pas vocation à tirer à balles réelles sur des manifestants qui réclament le droit de travailler,  de vivre dignement dans leur pays et d’exercer leurs droits fondamentaux reconnus par la constitution et les engagements internationaux signés par la Tunisie.

Ce n’est pas de l’ingérence que de rappeler à un partenaire que le rôle de la police n’est pas de tirer sur les manifestants mais de protéger les citoyens dans l’exercice de leurs droits fondamentaux dont ceux de s’exprimer et de manifester.


 Le Bureau National 
 Paris le 12 janvier 2011

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