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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 11:44

 

L'actualité en Tunisie, autrement

Sfax : Campagne de solidarité avec l’enseigante Faïza Souissi


Faïza Souissi malmenée devant ses élèves par des parents extrémistes religieux.

L’affaire de l’enseignante Faïza Souissi de Sfax continue de susciter les condamnations des syndicats, partis et organisations de la société civile.

 

Après Machrou Tounes, par la voix de son secrétaire général Mohsen Marzouk, Afek Tounes, ou encore le Front populaire, qui ont publié des communiqués appelant à protéger le corps enseignant et à préserver l’école des intrusions idéologiques et politiques, le ministère de l’Education a publié, hier, dimanche 18 septembre 2017, en fin de soirée, un communiqué où il annonce l’ouverture d’une enquête sur ce qui passé, vendredi, jour de la rentrée scolaire, à l’école primaire de la Cité El Bahri 3, à Sfax.

Le porte-parole de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) Sami Tahri a, de son côté, qualifié l’agression contre l’enseignante par un groupe de soi-disant parents d’élèves de «crime contre non seulement l’enseignante Faïza Souissi, mais aussi contre le corps enseignant et l’école tunisienne».

L’enseignante, membre de la section de Sfax de l’Association tunisienne des femmes de démocrates (ATFD), a fait l’objet d’une campagne de dénigrement, allant jusqu’à la traiter de mécréante, ce qui équivaut à un appel au meurtre, tout en l’empêchant, vendredi 15 septembre, de dispenser ses cours à l’école primaire de la Cité El Bahri 3 de la part d’un groupe de barbus et de voilées, probablement des extrémistes religieux, ce qui a nécessité son évacuation sous escorte sécuritaire.

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 09:39

 

Tunisie : la composition du gouvernement « Chahed 2 » dévoilée

 

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed vient de rendre public la liste de son nouveau gouvernement, dévoilé suite à un entretien avec le président Béji Caïd Essebsi, ce mercredi. Un remaniement qui était attendu depuis plusieurs jours en Tunisie.

Nommé Premier ministre en août 2016, Youssef Chahed a présenté, ce mercredi 6 septembre, la composition de son second gouvernement. Il s’est entretenu dans la matinée avec le président Béji Caïd Essebsi au Palais de Carthage, au terme de plusieurs semaines de consultations et négociations avec les responsables politiques et syndicaux du pays.

 

Ceux qui espéraient que Youssef Chahed fasse une refonte totale avec des choix de rupture vont être déçus. Le patron de la Kasbah a opéré un remaniement partiel, portant sur 10 portefeuilles et la création d’un ministère des Grandes réformes, qui tient compte des partis signataires de la feuille de route du gouvernement d’Union nationale. « L’objectif est de s’assurer de leur soutien à l’Assemblée », souligne un indépendant qui avait décliné une offre ministérielle « faute de vision précise ».

Pourtant, faute d’un programme à long terme, Youssef Chahed semble chercher de nouvelles marques puisqu’il propose aux partis de lui soumettre des propositions en ce sens qui seront débattues fin septembre.

Les sortants et les revenants 

Le temps pour sa nouvelle équipe de s’installer et de prendre ses marques, même si la plupart des ministres désignés savent comment fonctionne un ministère. Certains ont été confirmés à leurs postes, tel que Ghazi Jéribi à la Justice, Samir Bettaieb à l’Agriculture ou encore Mabrouk Kourchid aux Domaines de l’État et Slim Khalbous à l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

D’autres sont d’anciens ministres revenus aux commandes, comme Slim Chaker de Nidaa Tounes nommé à la Santé, l’indépendant Abdelkarim Zbidi à la Défense, où il succède à Farhat Horchani, ou encore Hatem Ben Salem à l’Éducation. Hédi Majdoub, par contre, perd le ministère de l’Intérieur au profit de Lotfi Brahem, ancien chef de la Garde nationale.

Un ministère est non pourvu : celui de l’Économie. Chahed n’a pas jugé bon de remettre en route un département qui existait jusqu’à sa nomination en 2016 et qui est essentiel en ces temps de crise économique.

Ce remaniement a eu aussi son lot de chaises musicales. C’est le cas de Zied Laadheri qui passe au Développement, investissement et coopération internationale après avoir été décrié au ministère du Commerce et de l’industrie. De même pour Imed Hammami nommé à la tête du département de l’Industrie et des PME après avoir dirigé celui de la formation professionnelle, qui a échu dans ce remaniement à Faouzi Abderrahmane. Tous les deux membres du parti islamiste d’Ennahda, Laadheri et Hammami permettront à leur formation d’avoir de la visibilité dans ce gouvernement.

Parité, on repassera !

La nomination la plus attendue est celle du ministre des Finances qui revient à Ridha Chalghoum, ancien conseiller auprès du Président de la République chargé du suivi des réformes économiques en 2015 et directeur de cabinet du Chef du gouvernement depuis juin 2017. Il avait déjà occupé ce poste entre 2010 et 2011 sous l’ancien président, Zine Al Abidine Ben Ali.

Côté parité, le gouvernement n’a pas tenu le cap et n’a nommé que Sarra Ben Rejeb au Secrétariat d’État au Transport. Les ministres, Samia Meraï, Sayda Lounissi et Faten Kallel sont passés à la trappe. Tandis que Selma Elloumi Rekik, Naziha Laabidi et Madjouline Cherni conservent leurs portefeuilles.

Si la cote de popularité du Premier ministre reconduit a fortement augmenté auprès des Tunisiens, principalement du fait de la croisade anti-corruption qu’il a lancée, Youssef Chahed s’est trouvé relativement isolé, politiquement, ces dernières semaines.


La composition du gouvernement « Chahed 2 »

Ministre de l’Intérieur : Lotfi Brahem

Ministre de la Défense nationale : Abdelkrim Zbidi

Ministre des Affaires étrangères : Khemaïes Jhinaoui

Ministre de la Justice : Ghazi Jeribi

Ministre des Finances : Ridha Chalghoum

Ministre des Affaires religieuses : Ahmed Adhoum

Ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale : Zied Laâdhari

Ministre de l’Education nationale : Hatem Ben Salem

Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique : Slim Khalbous

Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle : Faouzi Abderrahmane

Ministre de la Santé publique : Slim Chaker

Ministre des Affaires locales et de l’Environnement : Riadh Mouakhar

Ministre des Affaires sociales : Mohamed Trabelsi

Ministre des Affaires culturelles : Mohamed Zine El Abidine

Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance : Naziha Laâbidi

Ministre du Commerce : Omar Behi

Ministre de l’Industrie et des PME : Imed Hammami

Ministre de l’Energie, des Mines et de l’Energie renouvelable : Khaled Kaddour

Ministre de la Jeunesse et des Sports : Majdouline Cherni

Ministre du Transport : Radhouane Ayara

Ministre des Domaines de l’État : Mabrouk Korchid

Ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche : Samir Taïeb

Ministre de l’Équipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire : Mohamed Salah Arfaoui

Ministre du Tourisme et de l’Artisanat : Selma Elloumi Rekik

Ministre des Technologies de l’information et de l’Economie numérique : Anouar Maârouf

Ministre chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement : Iyed Dahmani

Ministre chargé des Relations avec les Instances constitutionnelles, la Société civile et les Organisations des droits de l’Homme : Mehdi Ben Gharbia

Ministre auprès du chef du gouvernement chargé des grandes réformes : Taoufik Rajhi

Secrétaires d’État :

Secrétaire d’État auprès du ministre du Transport : Sarra Rejeb

Secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères chargé de la diplomatie économique: Hatem Chahreddine Ferjeni

Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Industrie et des PME : Selim Feriani

Secrétaire d’État auprès du ministre du Commerce chargé du Commerce extérieur: Hichem Ben Ahmed

Secrétaire d’État auprès du ministre de la Santé: Sonia Bechikh

Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires sociales en charge de l’immigration et des Tunisiens à l’étranger: Adel Jarbouîi

Secrétaire d’État auprès du ministre de la Jeunesse et des sports chargé de la jeunesse: Abdoulkoudous Saâdaoui

 

 

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 09:29

 

L'actualité en Tunisie, autrement

Caid Essebsi n’écarte pas la fin de l’alliance avec Ennahdha

Le président de la république, Béji Caid Essebsi, est revenu sur le rôle joué par Ennahdha sur la scène politique et l’annonce prochaine du remaniement ministériel. 

Dans une interview accordée au journal en langue arabe « Essahafa », parue aujourd’hui, mercredi 6 septembre 2017, le chef de l’Etat a indiqué que les résultats des élections législatives de 2014 ont obligé Nidaa Tounes, vainqueur du scrutin, de s’allier avec Ennahdha, le parti islamiste présidé par Rached Ghannouchi, pour constituer un gouvernement.

«Nous nous sommes retrouvés dans une situation délicate. La seule solution que nous avons trouvée pour sortir la Tunisie de la crise est de nous allier avec Ennahdha, qui était prêt à former cette alliance», ajoutant : «Nous avons espéré aider à transformer Ennahdha en un parti civil, mais il semble que nous avons mal évalué la situation.»

A une question relative à la possibilité de rompre cette alliance, M. Caïd Essebsi a répondu qu’il ne le souhaite pas, laissant ainsi entendre que cette perspective n’est pas totalement écartée.

M. Caid Essebsi a, par ailleurs, indiqué que le remaniement ministériel annoncé sera un changement de dernière chance. «Ce remaniement nécessite des consultations avec les différentes partis politiques signataires de l’accord de Carthage qui doivent soutenir ce nouveau gouvernement», a précisé le président de la république, en appelant les partis politiques à mettre les intérêts supérieurs de la Tunisie au-dessus des intérêts corporatistes et partisans, dans ce qui ressemble à un message envoyé aux partis Nidaa et Ennahdha, qui cherchent à avoir leur part dans le gâteau du remaniement en vue.

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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 12:16

L'actualité en Tunisie, autrement

Mseddi revient sur le rôle de la police parallèle dans la montée du terrorisme


La députée Fatma Mseddi a indiqué que la police parallèle a été impliquée dans l’envoi des jeunes dans les zones de conflits.

Dans un post publié sur son compte Facebook, aujourd’hui, lundi 28 août 2017, l’ex-membre du bloc parlementaire de Nidaa Tounes a indiqué que la police parallèle a, dans l’année 2012, collaboré avec le chef de l’organisation terroriste tunisienne Ansar Charia, Seifallah Ben Hassine (alias Abou Iyadh), en fuite en Libye depuis septembre 2012, dans l’envoi des jeunes dans les zones de conflits.

«Après la diffusion samedi dernier du reportage de la chaîne saoudienne Al-Arabiya sur l’envoi des jeunes Tunisiens dans les zones de conflits, ni les partis politiques ni le gouvernement ou même le ministère de l’Intérieur n’ont publié des communiqués sur le sujet», a-t-elle fait remarquer.

Mme Mseddi a, par ailleurs, publié dans le même post, 2 fac-similés d’un récent rapport prouvant, selon elle, que la police parallèle, en place dans les année 2012-2014 et dépendant directement du parti islamiste Ennahdha, est bien impliquée dans l’envoi des jeunes au jihad en Syrie et en Irak.

«Selon un rapport du syndicat des forces de sécurité, la police parallèle a été en contact avec Abou Iyadh. Les anciens haut cadres sécuritaires du ministère de l’Intérieur, Mehrez Zouari et Abdelkarim Abidi sont impliqués dans l’envoi des jeunes Tunisiens dans les zones de conflits. Ce rapport prouve aussi que la police parallèle a soutenu des groupes terroristes dans cette opération», a écrit Fatma Mseddi, ajoutant : «Des agents de la police ont été démis de leurs fonctions sans être traduits devant la justice. Abdelkrim Abidi a certes été traduit devant la justice en 2013, mais aucun verdict n’a, à ce jour, été émis contre lui», laissant ainsi entendre que la justice est, elle aussi, complice de ce système d’omerta mis en place par le parti islamiste Ennahdha pour empêcher la révélation de la vérité sur ses responsabilités dans la montée de l’extrémisme religieux et du terrorisme en Tunisie.

E. B. A

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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 12:12

Ghanim à Ghannouchi : Tu es un traître !


Le prédicateur extrémiste Wajdi Ghanim a indiqué qu’il est innocent des accusations lancées contre lui par les Tunisiens.

Dans une vidéo publiée sur sa chaîne Youtube, dimanche 27 août 2017, le prédicateur égyptien réfugié en Turquie depuis mars dernier, connu pour être proche de la confrérie des Frères musulmans, classée organisation terroriste en Egypte, a déclaré, qu’il n’a jamais lancé un appel à la haine et au meurtre contre les Tunisiens qualifiés de mécréants.

«Je n’ai fait qu’expliquer ce qui est indiqué dans le Coran concernant l’égalité dans l’héritage entre l’homme et la femme et le mariage d’une Tunisienne musulmane avec un non-musulman», ajoutant : «Ceux qui ont prétendu que j’ai traité les Tunisiens musulmans de mécréants ne sont que des menteurs. Je remercie Allah pour tous les encouragements et le soutien de mes frères et sœurs de Tunisie. Ils savent que je dis la vérité», a indiqué le prédicateur extrémiste, condamné à 5 ans de prison par le tribunal du Caire, en Egypte.

Wajdi Ghanim a, par ailleurs, adressé un message particulier, et de manière indirecte, à son ami de longue date Rached Ghannouchi, président du mouvement islamiste Ennahdha et membre de l’Organisation internationale des Frères musulmans : «Tu prétends devant tout le monde que je suis ton frère devant Allah. Lorsque j’avais le plus besoin de toi, tu étais absent. C’est une trahison et jamais je te pardonnerais!», a-t-il lancé, par allusion au silence du dirigeant islamiste tunisien, qui a évité, jusque-là, de se prononcer sur la proposition du président de la république, Béji Caïd Essebsi, de réviser la loi pour instaurer l’égalité successorale entre l’homme et la femme et autoriser le mariage d’une tunisienne musulmane avec un non-musulman. Proposition qui avait suscité la réaction incendiaire de l’Egyptien et ses vociférations contre les «Tunisiens mécréants».

E. B. A.

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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 12:06

L'actualité en Tunisie, autrement

De la nécessité de renforcer les pouvoirs du chef du gouvernement


Ghannouchi, «Ayotallah et commandant suprême», continue de narguer le chef du gouvernement, Youssef Chahed, et de lui imposer leurs calendriers, priorités et logiques. 

Par Asef Ben Ammar *

De manière surprenante, le parti Ennahdha annonçait la semaine dernière que le remaniement ministériel, tant attendu, ne peut être que partiel, et que l’évaluation de la performance des ministres en exercice se fera uniquement à l’aune des engagements la Feuille de Route de Carthage (FRC), et aucunement au regard du discours d’investiture du chef du gouvernement Youssef Chahed, tenu à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), fin août 2016.

Des mauvaises nouvelles pour la Tunisie et un autre coup de massue pour la transition démocratique. Regardons pourquoi!

Un message codé, pour deux bravades !

En termes décodés, Rached Ghannouchi assène une double bravade au chef du gouvernement. La première bravade somme le chef du gouvernement de ne pas procéder à un remaniement ministériel élargi. Le parti de Ghannouchi ajoute qu’il faut attendre les élections municipales et passer, dans tous les cas, par les partenaires signataires de la FRC, avant de procéder à un remaniement élargi. Selon Ennahdha, le chef du gouvernement ne peut pas remanier son gouvernement et ne peut que pourvoir les postes ministériels vacants, ni plus ni moins!

La deuxième bravade a trait à l’évaluation de la performance des ministres en exercice. Ghannouchi postule que cette évaluation ne peut pas se faire au regard du discours d’investiture du chef de gouvernement, avec prise en compte des objectifs et mandats assignés par le chef du gouvernement aux ministres lors de leur nomination.

Ghannouchi prétend aussi que l’évaluation de la performance des ministres ne peut se faire qu’à l’aune des principes et critères de la FRC, ceux convenus avec des partenaires rassemblés de façon ad hoc (élus et non élus), et sous l’égide direct du président Béji Caïd Essebsi.

Ces déclarations tombent mal, coïncidant avec un contexte où toute la Tunisie attend impatiemment le remaniement ministériel, annoncé depuis le mois de juin. Encore une fois, Ghannouchi ose défier le chef du gouvernement en imposant son calendrier, ses priorités et sa logique. Il se permet d’agir en «Ayotallah et commandant suprême» qui décide et qui peut imposer ses diktats au gouvernement.

Cela tombe mal aussi parce que l’économie tunisienne commence à décrocher sérieusement, avec quasiment tous les voyants du tableau de bord qui ont viré au rouge (chômage, inflation, double-déficits, dettes, décote de la Tunisie, dévaluation, baisse des réserves en devise, etc.). Une situation économique qui impose de nouvelles approches et de nouvelles compétences ministérielles; impossibles à mobiliser autrement que par un remaniement ministériel élargi et urgent.

Ce que propose Ghannouchi déroge à l’esprit et à la lettre de la Constitution; celle-ci accorde au chef du gouvernement une marge de manœuvre plus importante, plus axée sur les résultats et éloignée des tiraillements partisans et autres marchandages occultes entre les partis politiques.

Feuille de route de Carthage, l’impasse!

Ghannouchi met de l’huile sur le feu! Il ajoute à la crise économique une crise politique, autrement plus néfaste. Valorisant sa majorité d’élus au parlement, suite à l’implosion du Nidaa, Ghannouchi bombe le torse et hausse le ton. Très probablement parce que la sous-performance des ministres issus d’Ennahdha est pointée du doigt, notamment au regard de l’échec patent en matière d’incitations au travail, de formation professionnelle, de création d’emplois ou encore en matière de réduction du déficit commercial et de promotion des exportations. Peut-être aussi que les candidats proposés par Ennahdha pour les postes clefs visés par le remaniement souhaité ont été jugés irrecevables et incompétents.

Cela dit, la posture d’Ennhadha déroge aux standards et aux principes régissant une gouvernance axée sur les résultats, motivée par la performance et évoluant dans la flexibilité des équipes ministérielles et des actions à mener.
Quasiment, tous les manuels de science politique nous apprennent qu’un gouvernement fonctionne comme une équipe de sport collectif, il faut un entraîneur qui motive, qui gronde et qui remplace, le cas échéant, les moins bons par d’autres, mieux entraînés et plus performants.

Tout indique qu’en agissant de la sorte, Ennahdha veut déconnecter le chef du gouvernement de ses engagements et promesses tenus lors du discours d’investiture. Le tout pour mettre la main sur le volant de la gouvernance (volant tenu en principe par Youssef Chahed); et imposer sa ligne de conduite sur les ajustements à venir, sur les décisions à prendre, sur la gestion des performances, sur la gouvernance des contingences et sur la définition des priorités de l’agenda politique.

La position de Ghannouchi en dit long sur son opportunisme politique et sur son incompréhension des enjeux de l’heure: une économie quasiment en panne d’avenir, des citoyens qui perdent espoir et une transition démocratique aux abois.
La posture de Ghannouchi a cependant un mérite. Elle met au grand jour l’impasse générée par la Feuille de route de Carthage.

Une bouée devenue un boulet!

La FRC est censée être un mécanisme ad hoc de coordination permettant d’outiller l’action gouvernementale d’une vision stratégique (orientations et objectifs), d’une démarche organisationnelle (partage des responsabilités, moyens, instruments, pouvoir) et d’une planification opérationnelle (qui fait quoi, qui apporte quoi, etc.).

Mais dans la pratique, la FRC est devenue progressivement un prisme de chantage, une plateforme de résistance aux changements et un magma d’incohérences dans l’action gouvernementale. La FRC était conçue et communiquée comme une bouée de sauvetage de l’économie tunisienne. Elle est désormais un boulet qui traîne vers le bas la gestion gouvernementale des politiques publiques, empirant encore plus les problématiques économiques.

Deux aberrations expliquent pourquoi FRC est passée de bouée à boulet.

La première a trait au caractère hétéroclite des partis présents au sein du gouvernement engendré par la FRC. Comme l’Arche de Noé, toutes les sensibilités politiques ont été embarquées dans le mécanisme de la FRC, certaines sensibilités non présentes au sein du parlement ont grâce à la FRC obtenu des postes ministériels importants leur permettant de gouverner sans disposer d’aucune légitimité issue des urnes.

Par le jeu de la négociation (véto, alliance, chantage, etc.) et par les contingences de l’exercice du pouvoir, les différentes sensibilités politiques présentes au gouvernement finissent par livrer des politiques publiques qui s’écartent des promesses électorales tenues par chacun des partis présents.

Il y a ici une grave rupture et un écart sans cesse grandissant (gap) entre les attentes citoyennes (exprimées par le vote) et les consensus obtenus au sein du gouvernement pour contrer un problème et le solutionner de tels ou tels autres instruments de politiques publiques.

Dit autrement la FRC trahit le vote du citoyen et lui propose des politiques publiques pervertis pour lesquelles il n’a pas voté. Ceci explique largement la déception et l’insatisfaction des citoyens face aux politiques gouvernementales et face au gouvernement de manière générale.

En somme la FRC a enfanté un mécanisme monstrueux basé sur une coalition atypique faisant cohabiter les plus incompatibles et les plus antinomiques, pour gouverner un bateau qui chavire de plus en plus! La FRC est basée sur une vision naïve de la coordination, puisqu’elle nivelle par le bas et met sur le même pied d’égalité des forces inégales en légitimité électorale et en compétence opérationnelle.

La deuxième aberration de la FRC tient au choix du chef du gouvernement. En l’état, le chef du gouvernement n’est pas un élu et est désigné pour gouverner, sans avoir la légitimité des urnes et savoir quelle cause défendre (en priorité) et quel type de politique il doit livrer pour honorer ses promesses électorales.

La FRC confie le poste du chef de gouvernement à un non-élu, tout en restant parrainée par Caïd Essebsi, un président élu démocratiquement pour 5 ans, et devant composer avec un régime politique plutôt parlementaire, où c’est le chef du gouvernement qui gère les politiques publiques.

Chahed face à l’arrogance de Ghannouchi

Dans les faits, la FRC a augmenté les pouvoirs du président et des partenaires au détriment de ceux du chef de gouvernement. Ce dernier apparaît de plus en plus comme un sous-traitant désigné pour constituer et diriger un gouvernement où chaque parti et partie prenante dispose d’un certain nombre de postes ministériels (quota fixe). De nombreux observateurs n’hésitent pas dénoncer la FRC, en tant que mécanisme ad hoc et inconstitutionnel.

Grâce à la FRC, les ministres peuvent jouent les agents doubles, agissant un peu pour le gouvernement et consacrant l’essentiel de leur effort (et actions) au service de leur parti (pour ne pas dire la rue et la dissidence).

Les ministres peuvent se permettre les erreurs, les abus et les incompétences sachant qu’ils relèvent plus d’un mécanisme politique (FRC), tout en ayant les pleins pouvoirs sur des mécanismes de gouvernance (ministère, etc.), sans s’exposer à la rigueur de l’évaluation de leur performance par le chef du gouvernement.

C’est un peu cela que le parti Ennahdha a voulu défendre et perdurer en s’attaquant aux pouvoirs du chef du gouvernement, en matière de remaniement et d’évaluation de ses ministres et politiques publiques.

Dans les faits, la FRC apparaît comme un mécanisme inconstitutionnel, un leurre et un piège tendu par certains partenaires, dont Ennahdha, pour grignoter toujours plus de pouvoir et de contrôle sur la gouvernance des politiques publiques.

Pour Ennahdha et pas seulement, la FRC constitue un levier qui permet d’avoir les pouvoirs qu’ils n’ont pas pu obtenir par les élections ou pour des raisons de séparation des pouvoirs dans la Tunisie démocratique.

Jusqu’à quand doit-on vivre les méfaits et les supplices de cette FRC et doit-on s’en défaire avant qu’il ne soit trop tard?

Répondre à ces questions permettra de renforcer les pouvoirs de gouvernance du chef du gouvernement. Cela permet aussi de faire barrage aux velléités de Ghannouchi et du parti Ennahdha, qui s’immiscent et avec arrogance dans les champs de compétences du chef du gouvernement.

* Ph.D, Analyste en économie politique.

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6 août 2017 7 06 /08 /août /2017 20:51

Nabil Karoui, spin doctor de Rached Ghannouchi


Entre Nabil Karoui, qui se rêve faiseur de présidents, et Rached Ghannouchi, qui se voit déjà au Palais de Carthage, s’est noué un pacte diabolique. Les Tunisiens ne se laisseront pas faire…

Par Chedly Mamoghli *

 

Il fut un temps où le communiquant faisait partie de la galaxie de Béji Caïd Essebsi (BCE). Il s’est imposé auprès de l’homme d’Etat charismatique comme le monsieur Com’ par excellence et ce depuis 2011. Déjà, à l’époque où BCE était à la Kasbah, il lui a mis à sa disposition Moez Sinaoui, ancien directeur de la communication de Nessma devenu conseiller porte-parole du chef du gouvernement. Et après avoir quitté la primature, «la chaîne de la famille» est devenue un relais médiatique pour celui qui était alors chef de l’opposition et qui accédera, après la présidentielle de 2014, à la magistrature suprême. Aujourd’hui, les temps ont changé et le tonitruant Nabil Karoui a changé de cheval de course.

Nabil Ghannouchi et Rached Karoui : «Rassin fi chéchia»

Certes, il a mis dans sa poche Hafedh Caïd Essebsi, le fils du président de la république, et l’a aidé à faire main basse sur le parti Nidaa Tounes, dont il se targue d’être le co-fondateur, mais aujourd’hui les rapports ne sont plus comme avant entre les deux hommes.

Egalement, Béji Caïd Essebsi n’est pas docile au goût de Karoui, surtout depuis l’avènement de Youssef Chahed à la tête du gouvernement, poste que ce même Karoui briguait le plus sérieusement du monde, et l’offensive du locataire du palais de la Kasbah contre la corruption, qui a vu la chute du copain de Nabil Karoui, le sulfureux Chafik Jarraya, poursuivi par le tribunal militaire pour trahison, atteinte à la sûreté publique et intelligence avec une armée étrangère (excusez du peu !).

Ces deux derniers sont devenus inséparables, «rassin fi chéchia» (deux tête dans un même bonnet), comme le dit si bien l’adage bien de chez nous.

Chassé du Palais de Carthage, Nabil Karoui va trouver refuge chez les islamistes, ses nouveaux protecteurs. 

Il convient aussi de rappeler, dans ce contexte, l’enquête publiée par l’Ong I Watch en juillet 2016 accusant le groupe Karoui & Karoui d’évasion fiscale via une nébuleuse de sociétés dans plusieurs pays, ce qui a donné lieu à l’ouverture d’une enquête par le parquet.

Tous ces éléments font que le vent a tourné. Le communicant se sent vulnérable et se cherche une protection donc la nouvelle stratégie c’est devenir le spin doctor, l’architecte de la communication politique de Rached Ghannouchi et d’en faire le prochain président en 2019.

Le numéro médiatique de la soirée du mardi 1er août 2017 sur Nessma, avec l’entretien du président du parti islamiste Ennahdha, en est la parfaite illustration. Se rendre indispensable aux islamistes et porter leur chef à la présidence est en soit le meilleur moyen pour se protéger et pour qu’ils lui deviennent redevables. Dans l’espoir que les dossiers ouverts par la justice sur ses activités financières pas très orthodoxes soient… enterrés, comme ont été enterrés ceux relatifs aux prévarications de Rafik Abdessalem Bouchlaka, ancien ministre des Affaires étrangères et, accessoirement, gendre de Ghannouchi, qui a dilapidé d’importants fonds publics. Et jusque-là impunément.

Le coup du «frère musulman cravaté»

Le numéro médiatique auquel nous avons assisté mardi dernier était sacrément «karouiste», jusqu’aux moindres détails. La cravate, c’était lui car l’image et son effet sont primordiaux pour les communicants. Surtout quand l’objet marketing qu’on présentait ce soir-là était le chef des islamistes en personne. Donc lui faire porter une cravate, c’est tout un symbole car chez les Frères musulmans, la cravate n’est pas un simple bout de tissu, c’est un symbole d’acculturation et d’aliénation à l’Occident.

Pour se la jouer moderne et réussir son numéro de bluff consistant à faire croire qu’Ennahdha a évolué, Ghannouchi s’est prêté volontiers au jeu préparé à l’avance. Mais comme ils aiment bien prendre les téléspectateurs pour des imbéciles, ils lui ont posé la question sur le choix du port de la cravate comme s’ils ne savaient rien. Peut-être que la cravate provient d’un dressing de Nessma ou de la garde-robe de Nabil Karoui lui-même?

Et le numéro de bluff continua, Ghannouchi nous demanda de ne plus parler d’islam politique, mais de parler de musulmans démocrates par référence aux chrétiens démocrates, comme si la comparaison pouvait, historiquement et idéologiquement tenir. Ce leurre ne trompera que ceux qui voudront bien se faire tromper. Et ils sont malheureusement foison les opportunistes toujours prêts à manger dans tous les râteliers : de Ben Ali à Ghannouchi, il n’y a finalement qu’un pas, et beaucoup l’ont déjà fait.

Monsieur Com’ propose ses services aux plus offrants.

N’est pas Jacques Pilhan qui veut

Le chef d’Ennahdha a, en tout cas, bien appris et bien récité sa leçon de Com’ dictée par Karoui. Ce dernier croit qu’il est le fabricant des présidents tunisiens. Il croit qu’il est devenu le Jacques Pilhan tunisien, celui qui était surnommé en France le sorcier de l’Elysée et qui fut le gourou médiatique de Mitterrand puis de Chirac.

Avec Gérard Collé, Pilhan a fait gagner Mitterrand en 1981. Le candidat socialiste avait une image qui lui collait à la peau, celle d’un homme ambigu, looser, ringard, bref d’un homme du passé, sauf que les deux communicants ont décelé en lui un produit mal exploité. Ils ont travaillé dans la plus grande discrétion et ont produit le document fondateur de la stratégie de François Mitterrand intitulé «Roosevelt contre Louis XV ou l’homme qui peut contre l’homme qui plait». Ce document confidentiel jetant la base de la communication politique moderne a été rendu public en 2016. Et ainsi doté d’une équipe de Com’ professionnelle et d’une stratégie implacable, «Tonton» a battu Giscard d’Estaing. Le même tandem a œuvré pour lui en 1988 et l’a fait réélire. En 1993, Pilhan s’est mis à rencontrer Chirac secrètement et l’a fait gagner en 1995 en établissant la stratégie pour inverser la tendance qui était au début en faveur d’Edouard Balladur.

Pilhan a formé Claude Chirac avant d’être emporté par un cancer en 1998. Après sa disparition, c’est la fille du président qui s’occupera de la communication de son père jusqu’en 2007 en appliquant les recettes apprises auprès de Pilhan.

Ceci est important et indispensable pour comprendre les enjeux de la communication politique. Nabil Karoui se rêve en Pilhan tunisien. Sauf qu’il y a un hic, lui et Rached Ghannouchi ont commis une grave erreur et se sont plantés. En disant que Youssef Chahed ne doit pas se présenter en 2019, Ghannouchi croyait choisir lui-même ses adversaires et se libérer la voie pour Carthage mais c’était une faute monumentale et une stratégie contre-productive car ceci n’a fait qu’augmenter la popularité de Chahed et accru les soupçons dans lesquels les Tunisiens tiennent le chef du parti islamiste, qui plus est coaché aujourd’hui par un orfèvre des volte-face, des mensonges et des retournements de veste.

Karoui toujours bien entouré : ici avec Chafik Jarraya, et l’islamiste Noureddine Bhiri. 

De toutes les façons, la partie est loin d’être terminée, Nabil Karoui peut tout entreprendre pour faire gagner Ghannouchi en 2019 et espérer qu’une fois ce dernier élu, il sera lui-même protégé et gagnera en puissance.
En mettant au pouvoir un président bleu et sans la moindre connaissance de l’Etat, il pourrait croire qu’il lui sera docile contrairement à Béji Caïd Essebsi, homme d’Etat sachant faire la part des choses.

Il peut jouer au gourou du gourou. Bilou Karoui peut devenir Cheikh Nabil mais les dès sont loin d’être jetés et la Tunisie n’acceptera pas de subir un destin «erdoganien», elle résistera avec tous ses anticorps et finira par rejeter les islamistes et les opportunistes qui les servent.

* Juriste.

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 20:01

Un réseau spécialisé dans le vol des médicaments d’une clinique affiliée à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a été démantelé. Tunisie

Une source a indiqué à Kapitalis que 20 employés de la CNSS ont été arrêtés, dans la soirée du lundi 31 juillet 2017, pour abus de pouvoir et détournement de biens publics.

La même source a affirmé que les 20 suspects seront traduits devant le pôle judiciaire et financier.

E. B.

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 19:28

Les anciens de l’UGET : « Il faut réécrire l’Histoire »

étudiants tunisiens

 

L’histoire de la Tunisie indépendante n’a certainement pas encore dévoilé tous ses secrets. Celle de l’Union générale des étudiants tunisiens (UGET) l’est encore plus vu les  les différentes facettes qu’a  donné à voir
un mouvement qui demeure jusqu’aujourd’hui controversé.
Réécrire l’histoire de cette organisation qui a marqué de son empreinte l’Histoire contemporaine du pays,
telle est la tâche ardue à laquelle les anciens de l’UGET se sont attelés.
Invités par l’Association des anciens de l’UGET à se réunir hier, dimanche 30 juillet 2017, à Sousse, ils ont
été  nombreux à répondre présent à l’invitation. Parmi eux des personnalités de la génération des bâtisseurs
de l’Etat tunisien indépendant et moderne tels  Taher Belkhoja, l’ancien ministre de l’Intérieur sous Bourguiba, Mohamed Enaceur,  président de l’ARP, Mansour Moalla, ancien ministre des Finances et
du plan sous Bourguiba, Mustapha Ben Jaâfar, ex- président de l’ ANC (Assemblée nationale constituante),
Kamel Morjane, président du parti Al Moubadara et ancien ministre de la Défense et des Affaires
étrangères.
 Ils étaient tous là pour une rencontre que les organisateurs ont voulu  mémorable et surtout nostalgique,
mais qui s’est transformée en un vrai débat critique qui a porté sur le passé, mais aussi, et surtout, sur le présent.
« Il faut que nous arrivions à retracer l’UGET et l’histoire de l’UGET », c’était le mot d’ordre autour
duquel les présents étaient tous unanimes. Sa contribution extraordinaire au mouvement national et à la libération, son apport au rayonnement de la Tunisie dans son environnement maghrébin, arabe et africain
ont été inestimables. C’était l’époque où tout le monde parlait de l’UGET, au niveau national et  
international.   De nos jours, on n’en parle presque plus. C’est pourquoi, faire connaître cette histoire est
la première préoccupation des générations successives de l’organisation syndicale estudiantine.
Kamel Morjane : l’histoire glorieuse de l’UGET ne doit pas être jetée aux oubliettes
Le président du parti Al Moubadara s’est félicité de cette initiative qui représente une occasion de se remémorer l’histoire glorieuse d’une organisation qui a su marquer de son empreinte des phases importantes de l’histoire du pays. Ayant contribué au mouvement de libération nationale, elle a fourni au pays les cadres
qui se sont attelés à la tâche de l’édification de l’Etat tunisien indépendant et moderne. M. Morjane a fait
part de son souhait de voir les générations anciennes raviver la flamme de leur attachement à l’organisation
estudiantine et tisser les liens avec la génération actuelle afin de permettre à l’UGET de redorer son blason
et de de contribuer à relever les défis d’aujourd’hui.
 Taher Belkhoja : inutile de remuer le couteau dans la plaie
Pour Taher Belkhoja, ancien secrétaire général de l’UGET des années 60 et ancien ministre de l’Intérieur
sous Bourguiba,  la question cruciale est celle de savoir comment transmettre le flambeau des anciennes générations à la génération actuelle pour poursuivre la marche qui a commencé il y a voilà plus de soixante
ans.
Cependant, afin d’atteindre cet objectif, il faut cesser, selon lui, de faire une fixation sur les erreurs du passé,
« cela ne veut pas dire les ignorer, car il faut en tirer les leçons, car tous les congrès de l’UGET depuis sa création étaient controversés, il n’y a pas uniquement le congrès de 1971 ».
Concernant la rencontre d’hier, M. Belkhoja  estime que ce sont de belles retrouvailles entre des personnes
qui ne se sont pas vues depuis des décennies. Cela permet, selon lui, de raviver les souvenirs et de se remettre en question, mais surtout de se rappeler que le pays a une histoire pleine de réussites et d’échecs aussi. Il ajoute
qu’ on ne peut tirer les leçons de l’Histoire sans qu’on ne soit en possession d’une vision sérieuse pour
l’avenir.  : « Toutes les personnes ici présentes n’ont plus d’ambitions personnelles. Cela n’empêche
qu’elles soient prêtes à apporter leur contribution pour aider le pays à sortir de la crise actuelle.  N’oublions pas que l’UGET était la pépinière qui a formé les cadres de l’Etat et c’est avec une très grande amertume qu’on regarde où en sont arrivées les choses actuellement au sein de l’organisation ».
Ce qui manque à la génération actuelle c’est d’avoir un référentiel qui montre la voie. Ce référentiel
devrait être ressuscité tout en l’adaptant au contexte actuel.
Mohamed Ennaceur : la deuxième République a besoin de l’UGET
Mohamed Ennaceur, président de l’ARP, considère que l’ actuelle UGET devrait être en mesure de
se hisser à la hauteur des défis de la deuxième République. À ses débuts, l’organisation estudiantine
réunissait des militants de toutes les familles politiques et de toutes tendances idéologiques, unis autour
d’un rêve partagé, celui de bâtir une Tunisie libre et juste dont se souciaient les pionniers de la première
République. La deuxième République « pose de nouveaux défis liés aux mutations importantes que
connaît notre pays et le monde aussi et qui ont conduit à l’émergence de nouvelles revendications », notamment, l’emploi pour les diplômés universitaires au chômage.
Aïssa Baccouche : personne ne monopolise à lui seul la vérité
Se voulant critique vis-à-vis des péripéties du 18e congrès hautement controversé de l’UGET en 1971,
Aïssa Baccouche, ancien secrétaire général, n’a pas manqué de faire remarquer que l’UGET dans son
état actuel est à l’image de l’ensemble des institutions du pays. Elle ne peut pas faire exception. Cependant,
il estime que la nouvelle génération a besoin de connaître la vraie histoire du mouvement estudiantin avec
tous ses acquis et ses erreurs,  afin qu’elle puisse retrouver un nouveau souffle. Comme autrefois, l’UGET
a un rôle à jouer aujourd’hui.
Cependant, s’il est indispensable d’écrire l’histoire du mouvement estudiantin tunisien depuis sa
constitution, il faut avoir présent à l’esprit que personne ne peut prétendre détenir le monopole de la vérité. Pour lui, toutes les parties devraient apporter leur contribution  dans la reconstitution des faits pour
parvenir à la vérité.
Aïssa Baccouche n’a pas manqué de constater, non sans regret, que le congrès de Korba de 1971 était l’occasion ratée pour l’entame du projet démocratique dans le pays. « On a voulu au sein de UGET que ce congre soit l’occasion pour ouvrir les structures de l’organisation aux autres composantes du mouvement, mais malheureusement notre tentative a avortée », a-t-il dit.
Mustapha Ben Jaâfar : l’impératif d’une lecture critique de l’histoire de l’UGET 
L’ex- président de l’ANC, Mustapha Ben Jaafar a appelé a une lecture critique de l’histoire de l’UGET.
Une lecture qui, sans renier les acquis, doit mettre l’accent aussi sur les erreurs commises.
Selon lui, « si l’expérience démocratique actuelle a réussi, c’est parce que l’expérience post-indépendance
a réussi ». Toujours est-il que les erreurs commises ont causé un grand tort au pays. Le congrès du parti destourien en 1971, celui de l’UGET la même année, janvier 1978 et les élections de 1981 sont toutes des
dates sur lesquelles il faut s’arrêter pour qu’on puisse avancer. C’est l’unique base pour lui sur laquelle
devrait se réaliser la réconciliation avec l’Histoire.
Et M. Ben Jaâfar d’ajouter que « si l’UGET a réussi sa mission après l’indépendance, c’est parce qu’elle
était inclusive et ouverte à toutes les tendances, mais lorsqu’ il est devenu exclusif, ceci a suscité la dérive
qu’on connaît aujourd’hui, car il a dévié de sa mission initiale ».
Habib Kazdoghli : il faut réconcilier la génération des bâtisseurs et celle des contestataires
En historien expert de l’histoire tunisienne contemporaine, le doyen de la faculté des Lettres, des Arts et
des Sciences humaines de La Manouba, a considéré les 64 années de l’histoire de l’UGET comprennent  
deux grandes phases : la première de 1952 jusqu’à 1971 a duré 18 années pendant lesquelles l’organisation
a été une pépinière pour former les bâtisseurs de la République. La deuxième, beaucoup plus longue puisqu’elle s’est étalée sur 46 ans, a commencé  à partir de 1971 jusqu’à aujourd’hui. C’est la période
des contestataires de la République. Pour le doyen, cette nouvelle donne est à prendre en considération
dans la lecture de l’histoire de l’organisation.
Pour lui, la situation actuelle par laquelle passe l’université est pour le moins inquiétante. Les taux de participation des étudiants aux élections des conseils scientifiques varient entre 10 et 15 %, c’est parce
que l’activité syndicale universitaire est devenue hyper politisée.
« L’université a perdu sa vocation initiale d’être une école de citoyenneté à une époque où la vie culturelle
était au cœur de l’université », et c’est cette vocation qu’il faudrait faire renaître dans l’esprit et
les activités des étudiants d’aujourd’hui.
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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 22:06

Abdellatif Ghorbal: Hommage à Slimane Doggui

Abdellatif Ghorbal: Hommage à Slimane Doggui

Nous commémorons cette semaine, à Paris le 11 mars et à Bizerte  le 18 mars, avec recueillement et beaucoup d'émotion, le 40e jour du décès de Slimane Doggui. Slimane : l'ami, le frère, le camarade, le patriote, le militant authentique et désintéressé.

Dès son jeune âge, Slimane Doggui, né à Bizerte en 1937, consacre sa vie à agir pour autrui. Il adhère aux mouvements de jeunesse, il s'engage dans les partis politiques (le Néo- Destour, le PSD, puis le MUP), et il milite au sein des milieux associatifs et culturels, aussi bien en Tunisie qu'à l'étranger.

Son parcours politique, riche et varié, a toujours été très cohérent, car guidé par l'amour de la patrie, un souci constant de justice, une soif de liberté, et la volonté de vivre pour les autres, parfois au détriment de ses propres intérêts individuels ou familiaux. 

Toujours à l'écoute, constamment disponible, en permanence prêt à s'engager en faveur des grandes causes nationales et arabes, Slimane fut un homme de principes, de convictions, d'engagements et d'actions, mû par un esprit ouvert et un comportement militant.

Désintéressé, il n'était attiré ni par les avantages matériels ni par la recherche des honneurs, ni par la soif du pouvoir. Il s'enflammait toujours pour la justice à l'échelle individuelle et collective, pour les luttes de libération des peuples, et pour le progrès social. Il aimait la vie, savait garder la mesure, et pratiquait sereinement sa foi dans le respect total des croyances de l'autre.
 
Fidèle et loyal envers ses compagnons de lutte, il demeurait néanmoins prioritairement attaché à ses principes et ses valeurs.

Modeste et respectueux des autres, amical et réceptif, il tendait sans hésitation la main à celles et ceux qui lui demandaient assistance. Il les aidait au mieux, les accompagnait dans leurs épreuves et souvent prenait en charge leurs soucis et angoisses face à la maladie, dans le respect scrupuleux du serment d'hippocrate.

Slimane avait une personnalité à la fois unique et multiple. Il a su préserver des liens amicaux et affectueux avec la majorité de ceux avec lesquels il a milité durant les différentes étapes de son parcours. C'est pourquoi nous assistons aujourd'hui à ces multiples hommages qui lui sont rendus par ses amis de différents milieux et âges.
Personnalité ouverte, Slimane doit être considéré avant tout en tant qu'humaniste engagé.   

Sa vie scolaire et universitaire, débutée à l'école primaire franco-arabe de Bizerte, s'est poursuivie à la Zitouna, pour se terminer à l'Université de Moscou par l'obtention du diplôme de docteur en médecine, puis celui de neurologue.

Sa vie professionnelle, commencée à Moscou, en tant que chercheur-enseignant, a continué à Paris comme médecin résident dans les hôpitaux universitaires puis comme médecin hospitalo-universitaire, et en tant que enseignant-chercheur dans les sciences médicales.

Dès son jeune âge, Slimane a pris part à la vie associative de l'époque, d'abord dans le mouvement des scouts puis dans des associations culturelles et politiques. et enfin au sein du mouvement étudiant en tant que membre actif à l'UGET à partir de 1952 à Bizerte, avant de devenir membre de la commission administrative au niveau national.

Slimane s'est engagé tôt dans l'action politique, en adhérant au mouvement patriotique, et en organisant durant sa scolarité à Bizerte, des grèves et des manifestations sans jamais faiblir malgré la répression et ses nombreuses arrestations par les forces coloniales.

Il s'est particulièrement illustré, en 1961, par sa présence sur le terrain et son militantisme actif en organisant la résistance et la mobilisation populaire contre la présence étrangère à la base militaire de Bizerte, jusqu'à son évacuation par l'armée française en 1963.

En reconnaissance de son rôle actif lors de cet épisode de la lutte de libération nationale, Slimane a été décoré par le président de la République tunisienne Habib Bourguiba, au cours d'une réunion officielle et populaire à l'occasion de la première fête de l'évacuation du 15 octobre 1964.

Sa vie politique et militante s'est naturellement poursuivie dans les années soixante par son engagement indéfectible et son entier soutien à la politique de planification conduite par Ahmed Ben Salah jusqu'à son arrêt brutal par Bourguiba en septembre 1969, suivi de l'éviction de l'aile gauche du parti socialiste destourien et de l'emprisonnement de ses membres les plus actifs.

En 1970, Il part en exil en France, où il continue d'agir dans le prolongement de ses engagements antérieurs. 
D'abord en conduisant les actions de soutien et de défense d'Ahmed Ben Salah et ses compagnons emprisonnés depuis mars 1970. Ensuite en lançant en 1973 à partir de l'étranger, avec Ahmed Ben Salah et les autres membres fondateurs à l'étranger (entre autres Hichem Moussa, Kamel Sammari, et moi-même), le Mouvement d'unité populaire (MUP).

Ce nouveau mouvement politique patriotique et progressiste s'est développé et structuré à l'étranger, mais aussi et surtout en Tunisie. Il a connu sa première grande épreuve lors de l'arrestation et l'emprisonnement de ses membres et dirigeants en mars - juin 1977, qui furent condamnés à des peines allant jusqu'à 8 ans de prison, comme ce fut le cas pour Slimane.

Le rôle incontestable de Slimane fut très important, voire déterminant, dans cette phase de création et de développement du MUP, de la publication de son manifeste et de son journal ''l'Unité populaire'' puis ''El Wehda Ach-chaabia''.
Cette phase de la vie politique de Slimane a été ainsi particulièrement riche et dense.

Suite à l'amnistie accordée aux condamnés du MUP en 1981, Slimane put rentrer en Tunisie, et se marier avec sa bien aimée épouse Najet Daly.

Depuis lors, fidèle à ses convictions, Slimane n'a cessé de s'impliquer activement au sein des mouvements de l'émigration arabe en Europe, et de poursuivre son engagement indéfectible en faveur de la Palestine, de l'Irak, de la Libye, du Soudan et de la Syrie.

Merci Slimane d'avoir réussi à communiquer autour de toi un esprit militant fort, d'avoir su valoriser le sens de l'engagement et du dévouement dans l'action politique, et d'avoir pu maintenir haut le flambeau des causes justes pour lesquelles tu t'es si fortement impliqué, et qu'il nous faudra à toutes et à tous continuer à porter.

Adieu Slimane.
Tu resteras toujours présent dans notre coeur et notre souvenir.

Abdellatif Ghorbal

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