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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 17:36

Communiqué commun

(Alger/Paris/Rabat/Tunis, 20 juin 2017)

 

Solidarité avec les réfugiés syriens bloqués à la frontière algéro-marocaine

 

Le 20 juin est la journée internationale du réfugié. A cette occasion, nous, associations signataires, attirons l'attention de l'opinion publique – tant au Maghreb qu'en France et dans le monde – sur le drame humain qui se déroule dans le sud de la frontière algéro-marocaine, et ce, depuis le 17 avril 2017. En effet, des familles syriennes fuyant la guerre qui sévit dans leur patrie ont traversé plusieurs pays, avant de se retrouver bloquées en plein désert, sans eau, ni nourriture, ni abri.

Grâce à la solidarité des habitants de Figuig (ville marocaine frontalière), plusieurs familles ont été introduites et acheminées vers Oujda. Les autorités marocaines ont arrêté quelques-unes de ces familles et les ont renvoyées à la frontière au mépris de tout droit international de protection des réfugiés. Aujourd'hui, vint-huit réfugiés syriens, dont douze enfants et huit femmes, sont en plein désert.

La militarisation des frontières algéro-marocaines entraîne de graves violations des droits humains. Depuis plusieurs années, les autorités de deux pays chassent les migrants subsahariens d'une frontière à l’autre. Et aujourd’hui, en flagrant délit d'atteinte aux droits des réfugiés et de la Convention internationale de Genève relative à la protection des réfugiés, elles bafouent le plus élémentaire des droits humains : celui d'accueillir des demandeurs d'asile fuyant la guerre dans leur pays.

Cette attitude illustre, dramatiquement, les conséquences de l'approche du tout-sécuritaire imposée aux peuples de la région, qui aspirent à un Maghreb des peuples ouvert, solidaire et démocratique.
 
Face à cette situation, les associations et organisations signataires :
– alertent l'opinion publique sur ce drame humain, qui se déroule près de Figuig, à la frontière algéro-marocaine ;
– exigent des autorités marocaines et algériennes d'assurer la protection des réfugiés, de les accueillir dignement, et de leur garantir instamment l'acheminement des vivres et des soins ;
– interpellent la France, l'Europe et les instances internationales (ONU et HCR...) pour une solution rapide dans le respect du droit, des conventions internationales et la dignité de ces hommes, femmes et enfants.
 
Alger/Paris/Rabat/Tunis, le 20 juin 2017.
 
Associations et organisations signataires :
APEL-Egalité
Appel d’Avignon à la solidarité avec le peuple syrien
Asbl Na’oura-Bruxelles
Association Alsace-Syrie
Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (ACORT)
Association Clarté Ambition Courage-France
Association de défense des droits de l’homme au Maroc (ASDHOM-France)
Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF)
Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA)
Association des Marocains en France (AMF)
Association des parents et amis des disparus au Maroc (APADM)
Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF)
Association des Tunisiens de l'Isère citoyens des deux rives (ATI-CDR)
Association des Tunisiens en France (ATF)
Association interculturelle pour la laïcité, l’égalité et la solidarité avec les femmes du Maroc (AILES-femmes du Maroc)
Association marocaine des droits humains (AMDH-Paris/Ile de France)
Association Na'oura (Belgique)
Association Promotion des Cultures et du Voyage (APCV)
Association Syrie Démocratie 33
Association TAMAYNUT-France
Association TIDI-France
CEDTIM-IPAM
Comité d'initiatives et de vigilance citoyenne d’Oran (CIVIC Oran)
Collectif algérien en France ACDA (Agir pour le changement et la démocratie en Algérie)
Collectif citoyen de soutien aux luttes sociales et démocratiques en Algérie (MASSIRA)
Collectif des amis d’Alep
Collectif Démocratie et Modernité-Maroc
Collectif des familles de disparus en Algérie
Collectif international pour défendre les victimes de la mafia immobilière et de la délimitation forestière
Collectif pour une Syrie libre et démocratique
Comité pour le développement et le patrimoine-Palestine
Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Palestine (CRLDHP)
Comité pour le respect des libertés et des droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT)
Conseil des lycées d’Algérie (CLA)
Coordination des organisations démocratiques marocaines de France pour la dignité, contre l’impunité et la hogra
Coordination maghrébine des organisations des droits humains (CMODH)
El Ghorba
EuroMed Droits
Euro-Mediterraan Centrum Migratie & Ontwikkeling (EMCEMO)-Pays-Bas
Fédération des Amis de Figuig (FAF)
Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR)
Fédération euro-méditerranéenne contre les disparitions forcées.
Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH)
Femmes plurielles
Forum citoyen solidarité des Marocains en Europe
Forum des alternatives Maroc (FMAS)
Forum marocain pour la Vérité et la Justice (FMVJ-France)
Forum Palestine Citoyenneté
Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES)
Immigration Développement Démocratie (IDD)
Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADH)
Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH)
Ligue des droits de l’Homme (LDH)
Manifeste des libertés
Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP)
Observatoire marocain des libertés publiques
Parti communiste français (PCF)
Parti d'avant-garde démocratique socialiste (PADS-Europe)
Parti socialiste unifié (PSU Maroc), section France
Plateforme euro-marocaine (MDCD)
Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ)-Algérie
Rassemblement Ifni-Aït Baarmrane
Réseau Euromed France
Revivre (association d'aide aux réfugiés syriens primo arrivants)
Sortir du colonialisme
SOS Disparus-Algérie
Souria Houria (Syrie libre)
Union des étudiants algériens en France (UEAF)
Voie démocratique-Paris (Annahj-Paris)
 
Pour tous contacts :
Mouhieddine Cherbib (mouhieddinecherbib@gmail.com)
Abdallah Zniber (abdallah.zniber@wanadoo.fr)
 

 
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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 10:50

Des identitaires récoltent des fonds pour empêcher le sauvetage de migrants

Les associations humanitaires accusent certains politiques européens d'avoir encouragé avec leurs propos ce type d'initiatives, rapporte "The Guardian".

Publié le  | Le Point.fr

Des opérations de sauvetage entravées par des identitaires.

Des opérations de sauvetage entravées par des identitaires. © CITIZENSIDE/Antonio Melita / Citizenside/ CITIZENSIDE/Antonio Melita
 
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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 04:31
A P P E L
 
Solidarité avec les réfugiés syriens et les migrants subsahariens
bloqués à la frontière algéro-marocaine
 
Jeudi 18 mai 2017, à 18 heures 30,
Fontaine des Innocents,
Place du Châtelet, Paris
 
 
Depuis le 17 avril dernier, quarante et un réfugiés syriens, dont quinze d’enfants, sont bloqués dans une zone frontalière algéro-marocaine, près de la ville de Figuig (Maroc), dans des conditions extrêmement difficiles, sous un soleil de plomb la journée et soumis à des attaques de serpents et de scorpions la nuit.
 
Le 8 mai, la situation s'est encore aggravée car les autorités marocaines ne laissent plus la société civile sur place venir en aide à ces réfugiés et leur fournir le minimum vital, à savoir de l'eau et de la nourriture. Face à l'évolution dramatique de la situation dans laquelle se trouvent ces réfugiés, plusieurs associations et organisations se mobilisent pour alerter l'opinion publique maghrébine et internationale, ainsi que les instances internationales afin de trouver une réponse à cette urgence humanitaire.
 
Par ailleurs, nous avons appris, par le mouvement associatif marocain, que trente-quatre migrants subsahariens se trouvent dans la même situation de détresse, rejetés et bloqués, eux aussi, à la frontière algéro-marocaine.
 
Les autorités respectives de l'Algérie et du Maroc passent, aujourd'hui, leur temps à se renvoyer la responsabilité de cette situation dramatique sans venir en aide à ces réfugiés. Elles sont coupables de non-assistance à personnes en danger.
 
La militarisation des frontières algéro-marocaines entraîne de graves violations des droits humains. Depuis plusieurs années, les deux armées chassent les migrants subsahariens d'une frontière à l'autre, en flagrant délit d'atteinte aux droits des réfugiés et de la Convention internationale de Genève relative à la protection des réfugiés, bafouant le plus élémentaire des droits humains : celui d'accueillir des demandeurs d'asile syriens échappant à la guerre qui ravage leur pays, ou des migrants subsahariens qui fuient la misère.
 
Cette attitude illustre dramatiquement les conséquences de l'approche du tout sécuritaire imposée aux peuples de la région qui aspirent à un Maghreb des peuples ouvert, solidaire et démocratique.
 
Face à cette situation, les associations, organisations et personnes signataires :
- alertent l'opinion publique sur ce drame humain ;
- exigent des autorités marocaines et algériennes d'assurer la protection des réfugiés et des migrants, de les accueillir dignement et de leur garantir dans l'urgence l'acheminement des vivres et des soins ;
- interpellent les instances internationales pour une solution rapide dans le respect du droit et des conventions internationales,
- exigent des autorités françaises de prendre leur responsabilité dans l'accueil des réfugiés syriens,
- appellent à un rassemblement de solidarité avec les réfugiés syriens et les migrants subsahariens : jeudi 18 mai 2017, à 18 heures 30, Fontaine des Innocents, Place du Châtelet, Paris.
 
 
Premières associations et organisations signataires :
 
Appel d’Avignon à la solidarité avec le peuple syrien
Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (ACORT)
Association de défense des droits de l’homme au Maroc (ASDHOM)
Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF)
Association des Tunisiens de l'Isère citoyens des deux rives (ATI-CDR)
Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA)
Association des Marocains en France (AMF)
Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF)
Association des Tunisiens en France (ATF)
Association marocaine des droits humains (AMDH)-IDF Paris,
Association Na'oura (Belgique)
Association Promotion des Cultures et du Voyage (APCV)
Collectif algérien en France ACDA (Agir pour le changement et la démocratie en Algérie)
Comité pour le respect des libertés et des droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT)
El Ghorba
Fédération des Amis de Figuig (FAF)
Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR)
Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH)
Forum Palestine Citoyenneté
Immigration Développement Démocratie (IDD)
Ligue des droits de l’Homme (LDH)
Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP)
Parti socialiste unifié (PSU Maroc), section France
Plateforme euro-marocaine MDCD
Réseau Euromed France
Souria Houria

Avec le soutien de (premiers signataires) :

Nadia Abbou, militante associative
Mourad Allal, militant associatif
Tewfik Allal, militant associatif
Mustapha Amgoune, militant politique
Mehdi Arafa, ingénieur
Boualem Azahoum, militant associatif
Nawal Badaoui, militante associative
Etienne Balibar, professeur émérite (philosophie), Université de Paris-Ouest
Mohammed Bazza, militant associatif
Farouk Belkeddar, militant associatif
Raymond Benhaïm, économiste
Tarek Ben Hiba, militant associatif
Abderrahmane Benkerroum, militant associatif
Ali Bensaad, géographe
Fatima Besnaci-Lancou, docteur en histoire contemporaine
Abderrazak Bouazizi Horchani, militant associatif
Mouloud Boumghar, juriste
Ali Brahimi, ancien militant du MCB et ancien parlementaire
Nadia Chaabane, militante associative
Nabil Challal, informaticien, militant associatif
Souad Chaouih, militante associative
Mouhieddine Cherbib, militant associatif
Alice Cherki, essayiste, psychanalyste
Ali Dabbaj, militant des DH
Delphine de Boutray, metteur en scène
Jocelyne Dakhlia, directrice d'études EHESS
Drisss El Kherchi, militant associatif
Driss El Korchi, militant associatif
Mohammed-Lakhdar Ellala, militant associatif
Abbas Fadhel, réalisateur
Saïd Fawzi, militant des DH
Seddik Ferchichi, militant associatif
Cherif Ferjani, essayiste, professeur émérite
Ouissam Ghmimat, militant des DH
Rachid Hammadi, militant associatif
Mohammed Harbi, historien
Hana Jaber, chercheuse
Abderrazak Kitar, militant associatif
Abdellatif Laabi, écrivain
Renée Le Mignot, responsable associative
Bachir Maaouni, militant associatif
Farouk Mansouri, militant associatif
Philippe Marlière, politiste
Umit Metin, militant associatif
Bachir Moutik, militant associatif
Slimane Noceir, militant associatif
Rahim Rezigat, responsable associatif
Fabrice Riceputi, historien
Lana Sadeq, militante associative
Youssef Selmi, responsable associatif
Hassan Slama, universitaire
Mohammed Smida, juriste
Taoufiq Tahani, universitaire
Tarik Toukabri, militant associatif
Michel Tubiana, responsable associatif
Emmanuel Wallon, professeur de sociologie
Farid Yaker, responsable associatif
Abdallah Zniber, militant associatif
Lamis Zohlof, militante associative
 
Pour tous contacts :
Souad Chaouih : 06 64 83 36 10 Mail : Pole.amf@gmail.com
Tewfik Allal : 06 81 60 65 43 : tewfik.allal@mailfr.com
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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 15:35

Directeur de la publication : Edwy Plenel
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Retraite, retour au pays: la vieillesse éprouvante des immigrés âgés 

PAR SANA SBOUAI
ARTICLE PUBLIÉ LE MARDI 18 AVRIL 2017

Pour de nombreux travailleurs étrangers, la retraite est un moment d'autant plus difficile qu'ils ont le
sentiment que la France cherche à les mettre à la porte. La prosaïque question des droits sociaux se mêle à celle, essentielle, du lien à la terre d’origine. Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec l’Institut Panos Afrique de l’Ouest. Le lieu de rendez-vous ressemble à une ruche ! En
rez-de-chaussée d’un immeuble du Xe arrondissement, à Paris, la pièce vitrée est pleine à craquer de petits papis, collés les uns aux autres, qui jouent aux cartes, aux dominos, qui papotent et rigolent. Au milieu des joueurs, un homme plus jeune, la cinquantaine, coincé dans une veste de sport dont la fermeture est remontée jusqu’au cou, passe de table en table pour ramasser les verres de thé vides ou en servir de bien pleins. 

À l’entrée, une feuille scotchée à la porte explique que l’accès du lieu est réservé aux plus de 50 ans. C’est le local de l’association Espace Fârâbi, structure de proximité qui accompagne les personnes vieillissantes, en particulier issues de l’immigration. C’est un lieu de passage, d’échange, d’entraide. L’endroit est principalement fréquenté par des Maghrébins, de temps en temps quelques Subsahariens et des Asiatiques viennent également s’informer, preuve des changements dans la population âgée migrante, conséquence inéluctable du vieillissement des dernières vagues d’immigration.
Cet après-midi, c’est le bienveillant Adel qui répond aux multiples demandes, pendant que l’homme à la
veste de sport, Habib, un habitué, donne un coup de main. Ce Tunisien avait 36 ans quand il est arrivé en France, il en a 52 aujourd’hui. Il pensait venir pour quelque temps « et finalement… ». Timide, il hésite d’abord à témoigner, ne comprend pas : lui est encore jeune, de quoi peut-il bien parler ? Oui, il est jeune, mais en émigrant, avait-il pensé à sa vieillesse ? Il éclate de rire : « Jamais ! » Et aujourd’hui ? « Non ! Toujours pas ! On ne pense jamais à après. » Quand il vient passer quelques heures à l’Espace Fârâbi, les retraités lui parlent comme à un petit frère. Certains regrettent d’être venus en France,
d’autres pas. Certains ont des difficultés avec la vie au quotidien, l’aspect administratif, le lieu de résidence ou encore l’isolement.
Le choc de la réalité «En venant en France, je n’imaginais pas que la situation pouvait être compliquée. Cette réalité a été un choc. Ici il y a beaucoup de gens démunis, et qui sont seuls. Il y a ceux qui  regrettent leur vie. Et ceux qui, même s’ils sont seuls ici, ne peuvent plus rentrer, car ils ne peuvent plus vivre au pays», témoigne-t-il. La réalité à laquelle il a été confronté est proche de celle de son compatriote Tahar, originaire du sud tunisien, arrivé en France en 1972, retraité retourné au pays, qui touche une allocation de complément à sa faible retraite et qui a des soucis de logement quand il revient en France, car les foyers ferment. Ou alors, de la réalité de Sadok, arrivé en France «avant Mitterrand», retraité depuis deux ans, pris dans la valse des allers-retours et qui attend la réception de sa carte de séjour retraité. Sadok est rentré au pays pour être avec sa famille, mais aussi parce que sa maigre
retraite ne lui permet pas de vivre dans l’Hexagone. 
En 2013, un rapport d’information sur les immigrés âgés avait été rédigé par une mission d’information
de l’Assemblée nationale. Selon ce document, cette même année, « les immigrés des États tiers âgés
de plus de 55 ans représentaient plus de 800 000 personnes et les plus de 65 ans près de 350 000
personnes. Deux tiers des plus de 65 ans viennent d’un pays du Maghreb [...]. On compte ainsi 127 000
Algériens, 65 000 Marocains et 37 000 Tunisiens ». Lors d'une manifestation, le 10 janvier 2017, à Boulogne-Billancourt, à la suite de l'incendie d'un foyer de la ville. Les petits droits des retraités étrangers 

Le rapport parlementaire dressait un constat peu glorieux, qui n'a pas changé quatre ans plus tard :
la présence de ces immigrés est toujours perçue comme temporaire ; l’attribution des droits sociaux
est tardive ; l'accès au logement est compliqué ; les pensions de retraite sont inférieures à la
moyenne… Ali el-Baz, membre du bureau du Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti),
connaît l’impact de ces obstacles sur la vie de ces retraités. « Avant, les retraités migrants, je n'y pensais
jamais, mais avec le temps je me rends compte... ce sont des gens seuls. » Ali el-Baz, qui assure une
permanence téléphonique sur les droits de séjour, a fait sa vie en France : 40 ans passés ici. Il a travaillé, fondé une famille et a toujours milité en faveur des droits des étrangers. Arrivé dans l’Hexagone sans papiers, il a très vite été régularisé. Il n'a jamais oublié son parcours et a toujours défendu les droits des autres : contre le harcèlement, contre les injustices. Dans les préoccupations de ses interlocuteurs,
la question des petites retraites revient souvent.
Beaucoup se plaignent du décalage entre leur pension et la réalité du travail effectué, du fait de trimestres non cotisés, faute d’emplois déclarés ou parce qu'ils ont travaillé sous alias. Les plus démunis peuvent bénéficier de l'allocation solidarité pour les personnes âgées (ASPA), soumise à une condition de résidence : six mois et un jour par an passés en France. Quand un retraité veut rentrer dans son pays d'origine, la situation se complique. « Les gens ne comprennent pas pourquoi, quand vient le temps de la retraite, ils sont obligés de vivre ici en France », rapporte Ali el-Baz.
Autre sujet d'inquiétude : l'assurance maladie et la prise en charge des soins pour le travailleur et sa
famille. Ou encore l’hébergement : alors que les foyers et les hôtels meublés disparaissent progressivement,
les retraités maghrébins, de même que les migrants subsahariens, ont plus de mal à se loger, explique Ali el-Baz. « On veut exclure les migrants de leurs droits, qu'ils rentrent chez eux avec le minimum de droits, qu'ils ne viennent pas se soigner, qu'ils ne touchent pas leur allocation solidarité, qu'ils rentrent chez eux avec rien… En fait, c'est presque une auto-expulsion... Tu quittes tout seul... », témoigne-t-il.
Le « fiasco » du décret d’octobre 2015
Pour remédier à une partie des problèmes et permettre aux retraités étrangers d'accéder à leurs droits sociaux quel que soit leur lieu de résidence, une nouvelle allocation a été mise en place, à la suite du décret du 6 octobre 2015. Cette aide à la réinsertion familiale et sociale (ARFS), qui figurait parmi
les recommandations du rapport de l’Assemblée nationale, trouve son origine dans la loi de 2007 sur
le droit au logement opposable. Son objectif était de faciliter le séjour de longue durée dans leur pays
d'origine des immigrés retraités résidant en foyers, tout en garantissant leur droit aux prestations en France. 

Le résultat est un « fiasco », selon Antoine Math, chercheur et bénévole au Gisti. Dès l'instauration de
cette allocation, il a dénoncé ses conditions d'accès trop strictes et son inefficacité. Le temps lui a donné
raison. Seule une centaine de demandes auraient été déposées, loin des 35 000 bénéficiaires annoncés par la ministre des affaires sociales Marisol Touraine. «Cette aide devait répondre à la possibilité de retour, à la possibilité de se déplacer sans perdre ses droits.
Cela n'a pas été le cas », estime Antoine Math qui souligne le cynisme sous-jacent de l’initiative, laquelle
devait permettre de faire de la place dans les foyers.
Arrivé du Mali en 1981, Mamadou Baradji, qui habite un foyer à Courbevoie en banlieue parisienne,
confirme : « Moi je ne comprends pas, déclare-t-il. Ils ne veulent pas nous voir, mais ils veulent que nos
maigres retraites soient dépensées ici. Ils ne nous laissent pas partir, mais ils transforment les foyers qui
nous logent en espaces réduits et accueillant tous les publics.»
Retourner au pays ?
Derrière les difficultés administratives, c’est le lien avec le pays d’origine, la liberté de circulation et la
question de l’isolement qui apparaissent. Ali el-Baz voit certaines de ses connaissances vieillir isolées. Car peu de gens ont anticipé ce moment : « Un jeune qui pense à la retraite, ce n'est pas un jeune ! On y pense quand on passe 50 ans, sinon il y a quelque chose qui cloche ! », plaisante-t-il.
Les uns choisissent de vieillir en France, les autres veulent rentrer dans leur pays d’origine. Selon les
statistiques de la Caisse nationale d’assurance vieillesse, en 2015, 8,9 % des 13,8 millions de retraités
résidaient à l’étranger. Parmi eux, 50,6 % vivaient en Europe et 43,9 % en Afrique, dont 96,2 % en Algérie, au Maroc et en Tunisie.


La vieillesse : éviter de mal mourir 
Et si beaucoup de travailleurs émigrés veulent rentrer, c'est que la question de la fin de vie aboutit à celle de la mort et du lieu d'inhumation. «La mort prend une autre dimension quand on est loin de sa terre d'origine, de ses habitudes, loin de ses marqueurs. Au pays, il s'agit d'un processus normal, ordinaire : il y a une socialisation autour de cette question, une présence qui n'est pas angoissante. Or, dans la situation migratoire, les gens ont un regard inquiet », explique Omar Samaoli, anthropologue et gérontologue, créateur de l’Observatoire gérontologique des migrations en France (OGMF). «La question n'est pas tant de mourir. Tout le monde va mourir ! L'appréhension est liée au fait de mal
mourir. Et mal mourir, c'est mourir hors normes, hors des normes posées par la société d'origine. C'est être privé des rituels, de la sociabilité qu'il y a autour de la mort », poursuit-il. D'où l’importance du lieu
d’inhumation : « La question est celle de la distance et du lien que les gens maintiennent avec le pays
d'origine. Quand les liens ne sont plus permanents, alors les gens veulent être enterrés dans leur pays
d'origine.» Lors d’un drame récent, ce lien avec le pays d’origine a prévalu : à la fin du mois de décembre 2016, un travailleur malien, âgé d’une quarantaine d'années seulement, a perdu la vie lors de l’incendie du foyer dans lequel il vivait à Boulogne-Billancourt. Exceptionnellement, le consulat du Mali a pris en charge le rapatriement du corps. Mais souvent, les communautés s’organisent par elles-mêmes.
Pour Omar Samaoli, les amis du défunt estiment souvent nécessaire de rapatrier pour ne pas  doublement faillir : du point de vue de l’ami décédé et du point de vue du pays d’origine. Ce
phénomène, explique l'anthropologue, est plus marqué dans la population des travailleurs subsahariens; pour de nombreux Maghrébins, à l'inverse, l’idée de donner une sépulture en France est une manière de construire une mémoire.
Cette question de leur dernière demeure, il arrive que les retraités de l’Espace Farabi se la posent. Avec
elle, les regrets resurgissent, comme dans la chanson «Allô allô l’agence» du chanteur Ali Ouaguenoun, qui appelle une agence de voyages pour acheter un billet de retour. Il dit avoir perdu sa jeunesse et souhaite rentrer chez lui. Des paroles dures et pleines de nostalgie. Ali el-Baz tempère, philosophe : «Chaque moment de la vie doit être vécu. Et même si la fin de vie ou la retraite ne sont pas terribles, elles ne doivent pas remettre en question le reste.» 
Boite noire
Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec l’Institut Panos Afrique de l’Ouest.

Directeur de la publication : Edwy Plenel
Directeur éditorial : François Bonnet
Le journal MEDIAPART est édité par la Société Editrice de Mediapart (SAS).
Durée de la société : quatre-vingt-dix-neuf ans à compter du 24 octobre 2007.
Capital social : 28 501,20€.
Immatriculée sous le numéro 500 631 932 RCS PARIS. Numéro de Commission paritaire des
publications et agences de presse : 1214Y90071 et 1219Y90071.
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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 17:59

Activités ATF-Charante et ATF-Aquitaine


Beaucoup d'effervescence aujourd'hui à Angoulême, une équipe du consulat de Tunisie à Toulouse épaulée par Madame Naima Nefzaoui, attachée sociale à Bordeaux s'est déplacée pour instruire les dossiers de passeport et autres sévices administratifs en faveur des Tunisiens vivant en Charente. Cette action a été réalisée avec le concours de l'ATF Charente présidée par le très engagé Chaker Kablouti. Un grand merci à M Sami Ben Sik Salem , consul à Toulouse pour cette initiative.
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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 11:38

Chinois tué par la police: 35 arrestations après un rassemblement

Chinois tué par la police: 35 arrestations après un rassemblement

Des personnes écrivent avec des bougies allumées le mot "violence" sur la chaussée devant le commissariat du 19e arrondissement, le 27 mars 2017 à Paris, pendant un rassemblement pour protester contre la mort d'un...

 

Paris: 35 personnes arrêtées à la suite d'une manifestation pour protester contre la mort d'un Chinois tué lors d'une intervention policière

La police a arrêté 35 personnes lundi soir à la suite d'une manifestation destinée à protester contre la mort dimanche d'un Chinois tué lors d'une intervention policière, a-t-on appris mardi auprès de la préfecture de police.

La Chine a demandé mardi à la France de protéger "la sécurité et les droits" de ses ressortissants.

Lors d'un point de presse, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a indiqué que Pékin avait officiellement protesté auprès des autorités françaises et "exigé" que Paris fasse "toute la lumière sur cette affaire".

"Trente-cinq personnes ont été arrêtées" lors du rassemblement d'environ 150 personnes "membres de la communauté asiatique" devant le commissariat du 19e arrondissement lundi soir, selon la préfecture de police de Paris (PP).

Vingt-six personnes ont été arrêtées pour participation à un groupement en vue de commettre des violences, trois pour violences sur agent de la force publique et dégradation d'un véhicule de police par engin incendiaire et six pour jets de projectiles, a rapporté la PP.

Trois policiers de la compagnie de sécurisation et d'intervention (CSI 75) ont été blessés légèrement.

Un véhicule de police a été endommagé par un engin incendiaire, ainsi que trois automobiles appartenant à des particuliers.

"Les autorités de police sur place ont confirmé leur volonté de recevoir une délégation de membres de la communauté asiatique afin d'apporter une réponse à leurs interrogations sur l'intervention policière du dimanche", a informé la préfecture de police. La rencontre n'a pas eu lieu, faute d'interlocuteur.

Dimanche soir, lors d'une intervention pour un "différend familial" dans une habitation du quartier Curial dans le 19e arrondissement, "dès l'ouverture de la porte", un homme s'est précipité pour agresser l'un des fonctionnaires, le blessant à l'arme blanche, avait relaté à l'AFP une source policière.

L'un de ses collègues a alors ouvert le feu, pour le protéger, blessant mortellement l'agresseur, avait-elle ajouté.

La famille de la victime "conteste totalement la version des faits, il n'a blessé personne", a déclaré lundi à l'AFP l'avocat des proches, Calvin Job.

"Un voisin a appelé la police en disant qu'il y avait des cris", mais selon eux il n'y a eu "aucun différend familial", a-t-il ajouté. 

L'homme, qui se trouvait avec ses quatre enfants âgés de 15 à 21 ans, était "en train de tailler des poissons avec des ciseaux", selon lui. 

"Les policiers ont ouvert de force la porte de l'appartement, ce qui l'a propulsé vers l'arrière". Le père de famille n'a "porté aucun coup" et "ne s'est pas précipité" sur les policiers qui auraient "tiré sans sommation", selon l'avocat.

La famille devait être entendue mardi après-midi par l'inspection générale de la police nationale (IGPN) selon l'avocat.

Le 2e district de police judiciaire et l'IGPN ont été saisis des enquêtes.

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 11:38

Camps de réfugiés : Merkel en Tunisie pour tenter de faire «plier» le gouvernement 

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Camps de réfugiés : Merkel en Tunisie pour tenter de faire « plier » le gouvernement

 

Deux semaines après la visite du Chef du gouvernement Youssef Chahed à Berlin, la Chancelière allemande Angela Merkel est attendue à Tunis pour le 3 mars prochain. Selon certains observateurs, elle a du mal à accepter le refus de la Tunisie  l’installation de camps sur son territoire pour accueillir des réfugiés de toutes les nationalités indésirables en Allemagne. Critiquée dans son pays pour la gestion du dossier de réfugiés et mise en difficulté à l’approche des élections, elle veut trouver au plus vite une solution à ce problème épineux.

Après le report de sa visite en Algérie initialement prévue pour le 20 février courant en raison d’une « bronchite aigue » du président Abdelaziz Bouteflika, elle garde encore l’espoir de faire plier le gouvernement tunisien et entend revenir à la charge avec le président Béji Caid Essebsi. Elle n’a pas du tout apprécié la fin de non-recevoir que lui a opposé Youssef Chahed sur ce point précis.

Pourtant au cours de sa rencontre avec lui,  le 15 février, Angela Merkel a obtenu l’accélération des procédures pour le retour des ressortissants tunisiens en situation illégale. la Tunisie a été accusée de tergiversations sur ce dossier et le cas d’Anis Amri l’auteur de l’attentat contre un marché de Noel à Berlin le 19 décembre dernier est souvent cité comme pour faire endosser la responsabilité aux autorités tunisiennes. Or, ce terroriste a été radicalisé dans une prison italienne, et la réponse de Chahed a été claire sur ce point.

Après le rejet de l’idée de création de camps pour réfugiés en Libye en raison de l’instabilité, la chancelière va tenter de faire pression sur la Tunisie en conditionnant l’aide allemande et le soutien de son gouvernement à la transition économique. Elle va, également, proposer des aides plus substantielles en cas d’acceptation de la Tunisie d’abriter ces camps.

B.O

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 12:03

Trump promet un peu facilement la victoire de son décret migratoire

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 Le président américain Donald Trump à Washington, le 10 février 2017
 

Le président américain Donald Trump à Washington, le 10 février 2017

 
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© AFP, Brendan Smialowski

AFP, publié le samedi 11 février 2017 à 07h32

Etats-Unis: après deux revers judiciaires, Trump se déclare certain de remporter la manche décisive sur son décret anti-immigration

Après avoir essuyé coup sur coup deux revers judiciaires sur son décret anti-immigration, Donald Trump se déclare certain de remporter la manche décisive. Sa mesure emblématique a pourtant du plomb dans l'aile et la bataille s'annonce ardue.

Instauré à la surprise générale le 27 janvier, son décret de fermeture partielle des frontières a subi en deux semaines deux coups d'arrêt dans l'ouest des Etats-Unis: le 3 février, un juge de Seattle en a bloqué l'application. Jeudi, la cour d'appel de San Francisco a maintenu cette suspension.

Irrité par ce double camouflet, M. Trump a immédiatement dénoncé une "décision politique" et sonné la riposte. "RENDEZ-VOUS AU TRIBUNAL", a-t-il tweeté. Vendredi, il a répété n'avoir "aucun doute" sur sa victoire finale en justice.

L'examen des options disponibles pour l'exécutif et l'étude de l'arrêt de la cour d'appel ne justifient pas un tel optimisme.

Au terme d'une journée à évaluer la meilleure stratégie à suivre, la Maison Blanche trahissait d'ailleurs vendredi soir une impression de grande hésitation.

Le gouvernement a dans un premier temps annoncé se résoudre à ne pas demander l'intervention de la Cour suprême, renonçant ainsi à la voie la plus rapide pour obtenir une éventuelle annulation de l'arrêt d'appel.

Pour M. Trump et son administration, ce choix est en effet risqué, la plus haute juridiction américaine restant composée de huit magistrats équitablement partagés entre progressistes et conservateurs. 

Une décision de la haute cour à égalité quatre contre quatre laisserait valide l'arrêt des juges de San Francisco. Soit un troisième camouflet --au sommet cette fois-- pour le nouveau président.

- Hésitation et volte-face -

Plus tard, la Maison Blanche a fait savoir par son secrétaire général Reince Priebus que toutes les cartes restaient sur la table. C'est-à-dire soit un recours devant la Cour suprême, soit un éprouvant combat sur le fond du dossier devant les juridictions inférieures.

Jeudi, les trois juges de San Francisco n'ont en effet répondu qu'à la question de savoir si l'ordonnance de suspension prise en urgence par le juge fédéral James Robart de Seattle devait être annulée ou pas. La cour d'appel n'a abordé que partiellement la question fondamentale de la validité du décret.

L'hypothèse d'une audience sur le fond ouvrirait la voie à de multiples requêtes et recours, devant un tribunal qui doit encore être fixé: soit le juge Robart de Seattle, soit les trois juges de San Francisco ou, dernière possibilité, cette même cour d'appel fédérale siégeant en formation collégiale avec 11 magistrats. 

Comme s'il était besoin d'en rajouter dans le compliqué, Donald Trump a évoqué vendredi une autre piste: dans son avion le menant en Floride, il a dit envisager une nouvelle mouture de son décret. 

Face au danger que cela soit vu comme un aveu d'échec, le président pourrait enrober ce texte remanié de nouvelles mesures. Il l'a annoncé pour la semaine prochaine au nom de "la sécurité du pays". 

Mais, quel que soit le terrain de l'affrontement juridique appelé à se poursuivre, l'arrêt rendu jeudi va peser lourd.

Dans leur décision de 29 pages rendue à l'unanimité, les magistrats de San Francisco enfoncent des coins profonds dans les arguments du président américain.

- Arguments massue -

La cour a notamment estimé que le gouvernement n'avait pas démontré l'imminence de graves atteintes à la sécurité des Etats-Unis.

Elle a rejeté l'affirmation gouvernementale selon laquelle la mise en place du décret n'avait imposé des contrôles renforcés qu'à seulement 109 personnes. Parlant d'un impact "étendu", la cour a évoqué les milliers de visas abruptement annulés, les centaines de voyageurs interdits d'embarquer et les détentions. 

La cour a balayé l'argument de l'exécutif selon lequel la fermeture temporaire des frontières était une prérogative absolue du président des Etats-Unis. "La justice fédérale conserve la faculté de se prononcer sur la constitutionnalité des décrets", a-t-elle souligné.

Enfin, les magistrats ont refusé de trancher la question de savoir si le décret présidentiel, qui vise sept pays à forte majorité musulmane, était discriminatoire sur le plan religieux. 

"Tout en reconnaissant que les affaires de sécurité nationale étaient du ressort du président, la cour d'appel a refusé de faire l'autruche et a au contraire considéré la réalité des faits, c'est-à-dire les conséquences du décret présidentiel et les déclarations univoques et discriminatoires du président", résume à l'AFP le juriste et diplomate David Pressman.

AFP, publié le vendredi 10 février 2017 à 07h40 

Etats-Unis: la cour d'appel de San Francisco a maintenu la suspension du décret anti-immigration

La cour d'appel de San Francisco a maintenu jeudi la suspension du décret anti-immigration de Donald Trump, mais sans que la justice se soit prononcée sur le fond du dossier, la bataille judiciaire étant appelée à se prolonger.

Les trois juges fédéraux n'ont en effet répondu qu'à la question de savoir si l'ordonnance de suspension prise en première instance et en urgence par le juge fédéral James Robart de Seattle le 3 février devait être annulée ou pas.

Ils ont répondu à l'unanimité par la négative, en arguant que le ministère de la Justice défendant le décret n'avait pas démontré l'imminence de graves atteintes à la sécurité des Etats-Unis du fait de la non-application temporaire du décret.

Ils ont rejeté l'argument de l'exécutif selon lequel la fermeture temporaire des frontières était une prérogative absolue du président des Etats-Unis.

"Même si les tribunaux doivent un respect considérable aux politiques du président dans les domaines de l'immigration et de la sécurité nationale, il ne fait aucun doute que la justice fédérale conserve la faculté de se prononcer sur la constitutionnalité des décrets de l'exécutif", ont écrit les juges.

La cour d'appel a tranché après avoir mis dans la balance différents intérêts nationaux.

"D'une part, il est dans l'intérêt supérieur du public de compter sur une sécurité nationale et sur la capacité d'un président élu à mener sa politique", ont jugé les magistrats. "D'autre part, il est également dans l'intérêt du public de permettre la libre circulation, d'éviter la séparation des familles et de protéger des discriminations".

"Le gouvernement n'a pas fait la preuve qu'un étranger d'un des pays visés ait perpétré un attentat aux Etats-Unis" par le passé, a souligné la cour d'appel.

"Ce n'est pas notre rôle de tenter de réécrire le décret", ont également rappelé les magistrats, tandis que certains républicains ont conseillé à Donald Trump de revoir sa copie. 

Donald Trump a annoncé son intention de poursuivre le combat pour son décret devant les tribunaux.

Lui et son administration peuvent décider soit de livrer bataille sur le fond devant le tribunal de première instance dans quelques jours ou bien demander l'intervention de la Cour suprême en contestant rapidement la décision rendue jeudi par la cour d'appel de San Francisco.Mais, et c'est un point crucial, les juges ont ouvert la porte à ce que dans les futurs débats d'audience, les opposants du décret puissent citer les multiples déclarations anti-musulmanes de M. Trump et de ses conseillers.

Donald Trump durant une conférence à la Maison Blanche, à Washington (Etats-Unis), le 10 février 2017. (JOSHUA ROBERTS / REUTERS)

        franceinfo avec AFP

       France Télévisions

 

Mis à jour le publié le Après deux revers judiciaires, sa mesure emblématique a du plomb dans l'aile. Mais le président américain Donald Trump a affirmé, vendredi 10 février, qu'il envisageait plusieurs options pour "gagner la bataille" de la sécurité, alors que son décret anti-immigration actuellement bloqué par la justice. 

Interrogé pour savoir s'il allait publier un nouveau décret, il a répondu : "Ça pourrait vraiment être le cas. Nous devons aller vite pour des raisons de sécurité, donc ça pourrait tout à fait être le cas." Le président est resté cependant flou sur ce qu'il prévoit d'amender dans l'actuel décret. "Nous allons aller très fort sur la sécurité", a-t-il rajouté, précisant qu'il n'y aurait pas de nouvelle mesure avant la semaine prochaine, "peut-être lundi ou mardi".

 

 

Vers un examen du décret à la Cour suprême ?

Instauré à la surprise générale le 27 janvier, son décret de fermeture partielle des frontières, surnommé "Muslim Ban", a subi en deux semaines deux coups d'arrêt dans l'ouest des Etats-Unis : le 3 février, un juge de Seattle en a bloqué l'application. Jeudi, la cour d'appel de San Francisco a maintenu cette suspension.

Irrité par cette décision, Donald Trump avait donné "RENDEZ-VOUS AU TRIBUNAL" sur son compte Twitter, semblant ainsi envisager de saisir la Cour suprême des Etats-Unis, la plus haute instance judiciaire du pays.

Selon des responsables américains, cette option n'est pas complètement abandonnée. "Nous gardons la porte ouverte à toutes les options", ont-ils déclaré. Pour Donald Trump et son administration, ce choix est toutefois risqué, la plus haute juridiction américaine restant composée de huit magistrats équitablement partagés entre progressistes et conservateurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

franceinfo avec AFPFrance Télévisions

Mis à jour le publié le Après deux revers judiciaires, sa mesure emblématique a du plomb dans l'aile. Mais le président américain Donald Trump a affirmé, vendredi 10 février, qu'il envisageait plusieurs options pour "gagner la bataille" de la sécurité, alors que son décret anti-immigration actuellement bloqué par la justice.

Interrogé pour savoir s'il allait publier un nouveau décret, il a répondu : "Ça pourrait vraiment être le cas. Nous devons aller vite pour des raisons de sécurité, donc ça pourrait tout à fait être le cas." Le président est resté cependant flou sur ce qu'il prévoit d'amender dans l'actuel décret. "Nous allons aller très fort sur la sécurité", a-t-il rajouté, précisant qu'il n'y aurait pas de nouvelle mesure avant la semaine prochaine, "peut-être lundi ou mardi".

Vers un examen du décret à la Cour suprême ?

Instauré à la surprise générale le 27 janvier, son décret de fermeture partielle des frontières, surnommé "Muslim Ban", a subi en deux semaines deux coups d'arrêt dans l'ouest des Etats-Unis : le 3 février, un juge de Seattle en a bloqué l'application. Jeudi, la cour d'appel de San Francisco a maintenu cette suspension.

Irrité par cette décision, Donald Trump avait donné "RENDEZ-VOUS AU TRIBUNAL" sur son compte Twitter, semblant ainsi envisager de saisir la Cour suprême des Etats-Unis, la plus haute instance judiciaire du pays.223 163 j

Selon des responsables américains, cette option n'est pas complètement abandonnée. "Nous gardons la porte ouverte à toutes les options", ont-ils déclaré. Pour Donald Trump et son administration, ce choix est toutefois risqué, la plus haute juridiction américaine restant composée de huit magistrats équitablement partagés entre progressistes et conservateurs.

 

 

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 06:35
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Hélène Garçon

À l'heure où les claviers d'ordinateur et de smartphone ont remplacé les stylos, et les écrans, le papier, vivre sans wifi semble pratiquement impossible. Si pour bon nombre de personnes, Internet est devenu comme une seconde nature, pour d'autres, il reste toujours une science impénétrable. Voici quelques conseils qui devraient vous aider à prendre le train du digital en marche.

Les bons logiciels et applications à télécharger

Lorsque vous achetez un ordinateur ou un smartphone, ceux-ci ne disposent en général que d'un système d'exploitation. Il est donc nécessaire de télécharger des logiciels, ou des applications si vous êtes sur smartphone, pour optimiser l'utilisation du produit. Sur ordinateur, de nombreux logiciels gratuits sont disponibles pour vous faciliter la vie au quotidien. Parmi ces programmes incontournables, la suite bureautique Open Office Writer qui permet de rédiger et de mettre en page des documents, le tableur Open Office Calc pour créer des feuilles de calculs et le logiciel de retouche photo Photofiltre. Côté smartphone, un large choix s'offre à vous : musique, santé, voyage, météo, banque, réseau sociaux... Quels que soient vos besoins ou vos envies, une application existe ! Il suffit de la télécharger depuis le Play Store si vous êtes sous Android, ou depuis l'App store, si vous êtes sous iOS.

De l'importance des réseaux sociaux

Vous l'aurez certainement remarqué : peu de personnes prennent encore la plume pour donner des nouvelles. Aujourd'hui, tout se passe en effet sur le web, et notamment via les réseaux sociaux où la communication n'a jamais été aussi rapide et facile. Votre petit-fils est en voyage en Inde ? Demandez- lui directement comment se passe son séjour en engageant une conversation vidéo en temps réel sur Skype ! Vous souhaitez retrouver de vieux amis que vous avez perdus de vue ? Tentez votre chance sur le site des Copains d'avant. Enfin, n'oubliez pas de vous créer un compte sur Facebook, où vous ne perdrez plus une miette de l'actualité de vos proches et connaissances, photos et vidéos à l'appui, et où vous pourrez échanger avec eux directement grâce à un système de messagerie instantanée.

Repérer les sites sécurisés

Comme les arnaques sont monnaie courante sur le web, il est important d'être vigilante quant à la fiabilité du site sur lequel vous souhaitez faire des achats. Avant de rentrer vos identifiants et codes de carte bleue, assurez-vous que la page est bien sécurisée. Pour cela, vérifiez en haut à gauche dans la case de l'URL que les lettres "http" soient bien suivies à la fois par un "s" (pour "securised") et par un cadenas. Enfin, certains navigateurs sont dotés d'un code couleur pour vous informer sur le degré de sécurité du site consulté : si la case de l'URL est verte, cela signifie que le site internet est géré par une société bien légale. Si, au contraire, une couleur jaune ou rouge s'affiche, mieux vaut éviter de fournir vos identifiants bancaires, parce que le système de paiement est non valide ou non authentifié.

Bien choisir ses mots de passe

Pour vous connecter à votre session d'ordinateur, pour payer en ligne ou accéder à vos comptes, des mots de passe vous sont systématiquement réclamés sur Internet. Garants de votre sécurité, ils vous assurent de garder votre vie privée et vos identifiants personnels secrets. Mais encore faut-il les choisir avec soin ! Dans un premier temps, veillez à choisir un mot de passe différent pour chaque site. Idéalement, chacun de vos mots de passe doivent être formés de huit caractères au minimum, puisés dans les lettres, chiffres et symboles, caractères que vous allez mélanger afin que les pirates du web ne puissent les craquer. N'oubliez pas de les noter sur un support papier, plutôt que de les stocker dans l'ordinateur si celui-ci n'est pas équipé d'un logiciel sécurisé, pour les retrouver rapidement et les mémoriser.

Connaître les bons mots-clés

Se mettre au digital peut paraître angoissant, surtout si vous ne maîtrisez pas le langage web (qui signifie "toile" en anglais). La plupart des mots-clés utilisés en informatique sont d'ailleurs des anglicismes, et à moins d'être totalement bilingue, la signification de certains d'entre eux vous échappe peut-être encore. Si par exemple vous ignorez ce qu'est un "chat", qui reste pour vous un animal de compagnie, ou ce qu'un "cookie" vient faire sur Internet, c'est qu'il est temps de réviser vos gammes, voire même de les apprendre. De petits quizz ludiques existent sur la toile afin de tester vos connaissances sur le langage Internet, et vous livrent pour chaque question la définition du mot ainsi que le contexte dans lequel il est généralement employé. Plus question de passer pour une bille en informatique !

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 16:40
 
 
 
 
 

AFP, publié le samedi 24 décembre 2016 à 11h52

Histoire: cinquante ans après, la France montre sa reconnaissance aux anciens tirailleurs sénégalais

De la boue d'Indochine aux nuits froides du djebel algérien, il s'est battu sous le drapeau bleu-blanc-rouge. Cinquante ans après, cet ancien tirailleur sénégalais recevra bientôt la nationalité française. "Mieux vaut tard que jamais", sourit Yoro Diao, 88 ans.

Après des années de bataille administrative, cette reconnaissance à laquelle il "ne croyait plus" a été solennellement promise cette semaine par le président François Hollande.

"C'est une injustice qui est réparée. Au Sénégal tout le monde en parle et aussi à Bamako, à Abidjan...", se félicite M. Diao, une barrette de décorations colorées épinglée sur sa veste grise. 

Cet homme mince est le doyen d'un petit groupe d'anciens combattants sénégalais qui viennent de quitter un foyer vétuste pour s'installer dans un local neuf à Bondy, au nord de Paris.

Certains portent une calotte traditionnelle, tous ont sorti cravate et costume pour célébrer la nouvelle, même s'"il ne faut pas danser avant que le tam-tam n'arrive", plaisante l'un d'eux.

Agés de 77 à 88 ans, ils appartiennent à la "dernière génération" d'une longue lignée de combattants africains engagés volontaires ou enrôlés d'autorité dans les rangs de l'armée française. Ils ont été de tous les combats du conflit de 1870 contre la Prusse à la guerre d'Algérie achevée en 1962.

Si les premiers régiments ont été formés au Sénégal, ces " tirailleurs sénégalais
" à la célèbre chéchia rouge étaient originaires de toutes les colonies françaises, de l'Afrique de l'ouest et du centre, jusqu'à Madagascar.

"On sait qu'ils étaient plus de 200.000 hommes lors de la Première guerre mondiale, 150.000 pour la Seconde, 60.000 en Indochine...", explique l'historien Julien Fargettas auteur d'un ouvrage consacré à ces "soldats noirs".

Engagé volontaire en 1951, Yoro Diao a servi en Indochine puis en Algérie. Il montre quelques photos jaunies tirées d'une enveloppe kraft. "C'était plus dur en Indochine. On tombait souvent dans des embuscades, j'ai perdu beaucoup de camarades, des Blancs, des Noirs".

Longtemps sous-payés, cantonnés à des grades subalternes, les soldats "indigènes" ont obtenu l'égalité des soldes en 1947 puis la possibilité de grimper sans frein dans la hiérarchie.

- 'Tests de français' -

Démobilisés, ces anciens combattants sont rentrés faire leur vie dans leur pays natal après l'indépendance, sans penser que la France, leur "deuxième patrie", pourrait leur tourner le dos.

Pourtant, en 1959, Paris gèle leurs pensions d'anciens combattants. C'est pour les tirailleurs le début d'une nouvelle guerre de tranchées, contre l'administration française.

De haute lutte, ils obtiennent le déblocage de leur pension en 2006. Comme leurs frères d'armes français, ils touchent désormais 336 euros tous les six mois.

Pour le symbole et une plus grande sécurité matérielle, ceux qui vivent en France réclament l'octroi de la nationalité. On les renvoie de ministère en préfecture. On leur demande de fournir les actes de naissance de leurs parents - souvent inexistants -, de passer un test de français.

"Humiliant", tranche Aïssata Seck, adjointe au maire socialiste de Bondy en charge des anciens combattants. "On ne leur a pas demandé de passer tous ces tests quand on les a envoyés au front".

Petite-fille d'un tirailleur sénégalais, cette élue de 36 ans a décidé de lancer une pétition après avoir constaté que les démarches individuelles restaient vaines. "A Bondy, il y a eu 33 demandes, un seul a été naturalisé, après trois ans de procédure", souligne-t-elle.


Lancé sur internet la veille des commémorations du 11 novembre 1918, le texte a recueilli plus de 60.000 signatures en quinze jours, dont celles des comédiens  Omar Sy et Jamel Debbouze. Et la situation s'est débloquée.

Contactée par le gouvernement, Assaïta Seck a reçu mercredi une lettre de François Hollande. Elle a rendez-vous tous les mois au ministère de l'Intérieur pour suivre les dossiers qu'elle reçoit de toute la France. "Moins de 1.000" vétérans seraient concernés.

"Bien sûr que c'est tard" mais désormais "c'est officiel, on ne peut pas revenir en arrière", se réjouit-elle. "Du baume au coeur", conclut M. Diao.

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