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29 octobre 2018 1 29 /10 /octobre /2018 19:24

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

AFP, publié le samedi 27 octobre 2018 à 19h59

 

Les dirigeants de Turquie, Russie, France et d'Allemagne ont appelé vendredi lors d'un sommet sur la Syrie à Istanbul à préserver le cessez-le-feu en vigueur dans la province rebelle d'Idleb et à une "solution politique" du conflit qui ravage le pays depuis 2011.

Le sommet "a insisté sur l'importance d'un cessez-le-feu durable (à Idleb) tout en soulignant la nécessité de poursuivre la lutte contre le terrorisme", selon la déclaration finale lue à l'issue de la réunion par le président turc Recep Tayyip Erdogan.

La réunion a salué "les progrès" accomplis à Idleb (nord-ouest de la Syrie) en ce qui concerne la mise en place d'une zone démilitarisée et le retrait des groupes radicaux de cette zone, aux termes d'un accord turco-russe conclu en septembre. 

M. Erdogan, les présidents russe Vladimir Poutine, français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel ont en outre dit leur détermination "à travailler ensemble pour créer les conditions propices à la paix et à la sécurité en Syrie" et à "soutenir une solution politique et renforcer le consensus international à cet égard".

En cas d'élections, il appartient aux Syriens "de l'intérieur et de l'extérieur" de décider du sort d'Assad, a affirmé M. Erdogan.

Les quatre dirigeants ont aussi appelé à "l'établissement et à (une première) réunion à Genève avant la fin de l'année du Comité constitutionnel" censé élaborer une nouvelle loi fondamentale, "si les conditions le permettent".

Ils soulignent aussi l'importance d'"assurer l'accès rapide, sûr et sans restrictions des organisations humanitaires à travers la Syrie".

- "Pression très claire" -

Le sommet, inédit dans ce format, a en outre appelé à créer les "conditions" pour un retour "sûr et volontaire" des réfugiés et déplacés syriens dans leurs foyers.

Le conflit en Syrie a fait plus de 360.000 morts et des millions de déplacés depuis 2011.

Cette rencontre est survenue alors que la situation dans la province rebelle d'Idleb reste explosive : des frappes du régime y ont fait sept morts vendredi, le bilan le plus élevé depuis l'entrée en vigueur mi-septembre d'un accord russo-turc ayant imposé un relatif silence aux armes.

Dans des déclarations à l'issue du sommet, M. Macron a appelé la Russie à "exercer un pression très claire sur le régime syrien" pour garantir un "cessez-le-feu stable et durable à Idleb".

"Nous comptons sur la Russie pour exercer une pression très claire sur le régime, qui lui doit sa survie", a-t-il déclaré.

L'accord conclu entre Moscou, allié du régime, et Ankara, parrain des rebelles, prévoyait notamment la mise en place d'une "zone démilitarisée" de 15 à 20 kilomètres de large pour séparer les territoires insurgés d'Idleb des régions gouvernementales.

MM. Erdogan et Poutine avaient conclu cette entente in extremis alors que le régime était sur le point de lancer une offensive de grande ampleur sur cet ultime grand bastion de l'opposition, au risque d'une catastrophe humanitaire.

- "Coordination accrue" -

La formation sous les auspices de l'ONU d'un Comité constitutionnel censé élaborer une nouvelle loi fondamentale et auquel le sommet d'Istanbul a apporté son soutien, s'annonce comme l'un des principaux défis en raison du blocage du régime. 

L'émissaire des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui a déploré vendredi la paralysie de son plan, était lui aussi présent au sommet d'Istanbul.

La Turquie et la Russie forment avec l'Iran un trio incontournable sur le terrain, où ces trois pays aux intérêts propres ont investi d'importantes ressources militaires. 

La France et l'Allemagne font partie avec cinq autres pays, dont les Etats-Unis, du "small group" sur la Syrie qui travaille notamment à trouver une solution politique. Leurs efforts ont cependant été éclipsés par le processus dit d'Astana mené par Ankara, Moscou et Téhéran.

Le sommet d'Istanbul a souligné dans sa déclaration finale "l'importance d'une coordination accrue entre les différentes initiatives internationale visant à parvenir à une solution crédible et viable du conflit syrien".

La déclaration finale n'a en revanche pas abordé la question de la reconstruction de la Syrie, un thème pourtant cher à Moscou.

Deux acteurs importants du conflit en Syrie, l'Iran et les Etats-Unis, qui sont à couteaux tirés, étaient absents samedi. M. Macron s'est toutefois entretenu jeudi avec le président Donald Trump pour accorder leurs positions.

Face à l'influence que Moscou obtient grâce à ses victoires militaires au bénéfice du régime, le ministre américain de la Défense, Jim Mattis, a affirmé samedi que la Russie ne pourrait "pas remplacer les Etats-Unis" au Proche-Orient.

 

Syrie: Russie, Turquie, France et Allemagne appellent à préserver la trêve d'Idleb

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(A partir de la gauche) la chancelière allemande Angela Merkel, le président russe Vladimir Poutine, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le président français Emmanuel Macron le 27 octobre 2018 à Istanbul
(A partir de la gauche) la chancelière allemande Angela Merkel, le président russe Vladimir Poutine, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le président français Emmanuel Macron le 27 octobre 2018 à Istanbul
 
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© AFP, Kayhan OZER, POOL
 

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29 octobre 2018 1 29 /10 /octobre /2018 15:57

A la une | News | Tunisie

Une attaque suicide dans le centre de Tunis fait au moins neuf blessés

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 AFP - 29/10/2018 - 15:37

Au moins neuf personnes, dont huit policiers, ont été blessées dans un attentat perpétré lundi en début d'après-midi par une femme kamikaze en plein centre de Tunis, a indiqué à l'AFP le ministère de l'Intérieur.

Cette femme, dont l'identité n'est pas encore connue, s'est fait exploser "à proximité de voitures de police", sur l'avenue Habib Bourguiba, la principale artère du centre de la capitale tunisienne, a déclaré Sofiène Zaag, porte-parole de ce ministère.

Sur place, une journaliste de l'AFP a pu voir le corps sans vie de la kamikaze. Plusieurs ambulances et d'importants renforts de police sont arrivés sur les lieux et le secteur a été immédiatement bouclé, d'après la même source.

De nombreuses boutiques de cette avenue commerçante ont rapidement baissé leurs rideaux, dans une atmosphère chaotique, selon une journaliste de l'AFP.

Il s'agit du premier attentat à secouer la capitale tunisienne depuis le 24 novembre 2015 quand une attaque suicide, commise là aussi en plein centre-ville contre un bus de la garde présidentielle avait tué 12 agents. Cette attaque avait été revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Quelques mois plus tôt, le 18 mars 2015, toujours à Tunis, deux hommes avaient ouvert le feu à l'arme automatique sur des touristes qui descendaient d'autocars pour visiter le musée du Bardo, avant de les pourchasser dans le bâtiment.

Vingt-et-un touristes et un policier tunisien avaient été tués dans cet acte également revendiqué par l'EI, tout comme l'attentat perpétré par un kamikaze en juin de la même année sur une plage et contre un hôtel près de Sousse (est), qui avait coûté la vie à 38 touristes.

En mars 2016, des dizaines de jihadistes venus de Libye avaient en outre tenté, sans succès, de s'emparer de postes des forces de sécurité dans la région de Ben Guerdane (sud), près de la frontière libyenne. L'attaque avait fait 20 morts parmi les forces de sécurité et les civils.

L'attaque n'avait pas été revendiquée mais les autorités tunisiennes avaient accusé l'EI d'avoir voulu créer "un émirat" sur le sol tunisien.

- Etat d'urgence -

A l'époque, cette série d'attentats avait gravement nui au tourisme, un secteur vital de l'économie tunisienne, contribuant à fragiliser le processus démocratique né de la révolution de 2011 contre le régime de Zine el Abidine Ben Ali.

Depuis le printemps 2016, les autorités tunisiennes se sont félicitées d'un retour au calme, même si en juillet dernier six membres des forces de l'ordre ont été tués dans une attaque dans le nord-ouest du pays.

A la faveur de cette accalmie, l'industrie touristique a connu une embellie lors des saisons 2017 et 2018, et la croissance tunisienne s'est raffermie.

L'état d'urgence reste toutefois en vigueur sur l'ensemble du territoire depuis l'attentat de novembre 2015, et la présidence tunisienne a annoncé une nouvelle prolongation d'un mois le 5 octobre dernier.

L'état d'urgence octroie des pouvoirs d'exception aux forces de l'ordre. Il permet notamment l'interdiction des grèves et des réunions "de nature à provoquer (...) le désordre".

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6 mai 2018 7 06 /05 /mai /2018 12:55

La tribune de Philippe Val contre le « nouvel antisémitisme », comme l’indique du reste l’adjectif qu’elle utilise, n’a pour objectif que de désigner une partie de la population de ce pays à la vindicte.

Il n’y a pas de « nouvel » antisémitisme dont la gravité éclipserait celle des autres. Serait-il plus néfaste que celui qui se manifeste au plus haut niveau de l’État, chez ces élites qui envisageaient d’un bon œil la publication des pamphlets de Céline ou l’inscription de Maurras et Chardonne dans le livre des commémorations nationales ? Édulcorerait-il celui, familier, d’une extrême-droite qui impose toujours un peu plus son agenda politique ? Non, bien évidemment, tout comme il n’y a pas un racisme plus grave qu’un autre. La lutte contre l’antisémitisme, l’islamophobie, la négrophobie ou l’antitsiganisme ne tolère aucune hiérarchisation. Tous ces racismes s’alimentent et se renforcent mutuellement.

La tribune de M. Val mélange à dessein la question de l’antisémitisme et celle de la détestable et criminelle politique israélienne, et ce point est lui aussi inacceptable. Nous refusons de valider cet amalgame qui est utilisé pour justifier les crimes de l’État d’Israël à l’encontre du peuple palestinien et le silence du monde entier.

Au-delà de la description d’une situation largement fantasmée, y compris au niveau national, sur le plan de l’antisémitisme – le texte parle, et c’est glaçant, d’épuration ethnique à bas bruit –, il n’a aucun objectif pacificateur. Il n’est écrit et diffusé que pour renforcer le consensus islamophobe contre des gens, souvent pauvres et habitant les quartiers populaires, qu’il accuse en bloc d’être antisémites.

Pour notre part, si nous constatons avec effroi l’existence d’une hostilité grandissante chez une partie minoritaire de l’opinion dite « musulmane » et « radicale » à l’égard des Juifs, et que celle-ci est suivie de passages à l’acte comme dans le cas de la tuerie de Toulouse ou celle de l’Hyper Casher, nous ne pouvons pas faire l’économie d’une analyse exigeante de la conjoncture politique et sociale française, ni de la géopolitique internationale. Ces nouvelles formes d’antisémitismes ne peuvent pas se comprendre sans une lecture globale et objective des forces qui agissent et produisent ces situations, à commencer par la mise en concurrence par l’État des différentes communautés – une division qui permet de mieux régner et une diversion des questions sociales –, mais aussi par les amalgames terribles entre Juifs et politique d’Israël que ne cesse d’alimenter une partie des élites de ce pays à laquelle ces tristes pétitionnaires participent.

Pour nous, un pays se compose de tous ceux qui y vivent et nous refusons fermement de relayer les propagandistes de la guerre civile.

L’islamophobie d’aujourd’hui n’est pas plus reluisante que l’antisémitisme d’antan, elle n’en est même que le pendant conjoncturel. Et pour paraphraser Frantz Fanon qui avait déclaré : « Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez les oreilles, on parle de vous », nous disons aujourd’hui : quand nous entendons dire du mal des Noirs ou des Musulmans, dressons l’oreille, car l’antisémitisme n’est pas loin.

Les signataires :

Alexis Cukier, philosophe
Nacira Guénif, sociologue Paris-8
Anick Coupé, militante associative et syndicale
Verveine Angeli, militante sydicale, Solidaires
Alain Gresh, directeur d'Orient XXI
Ivar Ekeland, ancien président de l'Université Paris-Dauphine
Nicole Lapierre, sociologue, directrice de recherche au CNRS
René Monzat, militant antiraciste
Marie-Christine Vergiat, députée européenne
Catherine Samary, économiste altermondialiste
Lila Charef, directrice du CCIF
Omar Slaouti, militant antiraciste, Collectif "Vérité et Justice pour Ali Ziri"
Alima Boumediene Thiery, avocate, ex-parlementaire, association Femmes plurielles
Laurent Levy, militant antiraciste
Said Bouamama, sociologue, militant du FUIQP
Ismahane Chouder, Participation et spiritualités musulmanes (PSM)
Tarek Ben Hiba, président de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives
Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des Indigènes de la République
William Bila, président de la Voix des Rroms
Fabienne Haloui, responsable lutte contre le racisme et pour l'égalité au PCF
Driss Elkherchi, président de l'ATMF
Michèle Sibony, militante à l'UJFP
Maxime Benatouil, militant à l'UJFP
Sonia Dayan-Herzbrun, sociologue, professeure émérite à l'Université Paris-Diderot Paris 7
Sonia Fayman, militante CEDETIM, UJFP et IJAN
Gus Massiah, militant CEDETIM
Eric Hazan, éditeur
Sathis Kouvelakis, philosophe, King's College, Londres
Eyal Sivan, cinéaste, professeur à l'Amsterdam University of Fine Arts
Christine Delphy, sociologue, féministe, chercheuse au CNRS
Sihame Assbague, journaliste et militante
Isabelle Stengers, philosophe
Mohsen Dridi, blog MIGRANT (E )S
Abderrazak Bouazizi Horchani, militant associatif
Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers
Mourad Allal, militant associatif
Moncef Guedouar, immigré tunisien
Michelle Guerci, journaliste
Philippe Marlière, professeur de science politique à l'University College de Londres
Alain Cyroulnik
Philippe Cyroulnik
Alain Job, retraité cadre territorial
Fabien Marcot, graphiste


Organisations signataires
Union Juive Française pour la Paix
Brigade Anti Négrophobie
Association des Travailleurs Maghrébins de France
La Voix des Rroms
La Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des Deux Rives
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie 

 

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22 février 2018 4 22 /02 /février /2018 14:28
  
   (BAPTISTE BOYER / FRANCEINFO)

UNE ÉTIQUETTE COLLÉE À VIE ?

François Molins est dans le studio de RTL ce mardi 23 janvier 2018. Le débat fait rage sur le rapatriement des femmes jihadistes et de leurs enfants. Avec le calme qui le caractérise, le procureur de la République de Paris insiste sur "la nécessité"d’une "prise en charge" "spécifique" et au "long cours" pour "ces petits, qui sont peut-être un peu des bombes à retardement". Le mot est lâché. Il fait bondir certains professionnels, comme Carine Teepe, une psychologue qui participe à un groupe de réflexion sur les problématiques des mineurs de retour de zone.

Si vous les regardez comme des bombes à retardement, vous en faites des bombes à retardement.

Carine Teepe, psychologue

L’expression de François Molins est "malheureuse", reconnaît une source judiciaire au sein d’un parquet francilien, estimant qu’il faut distinguer "la situation de ceux qui ont assisté ou participé à des exécutions et les autres".

Ce risque de stigmatisation, Fadila l’a violemment ressenti lors d’une audience devant le juge des enfants. Elle se souvient avoir entendu le psychologue chargé d’expertiser sa fille Alia parler d’un "enfant paranoïaque ou quelque chose comme ça". "Il la décrivait comme un mur, sans expression." Des qualificatifs qui ne correspondent pas à "la petite fille joyeuse qu’elle est". "Pour eux, c’est une future enfant de Daech. Ils lui ont collé une étiquette", renchérit Fadila.

"Ces enfants sont perçus comme des lionceaux du califat. Il faut que leur statut d’enfant reprenne le pas sur cette représentation", appuie-t-on à la Protection judiciaire de la jeunesse. Reste que "tout discours qui ne va pas dans le sens d’une ultra-répression dans ce domaine est inaudible", regrette l’avocat Jérémie Boccara.

Quand bien même certains de ces enfants présentent des troubles importants, "des bombes à retardement, ça se désamorce", estime de son côté Martin Pradel. A condition d’une prise en charge à long terme et d’un rattrapage pour ceux qui sont arrivés avant 2017 et la mise en place du protocole d’accueil.

François Molins l’a lui même préconisé : "Il faut innover et inventer des dispositifs de prise en charge qui soit pluriels et qui se traduisent par un vrai partage de l’information."

Sur ce point, les avis sont unanimes : la vague d’attentats qui a frappé la France a contraint les différentes autorités judiciaires, policières, sanitaires… à coopérer, à l’échelon national et local. Les réunions interministérielles sont régulières et, au niveau préfectoral, les cellules de suivi veillent au grain. "Attention à ne pas mélanger coopération et confusion", met toutefois en garde le professeur Thierry Baubet, qui a milité pour que la prise en charge médico-psychologique des enfants de retour de zone soit faite "dans le respect du secret médical. C’est à ce prix-là que les familles pourront investir les soins", estime le pédopsychiatre.

Il y aura d’autant moins de risques pour les enfants qu’on arrivera à travailler de concert avec les familles.

Thierry Baubet, psychiatre

Sous quelle forme cette collaboration peut-elle se mettre en place ? Le psychiatre suggère un bilan annuel avec les familles. "Pour ces enfants qui ont vécu des traumatismes précoces, des difficultés peuvent surgir à chaque étape-clé, comme la rentrée en CP ou la crise d’adolescence", explique-t-il.

Selon le médecin, l’une des dimensions oubliées du dispositif est la prise en charge des familles et des mères, notamment celles qui ont été laissées en liberté. "Ce sont majoritairement de toutes jeunes femmes ayant vécu avec beaucoup de difficultés tout ce qui s’est passé. Elles ont souvent besoin de soins ou d’aide", constate-t-il. Comme leurs enfants, ces femmes souffrent souvent d’un stress post-traumatique.

Dans les semaines qui ont suivi son retour, Laurence avait peur dans les transports. Elle paniquait dès qu’elle voyait un homme qui lui rappelait ceux qu’elle a suivis en Syrie et qui l’empêchaient de repartir. Malgré son contrôle judiciaire pour soustraction d’enfant, elle n’a bénéficié d’aucune prise en charge sur le plan psychologique. "Ils estimaient que j’étais une personne dangereuse pour mon fils et, pourtant, ils n’ont rien proposé", s’interroge-t-elle. Elle fait la démarche d’aller consulter. "Mais ça n’a pas collé avec le thérapeute."

Idem du côté de Stéphanie, qui a mis du temps à obtenir un rendez-vous chez un psychologue après son retour de Syrie. Après avoir été éconduite par un praticien en libéral, qui ne s’estimait pas compétent, elle a attendu plusieurs mois avant d’être reçue dans un centre médico-psychologique. Mais après quelques rendez-vous, elle a arrêté. "Pour moi, ce n’était pas une bonne psychologue. Elle ne parlait pas." Aujourd’hui encore, Stéphanie a "besoin de comprendre pourquoi" elle est "partie, et comment gérer l’après".

Je fais encore des cauchemars, j’ai des flashs, la nuit, je parle, je crie. J’ai peur de me faire tuer, je me sens en danger.

Stéphanie

"Elle n’est pas passée à autre chose", confirme sa mère. "Je souffre encore de la mort du père de mon enfant", reconnaît Stéphanie. "Une des meilleures manières de bien s’occuper des enfants est d’imaginer avec eux un avenir positif et d’aider les familles", reprend Thierry Baubet.

Le nouveau plan de prévention de la radicalisation répondra-t-il à cet enjeu ? Selon nos informations, il doit être présenté courant février. En attendant, Stéphanie a retrouvé un travail et cherche un appartement. Ce sont les deux conditions fixées par la juge des enfants pour retrouver la garde de son fils, confié à sa mère. Le prochain rendez-vous est fixé en mars.

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22 février 2018 4 22 /02 /février /2018 14:26
  
   (BAPTISTE BOYER / FRANCEINFO)

UN RETOUR À L’ÉCOLE ESSENTIEL MAIS PARFOIS COMPLIQUÉ

Le jour de sa rentrée en petite section, Salim est très content. Mais depuis, "il ne tient pas en place, n’écoute rien, est dans la provocation", constate son éducateur. Selon ce dernier, personne n’est au courant de la situation particulière du garçon au sein de l’établissement scolaire, une précaution qui vise à le préserver. Le rectorat a-t-il été informé ? Depuis la coordination mise en place dans le cadre de la circulaire de mars 2017, il est censé l’être. "Le retour à l’école se fait après décision du médecin missionné par l’Agence régionale de santé et l’information circule au sein d’une chaîne qui va du préfet au directeur de l’établissement, en passant par l’inspecteur d’académie et le référent prévention-radicalisation de chaque département", explique-t-on au ministère de l’Education.

"Jusqu’à présent, on a quelques dizaines de remontées et ça se passe plutôt bien", précise-t-on rue de Grenelle. Claire Silvestre-Toussaint, psychologue en charge du dossier "radicalisation" pour la Fédération française des psychologues et de psychologie, souligne la nécessité de ce retour en classe.

Il est très important que l’enfant se fasse des copains.

Claire Silvestre-Toussaint, psychologue

Les enfants de retour de Syrie ou d’Irak ne sont pas tous en âge d’être scolarisés. Parmi les 21 pris en charge en Seine-Saint-Denis, sept enfants sont scolarisés en milieu ordinaire, cinq ne sont pas en âge de l’être et les autres sont dans une phase de transition. "Ils ont été séparés brutalement, traumatisés, ils ont besoin de se poser un peu. L’arrivée dans la vie collective, très structurée, avec des rituels et des routines, n’est pas forcément simple", explique-t-on à la Protection judiciaire de la jeunesse, qui gère parfois ces retours à l’école, dans le cadre d’une action éducative en milieu ouvert (Aemo).

Mehdi était un peu perdu quand il est arrivé. On lui faisait découvrir ce qu’est un jouet, un dessin animé, des sorties...

Stéphanie, sa mère

"Le jour de la rentrée, il n’a pas pleuré. Il retenait ses larmes." Stéphanie a préféré prévenir elle-même la directrice et la maîtresse de l’école maternelle. "Il a un peu de retard donc c’est mieux." Mis à part ça, "il ne montre rien, à part quelques peurs. Une fois, il a sursauté quand des jouets sont tombés". Laurence a aussi prévenu l’école quand son fils est retourné en moyenne section. "Sa maîtresse était attentive, présente, tout en le laissant faire sa vie à l’école. Il ne parlait pas de ce qu’il avait vécu à l’extérieur, seulement à moi, son papa et sa tante."

Pour Alia, l’école en Syrie se résumait à apprendre "l’alphabet, compter, faire la prière", selon sa mère. Elle emportait un petit voile dans son cartable. Pour la maintenir à niveau après leur départ, Fadila lui donnait des cours de français. "Je me suis procuré des livres, comme La Petite Fourmi. Elle l’a toujours avec elle." Alia n’a pas pu ramener, en revanche, son livre de Cendrillon. Un membre de sa famille lui a demandé de le déchirer. "Elle n’a pas compris pourquoi."

De retour en France, Alia a pour consigne de ne pas évoquer son séjour en Syrie dans la cour de l’école, l’établissement n’étant pas informé. Tout se passe bien jusqu’à ce que sa situation s’ébruite après l’interpellation de sa mère. "Les regards ont changé, c’est plus difficile pour elle maintenant", regrette Fadila.

Dans l’école de Mehdi, tout le monde est au courant de son histoire. "Tout se sait, ça parle beaucoup, il y a des commérages", souligne sa grand-mère. Pour l’instant, rien de grave car l’enfant est petit. Mais sa mamie a peur que la situation se corse au fil des années.

Ce qui m'inquiète, c’est que Mehdi soit un jour catalogué. Ca va nous poursuivre un long moment.

Sa grand-mère

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22 février 2018 4 22 /02 /février /2018 14:25
  
   (BAPTISTE BOYER / FRANCEINFO)

PARLOIR, FAMILLE D'ACCUEIL... UN QUOTIDIEN DIFFICILE

Salim est en colère quand il revoit sa mère pour la première fois, en prison. Il ne veut pas s’approcher d’elle, fait des allers-retours dans le parloir. Il crie, dit "non". La petite Nora, elle, reste collée aux éducateurs. "Pour eux, leur mère avait disparu", commentent ces derniers. Cette première visite en prison a eu lieu six mois après leur retour en France. Un délai plutôt rapide. "J’ai des clients qui n’ont pas pu voir leurs enfants pendant un an", déplore Martin Pradel. Selon l’avocat, les juges des enfants ont beau autoriser ces visites, les personnels de la protection de l’enfance mettent du temps à les effectuer, faute de moyens et de formation.

Ces services sociaux sont déjà complètement débordés par la soixantaine d’enfants rentrés. Ils se font une montagne d’avoir affaire à des enfants de jihadistes.

Martin Pradel, avocat

Son confrère, Jérémie Boccara abonde : "L’ASE (Aide sociale à l’enfance) n’est pas du tout armée. Ils sont toujours à vouloir séparer les enfants des parents. On va ostraciser ces mômes. Plus on les sépare de leurs parents, plus on les met dans des conditions de vie anormales."

Du côté de l’ASE et de la PJJ, dont les éducateurs assurent aussi ces visites au parloir, on invoque les délais incompressibles qu'impliquent de telles demandes. "Il faut demander un permis de visite au juge, ça prend quelques semaines. Et puis, emmener l’enfant, ça prend une demi-journée, c’est très lourd à gérer."

Mais les professionnels l'admettent : la peur de ce nouveau public crée des réticences. En cause, un manque criant de préparation et d’informations, qui touche jusqu’aux familles d’accueil. En témoigne celle qui attend Salim et Nora à l’aéroport et qui pense s’occuper de petits réfugiés syriens. Quand elle apprend qu’il s’agit de "revenants", elle panique et appelle ses référents à l’ASE tous les jours. "Le stress de la famille d’accueil avait un impact sur les enfants", note un éducateur.

Les services sociaux ont l’habitude de travailler avec des mineurs isolés étrangers, provenant de pays en guerre. Mais ces derniers sont plus grands et ne sont pas associés à la vague d’attentats qui a frappé la France depuis 2015. "Le contexte dans lequel ont grandi les enfants de l’Etat islamique a effet sur les professionnels de la protection de l’enfance, éducateurs comme famille d’accueil, concède Thierry Baubet. On passe beaucoup de temps à les soutenir, via des groupes de parole."

Les lieux d’accueil des enfants et les noms des personnes qui les suivent au quotidien sont tenus secrets et ne figurent même pas dans les dossiers de la protection de l’enfance. Malgré cette anonymisation, un sentiment d’insécurité domine chez ces travailleurs sociaux, qui ont peur d’être retrouvés par les proches de ces enfants.

L’avocat de la mère d’un enfant était très insistant et est allé jusqu’à appeler directement nos éducateurs pour savoir où était la famille d’accueil. 

Un cadre de la protection de l’enfance de Seine-Saint-Denis

Le département, en première ligne pour gérer ces situations, le reconnaît : aucune formation n’est dispensée aux travailleurs sociaux en contact avec ces mineurs. Du coup, c’est le système D. Un éducateur nous confie avoir lu Les Revenants, de David Thompson, et avoir regardé la série The State, sur l'Etat islamique, diffusée sur Canal +, pour en savoir un peu plus. Son collègue s’est inscrit à une formation dispensée au ministère de l’Intérieur. Un projet d’analyse de pratiques est envisagé, pour mutualiser les connaissances.

Les choses se mettent ainsi en place, bon an mal an. Après avoir pu consulter un psychiatre spécialisé, la famille d’accueil de Salim et Nora a arrêté d’appeler tous les jours. Les deux enfants vont un peu mieux, même si Salim a "toujours des angoisses de séparation. Il prend un jouet avec lui où qu’il aille". Les visites au parloir, à raison d’une fois par mois, se passent bien.

Ce semblant de stabilité, quelques mois après le retour, reste toutefois précaire. Le placement n’a pas nécessairement vocation à durer, surtout si la famille élargie est jugée apte à s’occuper des enfants. "Salim va moins bien depuis qu’il a rencontré son oncle et sa tante. Il a compris que ces gens, qu’il ne connaît pas, vont sans doute le récupérer", explique son éducateur. Une nouvelle rupture en perspective.

Ce déchirement des familles, c’est un 'suraccident' de la vie.

Martin Pradel, avocat 

Alia, la petite fille de Fadila, semble quant à elle avoir été plus perturbée par l’interpellation musclée de sa mère, quelques mois après leur retour clandestin en France, que par son séjour en Syrie. L’enfant est placé dans un foyer pendant une dizaine de jours. Mère et fille se retrouvent au tribunal pour enfants. "Je ne l’ai pas reconnue, elle était de dos, j’avais l’impression qu’elle avait maigri. On a beaucoup pleuré, elle ne voulait pas me lâcher", raconte Fadila, les larmes aux yeux. Alia retourne chez elle le lendemain. Deux semaines après, la petite fille explose en pleurs au dîner."Elle m’a dit : 'Maman je m’en veux, je t’ai même pas fait de câlin le jour où la police est venue. Je pensais que j’allais te revoir le soir.' Ca lui est resté sur le cœur.'" Alia a fait beaucoup de dessins très noirs après cette interpellation.

Mehdi s’est lui aussi inquiété quand les policiers sont venus faire une perquisition administrative chez sa maman à 6 heures du matin, un an et demi après son retour. "Plusieurs jours après, il m’a demandé si la police allait revenir", raconte Stéphanie. Après son placement trois semaines en famille d’accueil, Mehdi était tout le temps collé à sa mère. "Dès que je sortais faire des courses, il hurlait, il pensait que j’allais le laisser. Depuis, il a repris confiance." Le retour à l’école et au centre aéré l’a beaucoup aidé.

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22 février 2018 4 22 /02 /février /2018 14:23
   
    (BAPTISTE BOYER / FRANCEINFO)

DES TROUBLES PSYCHIQUES DIFFICILES À ÉVALUER

Les premières semaines ont été très difficiles pour Salim* et Nora*, âgés respectivement de 3 ans et 10 mois. Séparés de leur maman fin 2016, ils ont été placés en famille d’accueil du département. "Salim hurlait, jouait avec ses excréments et en mettait partout sur les murs. Il avait peur des bruits d’aspirateurs et d’avions", rapporte un travailleur social du département en charge de son suivi.

La plus petite était aussi très agitée et ne dormait pas la nuit. Elle pleurait dès que la famille d’accueil quittait la pièce.

Un travailleur social de Seine-Saint-Denis

Les éducateurs ont dû trouver eux-mêmes une consultation dans un service psychiatrique d’un hôpital de Seine-Saint-Denis, quelques mois plus tard. Aujourd’hui, la prise en charge médicale et psychologique est immédiate pour les enfants de retour de Syrie et d’Irak.

Dès leur arrivée à l’aéroport, un médecin peut les examiner en cas d’urgence. Ils sont ensuite hospitalisés pendant une journée pour effectuer un bilan : pesée, vaccination, détection d’éventuels parasites… Un contact est pris avec un psychiatre de l’un des trois établissements référents en Ile-de-France.

Commencent alors des consultations, sur une période de deux à trois mois, à domicile ou à l’hôpital. "L’objectif est d’essayer de comprendre quels sont les impacts du vécu de l’enfant sur son développement et comment on peut l’aider", explique Thierry Baubet, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, qui a contribué à la mise en place de ce protocole d’évaluation et de soins.

Les troubles de l’enfant varient beaucoup selon l’âge, la période à laquelle il a vécu dans ces pays et le comportement de ses parents. "Ceux qui sont rentrés récemment ont vécu des événements très violents, avec des bombardements intenses, des pères morts brutalement, une incarcération sur zone ou en Turquie dans des camps…", relève le psychiatre.

Le deuil d’un parent est ce qui peut arriver de plus dur à un jeune enfant.

Thierry Baubet, psychiatre

En décembre 2017, un garçon de 11 ans a été rapatrié seul à Roissy, toute sa famille ayant été tuée dans des bombardements. Placé en foyer, "il a craqué tout de suite et a menacé d’égorger une éducatrice", reconnaît un membre de la protection de l’enfance de Seine-Saint-Denis. Un incident isolé, selon le département, la majorité des enfants ayant moins de 5 ans."Dans la plupart des cas, les parents ont essayé de les protéger", confirme Thierry Baubet.

C’est le cas de Laurence, qui a tenté de "préserver" son fils de ce qu’il pouvait voir sur place, à commencer par le port quotidien du niqab. "Ça l’a frappé. J’ai tourné ça en dérision, en disant 'maman est comme batman', vu qu’il était dans sa phase Marvel." Mère et fils restent la plupart du temps cloîtrés dans un appartement à Raqqa. "J’avais quelques livres, comptines, dessins animés que je lui montrais en cachette. On dessinait, on s’occupait des oiseaux en cage sur notre balcon."

"Les clientes que j’ai eu l’occasion de défendre ont tout fait pour protéger leurs enfants de la guerre", observe l’avocat Jérémie Boccara. "Elles les éduquent à la française, leur font regarder Dora l’exploratrice et Peppa Pig et pas des images de décapitation. Même si des bombardements résonnent au loin, les enfants ne sont ni traumatisés ni embrigadés à leur retour", assure-t-il, dénonçant les fantasmes autour de leur état psychique.

Les situations sont toutefois très variables. Parfois, les bombardements sont tout près. "J’ai entendu au moins huit explosions d’affilée. J’ai ouvert les yeux et j’ai hurlé", se souvient Stéphanie. Un tapis de bombes vient de s’abattre sur un bâtiment voisin. "Mon fils criait 'vite, vite, vite'. Nous avons descendu les étages en courant pour nous réfugier au rez-de-chaussée."En 2015, déjà, les raids aériens sont nombreux. Fadila*, qui a passé moins d’un an en Syrie avec sa fille de 5 ans cette année-là, évoque jusqu’à "38 frappes par jour".

Aujourd’hui, les sirènes du mercredi angoissent la petite.

Fadila, mère d'Alia

Les conditions de départ occasionnent aussi beaucoup de stress. Salim, Nora et leurs parents ont été arrêtés par des soldats de l'Etat islamique lors d’une première tentative de fuite. "Ils ont été séparés de leur mère plusieurs jours. Ils vivaient tout le temps dans la peur, ils changeaient d’endroit sans arrêt, ils étaient hyper stressés", raconte un des éducateurs qui les suit. Stéphanie, elle, a mis deux mois pour quitter la Syrie, cachée avec son fils chez des familles syriennes. Evasion en voiture, puis en moto, passage par l’Irak, où ils séjournent pendant cinq jours dans une cellule, avant de s'envoler pour Paris… le périple a été éprouvant.

La liste des troubles que ces enfants peuvent présenter donne le vertige :"Troubles post-traumatiques, troubles du sommeil, troubles de l’attachement, problèmes psychomoteurs, dépression, difficultés cognitives, psychisme envahi par des flash back", énumère le professeur Thierry Baubet. Dans sa salle de consultation, peu de dessins et peu de mots.

Ces enfants ont du mal à parler. Ils ont peur de trahir des secrets, de manquer de loyauté envers leurs parents. Raconter la vie là-bas, c’est difficile.

Thierry Baubet, psychiatre

Mehdi, le fils de Stéphanie, ne voulait pas parler de son papa, tué dans un combat contre les Kurdes. "Si on lui posait une question, il disait 'laisse-moi tranquille'", raconte sa mère. Il fait partie des enfants qui n’ont pas bénéficié d’une prise en charge psychologique immédiate. "Les démarches ont été longues. Il a fallu un an pour avoir une place au centre médico-psychologique", témoigne la mère de Stéphanie, qui a entrepris toutes les démarches elle-même. Les séances, à raison d’une fois par semaine, lui ont fait du bien. "Il y a peu de temps, il m’a dit que son père lui manquait, c’était la première fois."

Et au-delà des éventuels traumatismes vécus en Syrie, la rupture des liens provoquée par le retour est une épreuve supplémentaire. "C’est pour ça qu’on étale le bilan sur trois mois, explique le psychiatre. La détresse chez l’enfant liée à la séparation brouille les cartes. Sa symptomatologie change beaucoup si les contacts avec la mère ont repris, même au parloir."

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22 février 2018 4 22 /02 /février /2018 14:18

ENQUETE FRANCEINFO. De l'aéroport à l'école, l’épineux retour en France des enfants de jihadistes

   

"Ces gamins ont vécu dans des conditions qui ne sont pas normales, avec des valeurs différentes de celles de nos sociétés occidentales. Certains ont assisté à des décapitations, voyaient des armes à la maison, avec des valeurs antidémocratiques, anti-tout." Ces"gamins", dont parle François Molins, ce mardi 23 janvier, ont vécu leurs premières années sur les terres régies par l’organisation Etat islamique, en lieu et place de la République française.

Un petit nombre d’entre eux a regagné le pays de leurs parents jihadistes ces derniers mois. Ces "petits revenants", comme on les surnomme, font peur ; même s’ils n’ont pas tous assisté à des décapitations. Sont-ils des"bombes à retardement", comme le craint le procureur de la République de Paris ? Si oui, comment les désamorcer ? "Ce sera l’un des gros enjeux des années à venir", estime le magistrat.

Depuis le mois de mars 2017, une circulaire dicte la conduite à tenir avec ces enfants de l’ombre, de leur arrivée à l’aéroport jusqu'au retour à l’école. Elle prévoit notamment un placement provisoire immédiat et une évaluation médico-psychologique systématique. Mais entre les lignes des textes ministériels, se glissent des histoires bien particulières. Nous vous racontons ici le sinueux parcours des mineurs de retour de Syrie et d’Irak.

  
   (BAPTISTE BOYER / FRANCEINFO)

UN PLACEMENT IMMÉDIAT QUASI SYSTÉMATIQUE

Stéphanie* s’en souviendra toute sa vie. L’avion qui la ramène de Turquie avec son petit garçon vient de se poser à Roissy (Seine-Saint-Denis). En guise de comité d’accueil, sa mère, des agents de la DGSI et des éducateurs de la protection de l’enfance."J’avais dit à mon fils qu’il allait partir chez sa mamie, mais le juge a changé d’avis", raconte la jeune femme, qui s’est convertie à l’islam par amour et a suivi son mari en Syrie il y a trois ans. Mehdi*, trois ans et demi, comprend qu’il va être séparé de sa mère, éclate en sanglots et s’accroche de toutes ses forces à sa djellaba noire. La phrase de l’assistante sociale résonne encore en elle aujourd’hui : "On ne va pas y passer la nuit, il faut faire au plus vite."

Ces scènes douloureuses se sont multipliées ces derniers mois sur le tarmac de l’aéroport francilien, où atterrissent la plupart des "petits revenants" de zone irako-syrienne. Un éducateur de Seine-Saint-Denis se souvient de cette mère, revenue dans le courant de l’année 2016 avec deux enfants en bas âge.

Elle pensait qu’elle allait les garder donc elle ne les avait pas préparés au placement.

Un éducateur de Seine-Saint-Denis

La femme a finalement été incarcérée. Son petit dernier, encore allaité, a dû être sevré en urgence.

Sur les 450 mineurs, environ, qui se trouveraient là-bas, une soixantaine sont rentrés pour l’instant, parfois seuls. Un nombre relativement faible car le gouvernement français applique une politique du "cas par cas" en matière de rapatriement et les violents combats font craindre un nombre élevé de victimes parmi eux. Chez ceux qui ont pris le chemin du retour, les adolescents poursuivis par la justice sont rares. En décembre 2017, ils étaient huit. Les autres ne sont pas considérés comme des enfants soldats mais comme des mineurs en danger, qui nécessitent une protection, judiciaire et administrative. La majorité est très jeune puisque beaucoup ont poussé leur premier cri sur place, à Raqqa, Mossoul ou d’autres villes de la région. Sur les 44 enfants accueillis en Seine-Saint-Denis, 33 ne sont pas nés en France.

Quand ces retours sont organisés par les autorités françaises, la séparation de la mère est immédiate, au moins le temps de la garde à vue dans les locaux des services de renseignement. L’interrogatoire peut être prolongé jusqu’à six jours. Celui de Stéphanie a duré 96 heures. La jeune femme est ressortie sans être poursuivie par le parquet antiterroriste. Un cas de figure exceptionnel, la mise en examen des revenantes pour "association de malfaiteurs terroristes" étant devenue systématique dans le courant de l’année 2016. Le regard sur les "returnees au féminin" a changé. En cause, les photos de certaines, posant avec une kalachnikov sur les réseaux sociaux. Et l’appel au jihad armé de l’Etat islamique adressé y compris aux femmes et aux enfants à la fin de l’été 2017.

"On le sait, des femmes ont porté des armes pour Daech, ce n’était pas que des ventres, c’était aussi des cerveaux", confirme Hélène Franco, ancienne juge des enfants à Bobigny. Le passage par la case détention provisoire s’est lui aussi systématisé. Sur les 32 femmes revenues de Syrie ou d’Irak et mises en examen, 11 ont été placées sous contrôle judiciaire, 15 en détention provisoire et six ont déjà été condamnées.

Laurence* est restée en prison un mois et demi, après avoir suivi des connaissances en Syrie. Cette femme de 34 ans, y a passé quelques semaines, avec son fils de 4 ans, en 2015. Poursuivie pour soustraction de mineur – et non pour association de malfaiteur terroriste –, elle n’a pas vu son enfant, confié à son mari, pendant cette période. "J’avais besoin de ce temps-là pour digérer, j’avais perdu 10 kilos, j’avais la rage, envie de me venger. Je me disais 'comment j’ai pu tomber là-dedans'", témoigne-t-elle aujourd’hui. Les retrouvailles ont eu lieu à sa sortie. Si certaines mères ont eu la chance de pouvoir compter sur un proche pour s’occuper de leur(s) enfant(s) au retour du Syrie, le parquet local préconise désormais un placement provisoire automatique. Bien souvent, ce placement en foyer ou en famille d’accueil est prolongé par le juge des enfants. La question est vite réglée quand les parents sont en détention. Elle est plus délicate quand ils sont sous contrôle judiciaire ou quand des grands-parents, oncles et tantes se manifestent pour obtenir la garde.

Dans ce cas, une mesure judiciaire d’investigation éducative (MJIE), confiée exceptionnellement à la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), est ordonnée pour évaluer l’état de l’enfant et son cercle familial. Parmi les questions qui se posent : est-il toujours exposé à un risque de radicalisation ? Problème, cette MJIE, qui dure six mois, est longue à se mettre en place, faute de personnel disponible. "En Seine-Saint-Denis, il faut deux, trois ou quatre mois avant que la MJIE commence", souligne Hélène Franco.

Des visites avec un médiateur peuvent toutefois se mettre en place dans le cadre de cet intervalle. L’avocat Martin Pradel cite le cas de cette cliente rentrée en novembre 2017, dans le sud de la France, et placée sous contrôle judiciaire. Pendant trois semaines, elle n’a pas vu son enfant, placé et examiné par des pédopsychiatres et des éducateurs. Des visites ont ensuite été organisées.

Le comportement de cette mère était tout à fait adapté, les choses se passaient bien, les rencontres ont pu être intensifiées.

Martin Pradel, avocat

C’est l’une des clés pour faciliter ces retours : une prise en charge psychologique rapide et adéquate.  

*Tous les prénoms ont été modifiés pour préserver l’anonymat et la sécurité des personnes concernées.

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 10:13

Jeune Afrique

 

Habib Kazdaghli: «L’école est le lieu du savoir, pas de la religion»

 

 

 

Dans les pays du Maghreb, de plus en plus, des islamistes tentent d'imposer leurs signes et leurs normes dans l'espace scolaire. Pour se défendre, les écoles doivent se doter d'un règlement clair, estime Habib Kazdaghli, le doyen de l'université de la Manouba, en Tunisie.

En 2012, il a failli aller en prison en raison de son combat contre l’emprise des salafistes sur son université. Habib Kazdaghli, doyen de la faculté des lettres, des arts et des humanités de la Manouba (Flahm), est une des figures de la lutte contre le salafisme en Tunisie. Il s’en est fallu de peu que son université devienne un « Manoubistan ». Aujourd’hui, le conservatisme gagne de plus en plus les écoles dans les pays du Maghreb. À l’occasion de chaque rentrée scolaire, les islamistes s’attaquent aux programmes scolaires et aux enseignants qui ne sont pas à leur goût.

Il en est allé ainsi, le vendredi 15 septembre dans la ville de Sfax, lorsqu’un groupe de parents d’élèves a humilié une enseignante, l’accusant de mécréance. Ou encore en Algérie, où la ministre de l’Éducation nationale, Nouria Benghebrit, a une nouvelle fois croisé le fer avec les conservateurs au sujet de la disparition d’une formule islamique dans certains livres scolaires (« Bismillah », « au nom d’Allah »). Au Maroc, même si le roi reste un rempart contre les islamistes, une polémique avait éclaté l’année dernière sur la réforme des manuels de philosophie et d’éducation islamique.

Dans cette interview, Habib Kazdaghli la façon dont le champ de bataille des islamistes s’est déplacé à l’école.

Jeune Afrique :  Quelle est votre réaction après l’humiliation subie par votre collègue de la ville de Sfax qu’on a accusée de mécréance ?

Habib Kazdaghli : En tant que défenseur de l’école républicaine, je condamne fermement ce qui lui ai arrivé. Ces actes doivent être bannis dans un établissement scolaire. Les parents d’élèves n’avaient pas le droit de s’attaquer directement à cette enseignante. Ce que j’ai trouvé regrettable, c’est que le délégué régional de l’Éducation ait demandé à cette dernière, sous prétexte de la protéger, de formuler par écrit sa demande de mutation. Il lui a dit que que si elle refusait, il allait tenir un conseil pour l’obliger de partir. Heureusement que la réaction de sa hiérarchie au ministère de l’Éducation nationale a été positive, en dépêchant une commission d’enquête sur les lieux.

En 2012, vous avez vécu la même humiliation au sein de votre universitélorsque des salafistes ont voulu imposer le voile intégral (niqab). Que retenez-vous de cette expérience ?

À l’époque, les habitants des quartiers avoisinants avaient déferlé sur l’université pour me faire dégager de mon poste. Ils disaient que je n’avais pas respecté ce que les salafistes voulaient imposer, c’est-à-dire l’ouverture d’une salle de prière dans l’établissement et l’obligation du port du niqab pour les filles. Le ministre de de tutelle (dans le gouvernement de l’islamiste Hamadi Jebali) n’avait pas défendu notre université. Heureusement que la société civile s’était mobilisée.

Les valeurs d’égalité ne sont jamais acquises dans une société. Il faut continuer à les défendre

 

 

 

La Tunisie est loin d’être le seul pays où les islamistes s’en sont pris à l’enseignement. Les mêmes assauts se produisent actuellement en Algérie et au Maroc. Pensez-vous que l’école est en danger dans ces pays ?

Même les pays développés ne sont pas à l’abri. Depuis la nuit des temps, la religion a guidé la vie des hommes. C’est pourquoi la société civile doit être vigilante pour veiller au respect des lois. Il peut y avoir instrumentalisation de l’école par le religieux et le politique. En tant qu’enseignants, notre devoir est de respecter les exigences pédagogiques. La religion a ses lieux de culte. Elle ne se pratique pas à l’école.

Plus que la société civile, n’est-ce pas avant tout la responsabilité de l’État ?

Incontestablement, car ces groupes islamises, d’une façon ou d’une autre, cherchent à détruire sa légitimité. Rappelez-vous le cas du parti Ennahdha. Même s’il a adhéré à la Constitution tunisienne d’aujourd’hui, il avait tout fait pour qu’elle soit inspirée de la Charia. Il voulait revenir sur l’égalité hommes-femme. On pensait que ces valeurs d’égalité étaient consacrées dans la société tunisienne. Il s’est avéré que non. Elles ont été dictées par un homme éclairé (Habib Bourguiba, ndlr) à un moment donné. Mais elles ne sont pas acquises. Il faut que la société se mobilise pour défendre les idées de la lumière.

Les islamistes veulent une école au service de l’embrigadement

 

 

Au Maroc, en Algérie et en Tunisie, on a l’impression que le champ de bataille entre l’État et les islamistes s’est déplacé au niveau de l’école. Confirmez-vous ce ressenti ?

C’est normal. L’école est le symbole de la modernité, la source de l’unité de la société et des générations futures. On veut que l’école soit détournée de son rôle et de « sa matière grise », comme disait Bourguiba. Il disait qu’en Tunisie, nous n’avions pas de matières premières mais une matière grise. Les écoles scientifiques étaient les premières à tomber dans l’escarcelle des islamistes parce que le contenu des programmes se base sur les sciences exactes alors que dans les facultés littéraires ou des sciences humaines, les élèves sont poussés au questionnement. Ils veulent une école au service de l’embrigadement. Pendant longtemps, sous les dictatures, nos universités étaient investies par la police. Lorsque ces dictatures ont été déchues, ce sont les islamistes qui ont pris la place de la police. Nous ne voulons ni les premiers, ni les seconds. L’école doit être guidée par ses seules valeurs académiques.

Cette poussée islamiste n’est-elle pas le résultat de la démission progressive des États maghrébins de la politique d’enseignement depuis les années 1970 ?

Les États ont failli à leur rôle alors qu’ils étaient en avance par rapport à la société. Après l’indépendance, il s’étaient donné pour mission de récupérer le retard accusé sous la colonisation. Mais quand ils ont commencé à s’enrichir, ils se sont trouvé des ennemis. Ils se sont mis à combattre les mouvements de gauche qui demandaient plus de réformes et de justice sociale. Alors, pour se protéger contre eux, ils ont utilisé les islamistes. Nous voulons que l’État revienne à sa mission de base. La politique et la religion n’ont pas à instrumentaliser l’école. Chacune à sa fonction et l’espace dans lequel elle doit exercer ses pouvoirs. Mais l’État, c’est aussi nous, les citoyens. Nous devons à l’école publique l’ouverture de nos esprits et l’ascension sociale. Il faut lui rendre ce que nous avons appris grâce à elle.

Les réformes engagées dans les écoles au Maghreb ont-elles provoqué la panique chez les islamises et les ont-elles poussés à attaquer ?

En Tunisie, il faut dire que ce genre d’attaque islamiste a diminué par rapport à la période 2011-2013, où on a même assisté à des assassinats. De temps en temps, il y a évidemment des répliques. Mais la lutte contre le conservatisme est de longue durée. Les forces obscurantistes ne peuvent être combattues que par la vigilance de tous.

Nous avons réussi à faire disparaître le niqab de l’université grâce à un règlement interne

 

 

 

Comment mener ce combat avec un corps enseignant qui, lui aussi, peut en partie être guidé par la pensée de ceux qui cherchent à imposer le religieux à l’école ?

Les enseignants sont à l’image de la société. C’est pourquoi nous devons préciser clairement et par des lois les missions d’une école. Ces missions ne sont ni religieuses, ni politiques. Concernant le port du niqab par exemple, il ne nous appartient pas d’interférer dans la liberté de celles qui le portent, mais il est de notre devoir de leur expliquer qu’il empêche l’exigence pédagogique. Il empêche la communication. À l’école, on ne cherche pas à respecter Dieu, on respecte le savoir.

Avez-vous vécu des exemples pareils dans votre université ?

Énormément. Nous avons réussi à convaincre beaucoup d’enseignantes qui débarquaient avec un niqab de l’enlever en leur expliquant qu’elles ne pouvaient pas accomplir leur rôle de pédagogue. En Arabie saoudite, dans les classes de filles, lorsqu’il n’y a pas d’enseignantes femmes, on les remplace par des enseignants hommes mais en les cloîtrant dans des box, de façon à ce qu’ils ne voient pas leurs étudiantes. C’est terrible.

Je n’ai pas voulu de ça dans mon université. C’est pourquoi notre conseil a voté un règlement qui interdit le niqab en cours. Quand une étudiante se présente sous cet accoutrement, l’enseignant lui dit qu’il n’est pas en situation pédagogique et qu’elle doit l’enlever en vertu du règlement interne. Si elle refuse, il est alors obligé d’arrêter le cours et d’écrire un rapport destiné à la direction. C’est ainsi que nous avons pu abolir le niqab dans notre université. Par simple application de la loi. Mais il faut bien qu’elle existe.

L’État peut s’affaiblir. Mais chaque corps doit continuer à défendre ses exigences

 

 

 

Pour combattre toute tentative rétrograde, il faut donc que les écoles établissent des lois strictes et claires…

C’est la seule solution. Notre règlement a été établi en juillet 2012. Les islamistes nous avaient accusés à l’époque d’avoir enfreint les libertés, alors que nous n’y avions pas touché. L’État peut s’affaiblir. C’est le cycle de l’Histoire. Mais chaque corps doit continuer à défendre ses exigences.

Que faire si l’État joue le jeu des islamistes ?

J’ai vécu cela en 2012 lorsque deux filles salafistes sont parties dire à la police que je les avais giflées. La police les a crues et j’ai été traduit devant un tribunal pour acte de violence pendant l’exercice de mes fonctions. Je risquais cinq ans de prison. Mais la société civile s’est mobilisée pour moi et j’ai été acquitté. La bataille contre le conservatisme doit continuer.

 

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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 12:16

L'actualité en Tunisie, autrement

Mseddi revient sur le rôle de la police parallèle dans la montée du terrorisme


La députée Fatma Mseddi a indiqué que la police parallèle a été impliquée dans l’envoi des jeunes dans les zones de conflits.

Dans un post publié sur son compte Facebook, aujourd’hui, lundi 28 août 2017, l’ex-membre du bloc parlementaire de Nidaa Tounes a indiqué que la police parallèle a, dans l’année 2012, collaboré avec le chef de l’organisation terroriste tunisienne Ansar Charia, Seifallah Ben Hassine (alias Abou Iyadh), en fuite en Libye depuis septembre 2012, dans l’envoi des jeunes dans les zones de conflits.

«Après la diffusion samedi dernier du reportage de la chaîne saoudienne Al-Arabiya sur l’envoi des jeunes Tunisiens dans les zones de conflits, ni les partis politiques ni le gouvernement ou même le ministère de l’Intérieur n’ont publié des communiqués sur le sujet», a-t-elle fait remarquer.

Mme Mseddi a, par ailleurs, publié dans le même post, 2 fac-similés d’un récent rapport prouvant, selon elle, que la police parallèle, en place dans les année 2012-2014 et dépendant directement du parti islamiste Ennahdha, est bien impliquée dans l’envoi des jeunes au jihad en Syrie et en Irak.

«Selon un rapport du syndicat des forces de sécurité, la police parallèle a été en contact avec Abou Iyadh. Les anciens haut cadres sécuritaires du ministère de l’Intérieur, Mehrez Zouari et Abdelkarim Abidi sont impliqués dans l’envoi des jeunes Tunisiens dans les zones de conflits. Ce rapport prouve aussi que la police parallèle a soutenu des groupes terroristes dans cette opération», a écrit Fatma Mseddi, ajoutant : «Des agents de la police ont été démis de leurs fonctions sans être traduits devant la justice. Abdelkrim Abidi a certes été traduit devant la justice en 2013, mais aucun verdict n’a, à ce jour, été émis contre lui», laissant ainsi entendre que la justice est, elle aussi, complice de ce système d’omerta mis en place par le parti islamiste Ennahdha pour empêcher la révélation de la vérité sur ses responsabilités dans la montée de l’extrémisme religieux et du terrorisme en Tunisie.

E. B. A

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